‹ Monumens du Musée ChiaramontiChapitre 27 sur 60 · I TO · texte numérisé non relu

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les fleuves non navigables (i). Mais nous ne côn* naissons aucun de ces fleuves dont la beauté soit devenue assez célèbre pour pouvoir imaginer qu’on l’ait représenté dans notre statue.

Il nous reste quelque chose à dire des caractères grecs , qui sont gravés sur le tronc qui soutient la statue ; ils sont assez incorrects et trèseffacés. Si nous voulons les considérer tels qu’ils paraissent, c’est-à-dire par ce mot €>AIArMOS, nous ne savons à quel nom l’ appliquer ; mais supposant la cinquième lettre altérée et la réduisant à un I, on pourra lire <I>AIAIY102, et croire que Phédime est l’artiste qui a fait cette figure (2). Quelques recherches que nous ayons faites

(1) Pour dire en passant quelques mots sur un sujet, dont nous aurons occasion de nous entretenir ailleurs, nous renvoyerons nos lecteurs pour les images des Fleuves debout, et sous la figure de jeunes garçons, aux notes du traducteur de la mythologie de Banîer, imprimée à pies, tome 1, page c63 , où l’on verra les fleuves Ipsa et Crisa représente's débout , et Je fleuve Acis sous la forme d’un jeune garçon couché ^ comme aussi d’autres têtes également de fleuves , étant des jeunes garçons.

(2) Ce Phédime n’est pas dans le nombre des sculpteurs dont parlent Pline ^ Pausanias , ou d’autres écrivains, de sorte qu’en conséquence il n’est pas question de lui dans les ouvrages des modernes qui ont compilé les noms indiqués de tous les anciens artistes ; et c’est la première fois qu’on le trouve gravé sur une sculpture.

Ce nom de Phédime en langue grecque ne signifie que ïllustris , Clams. M. l’avocat Fea, déjà cité, a rapporté, dans sa relation de son voyage à Ostic, page 54 , n. 1 , plusieurs exemples de ce nom , par ex., dans un poète

parmi les noms des artistes nous n’en avons pu trouver un pareil, quoiqu'il fût en usage chez les anciens d’écrire le nom , et qu’on en trouve quelque mémoire dans les inscriptions grecques. Nous pourrons donc seulement, d’après ce modèle charmant de sculpture , ajouter un nom nouveau dans le catalogue des anciens sculpteurs grecs.

Addition des Auteurs .

Nous ne pouvons trop nous arrêter sur une statue qui se fait remarquer par son élégance grecque , et on ne nous fera aucun reproche si nous ajoutons quelques observations à ce que nous avons déjà dit sur son sujet. Nous avons observé en lisant Eratosthènes (i), dans le chapitre 26, que selon quelques-uns, le Verseau, signe céleste, était le même que Ganimède : Nonnulli volant; hune ( Aquarium ) esse Ganymedem. Il dit en outre qu’il ressemblait dans son image à quelqu’un qui verse du vin : Simulacrum videtur simile vinum fundenti. 11 ajoute enfin une particularité qui convient à notre statue , en disant particulièrement , que de la main gauche il versait de l’eau: Effusio <vero aquae a sinistris fit

grec dont parle Fabricius 5 sur diverses incriptions de Gruter, de Fabretti , de Muratori , enfin sur les inscriptions du Muse'e Gabino.

(1) V. Opuscula mythologica physica et etica , gr. lat. ( Thomae Gâte) page 121.

Après avoir parlé d'un morceau antique si bien exécuté , et d’ ua sujet que tant d’artistes célèbres de la Grèce ont traité avec grâce , il n’est pas liors de propos de dire , que nos artistes modernes ont aussi déployé leurs lalens sur le même sujet- Nous ne parlerons pas du Titien, qui s’est distingué par son style sublime dans son tableau qui représente l'enlevement de Ganimède ; mais nous ferons l’éloge d’un artiste de nos jours , auquel nous tenions par les liens de l’amitié, et à la mémoire duquel nous sommes attachés. Dans le tome II des Memorie enciclopediche romane suite belle arti antiche , etc., page i55, on parle d’une charmante composition de feu Gaspare Capperoni, graveur en pierres fines , laquelle représente le jeune Ganimède assis , donnant à manger à l’aigle de Jupiter. Cet habile professeur des beaux-arts , réuni au sculpteur, M. Antonio d’Este , coopéra à la pubblication des monumens de ce Musée , dont l’explication a été remise a nos soins. S’il n’a pas eu le plaisir de voir mettre au jour ce premier volume , nous nous empressons de remplir un triste devoir en plaçant une couronne sur sa tombe , et en faisant partager au public toute la douleur que sa perte nous cause.

Gaspare Capperoni naquit à Rome le 17 décembre 1 *7 5 6 : son père, Dominique, de Civita reale, tenait un commerce de Droguerie. Le jeune homme , après avoir terminé ses études , se livra à celles du dessin chez le chev. A incenzo Pacelli. Il y fit des progrès si rapides, qu’après avoir oh-

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tenu quatre fois le prix dans P Académie du nu , il remporta en 1785 le premier prix de sculpture au concours Clémendn. Sa complexion délicate ne lui permit pas de se donner au travail du marbre i il choisit la gravure en pierres fines , et il prit ses leçons de Francesco Alfieri sculpteur et graveur; sous ce maître il ne tarda pas à acquérir une réputation méritée. Ayant ensuite formé une liaison d’amitié avec Gavin Hamilthon , peintre écossais, il sut, quoique jeune encore, se faire diriger par cet savant connaisseur des arts et de l’anliquité; et ayant d’après ses avis fait une étude profonde des médailles grecques , il parvint , nous pouvons le dire , à être inimitable dans le talent de la gravure, et à graver en relief des portraits et des têtes idéales avec une grande perfection (1). Adonné à uu travail assidu , il vécut concentré dans sa famille , loin du tumulte de la société. L’étude qu’il avait faite du dessin le rendit aussi excellent connaisseur en peinture , de sorte qu’en exerçant sa profession , il fit l’acquisition d’un grand nombre de tableaux , la plupart d’un rare mérite , et dont il retira beaucoup de profit.

Après une longue maladie , contre laquelle ne purent rien les secours de l’art médical et le changement d’air, il cessa de vivre le 1 5 décembre 1 808,

(1) On pourra lire l’indication de ses beaux ouvrages, et des curiosités qu’il possédait, dans les Memorie En ciclopediche , dont on a parlé, t. Iü, p. i36 ; t IV, p. i*i5.

Musée Chiar . Vol. I.

au milieu des larmes de sa nombreuse famille , pleuré par tous ceux qui le connaissaient et qui avaient admiré ses vertus et ses talens. La pureté de ses mœurs , ses soins pour élever sa famille , le rendront toujours un exemple à donner aux pères de famille et à ceux qui cultivent les arts.

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