Ï.XII
D’un autre genre, mais non moins digne de remarque, est l’erreur dans laquelle sont tombés les plus insignes antiquaires en transcrivant ou en expliquant unè pierre que nous avons vue à Anghiera dans les jardins des Borromées. La voici copiée avec exactitude:
C ajo • MET1LIO Caj • FILio • POMPfma MARCELLINO *
E Quiti • Rotnano • EQmo • P ublico IVDICI • EX • V ( quinque ) • DECurnf IiNTER • SELECTOS • II ( duum ) • VIRO Quin Quennali • FLAMt'/u* • DIVI • TR AI AN PATRONO . COLLE GIORVM OMNIVM • PATRONO • COLO NIAE • FORO • IVLI • IRIENSIvm PATRONo • CAYSARum • FIDELISSImo OB • INSIGNEM • CIRC A • SINGV LOS • YNIVERSOSQYE • CIVES INNOCENTIAM • AC • FIDEM HOMINI • OPTIMO • CIVI • ABSTINEN
T1SSIMO • COLL egium ■ FABRhot • DERTONen«um • PATRoXo OB • MERITA • Locus • D atus • D ecreto • Lecurionum
M. Maffei n’y lût que PATRONO CO- LONIAE ....... RI ESI YM , et en
fut repris par Muratori, qui, le corrigeant
dans celle-ci, erra dans d’autres lignes, surtout dans l’explication", renonçant à sa première idée, pour penser au Forum Julii Car nicum , unde prodit nomen Friuli . Maflei peut-être en eut honte , et décidé comme il était, il déclara monstrum verbi , et inau ditum usque adeo populum le forum de Juliirienses . Un prompt pacificateur ne manqua pas de trouver dans Zaccharia, qui voulant accorder deux hommes si savans , affirma ouvertement, dans les Excursus Lit terarj , et dans Y Instituzione lapidaiia> qu’il avait lui-même vu et confronté l’autographe, et trouvé dans les paroles IVLIjLI- RIENSIVM une L plus longe et plus grosse que les autres, que pour cela on y devait lire FORO • IVLI • ILL1RIENS1VM, et il pensa que l’on devait là parler de Giulio Carnico qu’il dit appartenir à Yllljrique , et Cajus Metilius patron de cette colonie : son assurance persuada le comte Filiasi , et le ciel sait combien d’ autres encore, que nous ignorons. Mais la vérité est que dans le marbre il n’y a, et on n’y vit jamais ces lettres plus longues et plus grosses, l’on n’y parle, et l’on n’y peut parler de Giulio Carnico ,
qui jamais ne fut dans Plllyrie , ni qu’une ville des Illyriens se serait nommée Illy riensium , mais Illyriorum , Illyricorum , Illyricianorum . Nous avons observé et lu, d’une manière très-certaine et très-précise PATRONO • COLONIAE • FORO « 1VLI • IR1ENSIVM, et nous confirmons notre leçon par une autre épigraphe, mal lue, deMuratori et de Bertoli, mais confrontée plusieurs fois dans la pierre originale par le comte Asquini, qui dit : DEC urio * COLojjiae • FORO • IVLI • IRIENSIVM, c’est-à-dire de Yoghera. T. Live parlant de la Gaule soulevée Hamilcare Poeno duce , raconte que les Gaulois excitis Statiellibus , Iriatibusque ( Gronovius et Dujat lisent ainsi ), et cete ris Lygusticis populis Placentiam invase runt , ou les Liâtes sont les Irienses de notre marbre, comme dans le décret d’arbitres sculpté en bronze l’an de Rome 63 7, les Genuates sont les Genuenses du siècle postérieur. La ville des Irienses fut Iria près la rivière du même nom, dont Pline parie, écrivant; Libarna , Dertona colonia , Iria ; et elle était située à-peu-près comme elle est à présent , à dix milles antiques à l’est
de Tortone, selon l’itinéraire d’Antonin. Ptolomée la cite aussi, et de même la Tabula Peutingeriana que l’on croit tracée dans le siècle de Théodose ; mais cette ville fut détruite par le fer et par le feu des Huns ; Guy prêtre de Ravenne, géographe du VIII siècle, n’en eut pas connaissance. Géorge Merula nous rapporte que ces ruines se nommèrent Vicus Iriae dans un âge plus avancé, d’où nous vint la plebs de Viqueria d’un écrit de 91 5, et Vigheria dans le Cartarium JJerthonense de Costa , et Vocheria , Vo~ ghera aujourd’hui. Nous avons dit à cet égard beaucoup de choses, dans une autre occasion, mais ce ne serait pas ici leur place.
Les pierres historiques n’offrent pas un champ moins fécond aux observations que les sacrées et les honoraires . Dans la tour de la cathédrale de Venosa, il y a une inscription , sur laquelle on lit
Quint us • OVIVS • O Yii • F ilius TRibunus • PL ebis * VIAM S T R A V I T
Muratori interpréta Quintus • OVIVS ■ OV/- Musée Chiar . , Vol. I. e
fentina , c’est-à-dire Ex tribu Offentina ; mais s’il eut rapproche le marbre avec d’autres de la Campanie, il se serait aperçu qu’il devait lire OVzï Filius, parce que passim occurit gens OVIA dans ces lieux, et non de YOuffentina , mais Venosa fit partie de la tribu Horatia . Au contraire Ursinus, Haver-camps, Eckhel examinant les deniers très-connus de la famille Memmia , qui présentent, l’un, L • MEMMI * GAL; l’autre, L • C • ME- MIES • L • F • GAL, crurent que la sigleGÀL signifiait un surnom, et interprétèrent tantôt GAL lus, sans en donner aucune preuve, tantôt GAL bius , s’appuiant sur une fausse inscription qui vient de Ligorius , et qu’on lit dans Gruter. S’ils avaient vu la belle et autentique pierre du Musée du Vatican, qui a rapport au fils de Cajus Memmius , consul l’an de Rome 720, ils se seraient aperçu que les Memmj furent inscrits à la tribu GxAL eria ; qui dans les temps les plus anciens furent sans surnom; et qu’aiors dans le premièr denier on doit lire "Lucius • MEM- M1VS • GAL eria $ dans le second Lucius et • Cajus • ME MmL • L ucii • F ilii • GAL eriay comme dans la monnoie de Cajus Marius