FETES
DE DWÀRAKÀ.
Crichna, vainqueur de ses ennemis, songe à récompenser ses compagnons d'armes pour lesquels il vient de fonder la ville de Dwârakâ. Il y réunit tous les agrémens qu'on peut désirer, et comme à la guerre il a donné l'exemple du courage , il montre aussi de quelle manière on peut employer les loisirs de la paix. Tandis que Balaràma , son frère , s'enivre tour à tour ou de l'amour de Révati % son épouse, ou du jus spiritueux qu'on tire des fleurs du cadamba^ le dieu , qui dans sa jeunesse fut berger, partage aussi ses soins entre ses femmes , toutes également heureuses , toutes également fières de ses empressemens. Sans cesse variant leurs plaisirs , c'est Tonde surtout qu'elles prennent pour théâtre de leursjeux. Afin d'agacer Crichna, elles remplissent d'eau le creux de leurs mains, et de
' Révati était fille de Révata , roi du pays qui environnait Dwârakâ. Ce prince descendait d*Anartta. Dans ce pays est le mont Révata , qui tire son nom de ce prince , ou de la rivière de Bévâ, qui y prend sa source.