MÉDITATION XI
JAMA CotLI, OKA l'RO INOUÏS.
« Je suis la porte, a dit Jésus i ; nul ne vient au
« Père que par moi -. » Donnera Marie le nom de
porte du ciel, n'est-ce donc pas- lui attribuer ce qui
n'appartient qu'à l'Homme-Dieu ? n'est-ce pas \ioler
les droits inaliénables du Fils au profit de la Mère ?
Ah ! certes, l'Eglise « qui est la colonne et la base « de la vérité ■\ » n'oublie pas cet oracle de saint Paul, que « comme il n'y a qu'un Dieu, il n'y a qu'un « médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ « qui les a tous rachetés K » Mais elle enseigne avec saint Jérôme, que « tout honneur rendu à Marie tend <t à la gloire de Jésus comme à sa fin ^ ; « et avec saint Anselme, que « si Marie a tant de pouvoir, c'estde « Jésus qu'elle le tient,c'est avec lui qu'elle l'exerce «. »
C'est donc à la plus grande gloire de l'Homme-Dieu que l'Eglise invoque ici la très-sainte Vierge comme Porte du ciel, titre admirablement adapté à cette divine Mère. N'est-ce pas par Marie (|ue le ciel a été comme
' Jean, X, !». — = Jean, xiv, (1. — • 1 TiujoUi., m, l.i. s | 'ri iiioih., ii,;>,H. — 'Ad Euslmh. — ^ Dppxcell. Virg., r. I2.
transporté sur la terre, quand elle a attiré au milieu des hommes celui qui a pour nom « Dieu avec nous *? » car « elle l'avait conçu dans son cœur, dit saint Léon, « avant de le concevoir dans son sein 2. » N'est-ce pas par elle « qu'a apparu au monde, sous les traits de « l'humanité, la bonté de Dieu notre Rédempteur ^, « qui est la résurrection et la vie '^, » et dont l'Ascension triomphante a pu seule introduire dans le séjour de l'éternel bonheur les âmes mêmes les plus saintes de ceux qui étaient morts avant « qu'il entrât dans sa « gloire ^ ? » « N'est-ce pas Marie , dit saint Augustin, « que Dieu est descendu visiblement sur la terre, afin « que par elle les hommes méritent de monter au ciel^?» De quel secours puissant n'êtes-vous pas, en effet, « ô douce Vierge Marie '', » à tous ceux qui vous implorent, qui vous supplient humblement de les aider à se rendre dignes d'entrer un jour dans la béatitude céleste ! Oh ! que saint Anselme a bien raison de dire que « c'est par vous que les exilés sont appelés dans «leifr éternelle patrie ^! » Vous les éclairez, vous les encouragez, vous les soutenez ; car vous êtes, d'après l'immortel évêque d'Hippone, « la Mère de tousles fidè- « les qui sont les membres de Jésus-Christ, puisque « vous avez coopéré par votre charité à leur nais- « sance spirituelle ^;et s'ils ne rendent pas inutile, par leur malice, la puissante influence de votre bénigne protection, vous les conduisez heureusement au port du salut. C'est ce qui a fait dire à saint Anlonin,
' Matth., I, 23. — - Serin, i, de Nativ. Boni. —' Tit., m, i. '' Jean, xi, 25. — ' Luc, xxiv, 26. — '' Serin. 18 De tempore. ' Salve lieg. — " lu inédit. — " LHi. de satictd Vtnjinit.. c. <i.
après saint Anselme ^, ces étonnantes paroles : « Au- « tant il est impossible que celui dont vous détour- « nez vos regards miséricordieux se sauve, autant il « est certain que celui pour qui vous intercédez, « obtiendra la justification et la gloire -. »
Si donc nous avons sérieusement travaillé jusqu'à ce jour à nous attirer les regards bienveillants de la très-sainte Vierge, soyons heureux, et bénissons le Seigneur «qui inspire, dit saint Jean Damascène, une « tendre dévotion envers Marie à ceux qu'il a pré- « destinés au salut ^. » Levons les yeux avec joie vers le paradis éternel de délices : là nous ne verrons pas un Chérubin armé d'un glaive de flammes, veillant pour nous en défendre l'approche, comme autrefois sur le seuil du jardin d'Éden ; mais nous aurons la consolation d'y voir une mère, la plus douce, la plus tendre, la plus prévenante des mères, tournant constamment vers nous des yeux d'amour, vers nous qui traînons avec douleur nos pas vacillants sur cette même terre qu'elle aussi foula jadis de ses pieds bénis; nous la verrons, les mains étendues vers ce lieu d'exil et d'épreuve, nous invitant à nous confier en sa protection, « à nous faire violence pour arriver « à ce royaume '' » que le sang de son divin Fils a ouvert à nos désirs et à nos espérances.
Si jusqu'ici nous avons eu le malheur ou d'oublier Marie, ou de n'avoir pour elle qu'une dévotion faible ou démentie trop souvent par nos œuvres, déplorons notre froideur ingrate, déchirons le bandeau de nos
* De excellent. Virg. cil.— ' IV Part., tit. \'^, c. 14. — " Orat. de Axsumpt. — ' M.ilth., xr, i2.
illusions. La miséricorde d'une mère est grande; quelle ne doit pas être celle d'une mère telle que Marie!... Mais dès ce moment ayons pour elle une dévotion digne de Jésus que nous devons aimer et glorifier dans Marie, digne de Marie que nos frères doivent apprendre à aimer et à glorifier dans les exemples de tous ceux qui se disent ses serviteurs.
Jadis, ô Marie î le patriarche Jacob voyant dans un songe une échelle mystérieuse du haut de laquelle le Seigneur lui prédisait le sublime avenir de sa postérité, s'écria, saisi d'un saint tremblement : « Que ce lieu est redoutable ! c'est ici la maison de « Dieu et la porte du ciel *. » Que dirons-nous de vous , Vierge sainte , avec qui ce même Dieu a daigné contracter les liens du sang et de la nature, les plus étroits et les plus doux ! Ah ! vous êtes digne à jamais de notre crainte respectueuse, par votre grandeur admirable. Mais aussi la tendresse de mère avec laquelle «vous ouvrez sur nous les portes célestes, et en « faites descendre avec une merveilleuse abondance a la manne de toutes les grâces -, » ne peut que nous inspirer une confiance toute filiale. C'est avec ce doux sentiment que nous vous reconnaissons pour « la vé- « ritahle porte du Seigneur, par laquelle les justes enf( trent ^ dans son repos éternel ^, » et par laquelle nous espérons y entrer nous-mêmes. Priez donc pour nous, tout indignes que nous en sommes,
Porte dn ciel, priez pour nous 1 — Janaa cœli, orapronobis!
' Geu., wviii., 17. — 2 Ps. i.xxvn, 23, 24. — ^ Ps. cxtii, 20. — ■ Hébr., IV, 10.
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C'l'sI iKir cH, .|iir ks iiorlus du ciel nous mit utii ouvcrlL-s. /'.s. i.wvii, IZ.
Le Scifriuiii' i.laiii à roiitii-e <Im jardin di- délices un Choruliiii aniic dim
glaive lliiMilmynnl. Gni., m, 2i.
C'est ici vérilahlemeiil la porte qui conduit au ciel. G>h., xxviii. J7.
Voilà la porte de la maison du Seii,'neur, c'est par elle qu'entreront k-s
justes. /^,v., cvvii, 20.
PORTE DU CIEL. PRIEZ POUR NOUS 4(i
^ar\^ ^V"-".!.
,1-. [...lUi 1)
JA?îUA CŒIJ.
I' .1 CAMUS K..l.l.-iii-.Ru.> Cassctle. 20.
\c)cinlas ttnii,.
Memor ero Kaab, Babj'lon is scienl.i?Si me. /; m
RKFLCUJM PECCATORUM.
i- J CAM U s, Edilcar, Rue Casseltc, 20.
De Jacob se lèvera une étoile. Numlr., xxiv, 1". Le soleil se lève ; les animaux sauvages se retirent et s'enfoncent lians lrnr;> tanières. Ps. cm, 22.
Fous ^?es l'étoile brillante du malin. .(poc.jXxii, IG.