‹ Monuments anciens et modernes (volume 2)Chapitre 42 sur 97 · PYRAMIDES DE GISEH , DE DASCHOUR , D’ABOUÇIR , ETC · texte numérisé non relu

PYRAMIDES DE GISEH , DE DASCHOUR , D’ABOUÇIR , ETC

présente un couloir dont la largeur est de l.m,047 sur 0,n,758 de haut. La largeur de ces trois parties au-dessus des banquettes est de ‘2m,093, et la longueur totale de la galerie est de 58'", 50. Ce couloir, de 20™ de hauteur, est formé de neuf assises qui suivent la pente, et dont les sept rangs supérieurs posés en encorbellement ont une légère saillie, de façon que l’espace diminue insensiblement, et se trouve réduit au sommet à la largeur des couloirs. Arrivé a la fin de cette majestueuse galerie tout en granit, on trouve un palier qui précède l’entrée d’un conduit horizontal , bas et étroit comme le premier couloir. Au delà s’élève une espèce de vestibule dont la hauteur est divisée par des rainures verticales , espèces de coulisses où devaient s’engager des dalles de granit, afin de masquer et de clore à jamais le passage de la chambre sépulcrale.

Cette salle, la principale du monument, est bâtie tout en granit : elle a 10“,295 de long sur 5 m , 147 de large, et 6m,l 17e de hauteur. Les murs sont formés de six assises égales qui régnent tout autour, et le plafond est composé de neuf grandes pièces de granit qui portent sur les deux murs opposés dans le sens de la largeur. Tous ces blocs sont d’un appareil si soigné, qu’on distingue à peine les jointures. Vers l’extrémité occidentale de la chambre, à droite eu entrant, se trouve un sarcophage de granit dénué de sculptures, espèce de cuve de 2m,273 de long sur près d’un mètre de large (0,974), dont le couvercle a été brisé et dispersé. On remarque dans cette pièce, sur les parois nord et sud, deux petits canaux ascendants qui ont été ménagés pour servir probablement de ventilateurs, et procurer un peu d’air aux ouvriers employés dans ces vastes constructions.

Au-dessus de la salle royale, on a trouvé , en 1763 , une autre pièce très-basse qui servait seulement de décharge au plafond de la chambre sépulcrale ; et les récentes recherches des explorateurs anglais ont fait découvrir quatre autres pièces, superposées dans le même but, et dont la dernière est couverte par des blocs arcboutés l’un contre l’autre eu chevron, de manière à offrir plus de résistance à la masse qu elle devait porter. Le peu d’élévation de ces pièces, l’état brut de la bâtisse, et la disposition du dernier plafond, témoignent qu’elles n’étaient destinées qu’à soulager les travées de la chambre royale, en ménageant au-dessus des vides propres à diminuer l’énorme pression de la masse supérieure.

Les salles de la pyramide n’offrent aucune inscription, et celles qui devaient être gravées sur le revêtement ont disparu avec lui. Mais on a trouvé, sur les faces dégrossies des pierres employées aux cavités de décharge, des inscriptions tracées en rouge, et ayant servi de marque dans les carrières. On y voit à plusieurs reprises le cartouche du deuxième pharaon de la quatrième dynastie, Schoufou , le Chéops d’Hérodote, le Souphis 1er d’Ératosthène et de Manéthon. Ces lignes grossières ne laissent aucun doute sur le personnage enseveli dans la grande pyramide 5121 ans avant Jésus-Christ, et, tout en confirmant la donnée historique, viennent aussi attester la vérité de l’immortelle découverte de Champollion le jeune.

Les figures 5 et 6 donnent la coupe, et le plan à vol d’oiseau, d’une des petites pyramides à degrés situées au sud de la tombe de Mycérinus. Elles représentent la pyramide médiale, dont l’entrée, percée dans le roc, se trouve en dehors du monument, à 4 mètres au nord de la base, qui a 31 mètres de longueur. Un petit couloir incliné, taillé dans le.roc, conduit à un vestibule d’où l’on pénètre par un couloir horizontal, fermé jadis à son extrémité par une porte-coulisse de granit, dans une petite chambre rectangulaire. Celte salle sépulcrale contenait un sarcophage scellé dans le pavé : le couvercle en a été brisé avec violence, et les ossements dispersés. Les dimensions intérieures de ce petit sarcophage de granit, qui a 1 m,77 sur 0,79, semblent indiquer qu’il a dù contenir la momie d’une reine ou d’une princesse. Cette pyramide est construite en quatre parties : le premier degré a de hauteur 5m,26; le second, 5m,94 ; le troisième, même élévation ; et le quatrième, 4m,04. La hauteur primitive était d’environ 21 mètres.

Près du village deDaschour, l’ancienne Acanthus , on voit encore deux pyramides construites eu briques crues, et deux autres bâties en pierres. Les figures 7 et 8 donnent la coupe et le plan de la pyramide méridionale. Çe monument, construit en pierre, est caractérisé par une différence d’inclinaison entre la partie inférieure et la partie supérieure, de façon que la base représente une pyramide tronquée, couronnée par un pyramidion. Cette forme bâtarde est due probablement à la nécessité de compléter le tombeau plus rapidement qu’on ne l’avait d’abord projeté : en effet, la partie supérieure est bien moins soignée que la base, et construite avec des matériaux de moindres dimensions.

Le corps de la pyramide est bâti en pierre de la montagne même sur laquelle elle s’élève ; mais les blocs de revêtement, ceux des passages et de la chambre, viennent des carrières du Mokattam , situées en face, sur l’autre rive. Les assises, de 60 à 120 centimètres de hauteur, qui forment le talus, au lieu d’être horizontales, sont inclinées au centre de l’édifice, pour obtenir probablement une plus grande solidité. La base de cette pyramide est de 1 87m,50 ; la hauteur perpendiculaire de la pyramide tronquée, de 44“,78; celle de la partie supérieure, de52m,39; enfin la hauteur totale primitive était d’environ 102™, 35.

— STYLE ÉGYPTIEN

Cette pyramide a deux entrées, l’une au nord, l’autre à l’ouest : toutes deux conduisent à une chambre ménagée, la première au-dessous du niveau de la pyramide , la seconde au-dessus ; et chacune d’elles se trouve un peu en dehors de l’axe. La figure 7 donne la coupe de ce monument sur la ligne médiale de l’entrée septentrionale : un conduit de lm,65 de hauteur sur 47m,82 de longueur mène à un passage construit comme la galerie ascendante de la grande pyramide de Gizeb, et précède un appartement d’environ 6m,10 de large sur 24m 40 déliant, dont la partie supérieure des murs se compose de quinze assises posées en encorbellement, de façon à couvrir l'édifice comme une pyramide creuse.

La figure 9 de la planche annexée à cet article donne la coupe de la pyramide centrale d’Abouçir. Sa hase actuelle , qui a 64m,S8, devait avoir originairement 83m,45 : sa hauteur perpendiculaire, aujourd’hui de 32m,50 , devait être autrefois d’environ 52 mètres. On voit que l’entrée a été forcée dans la partie supérieure , car le couloir incliné était encore rempli de blocs de granit lorsque les explorateurs anglais le firent déblayer. Une porte-coulisse fermait le passage horizontal, qui a 150 c. de haut sur autant de large, et environ 19m de longueur. La largeur de la chambre est de 4m,30 ; sa longueur est difficile à déterminer, parce que tout l’intérieur est encombré des pierres du plafond, dont la plupart ont été brisées, et recouvrent probablement le sarcophage.

Les pyramides d Ethiopie ne sont pas exactement orientées comme les monuments du même genre qu’on admire en Égypte : elles sont disséminées , sans ordre et sans symétrie , tant dans la nécropole de Djebel Barkal que dans celles de Nouri, Assour et Naga. Ces pyramides, élevées sur un soubassement formé d’une ou plusieurs assises, sont toujours précédées de petits temples dont les parois sont couvertes de sculptures. Près du sommet, on voit généralement une petite niche, espèce de fausse lucarne qui ne sert qu’à l’ornementation, et quelquefois à désigner l’emplacement d’une chambre funéraire. Les arêtes des pyramides sont renforcées par une bordure qui court de la base au sommet : ces bordures sont arrondies en tores, quand l’édifice était entièrement terminé. On ne remarque, dans aucune des pyramides ouvertes jusqu’à ce jour, tout ce mystérieux système de couloirs usité dans les monuments funéraires d’Égypte : ceux d’Éthiopie ne contiennent que des cellules isolées, et une chambre sépulcrale à laquelle on descend par un escalier. Les fouilles n’ont pas fait découvrir de sarcophages ou de cercueils : les cadavres y étaient déposés sur une simple civière couverte d’un drap blanc, tissu de coton ou debyssus.

Les figures 10, 11, 12 et 13 de notre planche représentent, d’après une restauration de Cailliaud, la façade, 1 élévation latérale, la coupe et le plan d’une des plus grandes pyramides d’ Assour. Le groupe dont elle fait partie occupe le plateau d’une colline de grès de la nécropole de Méroé , qui comptait environ 80 pyramides distribuées irrégulièrement, mais dont les entrées sont tournées vers l’est. Cette pyramide, construite en grès, présente une façade ornée d’un petit temple composé d’un sanctuaire, précédé d’un naos ou portique, et d’une cour avec pylône. Les murs du portique, plus bas que ceux du sanctuaire, sont couronnés par des corniches, tant à l’extérieur qu’à 1 intérieur. Trois petites colonnes à chapiteau lotiforme s’élèvent sur ces murailles, et soutenaient jadis des emblèmes ou les soffites de ce portique, qui était probablement couvert dans toute sa longueur. Cette pyramide, une des plus belles de Méroé, peut donner une idée assez précise du plan que les anciens avaient adopté pour la construction de ces monuments funéraires.

La plupart de ces sépultures ont été violées : l’idée d’y trouver des trésors a été, dans le haut comme dans le bas Nil, la première cause de la ruine de tous ces monuments. Un Italien au service du pacha, le docteur Ferlini, obtint en 1834 la permission de faire des fouilles dans les pyramides de Méroé. Il trouva dans l’une des plus grandes, qu’il démolit presque entièrement, une riche collection d’objets en or, argent et pierres fines. Un beau vase en bronze avec deux tètes de Bacchus entourées de feuilles de vigne, un camée représentant une tète de Minerve, une sardonyx avec la truie, prouvent que ces monuments datent du dernier temps de l’époque grecque ou du commencement de 1ère romaine.

1° Greaves. PijramidograpMa. London, 1646, in-fol.

2° Meister. De pyramidum fabricâ et fine. Gott., 1774.

3° Grobert. Description des pyramides de Ghizé, de la ville du Kaire et de ses environs. Paris, an IX (1801), 1 vol. in-4°, pl.

4° Belzoni. Narrative of the operations and recent discoveries within the pyramids, temples, tombs and excavations in Egypt and Nubia. London, 1821, in-8°, et atlas in-fol.

5° F. Caillaud. Voyage à Méroé, etc. Paris, 1826-27, 4 vol. in-S°, 2 vol. in-fol. de planches.

6° J. Ferlini. Relation historique des fouilles opérées dans la Nubie. Rome, 1838, in-4°.

7° Forchhammer. De pyramidibus commentât to. Paris, 1838, in -4°.

8° Vyse. Operations carried on at the Pyramids of Gizeh in 1837 ; illustrated by mimerons plates and b y plans and sections executedfrom actual admeasurement by J. S. Perring, civil Engcneer. London, 1840-42, 3 vol. gr. in-8°.

9° Perigal. On the probable mode of constructing the pyramids. London, 1844, in-8°.

10° Fialin de Persigny. De la destination et de l’utilité permanente des pyramides d’Égypte et de Nubie contre les irruptions sablonneuses du désert. Paris, 1845, in-8».

11° R. Lepsius. Bau der Pyramiden, in-8°, 1845.

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