TEMPLE DE THÉSÉE A ATHÈNES
infidèles de profaner l’église en y pénétrant à cheval, suivant leur usage, cette porte fut fermée, et une petite, fort basse, fut ouverte dans le mur septentrional de lacella. Le naos ou temple proprement dit avait à l’intérieur 12^,20 de longueur, sur une largeur de 6™, 35 . Le pavé antique a entièrement disparu. Lue voûte semicirculaire de pierres grossières, percée de quelques petites ouvertures, a remplacé le plafond, qui dut être richement orné. Le temple était primitivement couvert de tuiles de marbre; MM. Woods et Prestat en ont trouvé un fragment dans le haut de l'édifice, mais hors de place. Les mêmes architectes ont reconnu sur le haut de la corniche, près de l’arête, des trous de crampons placés deux par deux, qui durent soutenir des antefixes.
La décoration extérieure du temple de Thésée était composée de quatre grands ouvrages de sculpture, le fronton oriental, les métopes et les deux frises placées sous les portiques aux deux extrémités de la cella.
Le fronton principal ou oriental est, ainsi que celui du posticum , extrêmement bas ; il a souffert dans sa partie supérieure du côté de l’angle N.-E. Au sommet et aux angles du triangle, on voit, comme à la corniche des portiques, les trous des crampons qui soutenaient les acrotères qui ont été rétablies dans notre élévation restaurée (PL de détails , fig. 2 et 3). Au fond du tympan, on voit aussi les trous des crampons qui durent maintenir les sculptures qui le décoraient. Les sculptures étaient probablement en ronde bosse comme celles des deux frontons du Parthénon, mais il n’en reste pas le moindre vestige. Rien de semblable ne s’observe au fronton du posticum, qui est intact, et cependant ne paraît pas avoir jamais eu d’ornement de ce genre.
Il n’existait de sculptures qu’aux dix métopes de la face orientale et aux quatre de retour de chaque côté. Ces bas reliefs ont 0m,76 de laige sur 0m,70 de haut. D après ce que nous avons dit au commencement de cette notice, de l’amitié qui unissait Thésée et Hercule, on ne sera pas étonné de retrouver dans les métopes du temple de Thesee les exploits des deux héros (*). En commençant l’examen des dix métopes de la façade par l’angle méridional, voici les sujets que nous y trouvons représentés :
8° Hercule enlevant Hippolyte, reine des Amazones.
9° Cette métope représente deux personnages emportant un corps. !M. Leake a cru y voir Hercule étouffant Anthée, tandis que la Terre, sa mère, semble lui tendre les bras pour le secourir. Stuart regarde le sujet comme inconnu. Peut-être y pourrait-on voir Thésée aidant Adraste à retirer des mains des Thébains les corps des Argiens morts devant Thèbes.
10° Enfin Hercule enlevant les pommes du jardin des Hespérides.
1° Hercule et le lion de Némée.
2° Hercule et Iole tuant l’hydre de Lerne.
3° Hercule domptant le sanglier d’Ërymanthe.
4° Hercule vainqueur du taureau de l’île de Crète, envoyé par Neptune contre Minos.
5° Hercule enlevant les cavales de Diomède.
6° Hercule enchaînant Cerbère.
7° Cette métope est très-endommagée ; on croit cependant y reconnaître Hercule combattant Cycnus, le fils de Mars et de Pirène.
Les huit métopes placées en retour aux côtés du temple sont consacrées aux exploits de Thésée. Les quatre du côté du midi, à partir de l’angle, représentent :
1° Thésée tuant le Minotaure.
2° Thésée et le taureau de Marathon.
3° Thésée et Pytiocamptes.
Au côté septentrionnal :
1° Métope très-endommagée. Thésée tuant Corynète ou Créon. 2° Thésée et Cercyon
4 Peut-être Thésée et Procuste. Ces deux dernières métopes ont beaucoup souffert.
3° Thésée et Scyrori.
4° Thésée et la laie de Crommyon.
Il y a lieu de croire, d’après ce que dit Pausanias, que ces sculptures, du style le plus élevé, peuvent être 1 ouvrage de Mycon, cet artiste non moins habile sculpteur que peintre, puisqu’il fut l’auteur de la fameuse statue de l’athlète Callias, l’une des merveilles du ciseau grec.
Sous le péristyle, au-dessous de 1 entrée du pronaos , est une grande frise sculptée de bien plus haut relief qu’au Parthénon; les figures ont jusqu’à 0™,12 de saillie, et quelques membres étaient même entièrement détaches, ce qui est en partie cause de l’état de dégradation de ces sculptures. La composition est divisée en trois parties inégales, par deux groupes de divinités assises sur des rochers. Vers le côté du Sud sont Jupiter Junon et Minerve. ’Vers le centre est une déesse entre deux divinités masculines. Derrière la dernière est un héros dont la chlamyde voltige au gré du vent; il tient dans ses mains un rocher qu’il se prépare à lancer contre son adversaire. Le bras droit de celui-ci étant brisé, on ne peut voir comment il était armé; de la main gauche il s’efforce de repousser le coup qui le menace. Plus loin, on voit un autre personnage également aux prises avec un ennemi armé d une pierre dans chaque main ; une cinquième figure est étendue morte à leurs pieds. A la droite de ce groupe sont cinq figures que Stuart suppose avoir été mises à dessein pour représenter un triomphe; en effet, lune d’elles semble être occupée à ériger un trophée. Au delà des deux
(*) Euripide, dans V Hercules furens, qui fut écrit quelques années après l’érection du temple, et qui, comme le temple même, semble avoir ete tait pour celebrer en même temps les vertus des deux héros, introduit Thésée promettant à Hercule que les Athéniens 1 honoreront avec des marbres sculptés. Evidemment le poète faisait allusion aux sculptures des métopes du temple de Thésée.
— STYLE GREC
groupes de divinités, on voit trois figures au milieu desquelles en est une morte de grandeur surnaturelle, elles sont toutes très-maltraitées, mais on y reconnaît toutefois un combat d’hommes armés de pierres contre d’autres armés d’épées et de boucliers. La dimension de la figure renversée dans le milieu et les armes des autres qui sont des rocs hors de proportion avec les combattants , ne permettent pas de douter que le sujet ne soit la bataille des géants contre les dieux. On peut supposer qu’Apollon, Bacchus, Mars et Mercure, sont ainsi qu' Hercule engagés dans l’action. Derrière Minerve, à l’extrémité de la frise, et à la gauche du spectateur, est un groupe d’un jeune guerrier liant les bras d’un captif derrière le dos 5 le casque qu’il porte sur sa tète peut indiquer Mars. Nous partageons entièrement l’opinion de M. Leake; elle est infiniment plus d’accord avec le bas-relief que celle de Stuart, qui voudrait reconnaître dans cette sculpture la bataille de Marathon, au moment où le spectre de Thésée combat pour les Athéniens.
Le bas-relief de la frise du posticum représente le combat des Centaures et des Lapithes. Thésée est le seul qui ait renversé son rival; Mycon avait fait la même distinction dans une peinture de la muraille de la cella dont nous parlerons plus loin. On reconnaît aussi Coenus, qui, ayant reçu de Neptune le don d’ètre invulnérable, fut accablé sous les arbres et les rochers que les Centaures amoncelèrent sur lui (*). Au-dessus des deux frises, sous le portique, règne un ornement élégamment peint, dont nous donnons la face et le profil. ( PL de Détails , fig. 5 et 6.)
Le pinceau avait aussi bien que le ciseau concouru à la décoration du temple de Thésée. Les murs intérieurs de la cella avaient été ornés de trois peintures relatives aux exploits du héros. M. Leake dit que le stuc sur lequel elles étaient tracées existe encore, et qu’011 peut voir que chaque sujet couvrait toute la muraille depuis le plafond jusqu’à 0m,80 du pavé. Sur une des parois était représentée la bataille des Athéniens et des Amazones, sujet qui était retracé aussi sur le bouclier de la Minerve du Partbénon, et sur le piédestal de la statue de Jupiter Olympien. Sur un autre mur était le combat des Centaures et des Lapithes; c’est dans ce tableau que Thésée seul a vaincu son ennemi, tandis qu’entre tous les autres adversaires la fortune est égale. Le tableau peint sur la troisième muraille du temple, ajoute Pausanias, par lequel seul nous connaissons ces peintures qui ont entièrement disparu, ce tableau est presque inintelligible pour ceux qui n’en connaissent pas le sujet, ce qui vient, ou de ce que le temps a détruit une partie, ou de ce que Mycon n’a pas peint l’histoire entière. Voici quel est ce sujet : on raconte que Minos ayant exigé que Thésée lui prouvât qu’il était fils de Neptune en lui rapportant un cachet qu’il avait jeté au fond de la mer, ce héros non-seulement vint à bout de le retirer, mais encore rapporta une couronne d’or que lui avait donnée Amphitrite.
Dans les temps modernes, le temple de Thésée, après avoir longtemps servi d’église sous l’invocation de saint George, avait reçu une destination touchante ; il servait de mausolée aux malheureux voyageurs qui expiraient loin de leur patrie. Abandonné pendant quelque temps, il n’était plus que l’école des architectes qui en admiraient la pureté, des peintres qui en reproduisaient à T envi la brillante couleur dorée; maintenant il est converti en un musée où sont réunis en assez grand nombre ces précieux fragments que le sol d’Athènes rend chaque jour à la lumière. On y trouve beaucoup de tombeaux gréco-romains, des stèles chargées d’inscriptions, la statue connue sous le nom du guerrier de Marathon, etc., et une foule d’autres morceaux dignes de tout l’intérêt de l’artiste et de l’antiquaire.
(*) Ovide, Met., 1. XII, v. 507
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2» Francis Vernon, Leiter on Greece, Philosoph. Trans., n° ! 24 ; London, 1675.
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Details PI. 1. Détails PLI, - . Particolariti Pl.l.
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