‹ Monuments anciens et modernes (volume 3)Chapitre 12 sur 55 · OF ST STEPHEN ON TH · texte numérisé non relu

OF ST STEPHEN ON TH

é/yyj/7 y/s . /d/y,

«.TL PAIRIS '

W/yy'd/: //y// /yy , Ay/yy

Francia .

Mb7?jj.7nents An.ezezu eA

Mo de? - ne j

I^lesia de San Ks levai) del Monte. 1

3X1S . : draru^ta .!

CATHEDRALE D’AECH [vitraux).

La ville d’Auch, aujourd’hui chef-lieu du département du Gers, est une des plus anciennes de France. Lorsque la Gaule fut envahie par les Romains , elle s’appelait Climberris , et était la capitale des Ansci. Ces peuples n’essayèrent point de résister aux armes de César ; ils se rendirent volontairement à Crassus , un de ses lieutenants, dont il est parlé dans la guerre de Yercingétorix. A son retour d’Espagne , l’empereur Auguste laissa à Climberris une colonie à laquelle il accorda les privilèges des municipes ; elle prit alors le nom de Augusta Auscorum , d’où lui est venu celui qu’elle porte actuellement. Au VIIIe siècle, les Yascons s’étant emparés de la Novempopulanie , Eause , ruinée , cessa d’ètre la ville principale de ce pays qui commença à s'appeler Gascogne, et dont Auch devint la capitale. Elle fut ensuite celle de l’Armagnac, lorsque cette province fut réunie au Eezensac, c’est-à-dire en 1130 (*).

La première église construite à Auch fut élevée par saint Sernin , évêque de Toulouse , et martyrisé dans cette dernière ville, l’an 252. Se rendant à Eause pour y prêcher , il passa par Auch , et y fit bâtir un oratoire en l’honneur de saint Pierre.

Vers 275 , saint Taurin , évêque d’Eause , obligé de fuir devant les ravages des Barbares , vint se réfugier à Auch, apportant avec lui des reliques de la Vierge et un autel qui lui avait été consacré par saint Sernin et saint Paterne. Saint Taurin établit son siège dans une église dédiée à saint Jean, laquelle , jusqu’au VIe siècle, fut la seule paroisse d’Auch. Il fit ensuite élever eu l’honneur de la Vierge une autre église , origine de la cathédrale, et jusqu’au IXe siècle réservée exclusivement pour les prêtres. Il périt en 294, scellant sa croyance de son sang. On peut reporter à cette époque l’établissement d’un évêché dans la ville d’Auch.

Au commencement du VIe siècle, Clovis fit construire, près de ses murailles, une église « d’une merveilleuse grandeur » , dit un acte des archives du diocèse, et il la dédia à saint Martin. A cette église Clovis fit joindre nn monastère où les prélats résidèrent jusqu’en 1100, date de l’érection du palais épiscopal par Raymond II. Auparavant les archevêques n'allaient à la cathédrale que le jeudi saint, pour consacrer les saintes huiles.

Trois cents ans après la fondation de Clovis , Taurin II , voyant que l’église d’Eause , sa métropole , détruite par les Sarrasins dans le siècle précédent , ne se relevait pas de ses ruines, réunit les deux diocèses en un seul, ayant son siège à Auch, suivant une décision du concile tenu à Clermont en 829. C’est à cet évêque, aidé des libéralités de Totilus, duc de Gascogne , qu’est due la construction de la première cathédrale. Elle fut commencée en 845, dédiée sous le même vocable, et construite sur le même emplacement que l’église élevée par saint Taurin en l’honneur de la Vierge; on y plaça le précieux autel que ce dernier avait rapporté d’Eause

Quoique Taurin II eût réuni sous sa seule autorité les deux diocèses d’Eause et d’Auch , il ne porta point le titre d’archevêque. Le premier qui revêtit cette dignité fut Aymard, cinquante et unième évêque ; elle lui fut concédée par le pape Jean VIII.

Vers 10J0, Raymond Ier, avec le secours de sou neveu Astanove, comte de Fezensac, fit bâtir la maison claustrale. Il dota aussi les chanoines, de manière qu’ils ne fussent plus, comme auparavant, à la charge de l’archevêché. C’est sous ce prélat que fut opérée la réforme du clergé de la cathédrale, qui, de séculier qu'il était, devint régulier et embrassa la règle de Saint-Augustin. Les chanoines , jusqu’à l’époque du concordat conclu en 1517 entre Léon X et François Ier, possédaient le droit d’élire leur archevêque; ils se montrèrent toujours très-difficiles sur le choix de leurs collègues : pour être admis parmi eux, il fallait être noble de race ou d’éducation , vel sanguine, vel litteris A partir du règne de François Ier, les archevêques furent nommés par le roi ; ils portèrent jusqu’en 1789 le titre de primats d’Aquitaine.

Raymond Ier établit aussi la liberté de sépulture dans son église, voulant soustraire de cette façon son clergé à l’obligation où il était, de temps immémorial, de faire enterrer ses morts dans le cimetière de Saint-Orens, le seul qui existât à Auch. Mais cette mesure , qui portait atteinte aux privilèges des moines de Saint-Orens , fut vivement attaquée par eux. Il résulta de ce conflit un procès devant le pape, procès qui fut décidé d’abord en faveur des moines, et daus la suite contre eux. Un rescrit du pape Calixte, daté du 15 avril 1 120, ayant tranché la question dans ce dernier sens, l’archevêque, qui était Bernard IIe du nom, fit immédiatement la consécration de son cimetière. Il en résulta une scène scandaleuse : les moines , furieux , eurent l’audace de pénétrer à main armée dans la cathédrale et de tirer à coups de flèches sur le clergé, pendant qu’un évêque de Bigorre

(’) Les armoiries de la ville d’Auch étaient : parti , au premier, de gueules à un agneau d’argent portant la croix d’or, en l’honneur de saint Jean , patron de son ancienne paroisse ; au second , d’argent à un léopard lionne, rampant, de gueules , qui est cl’ Armagnac.

— STYLE DE LA RENAISSANCE

célébrait la grand’messe. « Une flèche , dit D. Brugelles , perça les corporaux sur l’autel , une autre les souliers du prélat , une autre blessa mortellement un laïque qui , ayant été mis derrière l’autel , fut peu après guéri miraculeusement par la sainte Vierge, qui lui apparut. Enfin les moines, voyant qu’on fermait les portes, mirent le feu à l’église , qui aurait été embrasée si on n’avait eu soin de l’éteindre vivement. » Une plainte fut portée contre les moines au concile de Toulouse, et les moines furent condamnés; mais le procès ne se termina définitivement qu’en 1141.

En 1 121, le 12 février, l’archevêque fit la consécration de la cathédrale, qu’il dédia sous le vocable de sainte Marie.

En 1170, l’archevêque Gérard de la Barthe étant en guerre avec Bernard IV, comte d’ Armagnac , celui-ci s’empara de la cathédrale et renversa le palais archiépiscopal. Peu de temps après, il détruisit un côté de l’église. A la suite de ces violences, l’archevêque et les chanoines furent réduits à errer pendant deux ans.

En 1 356, Armand d’Albert commença à rebâtir la cathédrale. L’historien qui nous fournit ces renseignements ne dit pas ce qui en avait amené la destruction , mais il laisse entrevoir qu’elle eut lieu pendant les guerres que se faisaient entre eux les comtes de Foix , d’Armagnac et les Anglais. Quoi qu’il en soit , les travaux furent longtemps abandonnés , car ce n’est qu’en 1439 , sous l’archiépiscopat de Philippe de Lévis, qu’on s’y remit avec activité. Il paraît que ceux qu’on avait exécutés précédemment n’étaient que bien peu de chose, puisque les chanoines, dans une procession qu’ils firent, purent bénir les fondations. Le plan primitif de l’édifice semble avoir été changé alors , car à la même époque le chapitre fit abandon d’une partie de son cloître et de son cimetière, qu’il avait si laborieusement acquis, afin qu’ils ne fussent pas un obstacle à l’agrandissement du monument.

En 1439, une bulle du pape accorde des indulgences à ceux qui aideront à la construction de la cathédrale.

En 1469, le feu du ciel l’embrase. Pour réparer le dommage, par lettre du 10 août de la même année, Jean Maru, prieur d’Eause, grand vicaire, accorde des indulgences de dix années à ceux qui contribueront aux travaux nécessités par l'incendie. En 1474, un nouveau désastre de même nature provoque une nouvelle émission d’indulgences.

En 1512 , François de Savoie fait faire les belles stalles du chœur, qui existent encore aujourd'hui , et les vitraux achevés en 1513. En 1525, son successeur, François de Clermont-Lodève, voit terminer le chœur.

En 1610, Léonard de Trapes (*) fait fouiller les trois tombeaux placés dans la crypte, et qu’on suppose avoir renfermé les corps de saint Taurin , de saint Léotbède et de saint Austinde; on y trouva des débris de pallium et de crosses. En 1626, il fait exécuter les vitrages du chœur et le rétable du grand autel. 11 avait précédemment fait don d’une somme de douze mille livres pour être employée aux travaux.

En 1646, Dominique de Vie fit placer les vitres blanches de la chapelle de la nef; les peintures qui bordent ces vitres sont l’ouvrage de Deneis.

Enfin, en 1664, Henri de Lamothe Houdamont fit bâtir le jubé ainsi que le porche et les tours. On lui doit donc l’achèvement du monument , achèvement qu’il paraissait avoir à cœur , car il laissa après sa mort les sommes nécessaires à la construction des orgues et de la tribune qui les soutient. Ces orgues, terminées en 1664, passent pour être le chef-d’œuvre de Joyeuse, fameux organiste de ce temps.

La cathédrale consiste en un vaste vaisseau formé d’une nef principale, flanquée de collatéraux qu’accompagne, de chaque côté, une rangée de chapelles ; elle est terminée à l’orient par une apside à cinq pans , qui s’ouvrent dans autant d’apsidioles en forme de polygones irréguliers, et à l’ouest par un porche en avantcorps. L’édifice est coupé en deux dans le sens de sa longueur par le transsept, qui ne fait point saillie au dehors ; le plan général est d’une régularité parfaite, mais lourde. Le monument a de longueur 106 mètres et de largeur 37 environ.

La façade , qui est la partie la plus moderne, est formée d’un ordre inférieur de style corinthien, présentant trois arcades correspondant aux trois nefs. Au-dessus s’élèvent les deux tours, d’égale hauteur, et divisées en deux étages, dont l’un est de style composite, et l’autre est orné de pilastres attiques. Une plate-forme, munie d’un garde-fou à balustres , termine les tours.

La nef est divisée en cinq travées par des piliers ronds , élevés sur des socles, et garnis de filets, dernière

(*) Il voulut qu’on mît cette singulière inscription sur son tombeau : Leoncirdus de Trapes , archiepiscopus Auxitanus, vermis et non homo , opprobrium hominum et abjectio plebis.

Page 1