CATHÉDRALE D’ATHÈNES
Quelques sculptures chrétiennes et de nombreux fragments antiques complètent la décoration de cette façade
La coupe de la cathédrale d’Athènes, établie planche de détails , fig. 8, offre d’abord le narthex couvert par trois voûtes en berceau , dont deux , construites dans la direction de sa longueur , sont séparées par une autre plus élevée , et se dirigeant d’une porte à l’autre dans le sens opposé. Trois fenêtres éclairent cette partie de l’édifice : celle qu’on voit sur la façade occidentale , au-dessus de la porte , puis une à chaque extrémité.
Une seule ouverture donne accès du vestibule dans le temple; les quatre premiers piliers qui se présentent lorsqu’on a franchi cette porte, ont été refaits en 1833 et remplacent quatre colonnes en marbre ; ils forment des arcades étroites et soutiennent aussi les grands cintres sur lesquels reposent les pendentifs et le dôme. Deux passages voisins du sanctuaire servaient pendant les cérémonies religieuses à communiquer avec les petites absides latérales qui , dans les églises de l’Orient , servent à déposer les livres et les vases sacrés nécessaires à la célébration de la messe.
Selon l’usage des chrétiens de l’Orient , toutes les murailles intérieures de la cathédrale étaient couvertes de peintures; on en voit encore de nombreuses traces , comme l’indique notre dessin de la coupe. Malheureusement la transformation de cet édifice en bibliothèque publique en a fait disparaître une partie , tant par quelques travaux de restauration que par l'application des rayons contre les murailles. Un enduit à la chaux a complètement effacé celles du narthex. Nous devons à l’obligeance de M. Didron, secrétaire du comité des arts et monuments, des notes au moyen desquelles nous compléterons ici la description des peintures encore visibles , qui , par leur position , n’ont pu prendre place dans notre dessin , lors de son exécution a Athènes , en 1836.
La coupole présente trois étages de peintures : entre les huit fenêtres qui 1 éclairent sont autant de grands personnages en pied , apôtres ou prophètes ; les noms sont effacés. Dans la zone située au-dessus se voient huit anges, placés chacun dans un médaillon ; à deux seulement on lit : 'O aYyeXoç Ku (l’ange du Seigneur); les autres inscriptions sont effacées. Ces anges portent un diadème blanc, rayé de barres verticales brunes.
Le sommet de la coupole présente , comme toutes les églises byzantines , un Christ colossal : c’est le pantocrator donnant la bénédiction ci la manière grecque. Il tient un livre fermé dont la couverture est ornée de perles. Ce Christ, qui est barbu, a la tête entourée d’un nimbe crucifère ; les branches de la croix ne portent pas 'O wv , comme on le remarque constamment en Grèce. A la place de ces lettres sont figurés des cabochons.
Comme on peut le voir dans la coupe , le dôme repose sur des pendentifs où sont peints les quatre évangélistes en buste , dans des médaillons ; les noms ont disparu.
Les voûtes en berceau qui se croisent sous le dôme sont partagées chacune en deux parties égales ou demivoùtes , comportant des sujets de la vie de Jésus-Christ. Cette suite de tableaux repose, dans toute l’étendue des voûtes, sur une moulure byzantine dont la forme en biseau bien caractéristique est reproduite en grand , planche de détails , fig. 9. Des rosaces, peintes en brun et séparées par de doubles tiges brisées, décorent cette petite corniche qui sert d’imposte aux grands arcs.
Dans le transepts du midi sont figurées la Nativité et la Présentation au Temple.
Dans la partie antérieure de la nef, vers le narthex , le Baptême et la Transfiguration : c’est le premier de «es deux sujets que Ton voit dans notre coupe.
Au nord, la Résurrection de Lazare et la Fête des Rameaux.
A l’orient , au-dessus du sanctuaire , la Descente aux enfers , et l’Ascension , sujet que Ton voit en entier dans notre dessin.
Contre la muraille qui sépare la nef principale du vestibule au-dessus de la porte d’entrée , on voit deux tableaux : l’un représente Jésus enseignant dans le Temple, l’autre, la Crucifixion.
Dans la voûte hémisphérique de l’abside , le peintre a figuré la Vierge tenant l’enfant Jésus , puis audessous et sur les parois voisines , le Christ communiant les Apôtres sous les deux espèces , puis apparaissant aux Apôtres , à la Madeleine et à saint Thomas.
Le Catholicon était enclavé dans un couvent qui fut détruit eu 1 827 , pendant le malheureux siégé d’Athènes. On en voit encore quelques ruines figurées sur la vue perspective. Il est probable qu’un espace assez vaste était réservé devant le temple pour permettre aux fidèles, selon l’usage grec, d’assister aux cé-
— STYLE BYZANTIN
rémonies religieuses sans entrer dans l’édifice, coutume qui semble transmise de l’antiquité et qui explique aussi les petites proportions des églises chrétiennes de l’Orient.
BIBLIOGRAPHIE
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