BASILIQUE DS ST GEORGES AU VÉLABRE, A ROME
côté au moment de l’élévation, comme cela se pratique aujourd’hui dans toutes les églises de l’Orient. Le nom donné à ce voile par Anastase , et les broderies qui en décoraient le tissu , nous font penser que c’était une tapisserie exécutée à Alexandrie, ce genre de fabrication ayant formé de tout temps, comme de nos jours une des branches de l’industrie orientale.
Le sol du sanctuaire est élevé de sept marches au-dessus du pavé de la nef principale. C’est sous cet exhaussement qu’on a pratiqué le martyrium ou confession , petit réduit souterrain destiné à contenir les reliques des martyrs. Il est ouvert, du côté de la nef, d’une arcade portée par deux colonnes torses; deux niches surmontées de frontons sont placées latéralement; des tablettes de marbre en occupent le fond. Une riche décoration de mosaïques en opus alexandrinum se combine avec ces formes architecturales et en complète l’effet.
L’autel , disposé à la romaine , s’élève , selon l’usage , au-dessus du martyrium ; il est formé de grandes tablettes de marbre portant la sainte table ; des pilastres ornés de mosaïques occupent les angles ; la bonne disposition des moulures l’harmonise avec le soubassement. Auprès de l’autel, quatre colonnes en porphyre noir, surmontées de chapiteaux corinthiens et composites , soutiennent une riche combinaison d’architraves, de colonnettes et de pyramides , que le dessin lui seul peut faire comprendre , et qui forment dans leur ensemble !e plus beau ciborium ancien qu’on connaisse.
Les architraves qui reposent directement sur les grands chapiteaux supportent chacune huit colonnetles en marbre blanc, lesquelles sont couronnées d’une corniche à double moulure; vers la nef seulement, on voit une belle mosaïque et une vieille peinture de Yierge avec l’enfant Jésus. Le second rang de colonnettes est sur un plan octogone : il porte huit tables de marbre jointes de manière à former une pyramide dont le sommet , qui est tronqué et ouvert à l’intérieur, soutient un troisième petit ordre surmonté d’une pyramide complète que dominent un globe et une croix de marbre doré.
Au tiers du pilier situé à gauche de l’autel , est une petite niche en marbre destinée à recevoir les burettes pendant la célébration de la messe. Derrière l’autel, se développe l’abside, décorée avec un goût et une simplicité remarquables , et dont les lignes et les proportions font parfaitement valoir celles du ciborium. La partie inférieure est occupée par un banc ou exèdre destiné à recevoir le clergé; on y voit, comme dans un grand nombre d’églises latines, un siège ou cathedra pour l’évêque ou le primicier. Le banc est surmonté d’un appui composé de tablettes de marbre placées verticalement contre le mur, et qui forment un stylobate élevé couronné d’une moulure; il porte un ordre de pilastres caunelés de proportions très-élégantes, et qui probablement proviennent d’un édifice antique , peut-être de la basilique de Sempronius , remplacée par cette église.
Les chapiteaux composés qui surmontent les pilastres sont d’un style et d’unt exécution peu ordinaires. Entre les deux pilastres du fond, et aux deux tiers de leur hauteur, est une petite fenêtre carrée close par un treillis très-serré. Tous les entre-pilastres sont remplis par un compartiment très-allongé et d’une grande simplicité. Un entablement complet, sans ornements dans ses moulures, se développe à la base de la demi-coupole au-dessus des pilastres , et retourne vers la nef principale en se profilantsur la partie antérieure de l’abside. et contre les parois des grands murs latéraux.
Au-dessus de la corniche , et sous le grand cercle vertical de la voûte, règne un ornement peint, composé avec goût et d’une harmonie parfaite avec le reste de la décoration ; il encadre un grand sujet religieux qui occupe toute la partie hémisphérique. On voit, au centre de ce tableau, un Christ colossal couronné du nimbe crucifère, la main droite levée , et portant un rouleau de la main gauche; ses pieds reposent sur le globe terrestre. A la droite de Jésus , est sa mère ; plus loin , du même côté , saint Georges , en costume guerrier, tient son étendard et s’appuie sur un cheval. A gauche, on voit saint Pierre tenant les clefs du paradis; auprès de lui , est saint Paul portant une épée à la ceinture ; il occupe l’extrémité du tableau.
Cette peinture, exécutée sur fond bleu, est d’un dessin correct; sa conservation est parfaite; elle produit beaucoup d’effet, entourée comme elle l’est d’une architecture tranquille et sévère. Nous ne saurions dire précisément de quelle époque elle date : on sait que , vers la fin du treizième siècle , le cardinal Jacopo-Gaetano Stephaneschi fit enrichir la tribune de peintures de Giotto. On ne reconnaît pas le talent de ce maître dans le tableau qui se voit aujourd’hui; il est donc probable qu’il a été refait depuis dans son entier ou retouché au point de faire disparaître le style du peintre célèbre auquel on en avait confié l'exécution. Peut-être doit- en attribuer ce changement aux restaurations successives que firent à l’édifice les cardinaux Giacomo Serra au commencement du dix-septième siècle, et Joseph Imperiali à une époque plus rapprochée de nous. Enfin v
STYLE LATIN,
Pie VII , ayant fait faire des travaux indispensables, lorsqu’il donna l’église à la congrégation des enfants de Sancta Maria del Pianto , a pu contribuer à dénaturer la peinture de Giotto.
Les nombreuses restaurations faites à l’église de Saint-Georges au Vélabre pendant une longue suite de siècles , le renouvellement même de certaines parties importantes , n’ont altéré en rien le style primitif de l’édifice. C’est un des faits les plus curieux de l’histoire de l’architecture chrétienne à Rome que cette persistance non interrompue du style latin dans la construction des églises , et ce respect des artistes pour une arcliitecture consacrée originairement , surtout lorsqu’on songe que , pendant plus de six cents ans , l’Europe entière se couvrit de monuments romans et à ogives. Nous aurons , au reste, plus d’une fois l’occasion de renouveler cette remarque , lorsque nous décrirons les monuments chrétiens de Rome antérieurs au seizième siècle.
BIBLIOGRAPHIE
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ÉGLISE DI S® GIGMGIS Aïï YÉLABM, À RMI 0
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