Plut., de Iside et Osivide^ c. xv
par une prescience divine, s'en fut à Byblos..., pressée, elle y arriva tout droit..., elle y fut accueillie, et la reine, Tayant faite une de ses familières, la chargea de nourrir son enfant... Malkandre est, dit-on, le nom du roi (de Byblos); les uns nomment la reine Astarté, les autres Saosîs', d'autres Nemanoun. »
Isis se fait connaître. Elle raconte son histoire, manifeste sa douleur en recouvrant le cercueil de son époux Osiris (Adonai), et bientôt le roi et la reine de Byblos lui élèvent un temple*.
Mais le rôle sidéral de la déesse^, plus conforme à des croyances d'origine orientale, prédomina dans le culte établi en Phénicie. En conséquence, l'appellation ég}'^ptienne de Tépouse d'Osiris disparut, et il lui fut substitué le nom astronomique d' Astarté porté par la reine initiatrice. Astarté donc c'est Isîs. Comme celle-ci, elle resta inséparable de son époux, et eut la même odyssée de douleur^.
La nouvelle religion se répandit bientôt de Byblos vers le nord, sur le littoral, jusqu'à Aradus; vers le nord-est, dans la Syrie des Rivières 5; à l'est, en Palestine et au-delà du Jourdain^; au sud, jusqu'au-delà d'Ascalon. Plus tard, à Bambyce ou Hiérapolis7, Astarté eut, sous le nom de Dercéto (voyez plus
1. Saosis est le féminin de Saos^ premier législateur de Samothrace, qui conduisit dans cette île une colonie asiatique. Ce nom de Saos est probablement d^origine assyrienne, car on le retrouve dans le nom du roi Saosducheus, successeur d*Assarhaddon (668 av. J.-C.). Cependant, d'après le passage ci-dessus, il estaus5i phénicien. Saos fut vraisemblablement un de ces navigateurs syriens, sidoniens ou giblites, qui, selon la coutume de ses compatriotes, cherchait à rattacher les nouvelles colonies à la métropole par des liens religieux autant que commerciaux*
2. Plut., </<? Jside et Osiride, c. xvi : xa» vûv Iti af6£<j6ai BuÔXCou; xo Çv).ov èv tep^ xeî(uvov Icriûé;.
3. Plut., de Jside et Osiride, c. lu. Isis, dit-on, n'est point autre que la lune. — Luc, de De a Syria, c. iv. "A<jTâpTr,v ô' lyta tométa IsXrjvaîrjV Spifxevat.