‹ Monuments antiques de Chypre, de Syrie et d'ÉgypteChapitre 25 sur 99 · Hésiode, Théog.^vcrs iSS-igo · texte numérisé non relu

Hésiode, Théog.^vcrs iSS-igo

IDALIE io3

Maintenant, qu'était au juste cette divinité primordiale qu'on nommait Uranus? Au dire de Sénèque, c'était cette partie du ciel qui contenait les planètes : « Tout ce ciel est limité par Téther igné, partie la plus élevée du monde '. ^ Macrobe expose avec clarté ^ le système cosmogonique des anciens et quel rôle y était dévolu à Uranus. Il dit d'abord ^ : « Scipion fut ramené vers les choses supérieures par un nouvel avertissement de son aïeul qui lui démontra en ces termes la coordination des sphères depuis l'origine du ciel : Pour toi tout se résume en neuf cercles ou plutôt en neuf globes dont l'un, le céleste et le plus lointain, celui qui enveloppe tout le reste, est le grand dieu lui-même qui dirige et contient tous les autres. A ce ciel sont attachées les étoiles fixes qu'il entraîne avec lui dans son éternelle révolution. » Le passage suivant confirme en la précisant la citation qui précède ^ : « Le système du monde comprend neuf sphères ; la première, où sont fixées les étoiles (les étoiles fixes ?), est le ciel proprement dit [summiis ipse deiis du passage précédent), liant et englobant les autres sphères et tournant d'orient en occident. Les sept globes au-dessous, que nous qualifions de

1. Sen.^ Natur,quœst,f lib. VI^ c. xvi. Cf. Aristot., Tcepl xodfiotf, c. ii.

2. Les explications de Macrobe touchant le symbolisme mythologique méritent d^autant pi us de confiance que Tauteurétait lui-même un païen éclairé et convaincu. La foi païenne, à Pépoque où il vivait (fin du iv* siècle ap. J.-C.), n^avait pu devenir en lui, comme jadis en Julien, une conviction réelle qu'autant qu^elIe recevait, dans sa pensée, sa véritable interprétation, c Quand il eut cessé de parler, » dit-il dans ses Saturnales (liv. I, ch. xvii) en parlant de Prétextât, c tous les assistants, les yeux levés sur lui, manifestaient leur admiration par leur silence. Ensuite on commença à louer l'un sa mémoire, Tautre sa doctrine, tous SI religion, assurant qu'il était le seul qui connût bien le secret de la nature des dieux f que lui seul avait V intelligence pour comprendre les choses divines et pour en parler, • (Trad. Mahul.) A cette époque, un lettré, comprenant la poétique splendeur du paganisme, l'originalité de ses allégories, ses symboles pittoresques voilant des vérités scientifiques et aussi anciens qu^ lui, le penseur en un mot, devait, comme Macrobe, rester païen.

3. Macrobe, Commentarius ex Cic. in Somnium Scipionis, lib, I, c. xvij.

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