Vitr., Ilf, X
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portant était, dans la plaine même, tout proche du lieu où la patère fut découverte, que (à en juger par ce que j'en ai vu) le temple devait être fait de mattons et de bois, on peut reporter dans ce sanctuaire même la cérémonie figurée ici sous les piliers frettés d'armilles.
g 4. — DESTINATION DE LA PATÈRE.
La patère est-elle votive ? Je pense que non. Si elle l'eût été, elle fût restée dans le temple et n'eût pas été trouvée dans une tombe. De plus, on ne lui eût pas pratiqué, au centre, un ombilic destiné, comme aux coupes de ce genre, à recevoir le doigt médius qui facilitait la préhension, assujettissait le vase dans l'inclinaison pour le déversement, et le rendait ainsi propre à un service effectif.
Votive, la patère eût été d'un travail plus soigné, d'un métal plus précieux, d'une forme plus artistique, en un mot elle eût été plus digne de figurer au trésor d'un temple.
Ce vase est donc un objet à usage.
L'ombilic est trop petit pour qu'un doigt viril puisse s'y insérer. Il a donc été fait pour le doigt effilé d'une femme, et, comme la destination hiératique de la patère n'est pour moi pas douteuse, je suppose que cette femme était une prêtresse dans la tombe de qui on enferma cet ustensile, qui avait dû ne servir qu'à la personne exclusivement.
Des tombes contiguës à la précédente renfermaient de curieuses bardaques et vases analogues à ceux qui figurent sur la table d'oflfrandes. Je suppose que ces objets avaient été également réservés à l'usage personnel de prêtresses dont le cimetière devait se trouver aussi proche que possible du temple qu'elles desservaient, probablement à la lisière du terrain sacré, sans doute
couvert de boisi. Ces prêtresses, je suppose, auraient fait partie du groupe des prêtresses figurant aux cérémonies les neuf mu* siciennes et danseuses, dont la dernière, sur la patère, a la main posée sur l'un des vases comme si elle venait de le déposer sur la table d^offrandes >.
La patère contient, à très peu près, une cotyle attique. Une capacité métrique était donnée à ces patères afin, je crois, qu'on pût se rendre compte de la quantité de liquide dépensée pour chaque cérémonie, et rester dans les limites d'un tarif convenu entre les fidèles et le corps sacerdotal.
La patère (f lo^r) était donc destinée à des libations^ et aurait peut-être appartenu précisément à la prêtresse représentée avec un sistre et le simpulum, accessoire obligé de la patère en question.
g 5. DATE APPROXIMATIVE DE LA PATÈRE.
Quelle date peut-on assigner à ce curieux monument ? Une très approximative, je pense.
1^ Le sujet représenté est d*un travail mauvais et d'une main qui n^est certainement pas grecque. Les costumes ne sont ni grecs ni ég}'ptiens, mais plutôt asiatiques (on en voit encore d'analogues en Orient). Je les suppose phéniciens ou plutôt phoenico-ascalonites, car je pense que la tradition a été aussi fidèlement observée ici en matière de costume qu'en matière
1. c Qusque (Venus) régis Golgos^ quseque Idalium firmdosum.,» 9 Catull., Thet. et PeL, 64, v. 96.