CONCLUSIONS
De l'examen comparatif des notes et citations qui précèdent, il appert que :
Le mot Sigy^ne désigne un peuple d'au-delà du Danube, d'origine mède, et, chez les Ligyes de la Gaule, des colporteurs, de même origine probablement (I). Mais comme, d'un autre côté, il y avait un peuple méditerranéen du nom de
I. Cf. Vcrchèrc de Rcffyc, les Armes d'Alise (Revue archéol.^ t. X, pi. XXII, photog. des pilums). — Cf. Magasin pittoresque^ t. XLIV, p. 255-56, le Crochet mérovingien, année 1876.
: xi C H ï ? R c.
Sîgji§e IV. 2 . il y a lîcn de sipposcr qoe Sigfmme et Sigjme soat les Tariantes d'an seul et même moc.
Le fait qne le mot Sigrme esc spécial â IHe de Qnrpre lir et que la sigjme était, à Chypre, one arme d'hast T'« vient à Tappaî de rhj-pothcse préccdentc-
La sigjme oa sigrme s'appelait aassi sièrme ^XI'jSjrHme ou srbtne X .
Le mot Sibrne ou Sigrne est perse oa syrien. La sigfTse était en efiet une arme perse ^1L 2'. Le mot fut usité. d*abord, en Thrace et en Ulyrie. où il devint un vocad>le edmique
J'ajouterai que ce nom de Sigme est celai d'une ville ^yptienne IF , peut-être de fondation araméenne.
La sigjme paraît avoir beaucoup varié selon les pays oiï elle était employée. IXsons d'abord que c'était une arme dliast analogue à la pique X . C'était une arme percutante {VI, 2}.
A Chj-pre, c'est une haste en fer d'une seule pièce JXIV). — En Arcadie, elle ressemblait au pilum mince des Romains (V).
— On retrouve la sigjme en usage à Rome et en Macédoine ptl, ; chez les Bébrjxes |Bith\'niens\ Thraces tfori-
ginc ^IV, 1} ; et il est probable que, chez les Boii« les armes qai ressemblaient au pilum romain pour tout, sauf la pointe, étaient des sigrnes ^'11 r.
Tantôt la sigyme avait un fer lai^e IX), tantôt une pointe à trois aiigles pointus 0([, 2, cf. XV.; tantôt c'était une arme de chasse à une barbelure XIF, un épieu parfois doré (VII, i}; tantôt une arme d'athlète lisse et fondue d'une seule pièce (XIII).
— Des sibynes dorées étaient fixées aux moyeux des roues du char funèbre d'Alexandre (\'I, i).
La sigyne donc varie de formes; toutefois, si à l'époque romaine elle est devenue une variété du pilum, je crois que dans l'antiquité grecque c'était une sorte de hallebarde telle que celle qui figurait dans la colleaion Cesnola et qui prove-
nait, très probablement, de l'acropole d'tdalium. C'est une lame de bronze de o",645 de long et dont voici la figure :
Les fouilles d'Idalium ont fourni un nombre considérable de lames de bronze de même modèle et de toutes dimensions, depuis o",i4de longueur.
Le veru/um était une arme sabine (XXI, i) et italiote PCXI, 2). II était en usage chez les Nervïens au temps de César {XIX}. A l'époque d'HannibaI(3 16), les vélites romains étaient pourvus du perutum (XXII), lequel faisait partie de l'armement de la grosse infanterie romaine (XXVII), qui s'en servait encore au v» siècle P. C. (XXVIII).
La forme du verutum paraît avoir varié. En général, c'était un trait court, étroit (XX, XXV, i) et grêle (XXIV). Il y en avait un de deux pieds de long, usité à ia chasse (XXV, i). — ■ Tantôt le verutum a un fer large et tranchant (XV, 2) (et ce rarement, selon toute probabilité); tantôt, comme à l'époque de Théodose, c'est un pilum dont on comptait deux sortes à fer triangulaire : l'un de neuf onces, c'était le pilum proprement dit ou spieulum; l'autre de cinq onces, ou verutum (XXVII); tous deux aux mains des princes, gardiens des enseignes (grosse infanterie) (XXVII).
En -tous cas, le verutum était une arme de jet (XIX, XXV, XXVII) avec laquelle on pouvait aussi charger la pointe en avant (XXII, XXV, XXIX). Pour résumer, le verutum était un pilum (XXVI),
La veruina était une arme (XVIII) de jet (XXIII, XXIX) identique au verutum (XXIX).
LAveru était aussi une arme de jet (XXIII) ou d'hast (XXVIir, qui ne différait peut-être pas de la veruina et du verutum.
Le général de CesDoIa arait dans sa collection une arme de bronze provenant peut-être, comme la précédente, de l'acropole d'Idalium. et dont voici la figure.
Comme on le voit, c'est une broche lisse terminée par une douille; mais ce n'est pas un pilum. En supposant la hampe de bois de même longueur que la lame, l'arme tout entière avait un mètre, et était même à trois fins: de trait, d'estoc et de taille, [^'oir la coupe.] Je crois qu'il faut la considérer comme une veru orientale, prototj'pc du veruium des auteurs, probabiemem l'arme perse dont ils font mention.
Les deux curieux spécimens d'armes cypriotes que je viens de faire connaître sont absolument intacts. S'ils ne sont pas au musée de New-York, ils ont passé dans quelque collection particulière.
N. B. — Je ne partage point l'opinion du duc de Luynes, qui suppose que la plaque de bronze,.- la douille de bronze I {terminale d'une hampe de haste) h inscriptions, et d'autres objets de son cabinet, provenaient du champ de bataille ëi \ d'Idalium. J'ai la presque certitude que 1 1 I ces objets ont été trouvés, comme les deux *" armes ci-dessus décrites, dans l'oppidum
même, dans le temple duquel se trouvait appendue la célèbre plaque votive.