Isale, XLvi, V. I
Babylonie ' et de la Syrie (où un haut lieu, le mont Nébo, lui était consacré) *, et, nécessairement, aussi de la Phénîcîe, dont la théogonie primitive était asiatique ^. — Si donc Temblème est le signe commémoratif d'une légende qui intéresse au plus haut point la civilisation phénicienne et son héros^, les deux hiérophantes qui l'accompagnent, et qui portent la schenti avec le costume asiatique, doivent être Phéniciens.
La figure qui suit, debout à gauche, est Horus adolescent, l'Apollon grec5,le dieu de la lumière comme son nomTindique^. Il tient la croix ansée, emblème de génération. Il est alors Priape 7, le fertilisant et le fécondateur de l'Egypte ®, en un mot,
1. Nébo était adoré à Borsippa. On le retrouve dans plusieurs noms propres assyriens : Nabo-Nid, Nabo-Nassar, Nabo-Polassar^ Nabu-Chodonosor, et dans celui du satrape d*Égypte Necta-Nébo.
2. On rappelait aussi Nibas ou Nibchas en Syrie. Moïse vint finir sur ce mont Nébo. Comme Anubis, il fut exposé et recueilli en Egypte; comme lui, il joua un rôle civilisateur en Syrie. Anubis israélite, il se confondit avec Nébo.
3. En résumé, le plus clair de cette histoire est que: une colonie phénicienne, établie à Tembouchure canopique, se trouva fortuitement en contact avec la civilisation égyptienne, lui apporta les premières notions de la navigation, et lui emprunta, avec sa philosophie religieuse, Talphabet et l'écriture dont elle dota sa métropole.
4. Mon ami M. CIcrmont-Ganneau a bien voulu me communiquer, pour la publier, Pempreintede la nef isiaque, portant le soleil, isolée, et couronnant Tinscription phénicienne [* hébraïque en caractères phéniciens] d'un scarabéolde acquis à Jérusalem. Cette nef est-elle là comme signe religieux, emblème national syro-phénicien, ou armoirie de corporation maritime ? Je ne saurais le dire. Je pense toutefois (en conséquence de ce que j*ai dit à ce sujet) que, si elle se retrouve sur d'autres cachets, les légendes qui l'accompagneront devront être toutes phéniciennes de langue et d'onomastique (sauf dans les cas où ces cachets auraient appartenu à des Syriens ou à des Juifs païens), la nef d'Isis ne pouvant être qu'un emblème marin et phénicien, en Syrie et sur la côte. — Je rappellerai ici que les bateliers de Lutèce adoptèrent comme insigne le vaisseau d-Isis, qui figure encore aujourd'hui dans les armes de la ville de Paris.
5. Hérodote, liv. II, ch. cxuv; Diod. Sic, liv. I, ch. xxv, éd. Didot; Plut, De Iside et Osiride, ch. lxi, éd. Didot; Hor. Apollo, Hiéroglyph., I, xvii; Macrobe, Saturn., liv. I, ch. xvii, xviii, xxi.