Hérod., liv. VII, ch. xc, éd. Didot
4. Ovide, Métam.y liv. X, v. 53i. — Les vinsd'Amathonte sont célèbres encore aujourd'hui sous le nom de vins de la Commanderie (Pancienne commanderie du Temple à Colossi). Ils sont, avec ceux dits de Chiraz/en Perse, les seuls grands vins de l*Orient,
i4fi CHYPRE
et la phénicienne Citium (ou les autres ports phéniciens) des relations suivies et assez étroites pour qu'Amathonte ait été regardée, par la suite, comme une colonie asiatique qui aurait reçu son nom « soit d'Amathus, fils d^Hercule, soit d'Amathusie, mère de Cinyras' ». Mais Scylax de Caryande réfute cette erreur en faisant la cité autochtone *. — Par suite de cette alliance d'intérêts, il est naturel qu'il y ait eu une sorte d'alliance religieuse, avec adoption par Amathonte d'un emblème sacré phénicien, et que, par conséquent, le monument luimême soit amathontin.
Partant de là, c'est tout d'abord dans les annales de Cypre que j'ai dû chercher quel fait historique, quel épisode militaire mémorable était représenté dans la dernière zone de la patère.
Je n'en ai trouvé qu'un qui concordat avec l'œuvre de l'artiste : c'est la défense d'Amathonte contre les rois de l'île coalisés, l'an !•' de la 70* olympiade (5oo av. J.-C).
Comme nous l'avons vu, Amathonte, égyptienne d'origine, de mœurs et peut-être de dialecte, dut conserver, vis-à-vis de l'élément grec circonvoisin, un sentiment de particularisme égal à celui des Phéniciens de Citium et d'Idalie. Aussi, lorsque la révolte de Tlonie fit soulever, à la voix d'Onésile, usurpateur de Salamine, tous les rois grecs de l'île contre Darius, Amathonte et Citium ne bougèrent pas et restèrent fidèles aux Perses. Onésile, voulant forcer Amathonte à sonir de sa neutralité, vint l'assiéger. Le satrape Artybius et les Phéniciens arrivèrent au secours de la place, forcèrent les alliés à la retraite, et, peu après, l'insurrection prit fin par la défaite et la mort d'Onésile sous les murs de Salamine ^.
1. Steph. Byz., v. *A|iaOoû;. — Cf. la note savante de Th. de Pinedo sur l'étymologic phénicienne de ce vocable.
2. Scylax Caryand., Peripl.^ I, 78 {Geogr, min., édit. Didot).