SÉPULTURE DES ENVIRONS DE BEYROUTH
qucmment aux environs de Beyrouth, surtout vers Ràs-Beyrouth. Elles consistent en un cercueil de terre cuite enveloppé d'une chemise de plomb qui est en somme un autre cercueil, et qui porte, estampés sur ses quatre faces, des ornements de divers genres: têtes de gorgones, corbeilles de fleurs, figures de nymphes, de dieux, de déesses, etc. Les monnaies qu'on trouve dans ces fouilles ne remontent guère au-delà de Probus. On en trouve très souvent des successeurs de cet empereur jusqu'à Théodose, et presque toujours ce sont des petits bronzes.
LÉONTOPOLIS DE SYRIE-
Lorsque de Beyrouth on veut aller au Nahr-el-Kelb (Lycus), on prend la nouvelle route carrossable qui passe un peu avant Toctroi, entre deux massifs ruinés de maçonnerie romaine dits Fontaine Saint-Georges.
Des tuyaux de terre cuite sont encore engagés dans le massif de gauche. L'autre massif affecte la forme d'une maisonnette carrée et se trouve, en contre-haut de la route, dans un champ de mûriers. Derrière ce débris est une grotte creusée de main d'homme dans le rocher même de la colline dite de Saint-Georges. Cette grotte ne semble pas avoir eu de destination sépulcrale. La route descend, après Toctroi, vers le Nahr-Beyrouth (Magoras) ^, qu'elle franchit sur un pont d'origine romaine, res-
♦ I. Revue archéologique y XXIII, p. 169 etsuiv. (187a).
2. Pline .'liv. V, ch. xvii) : <i At in ora etiamnum subjecta Libanofluvius Magoras, Berytus colonia, etc. » — Ce fluvius ou grand cours d*eau, entre Beyrouth et Sidon, ne pourrait être que le Damour ou Tamyras. Mais comme il est inadmissible que Pline ait pris pour un autre ou dénaturé ce dernier nom, il faut supposer qu'un renseignement erroné lui a fait donner au Damour le nom qui doit être attribué au Nahr-Beyrouth, cours d'eau plus digne que lui du nom de
LEONTOPOLÎS DE SYRIE 221
taure sous les Sarrasins et refait, pour ainsi dire entièrement, il y a six ans, par le gouvernement turc. A vingt minutes de là sont les sables.
On appelle ainsi une grève qui borde la baie de Saint-Georges.
Au bout de cette grève est un chemin qui monte, l'espace de quatre-vingts mètres environ, jusqu'à deux petits khans se faisant vis-à-vis. On a annexé deux maisons à celui de gauche. Une pierre taillée en forme de sarcophage et servant de banc a été trouvée en cet endroit. Ici les dernières roches d'un contrefort du Liban rejoignent la mer et sont traversées par le chemin qui mène au Lycus.
Les sables bordent des terrains cultivés et parsemés de villages adossés à la montagne. Ceux-ci ont probablement remplacé des sites antiques disparus, mais peu importants, puisque les auteurs anciens n'ont pour ainsi dire cité aucun d'eux.
De simples filets d'eau, des ruisseaux sourdent de la grève ou descendent du versant voisin. Un seul mérite l'attention, c'est le Nahr-Antélias.
Ce cours d'eau n'tsl jamais à sec.
Toujours guéable en été, en hiver il est rapide, peu profond, mais dangereux à franchir près de son embouchure, à cause de ses sables mouvants. Autrefois, en cet endroit, on pouvait le passer sur un pont dont il ne reste qu'un fragment de culée sur la rive droite. Ce pont m'a paru fort ancien. Il était construit en blocage formé de petits moellons noyés dans un très solide ciment. Aujourd'hui l'on est obligé de remonter le cours d'eau pendant près d'un quart de lieue, afin de gagner un autre vieux pont situé dans un bourg nommé, comme la rivière, Antelias.
fluvius (car le Damour est souvent à sec Tété); ou bien, si Ton considère que la
nonnenclature de Pline ne commence qu'à Beyrouth^ une interversion aura eu
lieu dans le texte, et il faut alors restituer ainsi : c At in ora etiamnum subjecta
Libano, Berytus colonia... Fluvius Magoras, etc. » Cette hypothèse me semble
a plus probable.
mais par rapport à Sidon, ce qui pour l'instant est secondaire.
4* Une ville de Léontos ou du Lion a existé au nord de Beyrouth, assise sur une rivière de même nom, et cette ville ne peut être qu'Antélias.
Une ville de Léonton ou des Liofis a pu également très bien exister entre Beyrouth et Saîda.
Pline paraît s'être enquis avec soin des sites des villes de la côte (de Beyrouth à Tripoli et au delà). L'exactitude de sa nomenclature le prouve. D'un autre côté, Scylax, malgré la mutilation de son texte, semble, par l'évaluation qu'il fait particulièrement de la distance qui sépare Omithopolis de Léontonpolis, n'avoir point fait erreur sur le site de cette dernière localité. Donc, si Pline et Scylax ne se sont point trompés, il y a eu deux Léontopolis distinaes, l'une au nord, l'autre au sud de Béryte.
5® Il est très supposable que le Lion, symbole solaire, servît d'armes parlantes et de racine onomastique à plusieurs villes de la côte placées sous le vocable du Soleil, comme maintenant ont été mis sous celui de Saint-Hélie plusieurs villages du Liban. Cela viendrait corroborer mon h3rpothèse par rapport au nom antique d'Antélias.
La voie romaine qui longeait la côte de S3n:ie passait par Beyrouth et le Nahr-el-Kelb. Construite sur un terrain solide, elle suivait le pied du Liban et, nécessairement, traversait Antélias. Une borne milliaire devait, dans ce bourg, marquer cinq milles romains à partir de Beyrouth, c'est-à-dire près de 7 kil. 400 mètres.
(djouni de phénicie)
ET LE SITE DE PALiEBYBLOSi
Lorsque, venant de Beyrouth et se dirigeant vers le nord, on arrive au bord du Lycus, on peut traverser la rivière soit à gué, soit au pont, un peu plus haut. On continue sa route en laissant à sa droite un moulin, à sa gauche une petite fabrique, et en cheminant dans un sentier pierreux qui côtoie des champs de colocasses et de mûriers. Ces champs dépassés, on n'a plus autour de soi que des rochers et des pierres. La route est pénible; on Tabrège en galopant sur une grève étroite, le long de la mer, jusqu'à un bouquet de pins-parasols. Là on remonte sur la route qui tourne à Test en côtoyant la rive sud de la baie de Djouni, qu'on a à sa gauche. Devant vous se dresse un haut contrefort du Liban, au pied duquel s'étagent des maisons blanches disséminées dans la verdure des mûriers. A droite, des
• I. Revue archéologique^ XXX V, p. i et suiv. (1878).
maisons en contre-haut annoncent les approches d'un village, et des rochers taillés indiquent l'emplacement d'une localité antique. Quelques pas encore, et la route descend, en passant devant un petit café, jusqu'à une plage sur laquelle se voient
A. Biie de Djounr. - Zoiii. — E. Chtmî H. Pont.Mamiltcin L. A[n Warka.
P. CbemÎD I pk. - V. Ani' Z.DJ011
.ycus. - C. Cbemia dt DiébeH. - D. Chemin de e antique. — F. Rla MamiUeîn. — G. Rocbere — iltein. — I. Montie de Ghaiir. — K. Ghulr. —
M. Ruines d'un temple. — N. Chemin en licsli. — O. Mont Clim».
:>riB3ii. - Q. Detr Bkerki. - H. Zouk Mitall. - S. Sarbi. — T. Tem-
e pins
- T. Rochen Uilljs. -
constamment des barques en construction ou en réparation. On est à Djouni, sur la grande place.
Le chemin tourne ensuite au nord en longeant la rive est de la baie et le grand contrefort dont j'ai parlé, franchit trois lits de torrents, passe au pied de la montée de Ghazir, et là tourne à l'ouest sur la rive nord de la baie. A partir de cet endroit il
se trouve resserré entre la mer et des rochers formant l'extrémité d'un autre grand contrefort qui abrite la rade des vents du nord et du nord-est. Quelques pas plus loin le chemin franchit le Nahr-Mamiltein sur un pont antique, puis, au Râs-Mamiltein, s'infléchit au nord, dans la direction du Nahr-Ibrahim et de Djébeïl, le long de la côte de Syrie.
Le sentier pierreux qui part du Lycus occupe, selon moi, à peu près l'emplacement de la voie romaine. Celle-ci, qui fait suite au sentier et le continue, est très distincte jusqu'au Râs- Mamiltein et n'est autre que la route actuelle.
Djouni occupe une vaste étendue de terrain, car ses maisons sont très éparpillées. La plupart sont adossées à cette grande montagne ou contrefort dont j'ai parlé et qui, courant du nordest au sud-ouest, défend la rade des vents d'est et de sud-est. Ce contrefort, dont les pentes sont extrêmement raides, se termine brusquement, à Djouni même, en une sorte de promontoire séparé des collines de Zouk par le ouâdi Antoura, dont le fond est un lit de torrent, à sec l'été. Ce ouâdi est dominé, à son entrée, par le Deïr Bkerké, construction de caractère féodal et des plus solides. C'est la résidence d'hiver du patriarche maronite. — Un peu plus haut se voit une petite chapelle miraculeuse. — Ces deux édifices sont, pour ainsi dire, accroches au versant sud du promontoire précité. Quelques arbres les dominent et les environnent. Au sommet sont des rochers, et un chemin qui mène au pays haut par Harissa, Ghosta, etc. Ce chemin ne communique qu'avec Djouni par un sentier pratiqué sur le versant ouest, en vue de la baie, et dont l'entrée m'a paru avoir été évidemment pratiquée de main d'homme dans les rochers de crête. Ce sentier descend le flanc de la montagne en lacets réguliers, nombreux, relativement peu rapides, traverse le village en faisant quelques sinuosités et vient déboucher sur la place, non loin d'une filature. — Les maisons bâties sur une petite hauteur, au sud de la baie, et que Ton a à sa
droite en venant du Lycus, forment un petit groupe, une sorte de hameau, nommé Sarba.
La baie de Djouni est plus profonde au nord, où l'ancrage est plus sur (et où j'ai vu une fois au mouillage une corvette anglaise), qu'au sud, où le fond est sablonneux. Toute grande ouverte à l'occident, elle n'est exposée qu'au vent d'ouest, vent de pluie, vent d'hiver moins violent et moins dangereux que les vents du nord et de l'est. J'ajouterai que la rade est accessible de nuit pour les barques habituées au cabotage le long de la côte, et le serait pour tous autres bâtiments si un feu de port était établi dans une position convenable. Mais les bâtiments de commerce ne viennent pas à Djouni, et Djouni restera toujours ce qu'il est malgré son port, qui est en somme le seul qui mérite ce nom de Péluse à Alexandrette. Pourquoi cela ? C'est que Djouni n'a point de territoire, étant resserré entre les montagnes et la mer, et par conséquent n'est pas dans un pays de production. De plus, Djouni et son magnifique port, que quelques travaux rendraient le plus sûr du littoral syrien, sont pour ainsi dire isolés du reste du pays, ne communiquant avec le nord et le sud que par les défilés de Mamiltein et du Lycus, avec les pays hauts et les vallées voisines, à l'est, que par des sentiers de montagne. Djouni est donc resté village tandis que Tripoli, Djébeïl, Beyrouth, Saïda, Sour, Acre, possédant des territoires d'une grande étendue, productifs, et d'un accès et d'un parcours relativement faciles, sont devenues des villes opulentes.
Djouni est à peu près à égale distance de deux villes importantes : Djébeïl et Beyrouth. Approximativement il y a, par la route ordinaire : i^'de Djouni à Djébeïl 17,93g mètres; 2* de Djouni à Beyrouth 1 8,488 mètres; ce qui donne pour la distance totale de Djcbcïl à Beyrouth environ 36,377 mètres.
La partie de Djouni nommée Sarba est comme un petit faubourg à part. Il occupe la croupe terminale d'un massif rocheux
dont la hauteur varie de 1 5 à 20 mètres et au bas duquel passe la route. Les rares maisons de Sarba (quatre ou cinq) regardent toutes le nord, c'est-à-dire la baie. Sauf le petit café dont j'ai parlé, elles sont bâties au bord du plateau que forme le sommet de la colline et qu'occupe un champ cultivé appartenant au scheikh Nauphal. Pour y parvenir, on tourne à droite lorsque, venant du Lycus, on arrive sur la plage près des barques. On monte ensuite un sentier qu'on trouve bientôt à droite et qui débouche sur la hauteur, longe le champ Nauphal au levant, et conduit au seuil de chaque demeure. — La principale habitation est celle de MM. Khadra. C'est la dernière à l'ouest. Elle attient à une petite propriété sise au couchant et consistant en plates-bandes de terrains de culture, s'étageant sur la pente de la colline au moyen de murs de soutènement en pierres sèches, peu élevés (i à 2 mètres). Le premier palier est en contre-bas du champ Nauphal et la différence de ni veau est d'environ 6 mètres. Il n'y a point de mur de soutènement. Celui-ci est remplacé par la paroi d'un grand édifice rectangulaire dont les trois autres côtés sont engagés et enfouis dans le terrain Nauphal, et qui maintient parfaitement les terres.
Ce monument, évidemment antique, est plat à sa partie supérieure et dallé de grandes pierres taillées avec soin; mais cette terrasse est presque entièrement recouverte par un énorme amas de moellons gros, en moyenne, comme un pavé. Elle était bordée par une corniche dont on voit des restes presque au niveau du sol, dans le champ Nauphal. Ces restes appartiennent à la façade sud, maintenant enfouie, et qui regardait Beyrouth. — Si l'on descend dans le premier terrain Khadra, la façade nord apparaît tout entière, regardant la baie et les rochers de Mamiltein. Elle est, pour ainsi dire, intacte, et permet de se faire une idée exacte du monument.
L'édifice se compose de deux massifs de maçonnerie superposés. Comme celui du haut est en retrait sur l'autre, ce retrait est
SYRIK
ménagé par une cymaise renversée, plate, et dont l'obliquité est d'un peu moins de 45°. Le massif inférieur ou base se compose de cinq assises (la plus basse visible au ras du sol), toutes cinq de hauteurs inégales et en pierres taillées de dimensions qui varient de 5 mètres de long à o",5o et même moins. — L'assise dans laquelle est pratiquée la cymaise, et les trois dernières qui forment le massif supérieur, sont entre elles d'inégale hauteur. A cette partie supérieure de l'édifice des pierres manquent au parement extérieur, à l'est et à l'ouest; la partie médiane n'a.
pour ainsi dire, pas souffert, et permet de restituer l'ensemble. — A l'angle inférieur occidental du monument, la première pierre de la seconde assise fait une forte saillie et est, dans sa moitié supérieure, pourvue d'une sorte de tenon de mortaise comme si elle eut dû s'encastrer dans un autre bloc et être, en quelque sorte, l'arrachement d'une maçonnerie. Cette seconde assise, comme on le voit sur la planche XII, se dédouble jusqu'au roc qui paraît vers l'extrémité est. De gros moellons bien équarris et en deux rangs superposés remplacent une pierre absente, entre la pointe du roc et la troisième assisse. Enfin des pierres de taille font suite jusqu'à l'angle oriental de l'édifice. — A l'est, c'est-à-dire à la gauchedu spectateur, au tiersenviron (io",5o)
LE monumi-:nt de sarba
de la longueur totale de la façade et entre les deux assises du massif inférieur, immédiatement sous la cymaise, est une niche
"i ^êa,é^-^
'"IfM'
rectangulaire, large de o",39, haute de o'°,89, profonde de o°,64. Cette niche a été taillée dans les deux blocs superposés de gauche, ceux de droite formant simplement paroi. Du
milieu de cette paroi de droite se détache un petit cîppe carré, haut de 0*^46 et se présentant comme une console ou un support sculpté (avant sa pose?) dans le bloc de la seconde assise. Ce cippe consiste en un dé haut de o'°i2, ayant une base de o",i7 composée d'une cymaise plate et d'une abaque. Le couronnement est pareil. Sur la face médiane ou antérieure, regardant la paroi de gauche, se présente de profil une tête de génisse de style assez primitif, sculptée en relief sur le dé et la cymaise supérieure. 0^,09 séparent la base du cîppe du sol de la niche, et o",34 séparent le plafond de celle-ci du dessus de la console.
A gauche de la niche, vers l'angle est de l'édifice, est une
brèche produite par Tenlèvement de pierres du parement extérieur appartenant aux cinq dernières assises du haut. Un des blocs ou dalles de terrasse, déplacé, a basculé et recouvre obliquement cette brèche, qui donne accès dans un couloir. Celui-ci est rempli, comme doit Tètretout Tintérieurdu monument, par des pierres, dont les plus grosses ont été édifiées en un mur vertical pour empêcher toute descente ou toute tentative de déblayement. Le plafond, de i™,85 de large, est formé par les dalles de terrasse, dont une est longue de 3'",45. Les parois du couloir vont en s'élargissant vers le bas, car les assises surplombent de o",o8 à o",io Tune sur l'autre. Celles-ci sont, comme
le reste de Tédifice, de grand appareil (une pierre mesure 2"",57 de long), mais de hauteurs inégales : celle du haut a 0^,57, la seconde 0^,69, la troisième o^^Sy.
J'ai mesuré le monument avec un décamètre-ruban ; aussi mes cotes sont-elles approximatives. J'ai trouvé 28'",5o (54 coudées philétériennes) pour la longueur du massif intérieur, ce qui donne pour celui du haut 27" ,60 si Ton déduit de chaque côté environ o'",45 de retrait. — La largeur de la terrasse est d'environ t4",69 (27 coud, phil.), et celle du bas de l'édifice, par conséquent, est d'à peu près i5'",0o. La hauteur du monumenc prise à l'ouest, depuis le haut jusqu'à la base de la pierre d'arrachement, est de 6™,27. A Test, les hauteurs additionnées des six pierres d'angle superposées donnent (les quatre assises du massif supérieur étant d'épaisseur égale) : o'",84 X 4 -h o'",88 -H i",i4 = 5'",38. La moyenne d'élévation serait de 5",82 (i I coud, phil.), mais la mesure vraie ne pourrait être obtenue qu'en déblayant et mettant à nu le rocher qui sert de base à l'édifice.
La pierre dont est bâti celui-ci m'a paru être un calcaire blanc, dur et compact, de même nature que la roche environnante.
Les débris antiques que j'ai reconnus autour du monument sont les suivants :
I" A l'angle ouest, gisant sous une broussaille, un fragment d'une corniche de grande dimension, de style simple et sévère, d'exécution vigoureuse. Je crois ce morceau très ancien et d'époque grecque. (* V. page suivante, la première figure.)
2* L'angle oriental se rattache à la maison Khadra par un mur de soutènement en pierres sèches, dans lequel sont enchâssés des tronçons de colonnes de granit gris, de o'",70 de diamètre.
3** Dans le champ Nauphal sont deux citernes, antiques, m'at-on dit : Tune proche du monument et que je n'ai pas vue;
Tautre au sud-est, près du sentier de communication, et dont rorifice, carré, est presque entièrement recouvert par un bloc
k4tlkijlLlJlâi^'kl^iL'Lbù.«a4jlI 'Mii'iiJ.l.i' '!UiriJ)5'.îlà»<lÙi'.^ ija(r:LL>l,.'a
à bossages de i",76 de long, i mètre de large et o",84 de haut. Tout à côté gisent dans Therbe : un fragment de petite corniche
en pierre blanche, et deux portions de petits frontons, d'architecture grecque, dont Tun porte une tête radiée d'Apollon. — Je n'ai pas vu d'autres débris aux environs.
Les rochers de la côte présentent, comme je l'ai déjà dit, des vestiges de travaux antiques, tous groupés dans le voisinage
immédiat du grand édifice et sous la maison Khadra, parallèlement à la route.
A gauche, en venant du Lycus, tout au bord de la mer, une alvéole circulaire, avec un trou central, avait dû recevoir une meule de moulin.
Plus bas, un rocher brisé et tombé dans l'eau a été entaillé comme pour recevoir des assises de maçonnerie.
Enfin, les roches voisines portent les traces du travail de l'homme.
Sous ia maison Khadra, une paroi de roc bien taillée et assez haute est peut-être celle d'une citerne, ou indique, plus probablement h mon sens, qu'on avait adossé là une habitation.
Un peu plus bas est une citerne à cîel ouvert. Elle est carrée et d'environ 4 mètres de côté.
A peu près à 33 mètres de là, au levant, sont six alvéoles sépulcrales pratiquées dans le rocher. Quatre sont dans la direction nord-sud (parmi elles est une tombe d'enfant) et deux dans la direction est-ouest. Une de ces deux est une tombe de tout petit enfant.
A trois pas de là, vers l'est, est une chambre avec trois tombes d'adultes, orientées nord-sud. Celle du milieu présente une par-
fc. . la
■HH MraraîijTmifiiiiiiiLuiiiBiiiB'iiiEBiiiBiiiHiii 1
ticularité curieuse : sa longueur est de 2",i i ; sa largeur à la suriace du roc, de o^iGG •, sa profondeur, de o",74 ; un listel ou baguette carrée saillante, qui règne sur tout le pourtour de la paroi interne, à o",26 de distance du fond, divise horizontale-
ment le tombeau en deux parties égales et permettait, en servant de support à une dalle intermédiaire, de superposer deux cadavres.
Enfin, plus bas, à quelques pas de la route, est une excavation ou chambre taillée dans le roc. Elle affecte la forme d'un trapèze
allongé dont la base, de 3",i5, est au levant. Le côté sud est de 4°,3o; le côté nord, de 4'°i75. Dans la paroi ouest, qui
peut avoir 2", 80 de large (je n'ai pu la mesurer), s'ouvre sur toute la hauteur une sorte de conduit ou cheminée dont la section est un carré long de 2"*,5o sur i mètre. — Au-dessus de la paroi est sont quelques marches d'un escalier qui s'interrompt brusquement. — A un pied et demi, à peu près, au-dessous, un rebord a été ménagé horizontalement dans la pierre et se prolonge sur toute la longueur de la paroi sud. — Dans la partie inférieure de la chambre, toujours à l'est, ont été taillés, dans les encoignures nord et sud, deux escaliers, le premier de trois marches, l'autre de quatre. Tous deux tiennent à un palier ; à celui du sud est jointe une sorte de console ou palier annexe en contre-bas de l'autre de quelques centimètres. — Au-dessus de cet escalier, dans la partie sud, ont été creusées, l'une un peu au-dessus de l'autre, deux niches, la plus basse cintrée, la plus haute à voûte angulaire. Elles étaient probablement fermées, car des trous de clous encore visibles indiquent des garnitures d'entrée. — Sur la même paroi (au niveau de la seconde marche) est une sorte de boyau qui servait, je crois, de rampe ou de point d'appui. — La paroi nord n'a que le tiers environ de la hauteur de celle du sud. Elle est couronnée par un parapet assez bas qui permet de voir toute la chambre. — Le long de ce parapet.
un sentier et quelques degrés descendent sur la route. Le fond de l'excavation est un lit de sable que vient sans cesse mouiller
le flot de la baie entrant par une anfractuosité de rocher. — Cette chambre est, à mon sens, un curieux spécimen d'une cave marine de maison antique. Je crois en effet que le lit de sable du fond recouvre une cavité ou un bassin où l'eau était sans cesse renouvelée, ce qui permettait d'y tenir du poisson en réser^-e '.
1. A Beyrouth même, vers Ràs-Btyrouih, les roches de côte qui ft'ftenjeni depuis les cimetières (non loin du Port à charbon) jusqu'à une petite anse, vers la ville, offrent de nombreuses traces du travail de l'homme. Outre des débris de maçonneries de plusieurs époques, on peut voir, dans les endroits où le roc est aplani, des bassins carrés, en communication avec la mer au moyen de goulets étroits de deux ou trois doigts, ou rigoles, qui permettaient à l'eau de se renouveler sans cesse. Sauf un ou deux, ces bassins ne sont pas assez profonds pour qu'on puisse s'y baigner. Aussi je les considère simplement comme des réservoirs à poissons. Quelques-uns présenteul sur leurs bords des traces de feuillures, ce qui me fait supposer que des fermetures à claire-voie pouvaient
La cave, étant fermée du côté nord par une muraille qui continuait la paroi et le parapet, était recouverte d'un plancher portant sur ce mur et sur la feuillure du rocher à Test et au sud. On arrivait sur ce plancher par les degrés cités en premier lieu. Une trappe et un escalier de bois permettaient de descendre sur les paliers de pierre et, par les marches, jusqu'au réservoir. Les niches renfermaient les ustensiles et le luminaire. Quant à la cheminée, elle servait à Taérage, à puiser de Teau, monter le poisson, etc.
Avant d'étudier le monument de Sarba et de dire un dernier mot sur les antiquités qui l'environnent, il est nécessaire de préciser, dans la mesure du possible, le passé de Djouni.
Rien d'antique dans ce nom de Djouni. Il s'écrit j^^ et est le relatif de ^i», dont la racine est ^l^, être blanc ou rouge; ^^^ signifie baie^ bras de Varc (voy. Dict. de Kaiimirski)^ et ces deux sens rapprochés rappellent ce vers de Virgile :
Portus ab Eoo fluctu curvatur in arcum.
(Enéide, liv. lU, v. 533.)
^^ veut donc dire golfien. C'est le village de la baie, nom d'origine tout arabe.
Les Itinéraires anciens ne m'ont fourni aucun renseignement sur le site de Djouni ; mais Pline l'Ancien m'a donné un nom sur lequel j'ai pu baser des conjectures : « At in ora etiamnum <c subjecta Libano : fluvius Magoras ', Berytus colonia quae Félix
s'y encastrer. — Je crois que sur d'autres points des côtes de Phénicie on pourrait reconnaître, dans les roches travaillées, des réservoirs identiques.
I. Il me semble hors de doute que 3/ j^orj5 doit être une appellation grecque duTamyras, et ne désigne pas le Nahr-Beyrouth comme je l'ai cru moi-même, en supposant une interversion dans les manuscrits (voir Rev, archéol, 1872, Léontopolis de Syrie) [* p. 220]. En effet:
I* Pline, ne mentionnant que les étapes et sites remarquables de la côte, devait omettre Nahr-Beyrouth (qui probablement tirait alors comme aujourd'hui son
240 SYRlt
^^Julia appellatur, Leontos oppidum, dumen Lycus, Palae- « bybios, dumen Adonis, oppida B\'blos, Botrj's... » (liv. V, ch. xvir. Palaîbvblos se trouvait donc entre le Lvcus et T Adonis. Strabon est plus explicite encore : eÏTa juTa TflcJTTv (Bybios)
pLo; xal Br.fjTo; (liv. XVI, ch. xjx . D'après ce texte, la route, en allant nord-sud, passait d abord au pied dumontClimax,^ifi> à Palaîbyblos. Toutefois la cane de Peutinger seule m'a donné par ses chiffres une solution satisfaisante. En effet, en allant du sud au nord nous y voyons après Beritho le chiffre VIL A ce septième mille se trouve justement le village actuel d'Antelias^ le Leontos oppidum de Pline. Ensuite Palœbyblos^ sans aucun chiffre, et enfin Biblo suivi du chiffre X//, représentant le nombre de milles qui séparent cette station de la précédente. Or les 17,939 mètres que Ion compte entre Djébeïl (Bybios) et Djouni équivalent kdou^e milles romains de 1,481 ",481, plus un dixième. Le site de Djouni est donc celui de Palaebyblos, que je suppose avoir occupé la rive sud de la baie. — Lorsque des Phéniciens, partis de Test, furent portés, malgré eux peut-être',
nom de Ja ville même), beaucoup trop près de Beyrouth pour former une station distincte, et se confondant avec la cité.
2* Pline mentionne )e Magoras comme le premier point de la côte (en venant du sud) où le Liban se rapproche de la mer. Or ce point est justement le Tamyras,
3* Dans son routier du littoral, Pline ne devait pas omettre le Tamyras, halte obligée avant d'arriver à Beyrouth, et célèbre comme limite de l'ancien royaume giblite, dont Pautre frontière était V Adonis.
4<> Il est à remarquer que Pline donne Tépithète de flumen au Lycus et à V Adonis, rivières qui ne sont jamais à sec. Le Nahr-Beyrouth étant dans le même cas, si le nom de Magoras Teût désigné, Pauteur Peut aussi appelé flumen, c cours d^eau ». Mais il le qualifie defluvius, «torrent». Donc le A/ogoras ne peut être que le Tamyras, qui est un torrent, et il n^existe aucune interversion dans les leçons des manuscrits.
50 Le mot Magoras étant familier aux oreilles des Grecs, ceux-ci, aidés par l'assonance des deux noms {Tamyras, Magoras), ont adopté celui dont le sens leur était le moins étranger.
I. C'est ainsi qu'à une époque moderne les Hovas, partis de la Malaisie,
par les courants et les moussons des mers de Tlnde jusque dans le golfe d'Oman, ils continuèrent à pousser leurs praos vers Touest et, trouvant la route fermée au fond du golfe Persique, s établirent sur les côtes d'Arabie, non loin de l'embouchure du Chatt-el-Arab, où ils fondèrent Tylos et Arados {îlesBahreïn; Pline, Hist. nat.^ VI, xxviii). Intelligents, vifs et entreprenants comme des Américains, ils prirent pied sur le continent, s'établirent en Chanaan, et, avançant vers TOccident, sans doute d'après l'opinion (peut-être de source atlante) qu'ils devaient, par cette voie, retrouver leur lieu d'origine, ils arrivèrent aux bords de la Méditerranée. Essentiellement marins, ils s'établirent naturellement au seul port du littoral syrien, celui qui prit le nom de Byblos. — Byblos est donc la plus ancienne ville de Phénicie. Etienne de Byzance l'affirme {v. BYBA02 : B\>6>.oç Tzo'kiç çotvixTj àpyaioTaTV) raacov, Kpovou xTi(j[JLa, « Byblos, ville phénicienne, la plus ancienne de toutes, fondation de Chronos »), ainsi que Sanchoniathon (édition Orelli, p. 29: ...6 Kpovo;... lupcirYiv iro>.iv xTi^ei t7;v iizX <l>oivi)cy,; Bué>.ov, « Kronos fonde la première ville qui soit en Phénicie, Byblos »). Ce premier comptoir donna naissance à deux autres colonies, Gébal et Bérytus. Baaltis, dite aussi Dione^ Neptune et les Cabires eurent leurs temples dans les nouvelles cités (Sanchon., éd. Orelli, p. 38-3y). Ces premiers Phéniciens ou Chananites étaient agriculteurs, pêcheurs et, j'ajouterai, métallurgistes. Mais ce fut surtout à Sidon et à Tyr, fondations plus récentes des Chananites, que l'industrie et la marine prirent le plus beau développement. Les habitants de Byblos étaient aussi maçons et charpentiers (III Rois^ V. 18 ; Eiéchiel^ xxvii, 9).
Je vois dans le mont Climax (ou mont Échelle) de Strabon cette montagne sur le flanc de laquelle s'étagcnt les nombreux
atterrirent à Madagascar^ dont ils se sont en partie rendus maîtres par leur intelligence et leur énergie.
lacets du sentier dont j'ai parlé, lacets comparables aux enfléchures dune échelle. Ce chemin, je pense, a fait donner au versant qui le porte le nom de Climax et est très ancien. Autrefois, comme aujourd'hui, il était la seule voie de communication de la ville avec le pays haut. Il est large de deux mètres environ en moyenne, ce qui est assez considérable pour la contrée ; il est très usé, pratiqué avec soin sur cette pente rapide, et il forme des zigzags égaux. Enfin, un débouché sur le plateau lui a été taillé dans le roc, au-dessus de Bkerké. Tout ceci vient bien à l'appui de mon opinion, d'accord en tous points, du reste, avec le passage de Strabon.
Il reste à savoir pourquoi un nom, celui de Sarba^ a été spécialement donné à un coin de Djouni, là même où était la ville de Palœbyblos. Sarba s'écrit U-w ou \»yo et n'a aucun sens. Ce n'est donc pas un nom arabe. C'est, à mon avis, un vocable de tradition dont les trois lettres mères Srb sont identiques à 5fy, constructives du mot Serapis, Sarba tire donc son nom du Sérapéum de la vieille Byblos, là où fut le tombeau d'Osiris et le berceau de la civilisation phénicienne.
On connaît la légende : Isis, à la recherche du corps de son époux, prend Anubis pour pilote et met à la voile * vers Byblos, où le cercueil d'Osiris, miraculeusement enfermé dans une colonne â!ericea scoparia^ fait partie delà construction d'un palais. Isis demande le coffre et l'emporte en Egypte. Le roi Malcandre et la reine Astarté exposèrent la colonne dans un temple élevé à Isis (Plutarque, De Iside et Osiride^ c. xvi), et on l'y vénérait
I. En plaçant Anubis dans leur panthéon, les Égyptiens lui donnèrent une tête canine, symbole de flair, d'aptitude à retrou\rer une piste, un sillage, une route de mer. Cependant ils firent honneur de l'invention de la voile à Isis (Hygin; Fulgence; Diod., Hv. I, ch.xv; Ératosth., 35), ainsi que du premier vaisseau (Hygin, Fab,^ 277; Fulgence, liv. I, ch. xxv). Isis ne fut que l'importatrice de la première, car la voile, caractère majeur de la navigation de long cours, est phénicienne comme ccllc-ci, et c'est par son voyage à Byblos que la déesse la connut.
encore du temps de Plutarque, au deuxième siècle après Jésus- Christ.
Ainsi donc, à Byblos était un Sérapéum (cf. Lucien, De dea Syra^ c. vu) qui fit de la cité une Médine phénicienne. Celle-ci, cependant, comme Djouni et pour les mêmes causes, devint déserte et se réduisit à un simple village, tandis que Gébal s'éleva en pays découvert et accessible. Pour y attirer le commerce, la légende d'Isis, modifiée et pliénicianisée^ y fut installée, et,
I. Osiris devint Adonaï, Isis s'appela Astarté ou mieux Astareth^ et Typhon se changea en sanglier. On sait la légende.
n est à remarquer que la reine de Byblos porta, outre les noms de Saosis et de Nemanun, celui d'Astarté. D'après une ingénieuse hypothèse, le nom divin, qui doit s'écrire H y c^^^ x , vient de la racine sémitique trilitère yLm qui veut dire vêtir, et signifierait alors : la vêtue. Dans ce cas le ^ serait une lettre euphonique analogue à celle que l'on met forcément en français, par exemple, devant les mots qui commencent par st, sp, se, — Astareth serait donc une simple épithète donnée d'abord à Isis à cause du voile noir ou multicolore qui la couvre, puis attribuée postérieurement à l'autre reine (temporelle) de Byblos, Saosis ou Nemanun. Sur le nom précis de celle-ci, au dire de Plutarque {De Iside, c. xv), on n'était pas d'accord. Il est probable que plus tard on a confondu les deux personnalités. Astareth était bel et bien, à Gébal même, la déesse égyptienne (cf. la stèle de Byblos) adorée conjointement avec Nephtys (Renan, Mission de Phénicie, p. 201 ; cf. p. 214). Astareth fut aussi le nom de la Vénus Uranie, divinité sidérale chaldéenne toujours représentée complètement et même richement vêtue (cf. la Patère d'Idalie, dans la Rev. archéoL, nov. 1872 et janv. 1873) [• voir p. 83 et suiv.]. Cclle<i avait un temple à Sidon (Luc, De dea Syra, c. iv). — Comparez la statuette de Golgos de la collection Cesnola (Mémoire de M. Doell, dans les Mém, de VAcad, des se. de Saint-Pétersbourg, 7* sér., t. XIX, no 4, pi. I, fig. 2). Cette statuette remarquable, gravée pi. XIII, ne représente pas assise sur un trône la déesse phénicienne. Celle-ci est debout sur une sorte de pavois, sous lequel sont encore fixées deux petites têtes dont les corps ont disparu. Il y avait quatre têtes. Ces quatre cariatides étaient, je pense, des prêtresses. — La déesse est debout en grand costume. Au front, un riche bandeau. La chevelure tombe en tresses nombreuses par derrière et de chaque côté (cette mode s'est conservée jusqu'à présent chez les Arabes). Au cou, deux colliers symboliques : un cercle et un triple rang de perles fermé par un chaton carré. L'avant-bras, nu, est orné aux poignets de bracelets ouverts, se fermant par pression et dont les deux bouts sont garnis de têtes d'antilope. Un vêtement de dessus, fait d*unc étoffe souple et fine, s*ouvrc par devant en formant de chaque côté de symétriques petits plis. Des manches à agrafes couvrent le haut du bras. La robe, tombant par devant jusqu'au cou-de-pied seule-
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avec elle, un sanctuaire, des fêtes et un pèlerinage furent établis ' . La ville devint importante et Test encore.
La vieille cite consena ses souvenirs et son temple; c*est le grand monument que j'ai décrit qui fut ce sanctuaire. Son étude attentive nous fera connaître comment il se fait qu'il soit encore debout.
Comme je Tai dit, Tappareil des cinq assises inférieures diffère de celui des trois assises du haut. En haut, c'est Tappareil dit isodomon; en bas, c'est le pseudisodomon (Pline, Hist. nai., liv. XXXVI, ch. Li; Vitnive, II, vnr, iv). Celui-ci est de beaucoup le plus ancien, car on le retrouve dans la construction du Trésor d* Atrce et de la porte des Lions à Mycènes. Il est évident alors que la grande ruine de Sarba appartient à deux époques bien distinctes, et mon opinion est que la portion inférieure est un reste de Tédifice primitif, d'architecture probablement égyp-
ment, couvre les talons et est pounue d*une queue que la maîa. gauche tient et ramène en avant (les femmes bédouines portent encore des robes à queue). Aux pieds nus, des sandales à courroies. L^ensemble de cet accoutrement est lourd, et parait bizarre. La déesse rappelle ainsi la squaw d^un peau-rouge.
I. Voy. Luc, De dea Syra, c. v, vi, vu, viii. Il appert de ces passages : i*que sous ses modifications phéniciennes le mythe de Vénus et d* Adonis resta égyptien (c. V et vu); 2* que Gébal se substitua, sous le rapport religieux, si complètement à Byblos, qu'elle finit par lui prendre même son nom (Byblos devient alors Palœbyblos). Même histoire arriva pour la Paphos de Chypre.
Gébal semble avoir été respectée par le christianisme, car on peut lire dans Benjamin de Tudéle (éd. Asher, liv. LX et XXVIU) : c Et de là à une journée de voyage est Tautre Gébaîl, qui est la Géboul des fils d'Ammon (Ammonites). Elle contient environ i5o juifs et est gouvernée par sept Génois, dont le chef est Julianus Embriaco. On trouve là l'ancien sanctuaire des Ammonites et leur idole est assise sur un trône en pierre richement doré. Deux figures de femmes sont à côté de son trône à droite et à gauche, et devant est l'autel sur lequel les Ammonites offraient des sacrifices et brûlaient de Fencens dans les temps anciens. — La ville contient environ 200 juifs, et est sur le bord de la mer de la terre d'Israël. > — Celte idole est évidemment V^énus-Uranie ou Astaroth, car on a trouvé à Chypre des groupes de l'époque grecque, représentant la déesse com^ platement vêtue , coiffée de la tiare (le modius) et assise sur un trône flanqué de deux prêtresses. — Le fanatisme a, depuis longtemps, fait justice du monument de Byblos ou plutôt de Gébeîl.
tienne. Ce devait être un énorme cube allongé, couronné par un tore et un évasement, et simulant ces coffres où se trouvent enserrés les cercueils de momies (on voit de ces coffres dans les musées). L'appareil isodomon représenterait une réfection exécutée à une époque grecque, comme l'indique la corniche moulurée du couronnement dont on voit des restes au sud.
Il n'existe aucune trace d'escalier extérieur, et cette particularité s'est retrouvée sur plusieurs autres temples du Liban. Les débris de colonnes dont j'ai parlé plus haut et le morceau d'entablement que j'ai décrit me semblent avoir appartenu soit ù une colonnade surmontant le monument même, et soutenant une corniche et peut-être un toit, soit à un temple pourvu d'une cella. Dans la première hypothèse, l'édifice tout entier devait ressembler un peu au célèbre tombeau de Myiasa de Carie, décrit par Ch, Fellows [Lycia), tombeau consistant en une base carrée renfermant la tombe et une sone de temple ou plutôt de colonnade formée de piliers carrés.
La deuxième hypothèse me semble plus probable, et je pense que les premiers Séleucidcs firent élever sur le cénotaphe d'Osiris un temple dédié à Isis, la patronne de Byblos et la divinité la plus inv
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