Le Bas et Foucart, p
5. De Vogué, Rev, arch,, 1866, t. X4II, p. 437 ; Le Bas et Waddington, n» 2725.
M. Conze a publié un troisième monument* qu'il n*est pas inutile de rappeler. Ce marbre, conserve aujourd'hui dans la stoa d'Adrien, a clé découvert en Attique. Bien qu'il soit endommagé, on en reconnaît bien les parties principales : neuf personnages sont à table: à droite, on remarque une dixième figure qui est celle d'Hercule. Des cyprès et des génies ailés occupent le fond du tableau ; au premier plan Fartiste a sculpté plusieurs fois la mensa tripes. M. Conze donne à ce marbre le nom de stèle funèbre. Je ne crois pas cette attribution certaine. Dans tous les cas, il faut reconnaître que figurer le banquet d'Hercule sur un tombeau serait un fait tout exceptionnel. Je n'en pourrais citer aucun autre exemple. La forme de la plaque, beaucoup plus longue que large. n*est pas celle qu*on trouve d'ordinaire sur les sépultures, bien qu'on puisse citer le banquet du Céramique destiné par M. Salinas<. M. Conze rappel le justement l'apothéose d'Hercule, conservée à la villa Albani et commentée par M. Stephani '. Il omet un banquet d'Hercule encastré dans la citadelle d*Enos, et qui a été décrit dans le Rapport sur un voyage archéologique en Thrace^ : le demi-dieu est a table avec Jupiter et Junon.Tcurcfois ni le marbre de la villa Albani. ni celui d'Knos, ne rendent tout à fait ccmptede celui d'Athènes.
Je crois que le marbre de la stoa d'Adrien est un monument religieux et non funéraire. Il serait naturel de penser que les neuf figures sont les neuf Muses; cependant, malgré Tctat du bas-relief, il est difficile de ne pas voir que quelques-uns des personnages sont des hommes. Le fait de représenter les Muscs à demi couchées et non assises n'est pas conforme aux habitudes des banquets: les femmes et même les divinités sont toujours assises sur les bas-reliefs grecs. On se rappelle les banquets d'Isis, ceux d'Hygie, celui d'Hercule à Énos, et la riche série des stèles funéraires*. Cornélius Népos dit du reste, dans la préface de son livre, qu'il eût été inconvenant en pays grec, pour une femme, de prendre part à un banquet a demi couchée. On comprend mieux que les partisans d*un culte secret se soient affranchis de ces convenances. D'autre part, le banquet me paraît difficilement pouvoir être celui de divinités. En Grèce, lesrepasdes dieux comportent toujours, sans exception, la table rectangulaire et non la mensa tripes qui est figurée ici. Le cyprès a évidemment un sens mystérieux ; il en est de même pour les génies ailés. Si on se rappelle que la