VII. Le mort devant ses juges
Celui de tous les monuments de cette classe, dont le sens est le moins contestable, est un bas-relief inédit copié par M. ïrézel à Egine
*<"» Polybe IV, 36, 5.
*°' Op. cit. |). 23. 'AyiXXéa yàp i'iM TT£t'0O[ji.«i eïirep xivà xai ôtXXov vi'piDa eivat , Trj TE tÙYîveîa T£X[ji.aip()(X£voç , xai tw xdtXXei , xa\ Tri §"V'fl ^^'^ ']'"X^? » ^^ "^^^ '^^°^ )£ ueTaXXdlÇai l\ «vôpoWow , xai ttj '0[Aiîpou Iv: auTw irof/îiTei xa\ tw spoiTixàv yf^tn^v. xa\ (ptXtTwipov w^ X8t\ ïTraTtoôaveïv éXÉuôai toî< ■rtaiSixO'ç-
C 19' ) •et qui doit être également publié dans le troisième volume de V Expédition de Morée ^"'. Ce bas-relief, dont l'encadrement est en tout point semblable à celui d'Astros, ornait la partie supérieure d'une stèle funéraire qui, à en juger par la copie de l'artiste habile auquel nous devons la connaissance de ce monument, portait une inscription dont îl ne reste plus que sept ou huit lettres éparses. Tout ce qu'on peut conjecturer, c'est qu'à la première ligne se trouvait le mot [H]Pn[2]; encore la chose est-elle loin d'être certaine. Du reste, le sujet représenté par le sculpteur est d'une grande simplicité et s'explique sans peine. Le mort, vêtu de la tunique succincte et de la chlamyde, et la tête coiffée du pétase thessalien, attribut des voyageurs 4°^, vient de mettre pied à terre et se présente suivi de son cheval devant Hécate, la reine des morts, vepTspwv Tupuraviç 4°4^ la reine inexorable, àjAaifxaxETo; paaiXsia 4°^. La déesse est assise sur un rocher; elle tient dans chaque main une torche , et à ses pieds est un chien 4o6 qui j^ regarde. Le voyageur lui adresse la parole : sans doute il lui rend compte des actions de sa vie; car c'est d'après ce récit que le juge inflexible doit prononcer son arrêt. Sans doute aussi sa conscience est pure, car son attitude annonce la confiance.
La stèle d'Egine me paraît jeter beaucoup de lumière sur un basrelief trouvé à Athènes en 1769. Ce monument, publié par Paciaudi dans ses Monumenta Peloponnesiaca '♦°7, a été reproduit dans le catalogue du musée Nani 4°^ et dans la Galerie mythologique de
'" P1.43,fig.I.
*°^ Voyez les interprètes de Sophocle sur le vers 3io de \ Œdipe à Colone. *"'* Sophron cité par le scol. de Théocr. II, 12. <°5 Orph. H. I, 5.
*°^ Apollon. Rhod. III, 121 1. Lycophr. 1175 et Tzetz. ad h. 1. Hor. Sat. I, 8, 35 cf. Heindorf ad h. 1. Virg. Mn. VI, y^y^. Tibuli. I, a, Sa. Senec. Med. 8A0. ^°' T.I, p. 207.
*"« Collect. Mus. Nan. antt. N° 22.
( '9» ) Millin^op; il a été décrit seulement par M. Boeckh qui, en insérant dans le Corpus ^^° l'inscription qui accompagne ce monument, s'est contenté peut-être trop facilement du sens admis par le premier interprète*
Ce bas-relief, carré à la base et arrondi en forme de grotte dans la partie supéi'ieure, contient deux scènes distinctes séparées par une Inscription de quatre lignes. Dans lebaut du cbamp, on voit un jeune homme couronné qui, n'ayant pour vêtement qu'une chlaniyde rejetée sur les épaules, conduit, vers un masque colossal à la barbe touffue et à la chevelure hérissée, auquel, à en juger par son bras droit relevé, il semble adresser la parole, trois femmes qui se tiennent par la main et dont les deux dernières sont de face. A l'angle opposé au masque, le dieu Pan, capripède et le front armé de deux cornes, est assis sur un rocher et joue de la syrinx. Toutes ces figures, Pan excepté, ne sont représentées que jusqu'à la naissance des jambes. Le reste de leur corps est supposé caché par une large plaque de marbre sur laquelle on lit cette inscription :
01 TAYNHS : NYMOAIS : EYÎAMENOI : ANE0E2AN :
KA! OEOISPASIN lOArOPASÎflKYPPOY: ZnKYPPOS : ZHArOROY-
0AAAO5 : AEYK/V 5nKPATH5 nOAYKPATOY5 APOAAOcDANNS : EYPO-
PiriNOS : 5n5l2TPAT05 MANH5 NYPPINH5n5TA5 : 2n2irENH2 : MIAA5
<°9 PI. LXXXI, fig. 327.
Oî TrXuvr; NutAçatç eù^af^evoi àveOesav xal ôeotç Traoïv , Zoiayopaç Zwx'JTupou , ZtoxuTCpo; Zwayopou , 0a>.>.o; Aeuîta...., 2a))tpfiéTVi; no>.i»xpaTou(; , ÀTCo)^>.ocpav [•/)] ç EÙTCoptcovoç , 2wfftc7TpaTo; , Mavviç
[M]upivvvi[ç] ?
2a)CT[iJaç,
SwCiylvYlÇ ,
Au-dessous de l'inscription est un second bas-relief représentant un homme qui, vêtu d'une tunique succincte et la chlamyde sur l'épaule gauche, s'avance, en tenant un cheval par la bride, vers deux femmes vêtues de la tunique talaire et du pépins; l'une d'elles, coiffée du modius , est assise et semble tenir une pomme dans la main droite; l'autre est debout et tient dans chaque main deux torches, comme l'Hécate du marbre d'Egine. Devant ces deux femmes est un autel quadrangulaire.
Paciaudi, par suite d'une préoccupation difficile à concevoir, a vu dans ces deux femmes deux hommes, un agonothète coiffé d'un chapeau [pileolufn gestans), et son pa6(^o0yoç armé des pafÇà^oi yu^"-va(Tiapyixai^4i:. Milliiî, qui s'est également mépris sur le sexe de ces deux figures, ne se prononce pas sur le sens gymnique que le savant jésuite donne à ce monument, mais il voit dans le personnage à droite un homme qui présente un cheval. M. Boeckh, comme nous l'avons déjà dit, adopte presque en tout point l'interprétation de Paciaudi ^i^.
*" Plut. .4nton. 33.
^" Àc sune gymnicum argumeriKim tlesignnri hoc opère videtur.
Mon. de Mor. iS
Du reste, il i»e comprend pas quel rapport peut exister entre les ir'Xuvr; et les jeux équestres, et surtout ce que vient faire ici le cavalier ^'3.
Ce qui a pu induire en erreur d'aussi habiles antiquaires, c'est que notre bas-relief a été découvert dans le stade panatbénaïque, et qu'ils ont cru devoir le rattacher aux jeux qu'on célébrait dans cet endroit; mais il me paraît hors de doute qu'il est tout à fait étranger à cette localité, ainsi qu'aux solennités dont elle était le thé.âtre, puisque tout annonce dans ce marbre un monument funéraire. D'ailleurs, pour arriver au sens proposé par Paciaudi, il faut métamorphoser deux personnages, et encore, on n'interprète ainsi qu'une partie du monument; ce qui est un résultat à peu près nul, puisque les deux parties ne sauraient être séparées, et doivent s'expliquer l'une par l'autre.
Avant de déterminer le sens de la double scène que nous offre ce bas-relief, il importe de décider ce qu'on doit entendre par le mot iv)tuvYi;. Paciaudi a cru devoir l'expliquer par le mot lotores ou balneatores qu'on retrouve avec une signification religieuse dans celte inscription d'Aricie publiée par Fabretti^'*.
DIANAEAVG-
COLLEGLOTOR.