‹ Monuments d'antiquité figuréeChapitre 24 sur 31 · SACR · texte numérisé non relu

SACR

primigenivsrparicinorvmserarc-

cvrator ïï cvm m-arrecinogelliano

filiocvratoreT-

*•' Ç?</rf équestres ludi et illi lotores commune hubuetint, et cur potissimum eques in anaglypho reprœsentetur, prorsiis non intelUgo. <"* 7«ir>-. an/. Cap.VI, n» 19, p. 435.

Diance Aug{ustœ) Collegiiurn) lotor{um) sacr(orum) : Primigenius R{ei)p{ublicce) Aricinorum seriyus) arc{arius^^^) curator iterumcumM. Jrrecino^^^^ Gellianofilio curatore primum.

Mais je ne pense pas que le mol lotores soit ici l'équivalent de balneatores , je le crois plutôt synonyme de fullones que nous offrent plusieurs monuments, et notamment cette inscription de Pompéi :

EVMACHIAE L. F.

SACERD. PVBL.

FVLLONES

Or, cette inscriptioija été trouvée dans un édifice auquel les antiquaires napolitains ont donné le nom de Collège des foulons , ce qui rend compte de la destination des réservoirs et de plusieurs pierres qui semblent avoir été disposées tout exprès dans la cour, pour que les ministres de ce collège, attachés saiis doute en sousordre à la prêtresse publique, pussent y laver le linge sacré.

Il s'agit peut-être d'un collège semblable dans l'inscription suivante trouvée à Spolète^'7, et que je reproduis ici parce qu'elle ne paraît pas avoir été bien comprise jusqu'à ce jour :

*'^ La sigle de cet adjectif est quelquefois écrite ARK. Voyez Fabretti, op. cit. p. 434,n.°i4.

*'* Fabretti, p. 434, col. 2, D. E., a le premier prouvé que les esclaves publics, après leur affranchissement, prenaient le nom de la ville à laquelle ils avaient appartenu.

*'' Muratori DCCCCLI, 9; Marini Atti de' f rat. Arv. t. II, p. 416. Orelh . Inscr. lai. N° 4091.

MINERVAE DO

FVLLONES

MAGISTRI QVINQVEI

cvravere l evvli c- lstativs poppi- llphilonicvs lmagni • l- lalavcvs pampilvstvrpilIts-

Minervœ doinum) -vel do{mo) vel d{iis) o{mnibus)^^^ Fullones. Magislri quinque (^pj-imi)^^^ curavere :

il. 1.) L{ucii) Eu(b)uli Caii liiberti);

(3.") Statius, P. Oppii l{J.bertus);

(4-) L(ucius) Phdonicus L{iicii) Magnil{ibertus);

(5.) L{ucius) Alaucus Pampijinlus Turpilii, [libertus] t(estamentd) s{uo'^'^^~).

'*'' Cette dernière explication, rapprochée de la formule du bas-relief d'Athènes, xai Oeotç TtSciv, me paraît la plus vraisemblable.

*'' Orelli : « Portasse Quinquen/?(2/ei';)) mais il ne s'agit pas ici de la durée des fonctions , et le mot QvinqveI ne se rapporte qu'au nombre des individus chargés de veiller à l'érection du monument. Or, en comptant pour deux L. EWLI, ce que n'a pas vu M. Orelli , on en trouve cinq.

'''° C'est-à-dire que Turpilius avait affranchi L. Alaucus Pamphilus par testament. Cf. Adam , Roman. Antiq. p. 37, 38. Dans aucun cas , testainento sua ne peut se rapporter aux magislri, tous affranchis , puisque les citoyens sut juris avaient seuls le droit de lester. Cic. pro Arch. 5 ; pro Doin. 3'3.

Les irXuv^ç du bas-relief d'Athènes formaient sans doute une corporation semblable, sinon à celle de Spolète, du moins bien certainement à celle de Pompéi. Dès lors, je ne vois pas de motif pour ne point la rattacher aux nXuvTvfpia, fête consacrée suivant les uns à Minerve 42^, suivant d'autres à Aglaure, fille de Cécrops ^2^, c'est-àdire à Athéné-Agraulos'^^'^, et dans laquelle on lavait les vêtements de la déesse dont on voilait la statue '***.

L'inscription du bas-relief athénien doit donc, selon moi, être ainsi traduite :

Les membres du collège chargé de blanchir les vêtements sacrés de Minerve ont consacré ce monument aux Nymphes et à toutes les divinités, par suite d'un vœu :

Zoagoras , fils de Zocjpre , Zocjpre , fils de Zoagoras , Thallus , fils de Leuca...., Socrate, fils de Polycrate , ^ Apollophane , fils d'Euporion, Sosistrate , Manès , Mjrrinès, Sosias , Sosigènes , Midas.

^" Xen. Hellen. I, 4, 12. Plut. Aie. 34. Harpocration , v. IlXuVTvipia. '•^ Hesych. v. nXuv-nipta.

''^^ Suidas : 'Ay^aupoi;- i\ ÔuyaTiOp Ka'xpouoç. 'Ecti Se xai èW)vu(xov 'AOvivâi; Cf. Joh. Meursius, Grœcia feriata , lib. V, p. 228. '"' Xen. et Pinl. II. ce. Hesych. v. npa;iepYiSai.

A en juger par cette énumération, le collège des HXuvrç se composait de onze membres comme le tribunal des Êv^ejia. Déjà Paciaudi et M. Boeckh ont remarqué qu'aucun nom de dême n'est joint aux noms de ces ministres, que cinq seulement ajoutent à leur nom celui de leur père, et que des six autres noms, ceux de Mânes et de Midas sont des noms d'esclaves 4*^^ ^j'^;^, |'q,j ^g^ ^^ droit de conclure que ces fonctions n'étaient pas confiées aux citoyens, mais bien à des étrangers et même à des affranchis ^^^ : usage que nous retrouvons en Italie, à en juger par l'inscription de Spolète que j'ai rappoitée plus haut. Bien plus , nous voyons en comparant ces deux monuments qu'en Italie, aussi bien qu'à Athènes, les cinq premiers membres de celte corporation étaient distingués des autres, puisqu'à Spolète, on les désigne par le titre de Quinqueprimi ^ et qu'à Athènes, ce sont les seuls dont l'origine libre soit constatée.

Passons maintenant au bas-relief supérieur. Paciaudi a reconnu dans les trois femmes qui se tiennent par la main, les Nymphes auxquelles le monument est consacré; et sur ce point, je ne puis que partager son opinion. Mais je ne saurais admettre avec lui que le jeune homme qui les conduit est Hylas, «non pas au moment où il est enlevé par les Naïades, mais Hylas déjà admis au nombre des bienheureux 4^7 et se réunissant aux danses des Nymphes 'î^^. »

En effet, si je compare cette scène à un vase du prince de Ca-

■*'* Strab.VIl, p. "210, éd. Cas. 1687. A ces deux noms on pourrait réunir celui de Sosias. Voyez les Guêpes d'Aristophane.

^^* Paciaudi y voit à tort trois classes d'individus : ch<es, inquilini, servi.

"'' Hylam jain in beatorum numerum relatum in nostro lapide expressum credo. Il cite Theocr. XIII, Apoll. Rh. i, 1207. Schol. Nonnus, Dionys. XI. Val. Flacc. Arg. VI. Propert. I , xx.

^" Ciiin fonds deabus placide vcrsari, nexisque manibus choreas insimulagitare. M. Boeckh n'admet pas cette explication : Hylam sine idonea causa interpretatur Pficiaudus.

( '99 ) nino dont M. de Witte a donné la description 4^9^ et qui représente les trois déesses Junon, Minerve et Vénus , précédées de Mercure qui poursuit Paris, je ne puis me défendre d'y reconnaître Mercure conduisant à Paris les trois nymphes 43o substituées aux trois déesses qu'offre le vase peint. Ici, comme sur le vase, Mercure est couronné de myrte et vêtu d'une chlamyde. Quant aux trois nymphes, ce sont les trois nymphes athéniennes Aglaure, Hersé et Pandrose, les mêmes que les Parques 'i^'. La première, distinguée des trois autres par sa coiffure en forme de diadème, est sans doute Athéné-Agraulos, la divinité protectrice des Il'Xuvvii;. Mercure Psycopompe s'avance avec elles au-devant de Paris, c'est-à-dire au-devant de celui que ©avœToç menace et qui est l'objet de l'àvaÔYi^aa ; peut-être le masque colossal qui occupe l'angle droit du monument , est-il comme un épouvantail indiquant l'entrée du sombre empire 43a.

Mais si, dans l'intention religieuse de l'artiste, les trois compagnes de Mercure sont les trois Parques, pour le vulgaire ce n'étaient que

■"S Description d'une collection de vases peints provenant des fouilles de TÉtrurie, n" i3o. Les trois déesses conduites à Paris par Mercure, formaient l'un des ornements du siège d'Apollon Amycléen. Voyez Pausanias, III, 18,7.

'*^*' Tel est le nombre de ces divinités sur tous les monuments de l'art antique. Cf. Miliin , Gai. ?^yth. Pi. LUI, 326. LVI, fig. 828. LXXX, fig. 229, 53o. LXXXI, fig. 476. CXXVII, fig. 475.

^^' Hesych. 'AyXaupîSsç • (xoîpai uapot 'AÔYivaîoiç. Le manuscrit porte (xupai it A6ir)vatoiç (Voyez Schow, Suppl. ad Hesych., p. 11). Le mot corrompu [xûpai a été corrigé de diverses manières : on a Ui vuu.cp'/t, upsiai; mais j^.otpai est la véritable leçon, c'est celle que donne Phavorinus, qui, comme on le sait, avait compilé le lexique d'Hesychius. Il lit aussi Tcapot, et non irepi. Voyez sur la confusion de ces deux prépositions, Bast. Comm. Palœogr. p. 83o. Boissonade, Jnecd.gr.ll, p. 22$, 821, 323, 871, 375, 4i5.

''^^ De semblables masques se rencontrent assez souvent sur les sarcophages. Celui que nous offre le bas-relief athénien a la plus grande analogie avec la tête de l'Achéron personnifié sur un marbre publié par Bartoli, Sepult. 57, et reproduit par Montfauton, A. E. t. V, pi. CXXV.

{ aoo )

les trois Nymphes; et voilà sans doute pourquoi elles sont suivies, comme sur un autre monument publié par Paciaudi '♦^^, de Pan armé de la syrinx. Encore pourrait-on trouver dans cet instrument une allusion funéraire, puisque par le nom de (jupiy^ on désignait des tombeaux souterrains ^34.

Si, comme je le pense, le sens que je donne à la première scène de notre bas-relief est fondé, l'opinion de M. Lenormant sur le vase du prince de Canino'^'^^ serait pleinement confirmée par notre basrelief, car la seconde scène nous offre sans aucun doute le mort devant ses juges. Ainsi l'offrande a été sans succès. Celui pour lequel les n'Xuvviç conjuraient les divinités de la mort a été emporté par le cheval de0avaTo;. Comme le voyageur du marbre d'Égine, 11 vient d'arriver dans le séjour des ombres; déjà sans doute il a déposé son offrande sur l'autel funèbre, et il s'avance devant les deux grandes déesses, Déméter )(^Oovïa ^^^ , Àyepw 43?, et Perséphoné Trupoçopo; ^38^ identifiée avec Hécate. Il attend, dans une attitude calme, que son arrêt soit prononcé. Ainsi, dans ce monument tout s'explique et tout se tient : la mort menaçante d'abord, puis le trépas, puis le jugement.

Mais pourquoi l'artiste a-t-il représenté ici deux divinités infer-

*33 Mon, Pelop. 1. 1 , p. 23o. Cf. Millin, Gai. Myth. pi. LVI, n° 328, 1. 1, p. 8i. Sur ce monument , Pan a sous les pieds \m chien endormi.

i^-* iElian.H. A. VI, 43. XVI, i5, i6. Ammian. Marcell. XXII, i5; Cf. Silv. de Sacy, Mag. encycl. an VI, n" 24, p. 485. — Pan armé de la syrinx est quelquefois représenté sur les monuments funéraires. Voy. Montf. A. E. t. V, pi. XXIII et XXXIII.

''^^ Descript. d'une collection de vases prov. etc., n° i3o, note 2, p. 80 : Ce jugement de Paris se présente avec un caractère infernal.... Mercure figure quelquefois comme Éris .... Les trois déesses, sous une forme euphémique, sont des Eriniiyes.

i36 Pausan. II, 35, 3. Her. VI, 134.

^^1 Hesych. v. 'A^eipt»- Sur la Cérès infernale, voyez Stat. Theb. IV, 460.

^"< Schol. Eur. Phœii. «SS-.

C CiOl )

nales? on peut , je crois , en donner la raison. Le bas-relief qui nous occupe a été, il est vrai, déterré dans le stade panathénaïque, mais il ne peut avoir appartenu à ce monument. C'est ce que prouvent les deux scènes qui y sont retracées, et l'âge de cette offrande, bien antérieur à la construction du stade par Hérode Atticus^^g, puisque la forme des lettres de l'inscription, les noms qui y sont gravés et le style de la sculpture annoncent une époque antérieure à la domination romaine 44o. C'est donc à un autre édifice qu'il faut songer à rapporter cet âvaG-/i[/.a; et, selon moi, c'est dans les temples du voisinage qu'il faut chercher le lieu de sa consécration. Or, de tous les édifices sacrés qui s'élevaient aux environs du stade, l'Eleusinium est le seul auquel on doive s'arrêter, l'Eleusinium consacré aux deux déesses, l'Eleusinium, ce sanctuaire redoutable, où se célébraient probablement les petits mystères ^'4% et sur lequel Pausanias dans une crainte religieuse, ne nous apprend que ce qu'il était permis à tout le monde de savoir '^^a.

Le jugement par Proserpine, d'un mort ayant près de lui le cheval funèbre, est un sujet i-eprésenté sur un assez grand nombre de vases. Je me bornerai à deux, l'un, publié par Passeri dans ses Picturce etruscœ '^^^ ^ et l'autre par Winckelmann dans ses Monuments inédits'^44, parce qu'à de légères variantes près, tous les autres reproduisent le même type. Ce vase est peint sur les deux faces. La fa(;e antérieure, à quelques variantes près, offre le même sujet qu'un vase publié et fort bien expliqué par Millin '^'^^. Cette face se compose

■^^fl Pausan. I, 19, 7. Philostr. Herod. An.

•'^" C'fsl aussi l'opinion de M. Bocckh : Titutiis et (utaglyphn .\ntix honœ T'identur œtatis esse.

'" Kiuse, Hellas, a'^Th. l'^Abtheil. S. 109.

'^' A Se ic, TtavTotc; osiov ypacpeiv, ic, taÛTOt àTz-j-^l'hoimi. T, 1/4,9,.

"^ T. m, tab. CCLX\I,CCLXVII.

'■''■' Peintures de vases, I, 1/,. Galerie Mrth. pi. CLX, tifi. 585.

W««. (le Mor. -xd

( ao2 )

de deux rangs de peintures. Au centre du premier, on voit Achille dans l'attitude de la douleur, et au moment où il vient d'apprendre la mort de Patrocle. Assis sur un siège sans dossier, il est vêtu d'une ■ simple chlamyde ; déjà son parazonium est suspendu à son côté , et de la main droite, il s'appuie sur la poignée de cette arme, tandis que de l'autre il tient les cnémides forgées par Vulcain. Il est entouré de plusieurs héros grecs. Devant lui est Ulysse, caractérisé par son pileiis et la branche d'olivier dont ce bonnet est couronné; une chlamyde attachée par une agrafe sur l'épaule droite est jetée par-dessus sa tunique succincte. Il s'appuie sur un bâton, à cause de la blessure qu'il a reçue, et adresse la parole à Achille; mais celui-ci ne semble pas l'écouter et se retourne vers Automédon qui tient un bouclier qu'il lui montre. Derrière Ulysse, Agamemnon44f> élève la main droite comme en témoignage de sa réconciliation avec Achille. Au-dessous d'Automédon est un guerrier assis et le casque en tête, qui s'appuie d'une main sur son bouclier et de l'autre sur sa lance. Millin y reconnaît avec assez de vraisemblance Diomède qui avait aiTSsi été blessé. Dans le plan inférieur, Thélis, assise sur un hippocampe, apporte à son fils la dernière pièce de son armure, la cuirasse forgée par Vulcain ^"^7. Une Néréide placée derrière Thétis suit des yeux, non pas Thétis, comme le pense Millin, mais Achille qu'elle semble aussi encourager à venger son ami.

Passeri s'est singulièrement mépris sur le sens de ce monument; suivant lui, Thétis porte le tronc mutilé de son fils dans les îles Fortunées; la Néréide est Tellus qui contemple l'âme du héros quittant son empire pour le ciel; Diomède est le dieu Mars fixant ses regards

'^^ Nu et le triboniiim dans la main gauche, sur le vase de Millin; vêtu et drapé sur le vase de Passeri.

'•'*' Les Néréides apportant à Achille les différentes pièces de son armure figurent sur un sarcoph;ige du Miiseo Pio Cl. t. V, tav. XX. Sur le sens funéraire des Néréides, voyez Vise. Mus. Pio Clein. t. IV, p. a m s(].

( ^o3 ) sur l'âme d'Achille qui même dans le séjour des bienheureux se livre encore aux occupations guerrières 'i'*^; Ulysse est Éaque ou le Lare familier; Agameinnon, Jupiter qui ordonne au dieu Cœlus ( Automédon) de donner une place à Achille parmi les dieux, etc.

Mais si Passeri a été malheureux dans l'explication de cette scène, il a parfaitement saisi le sens du revers qui représente sous un édicule funèbre une femme assise la lance en main, et devant elle un guerrier debout tenant de la main gauche la bride de son coursier, et de l'autre s'appuyant sur sa lance. On ne peut se défendre de reconnaître ici avec lui l'ombre d'Achille subissant le jugement de Proserpine449. Proserpine jugeant un guerrier est ici sous la forme d'Aphrodite evoTrXoç ou wirTvKjjxévïi. C'est encore sous cette forme qu'elle se présente sur le vase de Winckelmann , où de plus elle a le bouclier au bras gauche 4^°. On le voit, les deux faces du vase de Passeri, comme les deux scènes du bas-relief d'Athènes, forment un

*** Il s'appuie sur ce passage de Virgile : [yden. VI, 653) :

Arma procul currusque virûm miratur inanes. Stant terra defixœ hastœ, passimque soluti Per campos pascuntur equi. Quœ gratia curruuin Armorumque fuit vivis , quœ cura nitentes Pascere equos; cadein sequitur tellure repostos.

**' Il cite à cette occasion ces vers de Claudien {de rapt. Proserp. II , 3o5) :

Sub tua purpurei ventent vestigia reges Deposito luxu , turba curn paupere mixti. Omnia mors œquat , tu damnatura nocentes , Tu requiem latura plis : te jiidice sontes Improba cogcntur vitœ commis^a faten .

»3o winckelmann, en expliquant ce vase, dont la partie supérieure offre un sujet héliarfue , a passé sous silence la scène principale.

drame complet. D'une part, la mort menaçante, de l'autre le terme du dernier voyage.

Je rattacherai encore à cette classe de monuments un vase d'Acrée publié par le baron Judica^^»^ et qui représente un guerrier, le casque en tête et enveloppé d'une chlamyde d'une forme singulière, s avançant, la lance sur l'épaule et tenant un cheval par la bride, devant un homme trois fois environné de son tribonium, et assis sur une pierre quadrangulaire. Dans la main de cet homme est une lance ou une longue baguette. Derrière le cavalier on voit un autre personnage dont le costume et l'attitude diffèrent peu de ceux du premier.

M. Judica ^^^ pense que ce monument fait allusion aux courses équestres des Panathénées; et, suivant lui, les deux personnages assis sont deux agonothètes. Ne serait-ce pas plutôt un mort devant les juges infernaux? Sans doute ces juges sont dans les légendes les plus répandues au nombre de trois 453- mais dans celle que le Gorgias de Platon '*^4 nous a conservée, ils sont en quelque sorte réduits à deux, puisque Rhadamante juge les morts de l'Asie, Eaque ceux de l'Europe, et que la mission de Minos se borne à prononcer en dernier ressort. Cette simplification du nombre des juges infernaux est encore bien mieux constatée par ce passage de Lucien 4^5. Y-iza^yoi 8ï y.oà Ga.Tca.Tzci xal ^ixacTal xaSviVTai ^uo , Mivwç xe xal Pa^ay.avÔuç. X. T. >.. Ce qui ne permet pas de reconnaître ici deux agonothètes, c'est que les deux personnages désignés comme tels par M. Judica sont plus grands que nature; d'ailleurs chacun d'eux est armé de la

i^' Antidiith di Acre, t. XXIII, n° i.

'*^^ Op. cit., f). i34.

'■'^ Coiiinic sur un vase du Cabinet Durand, 11° •io!\.

'"< § 7.J, 80 cl 8-2.

'■"^ De Liclu, % 7, t. JI, p. 925, Rt 11/..

baguette qu'il tient, au témoignage de Platon, quand il rend ses jugements ^^^.

Enfin, c'est peut-être devant Mines lui-même que comparaît le mort suivi de son escorte sur un vase peint du prince de Canino'*57, que M. de Witte 4^8 a rangé parmi les sujets guerriers, et dont il donne la description suivante : « Un cavalier barbu muni de deux javelots et suivi d'un homme drapé et à pied, portant une lance, se présente devant un vieillard à cheveux blancs assis sur un cube et muni d'un sceptre surmonté d'une fleur à trois pétales 458*", A. côté du vieillard est écrit KOON ; sous le cheval, KOX ; derrière KN2. w Ces trois inscriptions peuvent laisser de l'incertitude sur l'explication que je donne de ce vase ; mais ont-elles été transcrites bien exactement? c'est ce dont je doute fort; du moins il est impossible d'en tirer aucun sens.

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