LES CHAMPS ÉLYSÉES SUR LA TERRK DES BIENHEUREUX
Ces idées se maintinrent jusqu'aux derniers moments du paganisme. Aussi voyons-nous sur un grand nombre de bas-reliefs le mort à cl.eval accomplissant le dernier voyage, seul ou suivi d'une nombreuse escorte; et quand l'inscription qui accompagnait le monument a résisté au temps, il y est presque toujours désigné par le
titre de rlpcoç.
On peut même assurer que plus ces monuments se rapprocbent de nous, plus ils deviennent communs. L'influence du christianisme se fit sentir de bonne heure, et les païens la subirent involontairement. Avec l'Évangile les idées d'égalité après la mort se propagèrent,
'■' 0>. ne peut s'empêcher de remarquer ici le caractère tout à fait sidéral ...lï.clé à la vie des chevaux d'Achille. D'abord domptes par Neptune, le maître ,!.> l'Océan, ils sortent des mains de ce dieu pour parcourir une carrière brillante sur la terre, et retournent eniiu à l'Océan dont ils sont sortis.
( 93 ) ri dès lois l'admission dans le séjour fortuné ne fut plus le partage exclusif des héros, ou plutôt les personnages les plus obscurs devinrent eux-mêmes des héros, et furent reçus comme tels dans les éternelles demeures ^7.
Mais, il faut le reconnaître, ces idées se modifièrent en plusieurs points. La mort, surtout chez des peuples guerriers, est, la plupart du temps, prompte, inattendue, et de bonne heure sans doute on donna à la mort le cheval pour monture et pour attribut. Dans l'Apocalypse, où tant d'images religieuses des peuples voisins sont venues se l'éfléchir, ©avaToç est monté sur un cheval pâle et suivi par Hadès : Kal aî^ov, îtal iooù I'tttcoç jliaçot; , xal 6 y.a6-/([Jt.£vO(; sTravco aùxoCi , ovou.a aÙTw ô ©avaro;, xal ô Â^v)ç iixo^ouGei ^lst' aùroù^^. Sur les monuments funéraires étrusques , Mantus ou Charun est souvent représenté entraînant un mort qui est ordinairement voilé et toujours monté sur un cheval ^9. Des représentations analogues se trouvent sur des vases de la Grande Grèce 7<', sur des marbres grecs et romains''; d'où l'on peut conclure que sur tous ces monuments le cheval appartient à la mort et non pas au mort 7*.
Et ce qui confirme pleinement, selon moi, cette déduction, c'est que dans les poésies du moyen âge où se sont conservées tant de
*' Sans doute dans le culte des Mânes et dans les Farentalia on voit que, dès les temps les plus anciens, l'apothéose des membres de la famille, même dans les classes les jjIus obscures, fit une partie essentielle des croyances religieuses; mais il n'en est pas moins vrai que ce fut suitout dans les derniers siècles du paganisme qu'on prodigua le nom de vipox;, qui devint presque synonyme de Oav(ov, indiqué sur tant de monuments romains par la sigle 0.