‹ Monuments d'antiquité figuréeChapitre 5 sur 31 · VI · texte numérisé non relu

VI

" Voyez K. O. Miiller, Étrusques, t. Il, p. 99, ainsi que le t. III de Goii , et la série I des Mon. Étr. d'Inghirami.

'" Voyez les Antiquités d'Jcrêe, par le baron Judica , pi. XXVII et XXVIII.

'■ Inghirami,Ser. VI, tav. B, 2.

'^ C'est aussi l'opinion de M. Grinini , dans sa Mythologie germanique, p. ZjcSS : Vielleicht rnchr des Touks nls des Todtln Pfrrd.

(94) traditions fabuleuses, et qui sontcommeun dernier reflet des croyances païennes, la mort emporte souvent le mort sur un cheval 7^. Chez h^s Grecs modernes , Charon, le nocher des enfers, est devenu Xapoç ou XapovTa; , messager de la mort. Il parcourt les montagnes sur son cheval, faisant marcher les jeunes gens devant lui, les vieillards derrière, et emportant les tendres petits enfants rangés de file sur sa selle 74 :

Sepvet TOI»; veoùç «tc' £[;.irpo<îTà , Toùç ylpovTa; xaToxi , Ta Tpuçspà T^OLi^ÔTZouka. 'ç tïiv gHX àppa^ia(j[Ji.éva.

M. Grimm "^^ regarde comme le résultat d'une influence toute païenne les traditions germaniques où la mort est représentée emportant, sur son cheval, ceux qui ont cessé de vivre. On sait que c'est le refrain d'une chanson populaire très-répandue :

Der Mond scheint helt.

Die Todten reiten schnell ,

« Il fait clair de lune; les morts chevauchent vite, » qui a inspiré a Bûrger sa célèbre ballade de Lénor, où un amant mort dans les pays lointains vient à minuit sur son cheval emporter sa maîtresse; légende <jui , comme le remarque M. Grimm , se retrouve dans le Wunder-

'^ Voyez Grimm , I. c.

'* Fauriel, Chants populaires de la Grèce moderne, t. II, )). 228. Nicétas Eugenianns, dans son roman en vers des Amours de Drosilla et de Chariclès (II, 170 et suiv.), fait mention de ce Charon, qui, comme on le voit par le chant que j'ai cité , était devenu cavalier et parcourait sans cesse le pays. Ce passage de Nicétas n'eût ]ias embarrassé M. Boissonade, s'il eût eu connaissance du changement de position que Charon avait subi.

'^ Loc. cil.

( 95 ) horn 7e, dans \e^ Kindcrmàrchen 77, dans le Svenskauisar 7», dans les chants populaires des Grecs modernes 1^ , et dans ceux des Serviens 80. HeL, le dieu de la mort chez les anciens Germains , avait un cheval, ainsi que son messager, et c'est à cheval que les Walkyries remplissaient leur ministère funèbre. Plusieurs expressions proverbiales, qui se sont maintenues jusqu'à nos jours dans la bouche du peuple , font allusion à cette croyance. « Quan la mer venré graisse no bote' S« dit un vieux proverbe bourguignon. - «H a offert un boisseau d'avoine à la mort,« dit-on encore aujourd'hui en Danemark en parlant d'un individu qui s'est rétabli d'une maladie dangereuse «^ Un monument précieux vient ajouter une nouvelle autorité au témoignage des textes, et prouve que chez nos ancêtres, les Gaulois, le cheval était aussi la monture du dieu de la mort. Je veux parler d'une petite statue en pierre, d'un travail grossier mais assez vigoureux, qui a été trouvée en 1756 dans les fouilles faites aux eaux de Luxeu, en Franche-Comté , et dont CaylusS^ nous a donné une copie et une description. Cette statue représente un homme dont la tête courte et grosse n'est couverte d'aucun ornement; sa chevelure est longue et frisée, sa barbe épaisse. Il est vêtu d'une cotte d'armes et chaussé de brodequins. Son cheval, à longue queue, est bridé d'une manière fort simple, mais il n'a ni èçiTTTriov, ni étriers. Le bras gauche du cavalier est passé dans les rais d'une roue que Cayl us prend

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