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qui avait fait surnommer les femmes de Sparte (paivo|xnp«Je; (qui montrent leurs jambes). plus grand nombre ont la poitrine entièrement cachée, quelques-unes ont le sein droit découvert*’®; aucune ne l’a mutilé *’9, bien qu’on ait prétendu que l’un et l’autre usage était propre aux Amazones, en ce qu’il permettait de se servir plus facilement de l’arc. Cette arme des Scythes, que les Scythes ♦
firent connaître aux Grecs, n’est indiquée qu’une seule fois*®” par le carquois ou étui d’arc (yMpuTÔ;) *®‘ que porte une Amazone, non sur l’épaule, mais sur la hanche gauche. Le costume national, scyfhique ou phrygien, des archers, c’est-à-dire la tunique à manches et les pantalons plissés ou anaxyrides (oapâëapoc, suivant la dénomination scythique ’®*), ne se rencontre que deux fois sur notre monument*®^; mais toutes les .4mazones, ainsi que les hommes, portent
Tel est le surnom que, suivant Plutarque (Comp. Lycurg. et Num., c. \) , Ibycus donnait aux jeunes filles de Sparte. Cf. Pollux, VII, 55 , ii, 187. On trouve les deux formes <psvo(iLi)pU et ^ atvo|Xï|p((. M. Stackelberg les a employées toutes deux, l'une p. 78, l'autre p. i 45 . Du reste, on varie sur l'accentuation de ce mot. Pollux l’écrit çavép.iripiç et «pivopiTipi?. Nous avons cru devoir adopter cette dernière comme plus régulière. C’est aussi celle qu’a suivie M. Passow dans son Dictionnaire grec. Cf. Fr. G. Sclineidewin Jbjrci Rhegini carminum reliquia. Gott. i 833 , in-8®, p. aoi.
Plaques i, 7, 10, 11. Chez quelques-unes (plaques 5 , 6), c’est le sein gauche.
Cette mutilation n'a pour elle que l’autorité de quelques auteurs, au nombre desquels on est surpris de rencontrer Hippocrate (<if Acre et Locis , 18, 19). Elle n’est indiquée par aucun des nombreux monuments d’antiquité figurée que j’ai vus. '
Plaque 3 . Le carquois est l’un des attributs les plus ordinaires des Amazones. V. la Dissertation deVisconti sur un vase grec. Mus. Pourt., p. 1 1, note 89.
Hom.,Od., ai, 54 . Lycophr., 458 . Cf. Millin, Mon. inéd. 1. 1 , p. 36 o etsuiv.
Pollux, On., VII, 59. Aujourd’hui encore, en Russie, on appelle ce vêtement charavari, et c’est de là que no|(S vient le mot charicari, qui désigne une sorte de pantalon dont on se sert pour monter à cheval.
Mon. de Mor. Q
tantôt la clilanis tantôt la clilamyde toutes aussi, sauf les deux dont nous venons de parler, ont pour chaussure des bottes étroites, garnies deux fois de tirants et de revers*®'’. La chaussure attribuée à Diane et aux Amazones était une sorte de brodequins courts et lacés, propres aux Cretois et aux Asiatiques (év^popî^e; *®^); et c’est ainsi qu’elles sont représentées sur tous les monuments postérieurs à celui dont nous nous occupons. Celle que nous voyons ici aux Amazones ne se retrouve que sur la frise du Parthéiion, où elle est portée par les cavaliers de la procession panathénaïque : d’où l’on peut conclure que c’était une chaussure guerrière en usage h Athènes du temps de l’artiste. Il se pourrait aussi, et c’est l’opinion de M. Stackelberg, que le soin de bgurer les lacets ait été abandonné à la peinture.
Plusieurs Amazones ont la tête découverte *®®; mais au lieu d’avoir les cheveux coupés comme les hommes, elles relèvent, de différentes manières, leur longue chevelure sur le sommet de la tête, et en forment une touffe (xcfpujxëo; *®^), selon l’usage des jeunes filles. Quelquefois aussi *9" leur chevelure est tressée et retenue sur le front par une bandelette ou par un bandeau (ipiruÇ, xp^î^euvov*»'). Leurs casques *9*
*” Plaques i, 7 (?), 8.
Plaques 4 , 9 > < ■-
Plaques 5 , 7, 1 1.
’** Plaque 10. CP. Petitus, de jimm., c. ai. Antichità di Ercol. Bronti, t. a, p. a 44 , note 9 ' Celle dernière forine de chaussure offre beaucoup de ressemblance avec les brodequins donnes aux Furies sur un vase peint publié par Millin, Mon. inéd., t. i, p. a 63 et suiv.
Callim. h. in Dian., 16. Pollux, On., VII, gS.
*'• Plaques I, a, 3 , 5 , 6, 7, 8, 9, 11.
Cf. AVinckelmann , Hist, de l'Art, 5 , 1, 14. Trait, prelim., 4 , 66.
Plaques 3 , 5 , 1 1. C’est ainsi que plusieurs écrivains les représentent. V07. Senec., Uipp., Act. II, v. 399.
Hom., II., XXII, 469. EustathV ad. II. X, 48.
Plaques a, 3 , 4 > 'î > 7 > 8 1 10, 1 1.
sans visière et formant sur le front comme un diadème, sont sans cloute de l’espèce de ceux qu’on appelait oreçatvn *9^, et ont sur la partie qui couvre le sommet de la tête une élévation que, d’après sa forme, on appelait xüvoç D’autres encore *9^ en guise de casque portent le bonnet de peau des Phrygiens, [iiTpa *9®, avec trois pointes, dont l’une couvre le derrière de la tête, tandis que les deux autres défendent les joues.
D’après le mouvement de leur bras droit et d’après les fragments de marbre arrondis restés dans leurs mains, on peut conjecturer qu’elles portaient l’arme qui caractérise les Amazones, la hache à deux tranchants , «ayapti; *97. Quelquefois aussi un mouvement
11., VU, 12 , X, 3o. Polluz, On., VII, i58. Le casque de nos Amazunes est parfaitement semblable à celui de l’Amazone équestre, publiée dans les bronzes d’Herciilanuin , t. II, p. LXIlf, LXIV.
Plin.,U. N., X, I, I. Virg., Æn., III, /|68:£t conum insignis galeæ crittasque cornantes.
Plaqnes 8,9, 10.
Cf. Millin, Mon. inéd., t. I, p. i36, note i5, ad fin. Cette coiffure, que portent les personnages qui occupent la droite de la fameuse mosaïque de Pompeï, était propre à la nation, persane, et sufGrait seule pour prouver que ce moniimctrt ne peut , malgré les ingénieuses conjectures de M. Vescovali , représenter autre chose que la bataille d’Arbèles.
Strabon, XI, p. 769, et Pitt. d’Ercol., t. V, p. 3o8, note 6. Parmi tant de monuments où les Amazones sont représentées la bipennis au poing, je citerai surtout la peinture d’Herculanum (Pitt. d’Erc. , t. V, pl. 69), où l’on voit deux femmes assises sous un portique, et ayant l’une la bipennis, l’autre la securis dans la main droite, et toutes deux la pelta lunata au bras gauche. Visconti voit dans ces deux figures deux Amazones veillant à la garde du temple d’Éph èse qui leur a servi d’asile (Paus., Ach., 2 . Diod., III, Sa). Il rapproche ce monument de ces patères de bronze, où sont gravées, dans la manière étrusque , deux femmes guerrières et succinctes , bien caractérisées par leur sein , qui paraissent se reposer près d’un édifice indiqué par une colonne cannelée, d’ordre ionique, et qu’il regarde comme l’hiéroglyphe du temple d’Ephèse. Cette explication heureuse paraît confirmée par un monument dont la connaii-
ditTcreDt porte à croire qu’elles tenaient à la main l’épée qu'elles ont arrachée à leur adversaire
Leur bouclier n’est point cette pelta.en forme de demi-lune que leur donnent les poèmes et les monuments postérieurs. C’est une sorte de peitu déformé ovale avec une échancrure demi circulaire pratiquée tantôt à l’extrémité tantôt sur l’un des côtés du bouclier Cette échancrure servait sans doute à observer l’ennemi pendant le combat, tandis que l’on mettait à couvert le visage et la poitrine. Ordinairement on désignait par le nom de pelta un bouclier tbrace fort léger, sans rebord (âvTo$) et plus petit que le bouclier argieii , mais qui,, comme ce dernier, avait intérieurement deux poignées; et comme dans deux figures seulement la poignée centrale
sauce est duc à M. L. de Laborde; je veifc parler du grand tombeau trouvé à Pétra , et sur la façade duquel sont représentées deux Amazones debout, près de leur coursier, la biprnnis au poing, et la pelta au bras gauche. Peut-être serait-il possible d’établir un rapport entre ce monument asiatique et le temple d'Éphèse. Ajoutons que la conjecture de Yisconti sur les patères dont nous venons de parler, pourrait , selon nous, jeter quelque lumière sur l’emploi fait , dans le temple de Phigalie, d’une seule colonne corinthienne en avant de l’opisthodoinc où se trouvait la statue d'Apollon. Ne pourrait-on voir dans cette colonne une représentation symbolique de Diane ? L’usage de représenter les dieux sous la forme de colonnes n’est pas sans exemple. Pausanias (lU, 19) nous apprend que la statue d’Apollon à Amyclée, à l'exception du visage, des pieds et des mains, ressemblait à une colonne de bronze, xiovi; et, ce qui
est plus concluant encore, que sur la route qui conduisait de Sparte en Arcadie (III, 30, 9), on voyait sept colonnes, qui, d’après la tradition, n’étaient autres que les sept planètes représentées suivant l’ancieoue manière : xxtIc rponov TOv àp;^aîov. . . àrtifittv zütv TtXavriTwv . . . iyaiXiiLaTat.
Plaques 4 et 6.
”” Plaques 3, 7.
^°° I, 8. Le n° i38 des monuments inédits de TVinckelmann offre un bouclier tout-à-fait semblable.
Cf. Millin, Mon. ined., l. II, p. 76, 77. Pitt. d’Ercol., t.V, p. 3o8, note 5.
ou brassière n’est pas indiquée, M. Stackelberg présume que le peintre avait été chargé de la figurer.
Ce savant pense également qu’à la peinture avait été laissé le soin d’indiquer les harnais des deux cerfs attelés au char de Diane, et les brides des chevaux montés par les Âmazones. Des trous pratit{ucs dans le marbre prouvent que les rênes étaient en métal. Un seul cheval est recouvert d’une sorte de chabraque, et
èçiirweiov qui vient s’attacher sur le poitrail. M. Stackelberg croit que cet ornement était peint sur les deux autres chevaux; mais les muscles sont trop indiqués pour que cette supposition puisse être admise, et il est préférable de croire que , pour plus de variété , l’artiste les avait fait monter à nu^°^.