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LES HALLES A MALINES

La prospérité industrielle de Malines se développa et se maintint longtemps. Au quatorzième siècle, la ville possédait un chantier de .construction considérable. Sous le règne des ducs de Bourgogne, sa fonderie de canons et de cloches continua à être réputée comme l’une des plus importantes, et Guiceiardini affirme « qu’il n’est pas endroit au monde oii l’on coule si habilement le bronze. » Enfin, après la prise de Dînant, Charles le Hardi, voulant introduire une industrie nouvelle, amena à Malines une corporation de chaudronniers, experts à travailler le cuivre jaune, mais ceux-ci ayant déserté peu à peu, il remplaça les avantages espérés de cette corporation par l’inslilulion de son grand conseil. Afin de récompenser les habitants des services rendus lors du siège de Nuys, il leur accorda, en outre, les privilèges les plus enviés : ils obtinrent, notamment, celui de pouvoir aller, ainsi que les gentilshommes, à la chasse de toute espèce de gibier.

Tant d’avantages attirèrent une foule d’artisans, (/industrie drapière surtout grandit

ANVERS

avec lanl de rapidité, qu’au dire de l’ historien Grammâye, elle occupait, dès l’an 1370, trois mille deux- cents métiers. 11 s’en fallut cependant que la tranquillité régnât; aiguillonnés par leur bien-être même, les bourgeois se mutinèrent fréquemment, et dans le monument inachevé des Halles on découvre en quelque sorte la trace de leurs émeutes et de leurs révoltes : ce bâtiment, commencé sur un plan très-vaste, ne put jamais être complété et l’on n’en construisit que la grande tourcentrale. Sous le règne de Philippe 11, le châtiment de ces mutineries ne se lit pas attendre : Le duc d’Albe permit de piller les habitants et, pendant trois jours, ils subirent plus de maux que dans une ville prise d’assaut. Ce désastre devait malheureusement se répéter : le 9 avril 1580, Malines lut saccagée par les Anglais au service des Etats, et livrée, celte fois encore, à la licence la plus effrénée.

Ainsi blessée de plusieurs atteintes, la commune ne fit que déchoir et tenta vainement de se relever. Aujourd’hui même, malgré les avantages d’une position centrale dans le réseau des chemins de fer belges, elle parait moins appelée à briller par les forces vitales du commerce ou de l’industrie que par la richesse de ses œuvres d’art et le prestige de ses souvenirs historiques. Soucieuse, d’ailleurs, de son passé, elle a récemment élevé un monument à une spirituelle princesse, Marguerite d’Autriche, et elle compte avec orgueil au nombre de ses enfants le célèbre botaniste Dodonée, le peintre Coxie et l'illustre capitaine Mansfeld.

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