‹ Monuments d'architecture et de sculpture en BelgiqueChapitre 12 sur 39 · B II IJ X E L L E S · texte numérisé non relu

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il eh est parlé comme d’un « grand et formidable monument. » Peut-être cette dernière épithète s’appliquait-elle moins à l’œuvre même qu’à son caractère symbolique : dans l’agrandissement de la maison communale, l’habile politique avait sans doute entrevu la puissance croissante des classes ouvrières. Les faits allaient d’ailleurs être plus expressifs : pendant celte même année (1421). les gens des métiers s’emparèrent du pouvoir, exercèrent de sanglantes représailles et partagèrent l’administration. La charte qu’ils se firent délivrer créa deux bourgmestres, l’un patricien, l’autre plébéien, et associa huit bourgeois à la magistrature locale. Parmi ces derniers, on compta alors un artiste prédestine à une glorieuse popularité : Jean de Ruysbroeck, qui devint, plus tard, « maître de la maçonnerie de la maison du conseil. »

Avant sa nomination, les travaux, déjà considérables, avaient dù être dirigés par d’habiles architectes. Quels furent ces artistes? Qui dressa le plan ? Les données positives manquent à cet égard. Dans les comptes de la ville, 011 a trouvé les noms de maître Jacques Van Thienen, maître Jean Bornoy, maître Guillaume Vanden Broccke et celui du maçon Van Boutsvoort, qu’on croit avoir été chargé des ouvrages de sculpture. Les seuls documents précis concernant Van Ruysbroeck comprennent, d’abord, la formule de son serment, ensuite l’ordonnance des conditions qui lui étaient imposées et moyennant lesquelles il recevait 24 saints pour « soigner, tracer et surveiller l’ouvrage, sans aucune journée ou salaire de plus. »

Cette ordonnance, datée du 23 janvier i44^ e* spécialement applicable à la partie la plus élevée de la tour, contredit les assertions de plusieurs historiens qui avaient indiqué l’année 1 4 4 a comme étant la date de son entier achèvement ; elle établit, en outre, que Van Ruysbroeck est l’auteur de cette admirable flèche que vint couronner, en i455, la statue du patron de la ville.

L’aile occidentale du bâtiment fut commencée le 4 mars 1 444 5 nn enfant, qui devait un jour se faire connaître sous le nom de Charles le Téméraire, vint en poser la première pierre. Celte aile, plus courte environ d’un tiers que celle qui se trouve en regard, fut rapidement achevée; elle diffère de l’autre sinon par ses proportions essentielles, du moins par les détails des arcades, des voûtes, cl par l’encadrement des fenêtres. Les troubles politiques, les alternatives de licence, de liberté et d’oppression qui se succédèrent, firent longtemps ajourner la construction de l’aile latérale placée du même côté ; elle ne fut bâtie qu’à l’époque de la Renaissance, dont elle revêtit le style architectural. Enfin, le bombardement de l’année 1 G9Ô ayant détruit l’ancienne halle qui formait la partie postérieure ch' l’édifice, la reconstruction de celle façade commença en 1706 et fut terminée en 1717. Ainsi le vaste quadrilatère formé par l’hôtel de ville nd se compléta que très-lentement et par cinq reprises des travaux.

Ce long travail, ces interruptions successives, expliquent les irrégularités qui déparent l’ensemble du monument; la tour seule est une merveille de légèreté, d’élégance, de

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hardiesse, et c’est, par conséquent, cette partie spéciale de l’édiliee que notre dessin a eu pour objet de reproduire.

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