MAISONS DES ANCIENNES CONFRÉRIES
Pendant la guerre de Flandre, et à la suite d’une tentative infructueuse pour faire lever le siège de Malines, le maréchal de Villeroi , commandant de l’année pour S. M. Louis XIV, lit une diversion sur Bruxelles. Le 1 3 janvier 1690, un corps d’environ 70,000 hommes vint camper autour de la ville, et le meme jour elle lut bombardée, de neuf heures du matin à quatre heures de l’après-midi. Un vent violent avait propagé les incendies et la ville embrasée ne paraissait plus être qu’un ensemble de flammes et de ruines. La grande place avait particulièrement souffert; néanmoins l’ hôtel de ville, la maison du Roi restaient encore debout, mais toutes les autres constructions étaient anéanties. Trois ans plus tard, les traces de ce désastre avaient disparu : plus riche, plus somptueuse, plus pittoresque peut-être, la place s’était entièrement ornée de constructions nom elles, rebâties aux frais des corporations et des métiers.
Les maisons qui forment un angle droit avec l’hôtel de ville et dont on aperçoit les façades sur notre dessin, datent de cette époque. — La première de ce côté, celle dont le couronnement a la forme d’une poupe de vaisseau, ornée de chevaux, de marins et de tritons, appartenait depuis deux siècles aux bateliers et avait pour enseigne : LA MONTAGNE, aujourd’hui LE CORNET.— La seconde, plus ancienne, fut connue de temps immémorial sous le nom de LA LOUVE, et déjà il en est fait mention en i34o dans les archives de l’église Sainle-Gudule. Les archers venaient à peine de la reconstruire, lorsque le bombardement la détruisit de nouveau; désespérés d’une perte déjà précédée de plusieurs autres, ils résolurent d’abord de vendre leur propriété, mais bientôt ils renoncèrent à ce projet, prélevèrent un emprunt de 20,000 florins et, au moyen de celle ressource, se bâtirent, dès 1696, une nouvelle habitation, surmontée d’uu phénix. Le phénix a disparu, mais les autres ornements de sculpture, dus au ciseau de Devos et comprenant des médaillons et des statues, s’v voient encore. — Enfin la troisième maison, également décorée de statues et de termes, et portant pour enseigne LE SAC, appartenait aux menuisiers, aux ébénistes cl aux tonneliers. Ces corporations avaient déjà été autorisées précédemment à se créer des ressources «m libérant dix personnes du service des compagnies bourgeoises; elles lurent de nouveau autorisées à user de moyens analogues, et grâce à ces expédients, (pii facilitaient les levées de fonds, la maison se releva, dès l’année 1G97, dans l’état oii elle se trouve aujourd’hui.
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