‹ Monuments d'architecture et de sculpture en BelgiqueChapitre 19 sur 39 · RUINES DE L’ABBAYE DE VILLERS · texte numérisé non relu

RUINES DE L’ABBAYE DE VILLERS

Pour arriver de Bruxelles à Villers, l’on suit une route pleine de souvenirs historiques : l’on touche d’abord à Waterloo, vaste ossuaire de l’armée impériale; puis à Genappe, où Louis XI, encore dauphin de France, écrivit les cent NOUVELLES NOUVELLES; on se dirige enfin vers Baisy, où naquit Godefroid de Bouillon. Pendant cpie l’imagination trouve ainsi à évoquer les images du passé, la vue rencontre à chaque pas des horizons variés; la route court, par monts et par vaux, à travers les villages, les prairies, les blés, et s’enfonce en un bois épais pour vous descendre, subitement, dans une belle et silencieuse vallée, devant de poétiques ruines.

L’abbaye fut fondée, en 1 1 47? pat' saint Bernard, au milieu d’une immense forêt, qui s’étendait alors jusqu’aux portes de Nivelles. Quelques chaumières et un petit oratoire construit en pierres composaient ce premier monastère. En 1 197, ces bâtiments furent reconstruits par l’abbé Charles, et la somptueuse église, commencée à celte même époque, reçut sa consécration soixante et quatorze années plus tard, sous Arnould de Ghistelles. Les agrandissements se continuèrent par les abbés subséquents; dans la première moitié du dix-huitième siècle, l’on édifia une nouvelle maison abbatiale, le quartier des étrangers, et plusieurs autres dépendances. Le monastère avait atteint alors son plus haut, degré de splendeur; le moment de sa décadence était proche : en effet, à la suppression des ordres religieux, l’abbaye fut vendue et démolie par le nouvel acquéreur. Sa solidité, sa grandeur étaient telles cependant, qu’on ne pouvait la détruire entièrement et, malgré l’action destructive du temps, ses ruines offrent encore un aspect imposant. Vu milieu de la grande étendue de terrain qu’elles occupent, on remarque surtout quatre constructions : l’ancienne brasserie, construite, au douzième siècle, dans le style roman et qui forme la partie la plus ancienne; —l’église, type remarquable de l’architecture ogivale primaire, oii l’on voyait autrefois les tombeaux de deux ducs de Brabant : Henri II et Jean 111 ; - le réfectoire, décoré jadis de peintures murales; —enfin, le cloître, dont on reconnaît la vaste enceinte et qui est du style ogival secondaire le plus délicat et le plus pur.

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