‹ Monuments d'architecture et de sculpture en BelgiqueChapitre 3 sur 39 · INT HO DUC T ION · texte numérisé non relu

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leur eneeinle s’élex èrent de nombreux édifices eonsaerés au commerce cl à l'industrie. Le bourgeois puisait déjà sa force dans l'association, mais le luxe individuel n’était pas encore né pour lui : des lois somptuaires, sans application pour les prélats et les nobles, avaient été laites à son usage.

Pendant que les églises s'enrichissaient de mille œuvres d’art, qiie les châteaux dressaient fièrement dans les airs leurs tours et leurs créneaux, les \ i I les 11e formaient encore qu'un assemblage irrégulier de maisons faites en torchis, couvertes en chaume, et, çà et là, entrecoupées de rues boueuses. dépourvues de pavés. Cet aspect 11e se modifia qu’au quinziéme siècle. L’emploi du chaume fut défendu, mais la brique ne se substitua complètement au bois qu’à la suite d’une révolution dans le goût : le retour aux formes gréco-romaines.

Comment eut lieu cette transformation désignée sous le nom de renaissance? Par la simultanéité des différents faits, parle travail incessant de la civilisation. L’invention de 1 imprimerie, la découverte de l’Amérique, et d’autres causes secondaires avaient opéré une plus grande diffusion des connaissances et des richesses; les trésors littéraires de l’antiquité s’étaient répandus; enfin l ltalie avait vu un nouveau siècle d’Auguste, et les lettres, les arts, les mœurs mêmes, s’étaient, renouvelés aux sources du paganisme. Les pérégrinations des artistes et les guerres de Charles-Quint , de François I1'1', de Henri \lll, répandirent en partie ces idées et ces mœurs dans d’autres pa\s. En France, le changement s introduisit bientôt, grâce au goût personnel du monarque et aux artistes italiens qu’il appela autour de lui. En Belgique, il rencontra plus de résistance. L’architecture ogivale s’y était en quelque sorte enracinée, et un art nouveau, d’un caractère méridional, ne pouvait être adopté que par l'influence continue de la mode. Dès i5:>o, le cardinal Granvelle se faisait construire à Bruxelles un magnifique hôtel par l’architecte italien Paslorana; ailleurs encore quelques édifices du même style s’élevaient, et cependant jusqu’à la première moitié du dix-septième siècle, alors que les maisons dites gothiques commencent, à disparaître, la forme de l’ogive est encore usitée. Bien même ne s’éloigne plus de l’ordonnance du six le elassiq ne que les habitations de celle époque avec leurs pignons à gradins et leurs croisillons en pierre. Enfin, quand plus lard la Renaissance prévaut, elle s’accommode au goût de la nation; le style perd de sa pureté, de sa sobriété, de sa correction, cl revêt plus d’ampleur, d’apparat, d’exubérance.

Il en fut de même pour les transformations qui devaient faire passer la Renaissance, d’abord au six le somptueux, mais recherché de Louis XIV, et, plus tard, au six le maniéré de Louis XV. Ces types du goût, français, imités pour ce qui concerne le luxe des ameublements, ne lurent que rarement suivis pour l’ensemble des constructions; l’on ne saurait citer qu’un petit nombre d’ hôtels et quelques châteaux entourés de jardins à la manière de Lenolrc.

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