JUBÉ DE LÉGLISE PAROISSIALE A DIXMUDE
Selon l’opinion la plus accréditée, le nom de Dixmude a pour origine les mots de L)1CS et MUDE, élévation ou promontoire des digues. Cette étymologie paraît d’autant plus rationnelle que la ville se trouve sur une petite élévation et que les digues qui contenaient anciennement les eaux de l’Isère existent encore à proximité de celte même rivière, aujourd’hui canalisée. Dans plusieurs diplômes du moyen âge, on lit le nom Dicasmutha, et, plus tard, celui de Diesmuda, radical du nom actuel. L’un de ces anciens documents nous apprend que, dès l’an 908, le comte Baudouin 111 accorda à la ville le privilège d’un marché public qui devint la première cause de sa prospérité et de son agrandissement.
A cette époque, Dixmude ne possédait pour le service du culte qu’une chapelle
LES FLANDRES
dépendant de l’église paroissiale d’Eessen, et c’est seulement en io45 ou en 1 1/,4 (il y a quelques doutes sur ce point) que cette dépendance cessa. L’église nouvelle, placée sous I invocation de Dieu, de la sainte Vierge, de l’apôtre saint Thomas, des saints martyrs Vincent et Lambert, de saint Nicolas, de sainte Madeleine, et enfin de tous les saints, lut consacrée par 1 éveque de lérouanne, sous la juridiction spirituelle duquel elle continua à demeurer, jusqu’à l’érection de l’évêché d’Ypres, en 1 55q.
l.a tour actuelle de 1 édifice, quoique beaucoup modifiée dans sa forme, appartient encore a la construction primitive; le vaisseau a subi de même une suite de transformations; enfin, la décoration intérieure, très-somptueuse au seizième siècle, et répandue alors sur vingt autels différents, s’est également amoindrie; néanmoins, sa partie la plus admirable, son jubé nous a été conservé à peu près intact. Malgré sa délicatesse apparente, celle précieuse œuvre d’art a résisté aux attaques des iconoclastes et au vandalisme de l’ignorance qui, moins rude, s’est, par contre, montré plus persévérant et a multiplié pendant de longues années l'encroûtement d’un badigeon périodique.
Le nom de I architecte est resté inconnu, mais un examen attentif a fait connaître I auteur des figurines : l’une des statuettes placées dans les niches tient un livre sur lequel on a découvert ces mots : URBAN TAILLEBERT, SN1D : 1PER. Aille urs, sur un autre livre, on lit encore : IN T’J A ER 1600, ZOO WAREN DESE BEELDEN. 11 en résulte qu’en l’an 1600 de Noire-Seigneur, lorsque la fureur des iconoclastes se fut assouvie sur les premières statuettes en pierre, le ciseau de Taillebert découpa dans le chêne celles qui ornent actuellement le jubé.
Parmi les autres œuvres d’art qui garnissent l’église, et «pii sont dignes d’être signalées, on trouve un tabernacle exécuté l’an 1614, en marbre de différentes couleurs, les fonts baptismaux de cuivre, fondus en 1626, et deux tableaux remarquables, l’un de Jordaens, et l’autre du peintre français Jouvenet.