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L’ÉGLISE DE SAINTE-GUDULE

Conslruile par fragments el à d’assez longs intervalles, l’église de Sainte-Gudule offre un résumé des modifications de l’architecture du treiziéme au seizième siècle. En 1226, l’édifice déjà ancien qui existait au coin du Treurenberg ou mont des Pleurs, fut rebâti par Henri II. Ce prince ajouta un second chapitre à celui de douze chanoines précédemment institué, et par une charte de l’an 127'}, il assigna de nouveaux fonds pour activer les travaux. Ceux-ci n’embrassaient encore que l’étendue du chœur, le transept droit et le transept gauche; ces parties de l’église appartiennent au style de la transition et à celui du gothique primaire.

La nef centrale, ainsi que la nef collatérale placée à droite, furent construites un siècle plus tard dans le style ogival secondaire.

La nel à gauche est du quinzième siècle cl porte la marque de cette époque dans la riche ornementation dont elle est revêtue. Scs dispositions essentielles restent cependant les mêmes; mais les piliers en faisceaux remplacent les colonnes, les moulures prennent des formes prismatiques, les meneaux des fenêtres se tordent en réseaux plus compliqués. Le même style Henri se retrouve au portail, dans la majestueuse carrure des deux tours et, avec une coquetterie plus raffinée, dans le porche latéral que reproduit notre dessin.

Ce porche (1499), la chapelle du Saint-Sacrement ( i53q), celle de la Vierge (1649) et celle de la Madeleine placée au chevet du chœur (1679), formèrent des annexes successives. Faute de ressources, le monument était resté longtemps incomplet : au quatorzième siècle, on accordait encore force indulgences plénières à ceux qui contribuaient à son achèvement; plus tard, les dons affluèrent sans doute de telle sorte, qu’il fallut, pour leur donner un emploi, agrandir l’édifice. Avant cette dernière époque, une grande partie du monument était néanmoins achevée, mais il restait encore, eu égard aux projets, les travaux les plus grandioses à exécuter : les tours 11’étaicnt parvenues qu’aux deux tiers de leur hauteur; on devait les couronner de flèches en pierre, el une troisième pyramide centrale, les reliant entre elles, devait s’élever jusqu’aux nues. La réalisation de cette idée eût rendu l’église Sainte-Gudule l’un des

BRUXELLES

monuments les plus considérables de l’Europe. Déjà, telle qu’elle est, elle présente un caractère grandiose que n'ont pu détruire ni son défaut d’unité, ni les disparates de sa décoration intérieure, ni les constructions vulgaires accolées à son enceinte. Ici l’œil est captivé par l’élégance des détails : des arcs-boutants découpés comme à l’emporte-pièce, une balustrade véritable ouvrage à dentelles, et les statues dont une intelligente restauration a récemment peuplé l’édifice; ailleurs, dans de magnifiques verrières, les pieuses allégories se mêlent aux grandes figures historiques et, sous les rayons du soleil, le parvis du saint lieu semble parsemé de pierreries.

Quelques œuvres dues à des sculpteurs belges contemporains enrichissent aussi l’é-dise- le tombeau du comte Frédéric de Mérode, par M. Guillaume Geefs, et celui du chanoine Triest , du au ciseau de M. Simonis, méritent particulièrement de fixer l’attention.

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