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CHAIRE A PRÊCHER

Un habile sculpteur anversois, Pierre Verbruggen, qui était destiné à devenir le chef de l’Académie d’Anvers, exécuta, en 1699, pour le couvent des jésuites à Louvain, une somptueuse chaire à prêcher.

L’artiste avait taillé dans le chêne une vaste composition biblique : Adam et Eve, ayant enfreint les ordres de l’Eternel, sont chassés de l’Eden; la honte leur est venue et ils semblent, en se voilant la face, vouloir échapper aux regards d’un Dieu vengeur. Au-dessus d’eux, entre les rameaux de l’arbre de la science, plane déjà la Mort; et plus haut, au sommet de la chaire, la Vierge écrase, du bout de la croix, le serpent qui s’était dressé à ses pieds. Des branchages délicatement découpés, une draperie que les anges déplient et soutiennent comme pour faire descendre la sainte parole, un double escalier, formé d’un feuillage au milieu duquel se jouent des animaux, tels sont les détails dont se compose eette œuvre d’art.

Ce feuillage, ainsi que les êtres allégoriques, c’est-à-dire l’aigle et le corbeau qui se trouvent du côté de l’homme, le singe et le perroquet qui se trouvent du côté de la femme, ne furent ajoutés que vers 1780 par le sculpteur Vanderhaegen, alors que la chaire se trouvait placée depuis quatre ans dans l’église Sainte-Gudule. Elle y avait été transportée de Louvain à la suite de la suppression des jésuites, ordonnée, en 1773, par l’impératrice Marie-Thérèse.

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