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L’ÉGLISE NOTRE-DAME DE LA VICTOIRE

Une tradition revêtue d’un caractère poétique a donné son nom à l’église du Sablon : on raconte que le duc Jean Ier la fonda, après la bataille de Woeringen, en commémoration de sa victoire. L’histoire contredit malheureusement celte donnée: le duc se borna à ériger dans la collégiale de Sainte-Gudule une chapelle en l’honneur des trois Mages qu’il avait invoqués pendant le combat, et l’église 11e fut commencée qu’en i3o4 par le serment des arbalétriers. Elle dut être, en grande partie, reconstruite plus tard, car le style de l’édifice est celui du quinzième siècle : ogival tertiaire.

Le porche septentrional seul appartient à une époque un peu antérieure; ainsi que les deux autres entrées, il est resté inachevé et donne au monument un aspect de décrépitude plus apparente que réelle; l’église du Sablon est, au contraire, l’une de celles qui ont traversé le plus heureusement les tempêtes politiques : pendant les troubles du seizième siècle, les membres des Serments se constituèrent ses défenseurs; sous la domination

HS

BRUXELLES

française, elle fui respectée, son desservant ayant prêté le serment exigé par la République.

L’intérieur de l’église, Irès-orné de statues, d’ex-voto et de monuments funéraires, rappelle de naïves légendes et éveille de pieux souvenirs. On y remarque la nacelle et la statue miraculeuse de la Vierge avec lesquelles Béalrix Soetkens arriva d’Anvers, le somptueux tombeau des princes de la Tour et Taxis, le mausolée de Flaminius Garnier, secrétaire du prince de Parme et quelques autres oeuvres sculpturales appliquées aux murs et aux colonnes de la nef.

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