PÉRIODE DES INSTRUMENTS TRANCHANTS EN BRONZE
ou AGE pu BRONZE.
L'introduction du cuivre en Europe n'eut pas lieu à la même époque dans le midi et dans le nord. Au midi, la période de la pierre a été de peu de durée, à en juger par le petit nombre de tumuli et d'instruments de l'âge primitif qu'on y rencontre. Lors même que les recherches sur ce point sont encore insuffisantes, on peut dire que ces monuments n'existent pas en groupes nombreux sur les bords de la Méditerranée, comme sur les rives de l'Océan et de la Baltique; et l'on ne peut admettre, toute-
< Liv WXVIl, chap. 10.
{^^i MONUMENTS DE L*ANTIQUITÉ.
fois, que le midi ait été moins peuplé que le nord. Les communications faciles entre l'Europe méridionale et l'Asie durent permettre une importation assez rapide des connaissances de l'Orient. L'Egypte eut des rapports très anciens avec la Grèce. Les récits d'Homère, même en faisant la part du poète, nous montrent que les armes en bronze des Grecs, environ douze siècles avant notre ère, n'étaient point le produit des premiers essais d'un peuple dans Tart de travailler les métaux. L'époque reculée à laquelle pénètre la civilisation dans le midi fait remonter très haut les monuments de l'âge barbare. — Quant au nord, si l'on tient compte de l'antiquité de son commerce, antiquité constatée parla présence, à un âge très reculé, de l'ambre et de Pétain' en Grèce et en Italie, si l'on mesure la durée de la période du bronze limitée par l'introduction du fer, dont nous aurons à rechercher la date plus tard, on peut fixer à peu près à 1000 ans avant notre ère le point de départ de la période dont nous^ allons nous occuper.
Avant de passera la description des tombeaux de cette période, il ne sera pas inutile de commencer par prendre connaissance des formes principales des armes, des instruments et des ornements qui la caractérisent. Nous rechercherons aussi les lieux de la fabrication, les procédés employés à cet effet, et les contrées d'où l'on lira le métal. Nous verrons qu'avec l'introduction du bronze, et avant le travail do fer, d'autres métaux et d'autres matières furent utilisés dans des buts divers. Une statistique
* Ambre, avec les urnes d'AIbano. Etain, dans ia fabrication du bouclier (rAchille, dont deux lames étaient en bronze, deux eu étain et une en or. Iliade^ XX, 271. Tdèç Svo ;^«)jç8caç, SvoS*svSoOt xK<r<7iT3/90co.
rapide des tombeaux de cet âge nous permettra de juger de Taccroissement de la population et des contrées habitées. D'après les rapport et les dissemblances, nous essaierons de tracer les traits communs ou particuliers aux peuples dont nous allons examiner les débris. Nous ajouterons encore qu'au nord des Alpes et des Pyrénées, la période qui nous occupe s'étend à peu près jusqu'à l'ère chrétienne S et parcourt ainsi un espace d'environ mille ans.
Armes, instruments et ornements de Tâge du
bronze.
CelL Une pièce, particulièrement propre à l'âge du bronze, reproduit par sa forme le coin de silex à tranchant évasé. Observée d'abord en Angleterre et en France, elle a reçu le nom de Celt, ou de hache gauloise, c'est-à-dire le nom du peuple auquel on l'attribuait. Bien qu'elle se retrouve dans tous les pays de l'Europe et qu'elle ait été le sujet de dissertations nombreuses, on est encore très partagé sur son origine et sa destination. Les bords des dpux faces du celt sont généralement relevés de manière à recouvrir en partie l'extrémité de la hampe fendue à laquelle on l'assujettissait. En réunissant un certain nombre de ces instruments on peut en suivre tous les degrés de perfectionnement. Les rebords faisant saillie sont d'abord peu prononcés ' ; bientôt ils se dessinent plus forte-
* Cette délimitation est une moyenne, car, dans les Gaules, le fer fut connu plus tôt; tandis que dans le nord de la Germanie il parait un peu plus tard, les Germains de Tacite n'ont pas une arme, ni un instrument en fer, rien que Vanneau des Cattes.
' 11 en est même quelques-uns qui n'en ont pas du tout et forment le coin, ainsi une de Bex.
ment. Le celt se rétrécit au milieu, pais il présente un point d'arrêt pour éviter qu'en frappant la fente de la hampe ne s'agrandisse. Quelquefois un des côtés est muni d'une oreillette par où passait peut-être un lien. Enfin on a ménagé une douille à l'extrémité opposée au tranchant, exactement comme à un fer de lance, aussi fallait-il recourber la hampe quand on voulait se servir de cet instrument comme d'une hache. La longueur des celts mesure de 2 à 8 pouces. Leur tranchant, plus ou moins arqué, varie de largeur. Ils ont tous été coulés dans des moules, et il n'est pas rare de les retrouver en grand nombre avec des masses de cuivre fondu. Un celt découvert dans une tourbière de la Suède porte encore sur son tranchant l'empreinte de racines fort petites, mélangées à la matière du moule. Il est rare qu'ils aient été ornés de dessins. Cependant, un celt des environs à' Athènes et deux A'Italie ^ portent les mêmes lignes. M. le D^^ Eckmann, à Calmar, en Suède, en possède un sur lequel sont gravées de fines spirales * ; et dans les musées de Copenhague et de Schweiin ' sont quelques-unes de ces rares pièces gravées *• — En Italie, surtout dans la Pouille, on trouve des celts parfaitement pareils à ceux du nord. — En France'^ et en Angleterre, il n'est guère de cabinet qui n'en possède quelqu'exemplaire. — Au musée de Genève on conserve ceux qui ont été découverts au pied de la pierre à Nitton, à Collonge, près du fort de l'Ecluse, à
* Antiquarium de Berlin.
' M. Eckmann possède d'autres celts munis d'un trou. » LUth. Fnd. Fr., pi. XIII, 4.
* Dàn. Vor%eit, pag. 22; Uitfaden, pag. 54.
* De Caumonl, pi. VIII. flg. 3-9.
ThoDOD, et en quelques autres lieux de la Savoie. — Dans le canton de Vaud on a trouvé des celts sous de grands blocs de granit à Charpigny et à Lamothe ; en terre libre on dans des tombes, à Bex, à Ollon, à Yvorne, à Villeneuve, près de Montreux, de Vevey, de Chardonne, de Pâlézieux, du Chalet à-Gobet et à la Côte ^ On les retrouve en Suisse dans les cantons de Neuchâiel, de Berne *, de Baie et de Zurich *. — Ils ne sont pas moins nombreux en Allemagne : à Darmstadl *, à Frankfort, à Mayence * et à Bonn*, sur les bords du Rhin. On les trouve en divers lieux de la Bavière \ en Autriche près de Vienne •, en Bohême •, dans la Silésie *", en Saxe ", dans la Thuringe *% dans le duché de Cœihen, où 50 ont été découverts ensemble ", à Magdeburg^*, à Halbersladt *•, dans le
* Musée de Lausanne, collection Troyon.
' Près de Tkun, voir Zeitschriffl von Zurich, cah. II, pi. II. Catalogue du musée de Berne, un de Gltreue et un de VEmmenthal,
* Mittheilungen, pastim. — A WulflinÇt à 4 lieues de Zurich, était une fonderie de celts.
* 15 celts, dont 3 avec trou.
* Quelques-uns sont sans trou.
* Ils sont surtout sans trou.
* Yon Raiter Fund von Ehingen^ pi. 2, flg. 8, 4. Antiquarium de Munich.
' J*en ai vu un entre les mains de M. Thomson, de Copenhague.
* Musée de Prague, 15, dont 4 avec trou. ** Avec et sans trou.
" Collections du Dr Klemm, à Dresde, et de H. de Pnisker, à Oossenhaynentre Dresde et Leipsig. Près de Stopau, non loin de Halle, ItO étaient disposés en cercle. Keferstein, pag. 824.
** Collection de Halle. — Entre Fribourg etNebra, on en a trouvé plusieurs som une grande pierre.
*> Collection du duc.
** Collection de MM. Wiggert et de Werder.
** Collection de M. le pasteur Augustin.
royaume de Hanovre \ dans les duchés de Mecklenbtirg *, daus le Brandenburg % eu Poméranie, où 91 celts étaient réunis dans le même lieu ^, dans Tile de Rûgen ^ et dans la Poméranie. — Ils sont particulièrement nombreux dans la riche collection de Copenhague *. — Les cabinets de Lund \ de Colmar, de Wisby et de Stockholm en possèdent plusieurs. — Un seul a été découvert en Noncège. — En Russie, malgré le manque d'explorations, on en a trouvé dans la Courlande ' et en Sibérie.
Après cette énumération, il est plus facile d'apprécier l'opinion des savants qui prétendent que cette pièc« a appartenu exclusivement aux populations celtiques. Telle est la manière de voir de Keferstein et du D^* Schreiber de Fribourg en Brisgau. Disciples de Pelloutier, les populations celtiques ont à leurs yeux recouvert toute l'ancienne Europe. Le D' Schreiber a publié un travail étendu sur les pièces qui nous occupent, travail dans lequel il avance que ces instruments en bronze sont toujours composés'de cuivre et d'étain, genre d'alliage propre aux peuples celtiques *. Cet ouvrage a soulevé des contradictions
* A Hanovre, avec et sans trou ; à Uuehen, idem. Voir l'ouvrage du baron d'Eslorf.
* Collection de Schwerin et publications du Dr Lisch, pastim, > Beckmann.
* A Plestlin, gouvernement de Stettin, 58 sans trou, ft8 avec trou, avec deux masses de cuivre fondu déposés au musée de Berlin. — Catalogue de Ledebur. — Dans la collection de Stettin, il en est des deux genres.
* Putbus, collection du prince. — Bergen, collection du rittmeister.
* Warsaea^ etc.
"> A l'université de Lund, 35, dont 18 sans trou. — A Wisby, un petit sans trou et un très petit avec trou*
* Neerolmmica de Kruse, pi. IX, i.
* Die ehemen StreUkeiU, von Dr Scbeiber. Freiburg, 1848.
nombreuses. DerDièrement, LiDdenschmidt a consacré un long article à ce sujet dans les Mémoires d'antiquités de Mayence ' Il oppose à Scbreiber que l'analyse de ces pièces loi a donné le cuivre et le zinc, alliage romain, et conclut qu'elles ont toutes été répandues d'Italie dans les autres pays •. — Ces points de vue exagérés, dépouillés de leur entourage d'érudition, se réduisent à une question assez simple. Ces instruments découverts dans la Grande-Bretagne et dans les Gaules ont pu être attribués aux Celtes avec assez de vraisemblance ; mais une fois ce point admis, on a conclu qu'ils ont dû être déposés par le même peuple dans tous les lieux où ils se retrouvent; tandis qu'il s'agissait de s'assurer auparavant si d'autres peuples n'avaient pas pu posséder le même instrument. Scbreiber prouve qu'il a appartenu aux Celtes, Lindenschmid en trouve dont la fabrication est romaine; tous les deux ont raison à leur point de départ, mais nullement dans leurs conclusions. Nous verrons du reste bientôt que cet instrument ne fut pas propre à ces deux peuples seulement.
On n'a pas moins discuté sur sa destination, Grivaud de la Vincelle ' et plusieurs autres prétendent qu'il servait à enlever la peau des animaux dans les sacrifices. Delcampe a même avancé dans les Mémoires de la Société des anii^ qwiires de France ^, que ces pièces servaient à l'escalade
* ZtiUthrifl des Verehu %ur Erforuhung der rheinischen Gesehiehie und AUerihiàmer in Maim, Ersten Bandes, tweitesHeft. i846, pag. 131. Ueber àk ngmannten Strdtmeisaél gegen Heinrich Schreiber, von W. Lindenscbmit.
* Comme on retrouve en divers pays des lieux de fabrique de ces pièces, il prétend qu'elles étaient confectionnées par des ouvriers romains.
* Recueil de monuments gauloiSt liv. H, pa^. 6S, pi. 6.
* Tom. V, pag. XLVI.
des mars en les enfonçant dans les joints des pierres, mais il oublie qu'elles sont surtout répandues dans les contrées où il n'y avait pas de fortifications en pierre. — On en a fait quelquefois la framée ; cependant cet instrument ne répond pas à la description qu'en donne Tacite. Sans nous étendre davantage sur cette diversité d'opinions, nous ferons observer que le celt est, dans l'âge du bronze, la reproduction du coin en silex. Si celui-ci, comme nous l'avons montré, a servi de hache d'armes et d'instrument domestique, nous ne pouvons douter que le celt n'ait eu le même usage. Cette explication est du reste confirmée par l'emploi que les Mongoles et d'autres peuples de rOrient font encore de cet instrument, dont ils se servent dans les combats et dans les travaux domestiques '. Il est aussi connu en Chine, à en juger par le dessin d'un celt emmanché comme une lance, sur une coupe chinoise de la collection de porcelaine de Dresde*. Il mentionne comme reproduit par le comte de Caylus S un celt du sud de l'Amérique. Ces derniers faits nous apprennent que c'est en Asie qu'il faut chercher l'origine du celt; de là, il passe en Grèce et en Italie ; il traverse la Sibérie, la Russie ; il se répand dans le nord, dans le centre et à l'occident de l'Europe. D'abord il est en cuivre pur, puis il s'allie à l'étain et au zinc, suivant le degré de dévelop-
* Communication de M. le D^ Klemm.
Les celU paraissent avoir été employés* quelquefois comme ciseaux. L'un, orné de spirales, a été trouvé dans une colline du JuMaàd avec sa hampe en bois longue de 8 pouces et munie de trois anneaux en cuir. On voit le dessin dans Danemark» Voneit, pag. 22. — Un autre celt a été trouvé en Danemark, avec une hampe de 2 */> pouces de long. Keferstein, pag. 824.
' Klemm, Handbueh, pag. 248.
* Tome II, n« 1.
pemeot des peuples qui le fabriquent. Il traverse aîusi des pays et des siècles nombreux, jusqu'à ce que le fer soit employé à sa confection.
Haches.
Les haches proprement dites, en bronze, sont assez rares. Deux, coulées dans le même moule, ont été trouvées dans les mines de Smiejeff, en Sibérie ^ L'ouverture destinée au manche est très grande. — En Suède ', en Danemark, et dans les duchés de Mecklenburg*, on a découvert un petit nombre de haches en bronze, ornées de fines rayures percées dans leur largeur, et dont la forme est toute moderne ^.
Haches de commandement.
11 est un autre genre de haches qui, par leur fabrication et leurs ornements, doivent avoir eu une destination particulière. Le musée de Copenhague possède une de ces pièces qui mesure 16 pouces de long sur 10 dans sa plus grande largeur '. Légèrement endommagée, on a pu se convaincre que l'intérieur est rempli d'une espèce de
* Conservées dans la bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg. Leur forme, quoique simple, est unique à ma connaissance. Les quelques lignes dont elles sont ornées sont en relief, grossières et produites par le moule. Unr surface est un peu rugueuse.
' Sjoborg, tom. II, pi. 48, flg. 187. Cette hache est à Tuniversité de Lund, >vec une seconde toute pareille.
* Lisch, Freder. Francisceum, tab. VIII, 1.
* Dans la collection de Mayenee sont deux haches d'une forme particu« Hère, dont le tranchant mesure près d'un pied.
* Danemark Voneit, pag. 81.
M&M. ET DOCUH. XXV. 9
450 MONUMENTS DB l'aNTIQUITÉ.
Doyaa en argile, autour duquel ou a coulé le bronze, ce qui rend celte pièce peu propre à porter des coups. Sa forme est élégante. Dans les disques en creux qui la recouvrent sont incrustées de fines lamelles en or qui imitent très bien la dorure. Cette hache doit avoir été un insigne, une espèce d'enseigne, ou plus probablement encore une hache de commandement. Quatre autres pièces assez pareilles, ornées de fines gravures, mais non fourrées, ont été découvertes en Scanie *, en Danemark • et dans la Bavière '. — Une autre hache de Rosenthal *, en Silésie, quoique d'une forme un peu diJBTérente, ne présente pas un travail moins fini.
On doit encore envisager comme insignes du commandement des instruments de 2 à 3 pieds de long, qui consistent en une hampe en bronze et une lame fixée à un angle droit, se rétrécissant vers sa pointe, légèrement arrondie. Ces pièces sont fourrées en argile et ornées d'anneaux en relief. On les retrouve dans les collections de Kiel, de Schiverin * et de Halberstadl *. Deux ont été trouvées à Welbsleben \ près de Mansfeld (district de Mersbourg). — Un autre de ces instruments, de la forme
* Danemarks Vondt, pag. 25.
* Idem, pag. 25. Deux en Danemark, une auf Fûhnen, en Fionie.
* Dan8 VAntiquarium de Munich. Le cylindre à la tète de celte haehe n*a pas de trou. EUe parait ainsi n*avoir jamais été emmanchée. Elle est recon* verte du plus beau patin vert foncé.
* Am Zobtenberge. Die heidnischen AlterthUmer Sehktiens von Bflsching, pi. iV, flg. 1. Cette belle hache a été trouvée avec des unies nombreuses, des anneaux et des bracelets, qui n'ont pas été conservés, dans une colline sous les fondements d'un chftteau.
* Lisch, Fréd. Fran.. tab. VII, flg. i.
* Elle n*est pas représentée dans les lithographies d'Augustin.
* Klemm, Hanâbuài, pag. 208, pi. XV, flg. 1 et 2.
AGB DU BRONZB. 131
d'une bacbe allongée à deux tranchants, est également manie d'une belle hampe en bronze ^ Découverte à Neunheilingeny dans le district d'Erfurt, elle est conservée à Dresde dans la collection du Dr Klemm.
Flèches.
Les flèches armées de bronze ne paraissent pas avoir été très connues en Europe. On en retrouve cependant les poinles en Italie •, en Bavière *, en Bohême *, en Silésie ■, et dans le nord de VAllemagne^. On en voit à Saint-Pétersbourg un nombre considérable qui viennent de la Crimée. Leurs dimensions, toujours fort petites, ne dépassent pas an pouce de longueur. Elles sont munies de deux ou de trois ailes et d'un trou pour la hampe.
Javelots, lances.
Les pointes de javelot ou de lance ^ se découvrent bien plus fréquemment en France *, en Angleterre, en Suisse *,
' Kleffloi, Handbuch^ pag. t09, pi. IV, ' Deux à l'antiquarium de Berlin.
' Aotiquarium de Munich, un.
* Deux au musée de Prague.
* Plutîeurs près de Stanowiti. BQsching, pi. XI, flg. 10.
* Berlin, musée d'antiquités nationales, 9 très petites. A Magdebourg, à Schwerin. Jabrb. iSii. flg. 9. Je n'eu ai pas vu à Copenhague.
^ Dion dit que les habitants de l'Ecosse portaient une petite épée affilée, aoe courte pique et le bouclier. Au bout de la pique Us attachaient une pomme de cuivre dont l'ébranlement produisait un certain bruit
' De Caumont, pi. VIH, 18.
* Charpigny, campagne de M. Taylor. Luissel près de Bex. Musée de Lanunne. Hauteur de Ghardonne. Thun» ZeiUehrift von Zwieh, Zw. Heft, Taf. m. — En SavaU.
en Allemagne S dans les pays du nord * et en Sibérie '. La forme dominante est la môme partout, malgré des variétés nombreuses relatives au plus ou moins grand élargissement des ailes. Dans le nord, quelques-unes de ces pièces sont ornées des plus fines gravures^. L'une à Calmar en Suède ^ a la forme allongée d'un poignard. Dans la collection du baron de Neuberg, à Prague, il en est une dont les ailes peu prononcées sont découpées en demicercles dans toute leur longueur. Elle est accompagnée de trois pointes de pique en bronze de la forme d'un cône allongé. Quelques-unes de ces pointes de lance portent des marques du combat, entailles de quelques lignes de profondeur produites par le choc d'instruments tranchants *.
Framée.
On s'est beaucoup occupé en Allemagne de la question de savoir ce qu'était cette framée, maniée avec tant d'habileté par les anciens Germains, au rapport de Tacite ^
* Francfurt «/H., bibliothèque de la ville. — Stuttgard, musée d'antiquités.
— Bafière, Fund von Ehingen, pi. Il, 5, iO. — Bohème, Wocel, pi. III. 11.
— Saxe, collection de Klemm et de Preusker, à Dresde et à Grossenhayn. — Collection du duc de Gdthen. — Magdebourg. Berlin, musée d'antiquités nationales, 11 lances ou traits. — Schwerin, Lisch. — Uelzen, baron d'Estorff, lances, avec une partie du bois de la hampe.
* A Copenhague, plusieurs. A Wisby, en Gottland, S javelots. — 18 à Walders. Centre de la Norvège. Un de Snaasen, district de Drontheim.
' Collection du prince Gagarin et bibliothèque impériale.
* Sjôborg, tom. Il, pi. 47, fig. 169.
* Collection du D' Eckmann.
* Ainsi sur une lance trouvée en Savoie vers le Salève, près du ch&teau de Momex, et déposée au musée de Genève.
^ Germania, c. 6. Rari gladiis, aut m^oribus lanceis utuntur : bastas, vel
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Il dit que les Germains se servaient peu de glaives ou de grandes lances, mais bien de hastes ou framées, armées d'one pointe courte et acérée, avec laquelle ils combattaient de près ou de loin, suivant les circonstances. Le D' Klemm * et quelques autres ont prétendu que la framée était le ceit, mais la forme de celui-ci appartiendrait bien plus à la bâche qu'à la haste. Deux passages d'auteurs aDciens servent à éclaircir la description de Tacite. Dion*, décrivant le combat de César contre Arioviste, désigne la framée des Marcomans par une expression équivalant à celle de pique '. Juvenal ^ place la framée dans la main de Mars, qui ne portait point une hache, mais une lance. Il reste à tenir compte de la distinction établie par Tacite entre la grande lance et le haste. La première, par ses dimeDsions, était peu propre au jet, tandis que la seconde, plus légère et très acérée, permettait de s'en servir de près et de loin. La framée parait donc avoir été une lance de petite dimension. La pièce unique de Calmar que j'ai mentionnée appartiendrait ainsi à la grande lance, tandis qoe les pointes de javelot et même de lance que nous avons décrites, et dont la longueur est toujours peu considérable, répondent à la description de l'ancienne framée *•
ipsorum vocabulo, frameas gerunt, augusto et brevi ferro, &ed ita acri et ad usum habili, ut eodem telo, prout ratio poseit, vel cominus Tel eminus pugnent.
' Handbuch, pag. 238, pi. XVI.