‹ Monuments de L'Antiquite dans L'Europe BarbareChapitre 26 sur 58 · AGE DO FIR. 26S · texte numérisé non relu

AGE DO FIR. 26S

qo'oD ne trouve pas de temples en Ibérie, mais à la place» de grandes pierres réunies au nombre de 3 à 4» ce qui répond bien aux autels que nous venons de décrire. Ko Portugal S prés de Monte-Moro, est un autel dont la base» formée par d'énormes pierres qui se rétrécissent peu à peu vers le haut, supporte une autre pierre également gigan» tesqoe, mais plate et inclinée vers le midi. Trois ou quatre hommes peuvent s'abriter dans Tintérieur de ce mo- Doment. On en voit encore quelques-uns dans Tfle de Corse. — Nombreux en France*, ils portent parfois le nom

* Bibk en Eepagne, par Borrow, tom. I, pag. 58. Entre Monte-Morro et Arrojolos; il est de forme circulaire; les supports sont terminés par une grossière sculpture imitant une coquille (T). Vers le midi se trouvait une petite perte.

* Voir les détails statistiques sur les UU de$ Hun$, L'opinion la plus répandue, dit le Magasin pittoresque^ 1885, pag. 293, ^t que les dolmens ont servi de sépulture. Quelquefois de petites rigoles sont creusées sur la surface extérieure du couvert et conduisent à des espèces de cuvettes au fond desquelles on trouve même, mais asses rarement, une perforation. Le sang dee victimes aurait coulé par ces trous à la manière des taurobolisations. A Z>oomariaquer les dolmens sont très bas ; on y voit aussi sur les pierres de recouvrement des rigoles et cuvettes, mais si peu marquées qu'elles sont la plupart du temps presque imperceptibles. Il en existe d'une autre espèce sur un dolmen situé près d'Arrof, qu'on nomme la «t cuisine des sorciers, > où les cuvettes sont comme des godets creusés obliquement dans la pierre. — Voir les dessins du dolmen de Crack. — L'allée couverte de l'Ile de Gavrinis, se compose 1* d'une galerie longue de 11 mètres 75 sur 1 ■* 80 de large et 1 » 40 de haut, dont les parois sont formées de S3 pierres debout, juxtaposées, savoir 11 au sud et IS au nord ; — V d'une chambre ou cella, de 3 « 25 de profondeur sur 2°* 70 environ de largeur; sa hauteur est de 1" 80, i galerie, recouverte par 9 pierres, une seule formant le toit de la chambre est dallée asses inégalement pour former des espèces de degrés et parait partagée en deux parties par un seuil. Ce dolmen se distingue des autres par sea pierres insculptées au nombre de 49 sur 29. Ces glyphes, taillés grossièrement à la pointe sur des surfaces brutes, offrent des vermiculations à peu près concentriques, des sig-xags, des lignes brisées parallèles, le tout, tan-

de pierres des fées ou des Fades, qu'on croit dériver de vates c'est-à-dire devin. Souvent ils sont déposés en groupes. Dans un petit district du département de VArdèche, on en compte environ 80. Sur les tables» quelquefois percées de part en part, sont souvent taillés des creux et des rainures. Encore de nos jours, les jeunes filles qui désirent se marier dans Tannée montent sur ces blocs, y déposent une monnaie et sautent du haut en bas, ou bien elles placent, en guise d'offrande, dans les interstices des pierres, des flocons de laine couleur de rose liés avec da clinquant. La table de l'autel de Limalonge, dans le département des Deux-Sèvres, n'a pas moins de H 7t pî^^^ de long, 12 de large et 4 d'épaisseur. Les allées couvertes, qui ne sont autres que des dolmens prolongés, présentent l'aspect de galeries ou de corridors fermés à l'une des extrémités, quelquefois divisés à l'intérieur en 3 ou 3 partie» et terminés par un appartement carré ou arrondi. L'allée de Bagneux est remarquable par la grandeur des

Idt couvrant entièremeat la surface, tantôt paraissant former des séries ou des divisions plutôt capricieuses que combinées. Six de ces pierres méritent une attention particulière. Sur la base de Tune on voit des serpents accompagnés de figures en forme de coins qu'on prend pour des celts (Ûg. Il, S). Sur une autre pierre on pourrait voir un trophée de six boucliers, sur d'aatrès ce sont detcelis. Une pierre du fond de la cella (flg. II, 4) semble oflHr les traits informes d'un vieillard. Enân une autre pierre présente une cavité transversale, faite de main d'homme, creusée à 0 "^ 15 de profondeur, sur 0 m 58 de longueur, et 0 " 10 de hauteur, divisée en trois parties de formes diverses par deux bandes verticales de 0 m 6 chacune, ménagées dans h surface de la pierre et refouillées pour former des espèces d'anses ou d'attaches.— Une autre grotte du Locmariaker, d'environ 20 mètres de longueur, a aussi une cella marquée simplement par une pierre placée en travers. Ut côtés ne sont formés que de 13 pierres, une seule sufQt pour fermer le fond et 14 pour couvrir le tout. Cinq des pierres verticales offrent des surfaces insculptées. Les figures sont plus régulières que celles de Gavrinis.

matériaux employés ; longue de 60' large deâO et haute de 9, quatre énormes dalles de grès posées sur champ, fermeot chacun des deux côtés. II n'y a que A couvertes, dont Tane mesure 22 7/ de long sur 21 de large. L'entrée est rélrécie par une plaque et l'autre extrémité est fermée par Qoe seule dalle. — V Angleterre possède la môme variété d'autels que la France, ainsi que des allées couvertes de grandes dimensions. — Bien que la plupart de ces monuments aient dû disparaître dans notre pays avec les blocs erratiques, on en trouve encore çà et là des vestiges. Près de Genève, on voit dans le lac, à peu de distance du bord, les pierres à Niion ou Neyton, qui ont pu servir d'autel au Neiih des Gaulois. Il y a environ deux siècles qu'on trouva au pied de la plus grande des celts et un couteau en bronze. Le mot niton, étant aussi l'un des noms du démon, la dénomination de ce bloc équivaut à celle de Pierre du diable, nom qui fut fréquemment donné à ces monuments lors de l'introduction du christianisme ^ Sur le mont de Charpigny, attenant à celui de Saint Triphon, sont plusieurs blocs erratiques, dont l'un recouvrait des celts, des anneaux de serment et un fer de lance eu bronze déposés en cercle dans la terre. Une découverte analogue a eu lieu à Juriens près de Romainmôtiers ; mais il est difficile de conclure uniquement de ces faits à la destination religieuse de ces blocs. Sur une ancienne carte du bailliage à!Oron est indiqué par ces mots : c trois pierres, une sur les deux » un dolmen ou trilithe entre Maracon etlaRogive. Près de la Molhe sur les bords de l'Ârnon, un bloc d'une dixaine de pieds de haut sur 7 à 8 de large

' Biairignac, Mon. celt.^ pag. Si.

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reposait sur trois pierres où il avait été évidemment placé par la main de l'homme. Dans la Haute-Engadine, près de Sins, on voit aussi des autels isolés, entr'autres la pierre fUte qu\ a 18 pieds de haut sur 28 de tour^ On ne retrouve du reste en Suisse aucune allée couverte, ni aucun de ces monuments gigantesques propres à d'autres pays.

Les autels, rares dans le midi de V Allemagne et sur les bords du Rhin, sont surtout répandus au nord, dans les contrées habitées le plus anciennement. Ils portent les noms de pierres du diable, du mensonge, des druides, d'épreuve ou de châtiment, et aussi de la fiancée. Les trilitbes, nombreux en France et en Angleterre, n'ont guère été observés qu'au sud de Weimar, où ils sont appelés pofies du diable. Les blocs, sans support, sont surtout chargés de rainures, de petits creux circulaires, quelquefois de l'empreinte de mains ou de pieds. D'autres fois, l'autel repose sur trois pierres ou sur un plus grand nombre, disposées de manière à former une espèce de grotte. Entre Halle et Cœthen, au milieu du village de Werben, est ud autel autour duquel la commune a l'habitude de s'assem-

* Gemâlde der Schweit%. Der Kanton Graubimden, ente Abtbeilung, seit 94. Il y est parlé de deux piliers « auf der Scheidecke des Julierpasses. • Des lettres de l'an 1896 parlent déjà de lacMarmel8teinaufdeinJulier.»Tschudî,eD 1588, mentionne ce pilier comme gisant sur le sol et brisé. Campell,en 1971, dit pareillement que deux fragments gisent sur le sol. Sprecher, dans sa Pa^> las rhat., mentionne trois fragments. On a parlé, mais sans preuve, d'inscriptions de Jules-César, non plus ultra et omitto vos Rhœtos indomitos. Aujourd'hui sont encore debout deux piliers des deux côtés de la Julierstnme, grossièrement travaillés, de la pierre de la montagne, mesurant chacun 4 Vt pieds de haut, sans aucune inscription et avec une cavité conique andessus. Ces colonnes n'ont point la forme de miliaîres romains et ne répondent point mal aux monuments celtiques.

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bler. A l'inlérieur de la YiWe AeHalberstadt, sur la place du dôme, on voit encore la pierre de mensonge qui a été jusqaes à la Réformation l'objet de la cérémonie suivante : Chaqoe année, le peuple se portait en foule autour de Fantel, sur lequel on plaçait une image, représentation do dieu auquel il était consacré ; puis on entonnait certains cantiques et un chanoine abattait d'un coup de bâton la fausse divinité. La tradition, moins fidèle sur ce point, raconte que les habitants de Halberstadt, embarrassés dans la construction de leur temple, obtinrent du diable qu'il se chargeât de ce travail, en lui persuadant qne ce bâtiment était destiné â devenir une auberge. L'édifice était à peu près achevé quand Thabile ouvrier s'aperçât qu'il avait été trompé. Irrité, il disparait, et revient an peu après avec un bloc énorme pour détruire son œuvre. On parvint cependant, après beaucoup d'efforts, à calmer son courroui au moyen d'un compromis. Il fut convenu qu'on élèverait une auberge auprès du temple, et le diable déposa sur la place le bloc qu'il avait apporté, menaçant les habitants de la ville d'en faire usage s'ils venaient à manquer à leur parole. Ceux-ci ayant été fidèles à leur promesse, le 1)loc n'a dès lors pas été remué. — La hauteur moyenne des autels est de 5 à 7 pieds. Celui de Triptow, le plus grand de la Poméranie, mesure 19 000 pieds cubes. — Sur l'ile de Rûgen, non loin du village de Qnoltitz, est une colline d'un aspect sauvage, couverte en partie de blocs erratiques, dont le plus grand a été choisi pour un autel. Long de 15 pieds, large de 12 et haut de 5, il est entouré de rainures ou petites rigoles qui paraissent destinées à donner un cours déterminé au sang des victimes. Un bassin circulaire a été taillé sur sa

surface, avec plusieurs petits trous peu profonds. Ud autre autel de Tile de Rûgen appartient à un ensemble de monuments dont il ne doit pas être séparé. La partie nord-est de l'île est recouverte d'une grande forêt de hêtres qui s'étend jusque sur les rochers de craie de la rive» élevés d*environ 400 pieds au-dessus de la mer. Non loin de ces bords escarpés, une dépression du plateau forme on vallon plein de mystères. C'est là que les hêtres touffus et serrés projettent leurs ombres sur les eaux noires d'un petit lac, entouré en partie de roseaux. On l'appelle le lac d'Hertha. Sur la rive occidentale, s'élève un retranchement en terre» haut de 80 à 100 pieds, ménageant au nord un étroit passage par lequel on pénètre dans ce sanctuaire de forme ovale, découvert du côté du lac. Ce retranchement qui a environ 400 pas de tour et 200 pieds dans son plus grand diamètre porte le nom de Herthabourg. An nord de l'enceinte est un autel de granit peu élevé, terminé en arête, d'où descendent deux faces inclinées et légèrement concaves. Au pied du bloc, sur le milieu de sa longueur repose un bassin en granit qui parait avoir été destiné à rei^evoir le sang des victimes. Auprès de l'autel une pierre peu élevée présente utje surface plate sur laquelle sont sculptées les marques de piedsbumaios. La tradition raconte qu'une druidesse ayant des rapports avec un jeune homme du collège des druides , les prêtres inexorables eurent recours aux mystères de leur culte pour découvrir la coupable. A cet effet, ils firent passer toutes les druidesses sur la pierre d'épreuve. Lorsque la prêtresse coupable d'amour monta sur le bloc, elle J laissa l'empreinte de ses pieds. Convaincue par là de son crime, elle fut précipitée dans la mer du haut des ro-

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chers voisins. Tacite ' parle d'une {le au nord de la Gerfflanie, qu'on croit être celle de Rûgen, où se trouvait une forêt, au milieu de laquelle était un char consacré à la déesse Hertba. Il n'était permis qu'au prêtre seul de toucher à ce char parce qu'il savait à quel moment arrivait dans ce lieu la déesse qu'on y adorait. Quand il sentait la présence de cette divinité, il attelait des buffles au chariot et le suivait avec une grande vénération. Tout le temps que dorait cette cérémonie, étaient des jours de fête, et partout où le char allait on le recevait avec beaucoup de solennité. Chacun déposait les armes, on ne respirait que la paix et le repos jusqu'à ce que le prêtre eût reconduit dans son sanctuaire la déesse rassasiée de la conversation des hommes. Alors on lavait le char dans un lieu secret, ainsi que les étoffes qui le couvraient, et la déesse elle-même ; on se servait pour cela d'esclaves qui étaient aussitôt après jetés et engloutis dans un lac voisin. — On sait que l'tle de Riigen était en grande vénération chez les Germains pour les mystères du culte qu'on y célébrait, et la description de rhistorien ne permet guères de douter que la localité dont nous venons de voir les monuments ne soit celle où se pratiquait la cérémonie du char de la déesse Heriha. — Les autels prolongés ou allées couvertes, rares dans les contrées de la Saaie, sont nombreux dans le nord de l'Allemagne. Le Hanovre en possède plusieurs de grandes dimensions. Dans le bailliage d'Haspsted, on en voit deux près de Reckum, dont l'un a 7â pieds de long sur 18 de large.

Dans le Mecklembourg, l'allée de Granzin est formée

* De Gérm,^ cap. XL. Il rappelle Hertus.

de plaques de granit de 10 pieds de large, et porte le nom de fùur du diable. Deux allées près de Bergedorf ont chacune 50 pas de long. La Hollande possède aussi plosieurs autels, surtout dans la province à^Over-Ynsel, habitée par les Frises. Reissier mentionne 54 autels et allées couvertes dans la seigneurie de Drenthe. Les allées ont de 30 à 76' de long sur 7 à 12 de large, et sont aussi formées de dalles gigantesques. On a retrouvé auprès, des fragments de poterie et quelques instruments en pierre. Nous nous bornerons à constater la même richesse de monuments en Danemark, en Norivège et en Suède^ tout en faisant observer que les trilithes ou dolmens isolés, en forme de porte, ne s'y rencontrent guères. Les habitants de la Suède rendent encore, en plus d'un lieu, un véritable culte à ces autels de l'âge païen. Leurs pratiques superstitieuses étant une survivance de l'ancienne foi, méritent d'être recueillies. Près de Linde, en Westmanie est la pierre des Elfes, bloc isolé sur lequel sont taillés plusieurs de ces petits creux de 3 pouces de diamètre qu'on a observés sur un grand nombre d'autels, sans pouvoir en saisir la destination. Lorsque les habitants de la contrée ont on enfant malade, ils se rendent auprès de l'autel, remplissent un de ces petits creux d'une matière grasse, de beurre ou de suif et y déposent une petite poupée, simulacre grossier de l'enfant malade, afin de se rendre propices tes elfes, esprits malins ou protecteurs qui veillent sur la santé de la famille. Sacrilège est la main qui enlève ces ex-voto de l'autel où ils ont été déposés *. — Dans les provinces russes, vers la Baltique, sont aussi, en plusieurs

* La Klauenstein, sur la Duna et les Perkunsteine prôs de Liebaa.

lieax, des pierres et des arbres sacrés sur lesquels on dépose, comme offrandes, de petites mounaies. Sur quel- <]aes blocs, ou montre les traces des pieds des géants. Il D'est pas sans intérêt de retrouver dans le Brésil des autels de pierres tout pareils à ceux de l'ancienne Europe ^

Pierres taillées ou sculptées.

Aussi longtemps que les peuples qui nous occupent ne possédèrent que des instruments imparfaits, on comprend que l'art de la sculpture ait dû leur être étranger. Si dans la suite les monuments du culte restent des piliers bruts, il faut que le développement de l'art ait été arrêté par des idées religieuses. Il est en effet extrêmement rare de retrouver la représentation de quelque figure humaine. Nous pouvons cependant citer un petit nombre de monuments de ce genre qui sont arrivés jusqu'à nous. .

Non loin du mont Salève, entre les villages de Troinex et de Bossey, s'élève la Pierre aux Dames, un bloc curieux par son travail, dont nous empruntons la description au mémoire sur quelques monuments celtiques de H. Blavignac. « La pierre qui porte cette sculpture, dit-il, €st un bloc de 10 pieds de longueur, A de largeur et environ 5 de hauteur; ce bloc est placé au sommet d'un monticule de forme conique, ayant à sa base plus de 100 pieds

' Rdfentein, pag. S44 ou suivantes.

Od lit dans le Moffosin piUoreêque de 1859, pag. 887 : « Dans l'Etat de NeW'York il existe un véritable cromlech (autre emploi de cette expression) de 15 pieds sur 10, et posé sur 7 petits blocs formant colonnes pour le soutenir.

UtML. ET DOCDM. UV. 18

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de diamètre sur près de 18 de hauteur. La sculpture occupe rextrémîté orientale de la face de la pierre touroée vers le sud ; elle représente i femmes ayant une taille de pygmée, car, bien que leurs têtes soient de grosseur na* turelle, leur hauteur totale ne dépasse pas deux pieds. Tontes ces figures, autant du moins qu'on peut en juger sur un ouvrage aussi imparfait, ont la tête nue; elles sont revêtues d'une sorte de tunique, et tiennent dans leurs mains, ramenées au milieu de la poitrine, un objet semblable à une bourse. Cet ouvrage curieux ne peut être attribué qu'aux peuples qui habitèrent nos contrées antérieurement à la domination romaine. Le genre de travail, l'exacte orientation du bloc, dont l'axe est dans la direction du nord-ouest au sud-est, le ruisseau qui coule encore au pied de la colline, les noms de crUo et de Pierre-aiix-Dames ou aux Demoiselles, donnés de temps immémorial au monticule et au monument qui s'y trouve, tout concourt à nous démontrer que

sa consécration a eu lieu sous l'influence du culte druidique. — Mais pour quels motifs et à quelles fins eut lieu cette consécration ? Des difficultés sans nombre s'opposent à la solution complète de ce problème. Près de la pierre on voit d'autres fragments granitiques. M. Sal verte se basant sur l'ensemble de ces blocs et sur une tradition locale, a cru trouver dans la Pierre-aux-Dames un monument astronomique. » Voici ce qu'il dit à cet égard : € La tradition s'exprime uniformément sur l'antiquité immémoriale de la Pierre-aux Dames ; le bloc, ajoute-til, couvre la sépulture de quatre amantes infortunées, qui, éprises du même amant, en furent tour à tour chéries et délaissées, et l'une après l'autre expirèrent consumées

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de regrets. Suivant quelques récits, l'amant perfide repose loi-même à côté de ses victimes ; la place de son tombeau est marquée par le second bloc de pierre, dont la destination se rattache à celle du premier. Que le monticule couvre un sépulcre, cela n'a rien d'impossible, mais 00 n'admettra pas aussi facilement, au moins dans le sens littéral, le reste de la légende Si, au contraire, on veut le considérer comme une allégorie ; si l'on songe à la position orientée de la principale pierre, à la possibilité apparente que la seconde ait été une pierre droite, un moonment solaire; si l'on se rappelle que, chez presque toutes les nations, le soleil, sous différents noms, a eu tantôt des tombeaui, tantôt des cénotaphes, représentation mystérieuse de la fin et de la renaissance de l'année, qui seront les quatre amantes tour à tour chéries et délaissées f Les quatre saisons qui, aux termes fixés par la nature, se ravivent tour à tour, et se lèguent, en expirant, les faveurs du dieu de la lumière. Et près de leurs emblèmes, dirigé vers le point du ciel d'où part sa chaleur la plus féconde, le dieu lui-même aura trouvé un emblème dans cette pierre droite, dont l'ombre indiquait aux regards la marche du jour, et les diverses époques de l'année. > — M. Blavignac n'admet pas cette interprétation qui s'appuie sur une tradition qu'il croit peu ancienne. Les fouilles qu'il a dirigées sur cette colline ont eu pour résultat de constater sa formation naturelle, et il croit que ce monument consacré aux dames ou fées, dont il porte la représentation, était l'objet d'un culte, de la part des habitants de la contrée.

M. de Bonstetten verrait là un monument gallo-romain. Il prétend qu'on a trouvé au dessous des tuiles romaines.

Le fait serait intéressant à constater. Si les Hans, comme on le dit, ont eu des monuments pareils, ou même d'autres peuples du temps des invasions, les sculptures, sans rien avoir de gallo-romain, peuvent être de cet âge ou même postérieures. On mentionne chez les Kourganes entre le Dnieper, le Tereck et l'Oural des statues grossières qui s'étendent jusque dans le Caucase et principalement aux environs de Bakhmoiit. Voici ce qu'en disait Ruysbock au XIII^ siècle, c Pour les Comans, ils ont coutume d'élever un tertre sur la sépulture du mort, et lui dressent une statue, la face tournée vers l'orient, et tenant une tasse à la main vers le nombril. Aux riches et grands ils dressent des pyramides ou petites maisons pointues ; et j'ai vu en des endroits de grandes tours de briques, ei en d'autres des maisons bâties en pierre, encore qu'en ces quartiers-là on n'y en trouve point. J'ai vu aussi une sépulture où ils avaient suspendu seize peaux de cheval sur de grandes perches, quatre à chaque face du monde ; puis ils y avaient laissé du cosmos (liqueur distillée du lait de jument fermenté) pour boire, et de la chair pour manger. Cependant ils disaient que ce mort avait été baptisé^. J'y ai remarqué d'autres sépultures vers l'orient: c'étaient de grands carrés de pierres, les unes rondes, les autres carrées ; puis quatre pierres longues aux quatre coîds à l'entour de cet espace ^ > Le costume et les traits, dit Pallas, indiquent pour ces statues une origine mongole. Toutes ont le visage tourné vers l'orient et sont placées sur des tombes de moyenne grandeur. Il est probable qu'elles sont l'ouvrage d'un peuple beaucoup plus ancien

* Traduct. de Bergeron, p. 19.

que les Comans, et les tombeaux dont parle Ruysbock doivent être attribués à diverses Dations. Dans les contrées les plus orientales, toutes res figures grossièrement taillées n'offrent le plus souvent qu'une simple marque ; mais dans les plaines qui bordent la mer d'Âzof, et surtout dans celles du nord, elles sont déjà sculptées avec assez d'art pour qu'on y puisse reconnaître le type de la face. les proportions des membres, une partie du costume, et les ornements des deux sexes ; elles y sont assez multipliées pour faire présumer que la nation qui les y a placées a dû faire un long séjour dans ces lieux ; les images des hommes sont toutes coiffées d'un petit bonnet rond qui couvre le sommet de la tête, semblable à celui que les Mongols portent encore aujourd'hui ; le contour de la tête est rasé; les cheveux du sommet forment trois tresses qui se réunissent et tombent sur le dos ; l'habit court, les courroies passées par-dessus l'épaule et les bottes n'ont cependant pas les formes usitées aujourd'hui chez les Mongols. Les figures des femmes ont des bonnets qui ne ressemblent en rien à ceux du peuple du nord de l'Asie ; mais les colliers de coraux et les tresses de cheveux appartiennent aux Mongols. Les statues des deux sexes ont aussi, comme ces peuples eux-mêmes, des figures larges et plates. Toutes ces statues tiennent des deux mains, sur le ventre, une tasse ou petit vase, comme on représente certaines idoles du Thibet, et il serait très difficile d'en donner au juste l'explication. Si l'on en juge par les traits caractéristiques de ces figures, elles doivent provenir d'une nation mongole , et si les Huns ont fait partie de la même race, comme l'analogie de quelques mots de leur langue avec celle des Mongols et la description de leurs

caractères physiques par les écrivains grecs, semblent l'indiquer, od pourrait à juste titre leur attribuer ces monuments. Peut-être même pourrait-on désigner en particulier la tribu des Oelets, qui doit s'être retirée ancienne-* ment à l'ouest suivant la tradition des Kalmouks. Ammien Marcellin fait déjà mention de ces statues sur les bords du Pont-Euxin, et compare la forme de leur visage à celle des Huns. Elles ne portent jamais d'inscription. On peut les attribuer aux anciens Huns avec d'autant plus de vraisemblance qu'elles remontent au temps où le christianisme floHssait parmi les peuples du Caucase, ceux-ci au lieu de statues élevaient des croix de pierre, encore clair-semées dans ces contrées.

Il est rare aujourd'hui de trouver à l'ouest du Don, des figures de ce genre sur la place même où elles ont été érigées, ajoute Pailas. La plupart ont été enlevées, et gisaient à la surface du sol ou au bord des routes, jusqu'à ce que le gouvernement russe eût donné l'ordre de réunir les pins remarquables dans un musée qu'il se propose de former à Ekathérinoslaf. Cependant nous en avons encore rencontré un certain nombre aux environs de Bakbmouth, en 1837; quelques-uns se trouvent an milieu des bourgades. A Petropavlofka, entre Ekathérinoslaf et Bakbmouth, elles étaient fichées en terre en face de la maison de poste. On pouvait y reconnaître la plupart des caractères mentionnés dans la description qui précède, moins les vêtements et les courroies dont il n'y a pas trace. Mais de plus on y remarquera une certaine obésité qui caractérise plusieurs nations d'origine mongole.

Que la pierre aux Dames de Genève soit antérieure on postérieure à l'ère chrétienne, c'est de ce genre de statoes

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qu'elle semble se rapprocher. C'est encore vers cette pierre que le soir des brandons on allome le premier fen, chef de file de ceux de la contrée. Elle porte snr sa surface an petit bassin allongé mais qui n'a cependant pas le carac* tère de ceux du pied dn Jura. Il faudrait s'assurer si ceux que porte la pierre à Niton ont été taillés, comme le suppose Blavignac, en ?ue de l'érection d'une croix lors de {'introduction du christianisme.

D*aprés M. Blarignac, l'objet cylindrique qu'on voit à la main des figures de la pierre aux Dames est une bourse qui indiquerait que le monument a été dédié aux fées gardiennes des trésors de la terre. Sans nous arrêter à cette dernière idée, qui nous paraît peu fondée, nous nous bornerons à rapprocher ces sculptures de la pierre aux Dames de figures pareilles provenant de contrées fort éloignées. En Russie on a trouvé dans un tumulus du gouvernement d'Orenbourg une coupe en billon qui porte une figure dont l'attitude, le vêtement et l'objet mystérieux entre les mains sont parfaitement pareils aux sculptures de la pierre aux Dames. On conserve dans le bâtiment de l'université de Moscou trois statues en grès, d'un travail grossier, qui présentent plus d'un trait analogue. M. Dn Bois de Montpéreux dit que dans une assez grande étendue du midi de la Russie, on trouve des tumuli couroonés de statues plus ou moins informes, que le peuple appelle baba ^ Un passage d'Âmmien Marcellin mentionne déjà ces statues auxquelles il compare les Huns. Ces sta-

* iififiiMirM de$ vùfages, 1846, pag. il. — Dubois, 4« ukrit, pi. XXXI, 6, deMins d6 ii baba ou statues difTérentes.

Les prêtres difa, déesse des palmiers, cbes tes Yorubas, en Afrique, por* tent le nom de Babbaîao. Il serait curieux de savoir ce que signifie ce lao.

280 MONUMENTS DE l'aNTIQUITB.

tues portent évidemment sur leur figure le type mongol, saillant surtout dans l'expression des yeux. La plupart tiennent des deux mains sur le ventre une espèce de gobelet, que M. Du Bois a cru reconnaître pour celui qui était employé dans les cérémonies des Parsis, disciples de Zoroastre. Mais il ajoute que tout le monde n'est pas d'accord k ce sujet et qu'on a voulu voir dans cet objet cylindrique un livre roulé plutôt qu'une coupe. Il est à observer que bon nombre de ces tumuli à statues se troavent dans le pays de Gherrus où, d'après Hérodote, les Scythes inhumaient leurs rois S Aucune fouille régulière n'a encore fait connaître rintérieur^ de ces collines en sorte qu'on ne peut dire si ce sont des tombeaux ou des constructions religieuses. Ce n'est pas seulement dans le midi de la Russie qu'on trouve les baba. Pallas en a va beaucoup sur les bords du Yéniseî, en Sibérie, et quelques-unes clair-semées près de l'Irtisch et du Samara. Plus on va vers l'orient, plus ces statues sont grossièrement taillées ; ce sont des figures qui n'offrent qu'un simple masque, tandis que sur les rives de la mer d'Asof, elles sont sculptées avec assez d'art pour qu'on puisse y reconnaître le caractère national des figures*. Il est curieux de retrouver au pied de Salève la représentation de figures analogues, et cela, comme dans le midi de la Russie et l'Asie du Nord, sur une colline de forme tumulaire. Ce qui n'est pas moins surprenant, c'est que la

* n est situé à Test du Dnieper, sur le plateau des sources du Khouskii- Vodi (Danticapès) et du Tokmak (le Gherrus). Du Bois, Atlas, i^ série, pi. IX.

* Au-dessus du Caucase, les haba ne commencent qu'au nord du Slauropol, situé au sud de la province russe du Caucase, au-dessus de la rive droite du Kouban.

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pierre aax Dames soit le seal monument de ce genre observé en occident» du moins à notre connaissance. Il existe bien dans les collections de Stuttgardt une statue en grès de grandeur surnaturelle, découverte, il y a deux siècles, en Wurtemberg. La raideur de l'attitude ne permet pas d'en faire un travail romain. Elle représente une femme vétae d'une robe sans ampleur qui retombe jusque sur les pieds ; les bras pendants sont ramenés sur le devant du corps ; la tête est nue, et de grandes tresses pendent le long du dos, de la même manière que chez les paysannes wurtembergeoises. Cette statue n'a donc ni le costume, ni l'objet cylindrique qui distinguent les baba. Ces grossiers essais sont les seuls que nous connaissions de l'art du statuaire chez les Barbares. On voit cependant dans différentes collections les images informes d'hommes ou d'animaux en bronze et même en fer, mais elles appartiennent en général aux premiers temps chrétiens.

11 existe en France un grand nombre de blocs creusés S dont la destination est douteuse, bien qu'ils ne soient pas tumalaires, on a trouvé sous l'un d'eux, à Louviers en Normandie, des squelettes disposés dans le sol comme les rayons d'un cercle. A Saini-Sulpice sur Rille, près de V Aigle, un support de dolmen porte trois petits croissants gravés en croix et disposés en triangle'. Près de LooX^- Maria-Ker est un autre dolmen dont un support est

* On voit sur quelques dolmens des bassins dont les plus grands ont de S à 4 pieds de diamètre, et jusqu'à quatre bassins dans la même pierre. Le même fait est propre à TAngleterre. Voir la note 1 de la page 305.

* Près de Lock-Maria-Ker, dolmen dont la table est couverte au-dessous d'excavations rondes d'un pouce et demi de largeur, disposées symétriquement en cercles, ce qui donne au tout l'apparence de la surface d'un crible.

282 MONUMENTS DB l'aNTIQUITÉ.

chargé de moulures verticales, arquées par le haut, et rangées par ligne les unes au-dessus des autres. Les sculptures les plus compliquées trouvées en Bretagne sont à l'intérieur de la cellule placée à l'extrémité de l'allée couverte près du golfe de Morbihan. Ce sont des cercles, des croissants et d'autres figures dans des encadrements divers*.

En Angleterre on voit près de SaUsbury un rocher qui a été taillé de manière à pouvoir reconnaître la forme da cheval. Ailleurs ce sont des bassins, des vases géants, des grottes, des sièges ou des sortes de trônes'.— Dans la Loppa sont des rochers de grès de plus de 100 pieds de haut, sur lesquels on a taillé des degrés et des cellules, mais les sujets chrétiens qu'on voit auprès, et la retraite qu'en firent des ermites dans le XIII® siècle permettent de douter que ces rochers aient été taillés avant l'introduction du christianisme. On montre de même, dans la Suisse saxonne et dans la contrée de VOder près de la Bohême, des piliers naturels d'une grande élévation qui présentent des figures diverses et qu'on croit avoir été taillés par la main de l'homme, cependant, malgré leurs formes pittoresques ou originales, je n'ai pu y voir que le produit d'un simple caprice de la nature. — Quant à la sculpture Scandinave, je ne puis mentionner que les images des vaisseaux gravés sur les rochers. Les figures fantastiques, qui recouvrent plusieurs pierres tumulaires, sont toujours accompagnées d'inscriptions runiques, qui datent d'une époque postérieure à celle qui nous occupe.

* De Caumont, Cours d^antiquité, tom. I, pag. 116 et suiv.. — Société des antiquaires de France, VIII» vol. — Magatin pittoreique^ 1846, pag. S9t et note 1, pag. 306.

' Surtout dans le Derbyshire et le Yorkshire.

AGK DU FBR. 283

Gromlecks, lits des Huns, alignements, groupes de pierres.

Les monuments du coite, qoe nous venons de décrire, soDt des blocs de formes et de destinations diverses, isolés OQ groupés sans ordre. Il est un grand nombre de blocs pareils déposés ou dressés sur le sol de manière à entourer un espace déterminé ou à former des figures diverses. Nous avons déjà vu des cercles de piliers enceindre ou couronner les tumuli de l'âge primitif. Ces mêmes cercles ont souvent été formés sur les plaines, avec un aatel ou un grand menhir au centre, mais sans aucune trace de sépulture. Ces arrangements figurent aussi des demi-cercles, des ellipses, des carrés, des triangles, des alignements droits ou sinueux. Cest par Texamen de ces monuments que nous pourrons nous faire une idée de leor destination chez les Barbares.

n n'est pas sans intérêt de retrouver dans l'ancienne Grèce les vestiges d'arrangements pareils et de pouvoir coonaitre les idées qui se rattachaient à ces blocs. Pausanias raconte que dans la ville de Phares, en Achaîe, on voyait un marbre de forme carrée, surmonté de la tête de Mercure ; auprès du Dieu était un oracle et au-devant une table de marbre, à laquelle étaient fixées des lampes; il y avait en outre une trentaine de pierres carrées qui portaient toutes le nom de quelque divinité et auxquelles les Pharéens rendaient un culte. Dans les temps les plus reculés, tous les Grecs en général rendaient de même les honneurs divins à des pierres brutes qui leur tenaient lieu

de statues. < Celui qui veut consulter Mercure, ajoute Pausanias, vient vers le soir, brûle de l'encens sur la table, remplit les lampes d'huile et les allume, met sur Tautel, à droite de la statue, une pièce de monnaie du pays et demande ensuite à l'oreille du dieu ce qu'il veut savoir. La question faite, il s'en va de la place publique en se bouchant les oreilles ; lorsqu'il en est dehors, il les débouche en retirant les mains et prend pour la réponse de l'oracle la première parole qu'il entend ^ » Ce passage montre clairement que dans les temps les plus reculés, des pierres brutes étaient vénérées par les Grecs comme des dieux et que ces images informes n'étaient pas seulement isolées, mais réunies en groupes, à l'intérieur desquels se trouvait un autel placé devant l'image d'un oracle et du dieu principal, dont on obtenait des révélations aa moyen de certaines offrandes. Non-seulement on retrouve chez les Barbares le même arrangement de blocs, mais la tradition leur donne en outre des dénominations qui rendent ces rapports encore plus frappants. Nous avons vu que quelques tumuli de l'Italie sont aussi entourés de pierres disposées en cercle. — Sur les îles àe Malte, de Gozzo*, de Majorque et de Minorque, on voit plusieurs de ces monuments de pierre. — En Espagne, près de Garda, A'Anta et de Penalva, de grands autels sont souvent entou-

* Pausanias, édition de Clavier, lib. VII, cap. S2.

Odyssée III, i06. Nestor va s'asseoir entouré de set fils, le sceptre en main, sur les pierres blanches et polies qui étaient à rentrée de son palais, et sur lesquelles son père Nélée avait coutume de s'asseoir.

Odyuée VIII. Alcinoiis, dans l'Ile de Phéacée ou de Corfou, tient une as^ semblée, et l'on est assis sur des pierres polies.

• ArchéoL bHtan, XXII, pi. 16-18, 1828. — Nouvelles annales de rhutiM arehéolog. II.

rés de piliers. Entre Oparto ei Almeida, dans le Portugal, est un cercle de 9 men-birs de 8 pieds de ham^ — En France, l'arrangement des pierres figure des carrés, des ellipses, des cercles, ayant un ou deux rangs, avec ou sans fond à l'extérieur. Quelquefois une entrée, à laquelle 00 arrive par un double alignement de blocs, a été ménagée à chaque point cardinal. Les cercles portent le nom de cromlechs {crom courbe, 2ec^ pierre) ou de cercles druidi-ques; le peuple les appelle Dames ou noce des fées. Les allées ou alignements sont formés de pierres disposées parallèlement, sur deux ou un plus grand nombre de rangs, en ligne droite ou sinueuse. Ces diverses figures, isolées ou combinées, renferment parfois plusieurs menhirs et autels simples ou prolongés. — Les parties les plus riches de la France sont la Bretagne*, le Poitou, l'Anjoa et le Vivarais. — À Gillainville, près de Chartres, est une ellipse de 60 pieds de loog^ Dans le pays chartrain, OD voit encore un grand carré long et dans Vile aux Moines sur le golfe de Morbihan, un cromleck elliptique de 300 pieds de long sur 200 de large. — Le sanctuaire de^Bon-neval * est formé de 100 blocs énormes, qui recouvrent uo espace long de 500 pieds et large de 300. Sur la rive gauche dn Rhin est le jardin des fées, près de Lutzelhausen, dans les Vosges. On y voit un beau cromleck de 100 pieds de diamètre, dont une partie est formée de grands

* Voyage en Eipagne, de Twis, de 1772-1778.

' Prèa Keransker, Quimperlé, Hennebond, Ladevan, Moeltan.

' De douze blocs de grès brut ; un pareil, mais plus grand, dans la prèsquile de Kermevan, à 5 lieues de Brest. Un grand carré dans le même département. — Êiémoireê de la Soc, det antiq. il, pi. I.

* Eure et Loire.

blocs et l'autre d'un mur cyclopéen ; à l'intérieur sont d'immenses pierres, débris d'anciens autels. Quelques lieues plus loin, dans la contrée de Dabo, on montre one construction analogue, nommée le château égyptien^. — D'entre les alignements, le monument le plus célèbre est celui de Camac*, dans le Morbihan. Onze files parallèles, dirigées du S. E. au N. 0. occupent un espace de 763 toises de long sur 47 de large. À l'extrémité N. 0., tontes ces files partent d'un grand demi-cercle, nommé Ti-^hih riguet, c'est-à-dire demeure des nains. La plupart de ces pierres, toutes en granit^ sont des men-hirs dont les plus grands ont 18 à 90 pieds de haut. Plusieurs ont été plantés la pointe en bas ; d'autres blocs pèsent de 7 à 8000 livres. Dans le siècle passé, on comptait encore environ 4000 de ces piliers ; lorsque l'alignement était complet, il devait en avoir près de iOOOO. Le peuple y voit une armée de géants pétrifiés. Sur les côtés de ce monument, sont de grands carrés, des cromlecks, des autels, deux menhirs énormes de 35 et 63 pieds de haut, et de grandes collines artificielles. Cette armée de rochers informes, an milieu de bruyères, avec un horizon bordé de sapins, nous reporte à ces âges reculés où les processions s'avançaient le long des piliers sacrés jusque vers les enceintes où les Druides accomplissaient les mystères de leur culte. —Les alignements d^Ardouen, disposés sur 9 files parallèles (du N. au S.), d'une demi-lieue d'étendue, se replient un peo vers l'ouest et se terminent vers un de ces petits lacs consacrés à quelque divinité. Au point de départ, est une

* Kefentein.

* Cette expression doit-elle être rapprochée du kamac égyptien T

AGE DU FftR. 267

ligne droite diagonale, formée de blocs, et munie d*un grand menhir à chaque extrémité.

VAngteterre est encore plus riche que la France en monaments du culte. Ce sont des cromlecks autour d'un meo-bir géant, des cercles simples ou concentriques renfermant un autel et un men-hir, auxquels on arrive parfois par des allées sinueuses; d'autrefois, plusieurs cromlecks soQt disposés de manière à former un grand triangle. Snr rile seule de Jersey on comptait dans le XVII® siècle pins de 50 de ces arrangements. Dans quelques localités on les appelle Parcs d'Arthur et aussi temples des Druides. Nous nous bornerons à la description des deux monuments les plus remarquables. — Au commencement du siècle Ipassé on a détruit en partie le grand cromleck A*Aveburg, dans le comté de Wilts. Placé sur un plateau d'où le terrain s'abaisse de tous côtés, il se composait d'au moins 660 pierres, dont plusieurs pèsent 1400 quintaux. Le grand cercle, de 140 toises de diamètre, était formé de 100 piliers, hauts de 15 à 16 pieds et placés h 27 pieds les uns des autres; à l'entour, un fossé circulaire, avec une le?ée de terre à l'extérieur, présentait comme les gradins d'oQ amphithéâtre. Le grand cercle renfermait deux cromlecks doubles', dont l'un entourait un men-hir de W pieds de haut,, et l'autre un autel ou vaste dolmen. A partir du cercle extérieur, deux grandes avenues, formées chacune de 200 piliers, se prolongeaient au loin en serpentant et se terminaient par un ovale, figurant la tète d'un serpent. Entre les deux ovales s'élève la colline de

* Le plus grand cercle des cromlecks intérieurs, formé de 30 pierres, avait ^^ pieds de diamètre, et l'autre de IS pierres, 186 pieds.

Silbury, tumolus gigaotesque de 2000 pieds de pourtour et 121 de baut^ Ces avenues en forme de dragon ne sont pas rares en Angleterre. — Près de Dartmoor dans le comté de De von, une allée droite de 1143 pieds de longueur, s'élargit au milieu en ovale, et se termine aux extrémités par un cercle, du milieu duquel s'élève un grand men-hir. — A 6 milles de Salisbury, est le Stotie-'henge, l'un des cromlecks les plus remarquables, connu sous le nom de danse des géants . Ses ruines imposantes gisent sur une colline de formation naturelle dans une grande plaine. Il était composé de 4 cercles concentriques, dont le plus grand, de 100 pieds de diamètre, compte 30 piliers, bauts de 15 à 18 pieds. Ces piliers supportent un nombre égal de grandes pierres borizontales qui se joignent par leurs extrémités et forment une espèce d'arcbitrave continue et circulaire. L'extrémité supérieure du pilier a été taillée de manière à présenter des saillies qui s'emboitent dans les trous pratiqués sur les pierres borizontales. Le second cercle, à 9 pieds du précédent, était formé de 29 men-birs de 7 pieds de baut. Le troisième cercle, à 13 pieds du second, légèrement elliptique ainsi que le quatrième, consistait en dolmens ou trilitbes en forme de portes, dont la bàuteur s'élevait graduellement jusqu'à 25 pieds du côté du nord-ouest*. Le cercle central se composait de 20 menbirs, bauts d'environ 6 pieds. A Tioté-

* D*après de Gaumont une des allées se dirigeait Yen un cercle double composé de deux rangs de pierres hautes de 5 pieds. Le cercle extérieur avait 48 pierres et 120 pieds de diamètre ; le cercle intérieur 18 pierres et 45 pieds de diamètre , à rextrémité de l'autre avenue était une grande pierre isolée.

* Il était composé de 10 des plus grands piliers, et ainsi de 5 trilithes.

rieur sont des débris d'un autel gigantesque. Un fossé de 30 pieds de large, entre deux levées de terre, formait une cinquième enceinte circulaire d'environ 300 pieds de diamètre*. Toutes ces pierres doivent avoir été apportées de Mariborougb, à une distance d'environ 16 milles. De grands tumnli, au nombre d'environ 120, ont été élevés autour de ce monument. On croit que c'est à cette construction que se rapporte un passage de Diodore de Sicile , qui raconte, d'après Hécatée% qu'il y a dans Tocéan, vis-à-vis du pays des Celtes, une ile beaucoup plus grande que la Sicile, dont les habitants portent le nom d'Hyperboréens. Ils prétendent que Latone est née chez eux et adorent Apollon audessus dé tousjes dieux, aussi lui ont-ils élevé un grand temple de forme circulaire.

L'Irlande possède plusieurs cromlecks, parfois concentriques, et renfermant souvent des autels, des men-hirs ou un cairn. On les retrouve aussi en Ecosse, mais quelques cercles, au lieu de piliers, sont formés de blocs peu élevés qui entourent un autel. Ces lieux étaient consacrés au culte et à la vie civile. Dans les îles Orcades, la justice se rendait autrefois dans des enceintes pareilles. Les nobles s'y réunissaient aussi pour élire leurs princes, jusqu'au temps de la Bulle d'or, donnée par l'empereur Charles IV, en 1356. — L'usage, longtemps conservé dans la Grande- Bretagne, de danser en rond autour des cromlecks, est propre à la plupart des autres pays.

* Des monuments pareils se trouvent dans le comté de Wilts et dans celui de Cornouailles. Le Brym Gwyn, sur 111e de Maitland, doit être pareil.

* II, 47. Hécatée dont parle Diodore est sans doute celui qui vivait sous Alexandre. Un antre Hécatée dont parie Diodore, aussi historien et géographe ^tait né vers l'an 560 avant Jésus-Christ.

MtM. ET DOCUM. ZXV. 19

Il existe plusieurs cercles druidiques en Savoie, I'qd entr'autres sur la route de Dovaine à Tlwnon au miliea duquel sont deux blocs de grandes dimensions. — Jas* qu*à présent les cromlecks n'ont pas été observés dans la SuUse.

Les bords du Rhin, le midi et Tgrient de TAIlemagne, jusqu'à la Saxe, la Bohême et la Moravie, ne possèdent pas de ces monuments, tandis qu'on en trouve an grand nombre dans le nord et les contrées habitées durant la V® période. La forme prédominante n'est pas celle dn cromleck appelé aussi danse des pierres. Le plus souvent, l'enceinte embrasse un espace plus ou moins grand, de forme elliptique ou carré long ; à l'intérieur, le sol est parfois un peu élevé et recouvert de petites pierres, comme seraient celles d'un pavé, il porte souvent des piliers nombreux, des autels-grottes et des autels simples, jusqu'au nombre de 46. Le peuple appelle ceux-ci les lits des Huns. Ils occupent quelques parties de la Hollande. Le duché A'Oldenlmrg en possède plusieurs ; l'un, près ù'Engelmanns'Beekey aune longueur de 333 pieds sur Sa de largeur; il est formé de 100 piliers de granit de 10 pieds de haut, dont plusieurs sont taillés comme des sièges à dossier; il renferme un autel-grotte quia pour tables 5 grandes plaques. Bien qu'on ait détruit beaucoup de lits des Huns dans le Hanovre, il en reste encore plus de 2000. Quelques-uns, longs de 2 à 400 pieds peuvent être pris pour des allées. Dans la contrée d'C/dzen, le baron d'Erstorff en a compté 290. Nombreux dans les duchés de Mecklembourg, leur longueur varie de 40 à 150 pieds. De là ils se répandent dans Vancienne Marche et la Thuringe. On en voit plusieurs dans le Brandenbourg et le nord de la

AGB DU FER. 291

P^asse^ Dans les environs de Stettin, ils sont mélangés à des cromlecks. — Les cercles entourant de grands menhirs ne sont pas rares, près de Danizig et de Kœnigsberg*. Il est à remarquer que les lits de Huns répandus dans plusieurs parties du Danemark*, sont le plus souvent groupes sur les côtes et pénètrent peu dans l'intérieur des terres. Dans la paroisse de Rachloxv, on en compte une centaine. Ils présentent souvent une grande variété de forme et de grandeur. — Il est difiScile, à moins de les avoir visités, de se faire une idée du nombre de ces monuments en Suède. Outre les formes mentionnées jusqu'ici, il en est qui sont propres à ce pays, ainsi des carrés vides ou pavés ayant à chaque coin un menhir de 20 à 26 pieds de haut, des triangles pareillement vides ou pavés, avec les cdtés droits ou rentrants, dominés par trois grands piliers aax angles et un quatrième au centre; le sol est quelquefois couvert de cailloux ou pierres roulées, rapprochées en grossières mosaïques de manière à former certains signes. La forme de vaisseaux longs de 120 à 140 pieds avec les mâts et les bans de rameurs, est souvent reproduite à l'aide de piliers. On voit encore. prèsd'I/îp5a2,le cercle qui entoure la grande pierre sur laquelle Eric, d'après on ancien usage, fut proclamé roi de Suède. La réunion de ces monuments divers sur les -presqu'îles et sur les iles, présente un aspect étrange. La superstition, bien plus encore que la stérilité du sol, empêche qu'on ne les

* A Barby, vers la Saaie, un de 162 pieds de long, 14 de large, sans autel. — Un près de Saxe-Weimar.

* A l'orient de Mersebourg est un cercle de piliers, plusieurs près de Salzwedel entourent un grand men-hir.

' Dànemarks Voneit^ pag. 63.

29i MOTiUMBNTS DB l'aNTIQUITÉ.

détruise '. Tel de ces blocs apporté dans la construction d'un bâtiment a été suivi d'esprits surnaturels qui faisaient entendre pendant la nuit des bruits mystérieux on des gémissements, et troublaient le repos à la chambre et à rétable, jusqu'à ce qu'on eût remis à sa place le bloc enlevé par une main profane. — La Norwége possède à peu prés les mêmes formes que la Suède. Le cercle de Stavanger mérite d'être mentionné, soit par sa construction, soit surtout par les idées qui s'y rattachent. Vingtquatre pierres carrées et oblongues ayant chacune 4 pieds de hauteur forment un cercle de 200 pieds de circonférence ; entre chacune d*elles reposent trois pierres blan ches, rondes et beaucoup moins grandes; au milieu, se trouve une grande table carrée, et sur l'un des côtés, deux pierres blanches ; l'intérieur est divisé en huit parties égales par autant de rayons ou lignes de petites pierres allant de la table à la circonférence. On prétend que ce cercle était destiné aux Things, ou assemblées du peuple, et que le puissant Jarl Erling Skaigson y réunissait ses sujets au X^ et Xl^ siècle de notre ère. Dans ces enceintes on jugeait les procès, on célébrait les mariages et on pratiquait les cérémonies du culte '.

* La tradition suivante montre qu'on ne doit pas user indistinctement de toute pierre : Un paysan ayant trouvé sur la montagne voisine de sa demeure une assez grande pierre ronde et polie, l'apporta devant sa maison afin que sa femme pût s'en servir le dimanche, quand elle montait à cheval pour se rendre à l'église. Mais, dès la première fois qu'elle y posa le pied, elle fut atteinte d'une phthysie terrible qui augmenta de jour en jour, au point que la pauvre femme fut obligée de s'aliter. Une nuit, le paysan occupé à la pèche, entendit une grande voix qui disait : «c Rends-moi ma pierre. « Il se bâta d'obéir à cet ordre, aussitèt la femme commença à se remettre.

■ Pierre Victor. Coup dM sur les antiquités Scandinaves.

— Pausanias, lib. I, cap. 28, rapporte que, dans l'Aréopage, les deux pierres

Il D'est pas sans intérêt de pouvoir constater la présence des cromlecks dans VAsie do nord, sur la presqu'île indienne et dans le Bengale, sur les montagnes de Pundua, où il existe des constructions en architraves, pareilles à celles de l'Angleterre, Dans le Brésil on trouve aussi des aatels et des arrangements semblables aux lits de Huns, auprès desquels on a découvert divers objets en bronze.

Parfois, dans les enceintes de l'ancienne Europe, on retrouve des squelettes humains ou des urnes cinéraires avec des instruments en pierre ou en bronze. D'après ce fait, quelques archéologues ont prétendu que ces constructions étaient des monuments funéraires. S'il en était aiosi, on ne comprendrait pas pourquoi, dans le plus grand nombre, on ne découvre aucune trace de sépultures. Assez de faits témoignent qu'ils étaient essentiellement consacrés au culte et à la vie civile; malgré cette consécration, on comprend que dans certains cas, le prêtre ou même le chef n'aient pu être inhumés dans ces enceintes. La sépulture dans ces lieux me parait correspondre entièrement à l'iohumation dans les temples chrétiens.

Murs cyclopéens et retranchements en pierres.

Un genre de construction, qui caractérise l'époque pélasgique, porte le nom de murs cyclopéens ; ils sont for-

brutes sur lesquelles se tiennent l'accusateur et Taccusé, sont nommées: L'une, la pierre de Timpudence , l'autre, la pierre de l'insulte. Fait a rapprocher des deux pierres près de l'autel de Stavanger.

Vers les tumuli d'Upsal est une grande colline tronquée, appelée la colline du jugement, sur laquelle se rendait la justice.

— Voir les 7 pierres représcittant les 7 pays de la Litbuanie.

29A MONUMENTS DE l'aNTIQUITÉ.

mes â*énormes rochers brats, poses les uns sur les autres et garnis de petites pierres dans leurs interstices, mais sans aucune trace de ciment ou de mortier ; tels étaient les remparts de Mycènes et de Tyritithe*. Peu après les blocs furent taillés en polygones i^réguliers de manière à éviter les interstices. La Grèce* et surtout VEirurie en conservent des restes importants. On les retrouve dans Vltalie moyenne et inférieure. Souvent ils occupent des hauteurs et affectent la forme circulaire ; plus d'une fois on a élevé des temples dans ces enceintes ou des remparts sur ces anciennes constructions '. — Dans la Sardaigne et les fies Baléares, on trouve de grandes tours rondes et coniques, formées de pierres colossales, juxtaposées sans ciment, et qu'on prend quelquefois pour des tombeaux *. Ces murs gigantesques n'appartiennent pas seulement aux contrées habitées par des Pélasges, comme on le croit généralement; on les retrouve encore dans plusieurs pays au nord des Alpes et des Pyrénées'. La Bretagne française possède quelques retranchements de cette nature S mais les plus remarquables appartiennent

* Pausanias II, 16, 25. Deux mulets attelés n'avaient pas ébranlé la plus petite pierre des murs de Tirynthe.

* On en voit prés de Chéronée, de Gortys, de Thorikos. — Odyssée XIV, les premiers vers. Ulysse à Ithaque trouve Eumée sous un des portiques qui entouraient une belle maison b&tie de grosses pierres, dans un lieu découvert. Voir aussi la description des étables.

' Il en reste prés de Nolla et Bignia, dans le Latium, prés Kora, Fereotinum, Préneste, Falére, Volaterra, etc. Sur les lies de Malte et de Gouo.

* On les croit d'origine phénicienne. — ArchioL Mtan. XXII, ISU, pi* 16-18. — Nouv. annales de Vlnst. archêoL II.

* Voir la description du ch&teau de verre de Sainte-Susanne, dans le département de la Mayenne.

* Ils sont appelés Lès ou cours. Entre Vannes et Lockmariaker, oo pénètre

AGB DU FBR. 29S

aux contrées montagneuses de l'orient et do nord de la France. Près (fAmienSy est le camp de l'étoile. Nous avons déjà mentionné le jardin des fées et le château égyptien. Le mur des païens , voisin de Strasbourg, a beaucoup de rapports avec ceux de TEtrurie. Haut de iO à 15 pieds et formé d'énormes blocs grossièrement taillés en polygones \ il entoure sur une longueur de plus d'une lieue

les sommets des trois monts voisins et mesure 10 502 mètres de tour. On y arrive par un chemin large de 13 pieds, long d'une demi-lieue, et couvert de pierres plates qui reposent sur une couche de gravier au-dessous de laquelle est un lit de cailloux brisés. Il est difQcile de pénétrer le but d'une construction de ce genre dont on a fait tantôt une enceinte sacrée et tantôt un retranchement celtique que les Romains auraient utilisé. Un mur pareil dans le voisinage, appelé le château des païens, renferme un grand autel de

dans un de ces bourgs par un souterrain formé de supports, sur lequel pose un énorme couvert. — Une partie des murs d'enceinte de Sainte-Susanne (département de Mayenne, au centre) rappeUe les retranchements ^Irifiés de l'Ecosse. {Mém, de» ont. X, 1829, pag. 858.)

* On m'a dit que ces blocs portaient des entaillées destinées à les lier les ans aux autres au moyen de queues d'aigle en bois. — (Le mont s'appelle Odilienberg ou de Sainte-Odéle.) Du Bois de Montpéreux, dans son Voyage cuUmr du Caucoêe (tom. VI, pag. 184, Atlas, IV* série, pi. S6 b) décrit les anciennes campagnes de la Chersonése en Grimée : « Les plus considérables ont toutes pour principal b&timent une construction cyclopéenne carrée de 85 à 40 pieds de face; je l'ai appelée donjon. Elle est solidement murée de grandes pierres de taille de 8 pieds de longueur sur 6 de largeur et sur S à 4 de hauteur. Les murailles ont de 8 i 5 pieds d'épaisseur. Les pierres sont liées deux à deux par des joints en bois pratiqués dans des rainures comme des crampons. On se servait très rarement de mortier à chaux ; on le remplaçait par de l'argile. > .... La destruction a dû avoir lieu par le feu dont les pierres portent la marque. Ces ruines sont très nombreuses, et quelques-unes sont bien conservées. On couvrait les toits à la romaine ou à la grecque de larges tuiles à rebords et créneaux.

pierre. Où en voit plusieurs dans les Vosges, entourant des espaces plus ou moins grands, ou suivant une ligne sinueuse de môme qu'un mur frontière '.

En Angleterre, ces murs épais entourent des espaces ronds ou carrés, de dimensions souvent si petites qu'ils n'ont pu servir à la guerre; ils renferment parfois des autels, des tumuli, et des cairns dans le pays de Galles. Ceux des comtés de Derby et de Comouailles ont de 33 à â43 pieds de diamètre ; parfois les enceintes sont doubles et entourées d'un fossé. Ces retranchements sont nombreux en Irlande. A l'intérieur de l'un, on a découvert sous le sol plusieurs caveaux circulaires de 6 pieds de diamètre, entièrement vides et communiquant les uns aux autres V

En Ecosse, ils sont souvent entourés de men-hirs et d'autels. L'un de ces retranchements est regardé comme le tombeau d*Ossian ; un autre, dans le comté d'Argyle, couronne d'un cercle le sommet d'une colline et renferme deux petits cercles pareils, à côté l'un de l'autre, de la même manière que le cromleck d'Avebury '. On trouve aussi des cercles concentriques au nombre de deux et même de cinq, ayant chacun 10 pieds d'épaisseur. Il est en Ecosse de ces murs excessivement larges, qui portent le nom de retranchements vitrifiés * ; formés de blocs siliceux, un commencement de fusion a été opéré par le

* Mém. de l'Acad. de» antiq.<, V. pag. 106, 1888.

* ArchéoL brU. XXIII, 1880.

" Le grand cercle a 60 pas de diamètre, les petits ont chacun une seule entrée. Arch. brit. XXV, pag. 615, 1888.

* En 1778, John Williams écrivit un mémoire sur les châteaux de verre qu'on trouve dans les montagnes d'£cosie, nommées Highlands, Ces forts occupent les sommités des monts dominant de toutes parts le terrain esvi* ronnant. La plate-forme de ces sommités, d'une forme ovale plus on moins

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feo; OD croit que c'était dans ces enceintes qu'on entrete* naît le feu sacré ; l'une est appelée demeure ou château

allongée, est eatourée par une muraille de verre. Des murs du môme genre fortifient les parties accessibles de la colline. En dedans, et près du mur d'enceinte, on trouve d'autres constructions qui paraissent avoir fait partie d'anciens bâtiments; enfin, sur le centre de la plate-forme» on observe constamment deux points. En dehors, et à quelque distance de l'enceinte, on trouve, tantôt en verre, tantôt en pierres sèches, les vestiges d'un mur beaueoup moins considérable, destiné, croitron, à mettre les troupeaux à l'abri de l'ennemi. — Le plus remarquable de ces forts occupe le sommet de la montagne de Knoek-Farril^ dans le Ross-Shire. Il est situé sur une hauteur d'environ 300 mètres au-dessus de la vallée et occupe, indépendamment des oavrages détachés du même genre qui le flanquaient à l'est et & l'ouest, une étendue de 120 pieds de longueur sur 40 de large. Dans ces ruines, maintenant à peu près ensevelies, M. Williams ne trouva d'abord qu'une terre noire mêlée de grosses pierres et de matières vitrifiées. Parvenu i la muraille, quoiqu'elle se fut renversée en dehors et brisée dans sa chute, les fragments en étaient si gros et si parfaitement vitrifiés, que l'on ne pouvait se faire jour au travers. En précipitant de ces blocs dans la plaine, leur cassure fraîche permit d'étudier la structure de ces singulières murailles. C'est un verre de couleur foncée, parfaitement compact, offrant çà et là quelques fragments mal fondus, mais noyés cependant dans la masse générale et vitrifiés aussi. La muraille n'était pas calcinée et vitrifiée à sa surface , ni même liée par un ciment de verre , c'était positivement une muraille de verre. Du celé du nord, la muraille, entièrement recouverte d'herbes et de bruyères, avait une élévation verticale de 10 à 12 pieds. — A deux lieues d'/nverneis, on trouve un autre fort du même genre sur la montagne de Craigh-Phadrick, Il est plus petit que le précédent, mais il a double enceinte. A six ou huit pas au delà de l'enceinte principale on en trouve une seconde qui est en verre également, mais qui étant moins élevée et bâtie sur le roc, a mieux résisté aux attaques du temps. Quelques parties ont encore leur aplomb et leur hauteur primitive. Les environs àlnoemest possédaient deux autres forts de verre, le Castle-Finlay et le Dun-Bvany mais ceux-ci sont beaucoup plus ruinés que le précédent. M. Williams en cite encore deux autres, l'un dans le Lochabeff l'autre à une lieue du fort Auguêiin. Ce genre de forts était d'usage non -seulement dans cette partie de l'Ecosse, mais encore plus à l'ouest, jusque dans les monts Gram' pians, H. Williams en découvrit, dans le comté d'Anyiis, un des plus grands

de Fingal; elle est placée sur un mont escarpé près de DiDgwall, comté de Ross.

qu'il eût observés ; la plate-forme intérieure de ce ch&teau, nommé Ctutk^mil ofFinaven^ avait plus de 150 pas de longueur. Ce qui rend ces ch&teau de verre dilTiciles à reconnaître, c'est la végétation qui recouvre les débris de leurs murs, le plus souvent couchés à terre. Souvent le verre s'est en partie décomposé, et comme il fournit, dans cet état, un excellent terreau pour les plantes, celles-ci se sont développées d'autant mieux ; aussi ces ruines n'apparaissent-elles souvent que sous la forme de clétures de terre en partie oblitérées. — Ces constructions étaient des places de refuge, et dans les enceintes & troupeau, on trouve encore sous le mur une couche épaisse de litière et de fumier. — La tradition populaire en rapporte l'origine aux races galliques qui ont autrefois occupés ces régions. Le premier château que nous avons mentionné est appelé dans le pays Knock-Farril Naphian, ce qui signifie demeure de Fingal à Knoek-Farril. Le peuple assure qu'il fut habité par des géants dont le chef se nommait Ree^Phian, Mae-Coulj c'est-à-dire le roi Fingal, fiU de CouL — En y réfléchissant, on trouve ce genre de construction plus simple que celui de la pierre et de la chaux. On dut reconnaître fort anciennement que les pierres de ces contrées étaient vitriflables. Williams donne une explication de ces constructions qui a été approuvée par les chimistes d'Edimbourg. Il suffit d'élever des murs de terre dont l'intervalle et la hauteur doivent donner les dimensions de la muraille vitrifiée. En allumant un grand feu au fond de ces fosses et en jetant dessus les pierres vitrifiables, leur fusion donne un verre qui tombe peu à peu dans U fosse, le bois, plus léger, surnage, et ainsi le mur s'élève jusqu'à la hauteur .voulue, après quoi on enlève les terrassements. L'auteur d'un article publié par le Magasin ffiUoresque (année 1845, pag. 10) tient pour plus probable qu'on élevait des fourneaux de distance en distance sur le terrassement, d'où le verre coulait dans ces moules. — U faut observer que ces murs se sont toujours renversés à l'extérieur.

Château de verre de Sainte- Sutanne, à 4 lieues de Laval dans le département

de la Mayenne.

La petite ville de Sainte-Susanne est dominée par un vieux château situé sur un monticule terminé de tous côtés, excepté vers le couchant, par des escarpements fort raides, où ils descendent vers l'Erve, qui en contouine la

En Allemagne, ces constructions de la forme d'un triangle, d'nn carré» d'un polygone ou d'un cercle» occupent éga-

base. Le château a été bâti à l'extrémité de la plate- forme et domine une portion de la vallée, autrefois marécageuse ; il n'en reste que des ruines. Ces raioes reposent sur des. murailles plus anciennes, dont la construction est précisément celle des châteaux vitrifiés d'Ecosse. Outre plusieurs débris, on trouve un pan de mur tout entier de plus de 10 métrés de long sur environ i mètres de hauteur, et comme il finit par s'enfoncer sous les décombres, on peut conjecturer qu'il s'étend encore plus loin. La masse de la muraille consiste en une agglomération de pierres irrégulières et inégales, liées par une pite vitreuse, noire, tantôt pure, tantôt remplie de grains de sable. La cassure de ce ciment est brillante, anguleuse, lisse ; en un mot, semblable à un ▼erre rempli de bulles. Le grès domine parmi les pierres qui sont ainsi empâtées, et comme il a résisté â la fusion, il est ordinairement facile de le détacher par petits fragments plus ou moins sableux. Les morceaux qui sont demeurés le plus longtemps â l'action de l'air s'étant ternis, sont demeurés tout à fait semblables â certains échantillons de roches volcaniques. 1! est évident qu'après avoir produit un bain de scories en fusion, on y jetait pèle>mêle toutes sortes de pierres qui s'y enchâssaient et s'y vitrifiaient quelquefois en partie. On trouve même quelquefois que le ciment vitreux, trop refroidi, ne s'est introduit dans les intervalles qu'avec peine et y a laissé des vides dans lesquels il pend sous la forme de stalactites. — Même particularité dans un monticule détaché. Les débris de vitrification qui se rencontreot dans les murs d'enceinte de la ville semblent même autoriser â penser qu'il j avait, comme en Ecosse, au devant du château, situé â l'extrémité de la plate-forme, une première enceinte destinée à servir de refuge aux troupeaux. Comme en Ecosse, il y a également deux puits, et les murailles paraissent avoir été renversées pareillement de dedans en dehors. La découverte de cette muraille de Sainte-Suzanne a été faite, il y a près de 40 ans, par M. de la Pilaye, qui en tira le sujet d'un mémoire inséré dans le recueil de la Société des antiquaires.

— Eneyelapidie, art. feu, « Il y avait en Perse des enclos fermés de murailles et sans toit, où l'on faisait assidûment du feu et où le peuple venait à certaines heures pour prier. Les personnes qualifiées se ruinaient en y jetant svec profusion des essences précieuses et des fleurs odoriférantes .... Ces enclos ont été connus des Grecs sous le nom de pyréïa.... A la mort des rois perses on éteignait le feu. >

lement des bautears,et parfois se trouvent dans des lieux tels, qu'elles n'ont pu avoir aucune utilité pour la défense, malgré leurs deux ou trois rangs de murs. A l'intérieur sont des men-hirs, des autels et des tombeaux ; d'autres ont été pris dans le retranchement que les Romains élevèrent, du duché de Hesse à la Bavière, ce qui ne permet pas de douter qu'ils ne soient antérieurs à notre ère. Celui de Honberg^ dans le nord de la Franconie, élevé de 13 à 15 pieds n'a pas moins de 6 000 pieds de tour ; large de 60 pieds à sa base, il n'en mesure que 10 à 15 à son sommet. Les sommités du Taunus en ont plusieurs. Du pied de ce mont on peut les suivre sur une ligne qui se dirige vers la Bohême; il en est qui n'ont pas moins de 30 à 40 pieds de haut. Dans la principauté de la Lippe^Delmold, est un mont entouré à Sa base, au milieu de sa hauteur et à son sommet, de murs de 20 pieds d'élévation, construits avec des blocs de la hauteur d'un homme. Â quelque distance de Schwefin, un de ces murs, de 1000 pieds de longueur, 30 de large et 12 de haut est rempli de terre à l'intérieur. Un autre, non loin de Nm-SirelUz, entoure un champ de quelques milliers d'arpents sur lequel sont plusieurs centaines de cairns. — Dans la forêt de Blumenthal, au nordest de Berlin, et plus loin, près ù'Oderberg, ces retranchements décriveut de grands carrés irréguliers, divisés en plusieurs compartiments. — Dans la Lusace, sur les confins de la Saxe et de la Silésie, ces constructions, parfois triangulaires, sont gigantesques; quelques-unes portent les mêmes traces de feu qu'en Ecosse. Les murs cyclopéens de la Bohême et de la Moravie affectent en plus d'un lieu la forme du polygone '.

* Ehrlieh, In der H5he des Pfenningberges ist eine Art Wall an dar nord-

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On retroQ?e aussi en Suède des murs de Tâge païen, mais ils diffèrent sensiblement de ceux des autres pays. Si les grands blocs ont été quelquefois employés à leur construction , plus souvent on s'est servi de pierres d'un petit volume , mais juxtaposées sans aucun ciment. Plusieurs hauteurs dans la Westmanie sont couronnées de murs irréguliers qui suivent sur deux ou trois rangs les accidents du terrain, et ont l'aspect de véritables forts. On voit dans l'île i'Oeland une construction d'un genre unique appelé le fort d'Ismantorp. Elle consiste en un mur circulaire épais de 10 pieds^ renfermant nn espace de 460 ' de diamètre. On peut pénétrer à l'intérieur par quatre entrées différentes. Des avenues ressemblant aux rues irrégulières d'une ancienne ville, permettent de communiquer à nonante- trois divisions ou compartiments, dont il est difficile de comprendre l'usage, vu leurs petites dimensions ^ Quelques-uns ont prétendu qu'on avait voulu figurer en ce lieu le plan d'une ville étrangère, ce qui est peu vraiseihblable. — Les murs des provinces russes de la Baltique renferment des cairns, et ressemblent à ceux de l'Allemagne'.

wesUichen und sudôstlicben Seite des fierges in einer halbninden Form beide Kuppen verbindend. Es durfle eine ArtSteinburg sein, dem schwerlich dûrften die lusammengelegten Steine obne yuthun der Menscben in dièse Lage gekommen sein.

' Sjdberg, tom. I, pag. 128, fig. 90.

' On trouve des tumuli et des murs d'un travail cyclopéen en Grimée. Voyage autour du Caucase, par Du Bois de Montpéreux, V, 427. « Dans la ligne de Fangledu Tchatyrdah ou Kantchardagh ou Sinabdagh (sud de la Crimée), j'ai vu les restes d'une muraille qui fermait le passage de ce côté-là, commençant au bord da précipice et s'appuyant contre l'escarpement impraticable du Tchatyrdagh : elle est composée, comme les murs cyclopéens, d'énormes blocs de

302 MONUMENTS DB l'aNTIQUITÉ.

Nous avons déjà fait observer que l'emplacement de plusieurs de ces constructions était peu propre à la défense en cas de guerre. Un séjour un peu prolongé y etit été impossible, par Téloignement où ils se trouvent souvent de toute source d'eau. Si quelques-uns présentent de grandes dimensions, plusieurs embrassent un espace trop étroit pour permettre à une bande armée, même peu nombreuse, de s'y retrancher. D'autre part l'analogie de leurs formes avec les cromlecks, et la présence d'antels et de menhirs à l'intérieur de ces murs , portent à croire que la plupart d'entr'eux ont été élevés dans un but religieux. Généralement rares, en France et en Allemagne, dans les lieux où se groupent les cromlecks et les lits de Huns, c'est-à-dire, dans les lieux habités le plus anciennement, ils se répandent davantage sur les hauteurs, à l'intérieur des terres, et occupent surtout les Vosges, le Taunus, le centre de l'Allemagne, la Bohême et la Moravie. Les tumuli qu'on trouve parfois à Tintérienr recouvrent l'urne cinéraire et les objets propres à la se-

pierres couverts de mousse ; nulle trace de ciments. C'est un des dénàelu^Hm (portes de fer) de la chatne taurique. »

Voyez CaucoMy id., tom. VI, pag. 23. Crimée sud. — Au-dessus de Partbénith « on trouve les ruines d'un vieux château, dont les murs sont composés de grandes pierres brutes, sans ciment. L'ensemble des fortifications forme un demi-cercle, dont le mur, qui en est la corde, a 728 pieds de longueur , leur épaisseur n'est pas de moins de 4 Vt pieds, et la hauteur où la muraille est encore visible ne dépasse pas une toise. Le côté du mur semi-circulaire, dont le pied était abordable à l'extérieur, était défendu intérieurement par 13 tours placées à 17 ou 18 pas l'une de l'autre. Elles couvrent IG Vt pi^s ^^ front et 9 pieds de côté. L'épaisseur de ces murs intérieurs ne dépasse pas 2 pieds. L'autre mur placé au bord du précipice était sans tour. > Cela rappelle les murs cyclopéens ; ces constructions pourraient provenir des Taures ou Tauro-Scythes.

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conde période. Appartiendraient-ils à la seconde invasion d'orient en occident, dont nous avons parlé ?

Retranchements et constructions en terre.

n existe dans quelques pays de l'Europe des retranchements et constructions en terre, élevés durant l'âge païen dans des buts divers. Une partie consiste en des levées de terre formant des espèces de remparts ou retranchements circulaires, hauts de 40 et même 100 pieds. L'espace circonscrit est généralement élevé de quelques pieds au-dessus du sol, et présente, quand on le fouille, une couche épaisse de cendres et de charbons, auxquels sont mêlés du blé carbonisé, des débris d'ossements, de poterie et d'instruments divers, en fer ou en bronze. Si le pays où on les trouve a des contrées marécageuses, c'est dans ces lieux bas, et au milieu des eaux, qu'ils ont été élevés de préférence. Ils sont particulièrement nombreux en Russie; l'archéologue Dolega Chodanowsky les a observés de la Cama à la Vistule, et de la Dmna aux monts Balkan et h la mer Adriatique ; il en a compté presqu'autant que de milles carrés occupés par les Slaves S

* Le géo^phe Ritter (toro. VII, pag. 804) mentionne aussi leur existence dans le nord de VAiUf où ils affectent plus ordinairement la forme carrée et n*ont qu'une entrée étroite, à laquelle répond un second retranchement. Ce témoignage est confirmé par Du Bois de Montpéreux. Voyage autour du Caueate, tom. IV, pag. il 7. « J'ai visité toutes les nicha (sièges) des Cosaques, de la plus ancienne à la plus récente. Les anciennes sitcha sont des forts qui rappellent les gard, gorod, grod de Rugen et de la Scanie. Les remparts sont élevés en terre, et les tombeaux sont des tumulus dans lesquels on trouve des haches d'armes en silex, en serpentine, en cuivre, comme dans les

Les chants populaires, recueillis entre le Dnieper et le Don, parlent de ces retranchements comme des lieni sacrés où les Slaves avaient l'habitude de faire leurs sacrifices et de célébrer les fiançailles. Dans les provinces russes voisines de 1a Baltique, ils occupent aussi les marécages. En Liihuanie, ce sont de préférence des collines artificielles hautes de 400 à 160 pieds, terminées en ter-rasse comme un cône tronqué, et présentant à leur sommet des traces de feu et de sacrifices ^ Moins hautes en Eslhonie, ces collines sont entourées de retranchements circulaires de 20 à 40 pieds de hauteur. On les retrouve

tombes des Varègiies du nord. Plusieurs noms sont varègues, et le plus aocien siège de la république Yarègue, avec sa sitcha, est à l'ouest du Dniépefi entre la Ross au sud et la Russawa (petite Ross] au nord. J*ai visité cet espace de terrain avec le plus grand soin, et j'en ai dressé une carte où la plupart des monuments, remparts, forts, tumulus, etc., se retrouvent marqués, et j'ai au moins 80 à 40 plans spéciaux de ces monuments. >

— Id. tom. lY, pag. 503. Sur la plus haute dune de gravier, à la droite de Podkoumok (non loin de Petigorsk, au nord du Caucase) est un rempart pareil à ceux des anciens lithuaniens. « On a isolé la sommité la plus élevée par le moyen d'un fossé qui fait le tour. Sa forme est elliptique et, aux extrémités deux espèces de tumulus ont sans doute servi d'observatoires pour dominer les alentours. Aujourd'hui ces tumulus sont très effacés. Je ne doute pas que ce retranchement ne se rattache au vallum dont je retrouvai plus tard les traces au haut de la vallée du Podkoumouk. >

-~ Id. tom. V, 34. Ile kimmérienne ou de Fontan (entre la mer Noire et lamer d'Azof, à l'embouchure du Rouban) vallum en terre de 10 pieds de hauteur, long d'une centaine de pas. Le vallum et le bas-fond paraissent être le retranchement et le fossé des Kimmériens dont parle Strabon. Lib. XI, 4, où il dit : < Une cité située dans une Chersonèse dont Tisthme était fermé par on fossé et un rempart en terre. »

* Feu. « Chaque année, le !•' mai, sur la cime la plus élevée du Ben-Ledi, accourent les populations circonvoisines; on allume en Thonneur du soleil un grand feu qu'on appelle le feu de Béai. (L'Ecosse, Gallander, Courrier êuUse, N* 19, 1853.) — On a vu que vers la pierre aux dames de Genève s'allume, le soir des Brandons, le premier feu de la contrée.

i]ans une grande partie de la Pologne. En plus d'un lieu, dans les âges suivants, le chevalier a élevé au-dessus son fort ou son château. Ces constructions présentent en Allemagne les mêmes caractères qu'en Russie; elles s'élè* vent sur les marécages et renferment une couche épaisse de cendres et de charbons. Mais on ne les retrouve que dans les contrées habitées par les Wendes, membres de la famille slave. Au III<» siècle de notre ère ces peuples arrivèrent sur les bords de l'Oder, et à la fin du V^ siècle ils s'étendaient jusqu'à l'Elbe, même au-delà de Lanebourg; ils occupèrent l'orient de l'Allemagne audessus du Danube, la Franconie, jusqu'à Bamberg, Wurzbourg et Fulda, les contrées de la Saale et l'ancienne Marche. Quelques colonies wendes allèrent même jusqu'en Hollande dans la province d'Utrecht et jusqu'en Angleterre dans le comté de Wilts. Leur culte ne fut remplacé par le christianisme que du IX® au XII" siècle. Ces monuments slaves de TAIIemagne présentent quelques variétés de construction. Les uns sont des retranchements simples, doubles ou triples, larges et hauts de 60 à 70 pieds, de forme triangulaire, carrée et plus souvent circulaire ; Taire intérieure contient de fortes traces de feu '. D'autres sont des collines arrondies, terminées en terrasse et ordinairement entourées à leur base d'un fossé plein d'eau. C'était sur des hauteurs pareilles que les Slaves avaient l'habitude de construire leurs temples en bois; ils ont été remplacés plus d'une fois par des églises chrétiennes. Ces monuments sont souvent accompagnés de cimetières slaves, qui consistent en de légères éleva-

' Quand Taire est élevé au-dessus du sol; sinon, elle est le plus souvent «recouverte par les eaux.

MÉH. BT DOCUM. XXV. SO

lions da sol où se trouvent des centaines d'urnes cinéraires, toutes rapprochées les unes des autres et contenant divers objets en fer. Ces monuments sont nombreux en Silésie, dans les environs de Kœnigsberg, de Dantzig, dans la Poméranie, le Brandebourg, les duchés de Mecklembourg où on en compte plus de 50, et dans le royaume de Hanovre^ dont l'un, du bailliage de Lingen, entouré de trois retranchements, n'a que 30 pas de diamètre. Le duché A' Oldenbourg en possède plusieurs auxquels se relient des lignes de retranchements fort étendus et qui diffèrent un peu des précédents. Celui de Damme, long de 480 pieds, est un heptagone allongé uni à un retranchement qui décrit un arc de cercle. On ne peut douter que chez les Slaves la plupart de ces places n'aient été consacrées au culte, d'après les traditions nombreuses qui s'y rattachent; cependant plusieurs peuvent avoir servi de forts ou de retraites. On sait que les barbares échappaient souvent aux légions romaines en se retirant dans leurs marécages, où il était difficile de les suivre. L'aire élevée permettait à ces populations de séjourner quelque temps au milieu des eaux. Les traces de feu et les restes de blé calciné, d'ossements et d'ustensiles, indiquent aussi leurs moyens de subsistance. — On retrouve encore les constructions slaves dans Vancienne Marche, près de Magdebourg, dans le duché de Cœthen et aux environs de Halle, à l'orient de la Saale, dans Iç duché de Saxe-Weimar, le nord de la Bavière et le royaume de Saxe. En Bohême et en Moravie, contre l'usage général, ces constructions dominent les hauteurs dont le sommet a été aplani avec soin et entouré de retranchements; la couche caractéristique de cendres est épaisse de plusieurs

pieds et contient beaucoap de matières organiques. Non content d'otiliser les monts naturels, on a souvent encore élevé des collines artificielles.

La France ne possède pas de monuments tels que ceux qoe nous venons de décrire. Cependant on voit dans la Bretagne de petits remparts en terre mêlés de cailloux, renfermant parfois des dolmens ou des menhirs sur un sol inégal et trop étroit pour avoir servi de camp. Les formes sont carrées, ovales, rondes ou semi-circulaires; d'autrefois ce sont des lignes simples, doubles ou triples, avec OQ sans fossé, imitant les alignements de pierre. Jusqu'à présent on n'a pas observé les couches de cendres et de. charbons ^ — En Angleterre, un petit nombre de retranchements rappellent ceux des Slaves et sont généralement attribués aux Saxons*.

Remparts et retranchements militaires.

Bien que certains des murs des païens et des retranchements en terre dont il a été question aient été destinés au culte, l)eaucoup ont pu cependant élre employés à la défense. Pendant longtemps les barbares regardèrent comme un déshonneur de placer un mur entre eux et l'ennemi, aussi mettaient-ils leur gloire dans la force du hras. Le courage personnel et la ruse suppléaient à l'art des combats. Ils songeaient bien plus à l'attaque qu'à la

* De Caumont, i» vol., pag. 88, 104.

* Comparer à ceci les construcUoni en terre de GoUion dans le canton de Vaud.

défense. Plus tard, ils apportèrent plus de réflexion dans la lutte et apprirent à élever des remparts. Les renseignements que nous possédons à ce sujet se bornent à peu près à ceux que César nous donne dans ses commentaires; ils témoignent de l'héroïque défense des Gaulois. Voici sa description de leurs remparts et abris : c Les Gaulois * se servent assez souvent pour élever leurs murailles de longues pièces de bois qu'ils couchent à terre parallèlement; ils les placent à une distance de deux pieds l'une de l'autre, les fixent intérieurement par des traverses et remplissent de beaucoup de terre l'intervalle qui les sépare. Ils posent ensuite un rang de grosses pierres ou de fragments de rochers, et, lorsqu'ils ont placé et rassemblé convenablement ces pièces, ils établissent dessus un nouveau rang de poutres, disposées comme les premières, en conservant entr'elles un semblable intervalle ; de telle sorte que les rangs de pièces de bois ne se touchent pas et ne portent que sur des fragments de rochers interposés. L'ouvrage est ainsi continué jusqu'à la hauteur convenable. Cette construction et la variété de ses matériaux n'est pas désagréable à la vue. Ces murailles sont d'une grande commodité pour le service et la défense des places, car les pierres qui les composent résistent aux incendies, et les pièces de bois aux efforts do bélier, j»

Les remparts n'étaient cependant pas tous construits de la même manière; plusieurs consistaient en des levées de terre pure ou mêlée de pierres. Les Gaulois avaient deux sortes de forts ou i'oppida , les uns étaient des ha-

« Lib. VII, cap. 28.

bitations dans des espèces de camps retranchés qui ressemblaient à des villes fortes : ainsi Avaricum chez les peuples du Berry, Alesia chez les Mandubii, Gergovie chez les Ar?ernes et LtUetia chez les Parisii ; les autres oppida étaient des retranchements où Ton se retirait en temps de gnerre; il en existait dans VArtnorique, chez les Belges et les Venèies, ils étaient situés sur les monts ou sur des ilols dans les marécages. Les Venètes plaçaient leurs oppida sur des promontoires voisins de la mer, transformés en Iles par le flux, et rendus inabordables ; s'ils étaient pris, ils se sauvaient par mer dans des oppida voisins*. Strabon dit des Bretons * que les forêts leur tenaient lieu de forteresses, qu'ils coupaient un grand nombre d'arbres et formaient de ces abattis de vastes enceintes dans lesquelles ils établissaient des cabanes pour eux et des étables pour leurs troupeaux. César' raconte que leurs enceintes étaient au milieu des bois, défendues par QD retranchement et un fossé. Il en reste beaucoup dans le pays de Galles, dans les comtés de CornoiLailles, de Lancasire, de Shrop, de Cambridge, de Herfort, A^Essex et ailleurs. Plusieurs renferment des traces circulaires et ovales d'habitations. Sur les hauteurs sont des enceintes irrégulières, entourées d'un fossé et d'un rempart en terre mêlée de cailloux, et sur la pente s'élevaient d'autres remparts. On voit aussi quelques-uns de ces travaux en France. Le camp de Sandouville est sur une éminence presque carrée, défendue au nord par un escar-

■ César, lib. Ill, cap. 4.

' Strabon, Géoffr.^ lib. II.

* César, lib. Y, cap. S5.

pement de 300 pieds sur la Seine, à l'est et à l'ouest, par une IncliDaisoD surmontée d'un rempart haut de 8 à 10 pieds. Le nord, de niveau avec la campagne, a été garni d*un rempart long de 400 toises, élevé de 40 à 50 pieds et bordé d*nn fossé de 30 pieds de largeur. A Tintérieur était une seconde enceinte, et une entrée avait été ménagée à chaque extrémité de la première ligne de défense, Le camp de Boudeville est sur un cap formé par la Seine, et divisé en trois parties par trois remparts parallèles, Dans l'enceinte la plus étroite est la pierre-gente. Vers la pointe du promontoire on remarque trois chemins creax qui, partant du même point, descendent en divergeant comme les branches d'un éventail la côte escarpée, jusqu'au fond de la vallée, ce qui permettait d'évacuer le camp à couvert jusqu'au port de Tancarville •. — Ces divers faits, observés en France par M. de Caumont, nous permettent de juger des moyens de défense employés par les autres peuples.

Habitations.

Les barbares, qui consacrèrent au culte de leurs dieax et à la sépulture de leurs morts des monuments dont l'érection dut demander des efforts inouïs, apportèrent fort peu de soins à la construction de leurs habitations. Strabon * nous apprend que les maisons des Gaulois étaient

* De Gaamont, Court, tom. I.

* Lib. IV, cap. 4. Les Gaulois plaçaient leurs habitations dans les bois* César VI, 80.

roodes *. Ils les constraisaient avec des poleanx et des claies, les garnissaient intérieurement de cloisons en terre et couvraient le toit de bardeaux en chêne et de paille hachée, mêlée d'argile *. Vitruve donne la même description des habitations de l'Ibérie ' et ajoute que, sous Auguste, Marseille n'était pas encore couverte de tuiles. D'après César et Tacite ^, les demeures des Bretons et des Germains étaient pareilles à celles des Gaulois. Les Germains avaient aussi des demeures souterraines dans lesquelles ils réduisaient leurs récoltes et se retiraient euxmêmes pendant l'hiver ". On voit encore dans le Harz des cabanes de bûcherons qui ne sont pas sans rapports avec celle des anciens ; rondes et construites de pieux, leurs toits coniques sont ouverts à leur sommet pour laisser échapper la fumée du feu allumé au milieu de la de-

* Les maisons gauloises étaient pour la plupart rondes et formées de troncs d'arbres réunis au sommet, à la manière des huttes actuelles de nos charbonniers. Charton, Voyageurs anciens 1, 197. Les maison a des Bretons étaient presque pareilles. Id. pag. 230.

* De même en Bretagne. César, V, 12.

Strabon IV. Les maisons des Belges étaient spacieuses, faites de bois et •de claies, recouvertes de joncs ; les toits s'élevaient en forme de dôme.

* Lib. 11, cap. 1.

* Germ. XVI. Hérodien. Vita MaaÂmiani imperatoris, lib. VII. VI, 8. — Polybe II, 17. — Hérodien dit que les maison? des Germains étaient grossièrement construites, séparées les unes des autres, et ordinairement faites de gros pieux joints ensemble, ne formant ni villes, ni bourgades. Ils ne se servaient ni de tuiles, ni de ciment, mais quelques-uns recouvraient les murs d*une terre pure et luisante, qui imitait les couleurs des peintures. Ils avaient aussi des demeures souterraines pour l'hiver et pour serrer le blé.

* On peut voir la survivance d'une coutume plus antique, dans une ancienne loi de la Frise qui défendait de construire des maisons en pierre, à Texception des églises et des cloîtres, et de les élever plus haut de 12 pieds «ous le toit.

meure. Les observations sur le sol ont montré que si lar forme circulaire est prédominante, les formes ovales et rectangulaires étaient aussi employées. Ce qui reste de ces cbétives constructions consiste en fondements de pierres sèches et en dépressions elliptiques et circulaires plus ou moins profondes appelées margelles, dans lesquelles on trouve des charbons, des ustensiles et divers témoignages d'habitations. Quant aux demeures souter* raines, plusieurs sont encore assez intactes. Les margelles^ sont nombreuses en France, surtout dans le Berry et la Normandie. Elles ont de 30 à 100 pieds de diamètre, sur 6 à 18 pieds de profondeur, et sont construites de ma* nière que l'eau ne s'y arrête pas ; on y trouve des charbons, des instruments de cuivre, des fragments de poterie, de nombreuses écailles d'huftre et des ossements d'animaux. Il existe des deux côtés de la Somme des galeries souterraines de 7 à 8 pieds de large et de même hauteur, auxquelles communiquent à droite et à gauche des cellules creusées dans la roche, au nombre de 95 à 40. On croit qu'elles ont encore été utilisées aux IX"" et X"" siècle pour se mettre à couvert des Normands V On voit des cavités pareilles dans le département de la Sarthe, dans le pays Chartrain et dans la Champagne, — Les margelles sont fréquentes en Angleterre, surtout dans le comté de Berk, où 273 sont réunies. Dans le comté de Derby, 53 sont déposées sur deux lignes. Les comtés d'Hertford, de Kent et d'autres possèdent des salles souterraines et des galeries comme celles de la Picardie. En Ecosse (comté i'Aberdeen), sur un espace d'un à deux milles,.

* Aead. royale de$ intcrip, et hel, let. tom. 37, pag. 183.

OD a découvert une soixantaine de chambres souterraîDes construites en pierres brutes. — En Suisse, des margelles ont été observées dans une forêt de BâleCampagne ^ et dans la Haute-'Engadine *. — On retrouve les margelles dans le midi de V Allemagne, dans le duché de Saxe-Weimar, en Lusace, dans le duché de Cœthen, en Poméranie, sur les lacs du Lunebourg et dans le duché de Brunswick, où elles sont disposées deux à deux et manies de forts murs de 300 pieds de tour '. Elles contiennent, de même qu'en France, divers débris dont on ne peut se rendre compte qu'en admettant des habitations dans ces lieux ^.

Considérations générales.

Quand on visite ces arrangements de pierres, on est frappé tout d'abord de la grandeur des matériaux em-

* Communication de M. Fischer, professeur. Au fond se trouvaient divers débris indiquant un enfoncement artificiel, ou du moins utilisé.

* M. de Bonstetten, après avoir visité TEngadine, m'écrit que ces creux sont naturels ; il en a vu un qui, par un affaissement du terrain, a rompu un chemin.

' Keferstein, passim.

* Voyage autour du Caueau, tom. UI, pag. 181. Itinéraire de Koutaïs à Tillis. Trajet de Satchekhéri à Gori (Géorgie). • Rien ne m*élonna comme la vue du village de Tihegauli, et je ne pouvais, en voyant ces tas de terre disséminés çà et là, me croire au milieu d'habitations humaines; car les maisons, vues de prèe, n'ont pas meilleure apparence, et il est impossible de supposer qu'il j ait des gens qui demeurent sous ces taupinières. Cependant, quand on a descendu une douzaine de marches grossières, on est surpris en y entrant de trouver de vastes souterrains semblables à ceux de la caverne de Gilblas ; on y voit nombre de compartiments, pour les vaches, pour les chevaux et.

ployés. On a vaiDement recherché par qaels moyens ces anciens peuples sont arrivés à dresser des monolithes de

dans un coin séparé par une balustrade grossière, un petit réduit pour les hommes avec une cheminée au fond : c'eut le seul trou qui donne la lumière pendant le jour. La nuit, le feu de grosses bûches ne laisse pas manquer de cette lumière grotesque qui éclaire tous ces groupes confus; depuis ces Géorgiens qui mangent leur tchourêk (pain plat cuit dans des creux ronds qui tiennent lieu de four), jusqu'à la dernière génisse et au dernier mouton se repaissant de leur foin dans un coin. Les tètes curieuses des vaches et des chevaux abandonnent quelquefois leur râtelier pour s'avancer par-dessus la balustrade et voir ce que nous faisons. »

A quelque distance de Gori, en Géorgie, à Ouplostsikki, est encore une petite ville taillée dans d'immenses blocs de molasse. On y retrouve, mais déserts, ses rues, ses maisons, ses magasins, ses lieux sacrés et ses palais. On y arrive, d'un cAté, par un sentier escarpé; de l'autre, par un long chemin taillé dans la paroi du rocher. Il n'est qu'un seul édifice bon de terre, au sommet du rocher, c'est une église en brique, postérieure ani autres constructions, qui sont des excavations groupées et terrassées les unes sur les autres et taillées dans des massifs isolés. Les couches de roches, placées comme les assises d'une pyramide, forment un grand nombre de degrés jusqu'au sommet le plus élevé. Les grottes ou maisons sont entassées les unes sur les autres. Les plus simples consistent en une première grotte taillée en plein-cintre, sans ornement, avec de plus petites grottes taillées dans le fond ou sur les côtés. Les plus riches conservent les ornements d'une architecture recherchée, qu'on peut diviser en deux classes. Dans la première sont de grands salons composés d'un ou de plusieurs ddmes, de façon gothique; dans ce dernier cas, ces dômes reposent sur des piliers ménagés dans la masse da rocher. Dans l'un, quatre pilastres, de façon géorgienne ou gothique, supportant quatre arceaux légèrement rentrants, qui portent à leur tour une coupole en plein-cintre. De la rosette ornée d'un double triangle enchevêtré qui formait la clef, partent des côtés comme des rayons pour aller s'appuyer sur les arceaux, ainsi qu'on en voit beaucoup d'exemples dans les voûtes gothiques. Seulement dans ces dômes toutes les lignes approchent du plein-cintre et nullement de l'ogive. Dans un coin se trouve le tronc & faire le feu ou i poser le brasier ; la fenêtre, avec une grande embrasure et deux sièges de chaque côté, était tournée au levant. — Le second style, le plus commun, diffère totalement du premier. La roche compacte imite tous les ornements d'une boiserie soignée. On y voit corniches, petites poutres, grandes poutres

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