PREMIÈRE PARTIE
Le mode de sépulture le plus ancien en Europe se distingue moins par les constructions gigantesques d'un âge dorant lequel la force du bras était surtout en honneur, que par l'attitude de l'embryon donnée à l'homme après sa mort. Plus tard, les morts sont étendus sur le dos, ou bien, après avoir été consumé par le bûcher, leurs cendres sont recueillies dans des urnes. On retrouve ces squelettes et ces urnes en terre libre ou entourés de pierres, sous des collines plus ou moins élevées, selon la considération dont jouissait le défunt. L'époque à laquelle nous sommes arrivés reproduit les divers genres de sépulture usités dans la deuxième période, et présente en outre quelques variétés propres à certaines contrées. Nous dé-
hik MONUMENTS DB L*ANTIQUlTé.
criroDS ces différentes constraetions pour cbacon des pays dont nous aurons à nous occuper.
Irlande.
Si la Bretagne proprement dite a passé sous la domination des Romains quelque temps après les Gaules, I7rlande (Hibernia), peuplée de Gaëls et d'Ibères, ne fut pas comprise dans leur empire, et ce ne fut que dans le V^ siècle que St. Patrice y remplaça le culte des druides par celui du christianisme. C'est à ces derniers temps qu'appartient une découverte remarquable faite dans le comté de Meath, près du village de Dunshaughlin. Une colline arrondie, de 520 pas de tour sur environ 8 pieds d'élévation, était entourée d'un fossé, comme on en voit souvent autour des tumuli d'Irlande. La terre de ce monticule était mêlée d'un nombre si considérable d'ossements d'animaux qu'on en chargea 150 voitures : c'était surtout des os de vaches, de cochons, de chèvres et de ohiens, mais aussi des os de chevaux, d'ânes, de cerfs, de renards et d'oiseaux. La plupart des crânes de vaches étaient percés d'un trou. Beaucoup d'antiquités mêlées aux ossements reposaient à la base de la colline; au centre de celle-ci, à environ deux pieds sous la surface du sol, étaient couchés deux squelettes d*hommes, sans trace de cercueil. A 16 pieds de profondeur au-dessous de Taire du tumulus, des solives de chêne, posées sur la marne et le sable, étaient liées les unes aux autres par des traverses rendues fixes au moyen de forts doux en fer. Sur les bords de cette espèce de parquet en damier s'élevait une paroi de poteaux de chêne, de 8 à 10 pieds de
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haatear, engagés dans les solives. D'autres parois de poteaux divisaient l'intérieur en cellules remplies de terre de marécages d'antiquités et d'ossements d'animaux. Il est à remarquer que la plupart des cellules ne renfermaient chacune qu'une seule espèce d'animaux. Outre de nombreux bois de cerfs, les antiquités consistaient en armes, en ornements et en instruments de cuisine et de maison. Les lames des épées en fer se terminent par une pointe acérée ; elles étaient accompagnées de lames de poignards, de nombreux couteaux de formes et de grandeurs diverses, de fers de lance, de piques et d'un umbo de bouclier en fer, ainsi que toutes les autres armes, dont pas une seule n'était en bronze. — L'os, le bronze et le fer étaient employés pour des épingles de 4 à 6 pouces de longueur, avec lesquelles se trouvaient un étui d'ébéne, des peignes et des broches ornées d'émaux et de mosaïques. Sur un os, ont été sculptés dea volutes et d*autres ornements pareils à ceux que portent d'anciennes croix dressées sur les tombeaux chrétiens de l'Irlande. — D'entre les instruments domestiques, il faut mentionner deux meules de moulin à bras, des pierres à aiguiser, des chaînes et une hache en fer, 4 vases de bronze d'une forme élégante, plusieurs instruments de 3 pouces de diamètre, pareils à de petites poêles à frire, de petits disques de bois, d'argile et d'ardoise, et des ciseaux à ressort ^
Un des faits les plus remarquables de cette découverte est la construction des cellules en bois de chêne à 16 pieds de profondeur dans le sol. Nous retrouverons en Danemark et en Russie des salles sépulcrales formées de soli-
« Neut Mitth. von Halle, yU Band, II* Heft, s. 185.
446 MONIMRNTS DE l'aNTIQUITA.
vaux et recouvertes de terre, mais dont la base ne descend pas au-dessous du sol euvirounant; elles contiennent des tombeaux et des ornements divers, tandis que les cellules 'de l'Irlande ne présentent pas de traces de sépultures. Les deux squelettes d'hommes, couchés sous la colline, reposaient au-dessus des parois de poteaux; si la description qui en a été faite est exacte, il faut en conclure que des animaux furent immolés en grand nombre en ce lieu, avant qu'on y donnât la sépulture aux morts. Après que ceux-ci eurent été déposés sur cette couche épaisse de victimes, ils furent recouverts des débris de nouveaux sacrifices. Si Ton examine attentivement les détails de cette découverte, on ne peut voir là le fait d'une simple mortalité, car, dans ce cas, on ne comprendrait, ni la construction des cellules, ni le dépôt d'armes et d'ornements. D'un autre côté, les trous observés sur plusieurs crânes, ne laissent pas de doute sur la mort violente ou l'immolation des animaux. Mais ce qui a lieu de surprendre, c'est le nombre excessif des victimes, qui va fort au delà de ce que nous apprennent les récits homériques*. — Quels étaient donc les deux personnages en l'honneur desquels tant de sang fut répandu? L'histoire n'a pas enregistré leur nom, et aucune inscription ne vient nous aider à soulever ce voile; ce qu'il y a de certain c'est qu'ils durent jouir d'une grande considération pour qu'on ait cru devoir sacrifier autant à leurs mânes. — La présence d'ustensiles domestiques a pu surprendre au milieu de ces divers débris, mais l'usage n'en a pas moins été répandu ; la Nor-
' Cette particularité d'animaux par case ne pourrait-elle pas désigner les sacrifices faits sur la tombe d'un grand chef par des tribus dilTérentes dont chacune aurait sacrifié l'animal qui lui servait de symbole ?
wëge en offre des exemples curieux. En déposant tous ces instruments dans la tombe, on croyait ajouter à la grandeur du héros et à Téplat de son entrée dans le Valhalla. — L'âge de cette colline, est postérieur au l^ siècle de notre ère, on doit le conclure non-seulement de la présence du fer, mais de la sculpture sur os et bien plus encore des broches émailléesetà mosaïque', genre d'art que les Romains répandirent dans les provinces du II« au IY« siècle. L'époque de ce monument répond ainsi aux derniers temps pendant lesquels le paganisme fut encore en vigueur en Irlande.
Allemagne.
Les Romains, après leur établissement dans 4e midi de la Germanie, élevèrent un grand mur en terre, retranchement destiné à protéger leurs conquêtes contre les envahissements du Nord. Ce mur, de 130 lieues de longueur, appelé quelquefois mur du diable, s'étendait du Rhin au Danube, dans la direction de Dillenbourg, Wetzlar, Hanau, Wertheim, Halle, Dûnkelsbûhl et Ratisbonne. Il passait ainsi au nord de la Hesse, de Nassau, de Baden, du Wurtemberg et de l'ancienne Bavière *. Des deux côtés
' I^ mosaïque pour l'argent qui a dû précéder celle des petits objets, ne paraît à Rome que vers le temps d'Auguste.
* Voyage autour duCaucoiey par Du Rois, tom. IV, pag. i94-304. Le nord a toujours menacé le midi. La garde des passages du Caucase a toujours été envisagée comme importante. Les Chinois ont commencé à élever leur grande muraille il y a plus de deux mille ans pour contenir les peuples du haut plateau de la Mongolie. Les remparts de la Ractriane. les murs médiques entre le Tigre et l'Euphrate, le mur de Réry dans le voisinage de Persépolis, devaient défendre les peuples de la Rabylonie et de la Médie contre les noma-
MÉM. KT IMHHIW. \\v. 97
&I8 MONUMENTS DR l'aNTIQUITÊ.
do retranchement, les tumulî sont répandus en grand nombre sar le sol de TAIIemagne, mais pour le moment nous n'avons à nous occuper qne de ceux qui furent éle-
des HtythM, ou autres, du nord et de l'est de la mer Caspienne. Chaque dation de colonies grecques en Thrane, en Crimée, eut son mur de défeiMe. La Cbersonèse de Panticapée se ferme par le rempart d'Akkos contre lea Scythes, que ceux de la Cbersonèse Héracléotique repoussaieut par uu reiii|»art élevé entre l'extrémité des baies de Sébastopol et de Balaklava. On eonoall le mur que At élever Mîltiade pour fermer aux Thraeei l'entrée de la Chenonése de Thrace. Plus anciennement encore les Cimmériens s'étaient déjà for^ tiflés contre les Scythes dans Ttle de Taman, dont- ils formèrent une presqutle, par un rempart connu sous leur nom. (Strabon, liv. XI, pag. 474.) Même les Romains, sous Trajan et sous Adrien, ne furent-ils pas forcés de se mettre i couvert d'une invasion des barbares du nord par des lignes de fortifications qui riralisent presque en longueur avec celles de la Chine ? Ainsi ils élevèrent, vraisemblablement sous Adrien, le fameux rempart dit de Tra^an^ dont le nom retentit encore dans la bouche des habitants de la Moldavie, de la Podolie et même de l'Ukraine. Là tout ce qui est grand est de Trajan. Démétrius Kantémir, dans une description faite il y a plus d'un siècle de la Moldavie, décrit ce rempart, qu'il fait passer de Petervaradin sur le Danube, par les montagnes de Démir'KQpou (Portes de Per), aujourd'hui montagnes d'Orsova. De là, sous la forme d'un simple rentranchement, il le fait traverser la Moldavie et la Valachie, couper le Pruth près du village de Tngan, le BotQm près de la ville de Caunah, et après cela, le conduit à travers toute la petite Tartarie, jusqu'aux rives du Don ; il lui assigne ainsi environ 400 lieues de France de longueur. La seule partie bien connue de ce rempart s'étend en effet entre le Pruth et la mer Noire sur une longueur de 88 lieues. Les armées russes le connaissent fort bien et l'ont passé et repassé maintes fois. I^ reste de ce rempart est très incertain, et même ce que dit Kantémir de ta prolongation jusqu'au Don ne paraît pas probable; je n'en ai vu nulle traee sur les divers points que j'ai traversés et n'en ai jamais entendu parler de façon i conformer l'opinion de Kantémir. Un second rempart dont j'ai visité plusieurs tronçons en Podolie, peut être assigné avec beaucoup plus d'assu* ranee que le premier à l'empereur Trajan qui, après la conquête de la Dacie, avait tracé une frontière à l'empire romain, au delà du Dniester. — Les Romains défendirent aussi l'Allemagne par des murailles sur plusieurs points ; en en voit des restes dans l'ancienne principauté de Hohenlohe près d'Oehringen, et tout le monde connaît k mur du Diable, qui s'étend du Dinketspubl
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vés dans les parties de la Germanie étrangère à la domi^ nation romaine. La plupart des Tariétés de constractions observées dans la période précédente se reproduisent
vert IngoUUdt, et qui a prèe de Si lieueede lonf. — Enfin, ne fallut-il pat qa'Adrien fit construira entre l'Angleterra et rEeoiae actuelle, sa famenae nnraille Calédonienne on PteU-VioU^ qui devait empêcher les fiers Calédoniens d'envahir l'empire romain. — Toujours le midi s'est mis en garde contra le nord. Quelle belle muraille la nalura avait élevée entra lamerNoira et la mer Caspienne, pour faciliter cette défense de ce qu'on appelle la civilisatioo contre la barbarie ! Cependant, nous avons vu que les Cimmériens et les Scythes surant la franchir, et i'empira de vingt-huit ans (de 688 à 605 av. J . G.) qu'exercèrent ces derniers sur l'Asie centrale, laissa d'asses effrayants souvenirs aui potentats de la Perse pour les engager A prandra toutes les précautions afin d'empêcher ces nomades de ravenir. La grande muraille dite caueasienne fut construite alors. — Selon les chroniques géorgiennes, oa la doit A Ardan^ gouverneur de la Géorgie pour Aphridoon ou Féridoun. D'autres, comme Massoudi, en attribuent l'honneur à Xirg^ fih de Darius, ou A Alexandre le Grand. Ces traditions indiquent que chaque souverain de cette époqne songea A cette ligne de défense, l'améliora et retendit. Cependant on aurait tort de croira que le Caucase fut ainsi traversé par une ligne continue Les cimes du Caucase sont inabordables dans presque toute leur étendue Il ne se présente que fort peu de passages praticables, et la plupart
seulement en été. Il ne s'agissait donc que de défendra par des murailles et par des tours les étroites ei sombres vallées, semblables à des défilés , qui mènent aux cols principaux, et le Caucase se trouvait fermé hermétiquement. — La grande muraille est donc composée d'un certain nombre de tronçons
qui peuvent avoir été ordonnés successivement par différants princes Le
principal tronçon de ce système de défense est celui qui commence à la mer Caspienne et qui cldt l'étroit défilé (derbend) qui reste entre cette mer et U chaîne de montagnes voisines. La muraille est très forte, construite eh calcaire coquillier, et appuyée de 6 à 8 verstesde distance par une tour carrée ; cette partie parait avoir été renouvelée par Nouchirvan, roi de Perse. Massoudi, (Magatm afiatique de Klaproth, pag. 161) s'exprime ainsi : La Porte des Portes fut construite par Khosrou Anouchirvan, qui y fit élever un mur, et le prolongea dans la mer à la distance d'un mille ; il faisait la frontière depuis la mer des Khasars, jusqu'aux cimes les plus élevées do Caucase ; ce mur traversait les rochers et les précipices, et s'étendait sur une longueur de 40 parasanges, jusqu'au fort appelé Thabaristan. De trois en trois milles,
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dans celle-ci ; cependant l'arrivée des Wendes introduisit on noaveaa mode de sépulture dont nous aurons à donner le description.
Bien que les relations peu nombreuses qui nous sont parvenues sur les cérémonies funèbres des anciens Germains soient fort incomplètes, il n'en est pas moins inté-
plu8 OU moins, d'après la nature du terraîOp AnouchirYao y fit placer des portes de fer. A chacune de ces portes, il posta, en dedans de la muraille, un certain nombre de troupes chargées de garder la porte et la partie de la muraille voisine, etc. Ghérif Edrissi (qui écrivit en 1153 d. J. C.) donne Ténumération suivante des portes fortifiées et fermées de la chaîne orientale du Caucase. Ce sont : les portes de Tsoul, d'AUan, de Sairftn de Lasinah, de Malékah, de Sedjesdji, du Seigneur du Trône, de Kilan-Chah» de Karouïan, de Thabersasinah, d'Abran-Chah, de Lian-Ghah. 11 paraît même qu'il a existé plusieurs remparts distincts, qui seraient marqués sur la carte du voyage de Lerch, en 1747. — La grande porte de cette muraille était i Derbend, Bnhal^Ahvabi ou la Porte des Portes des Persans, la porte Caspienne de plusieurs auteurs anciens. Les autres tronçons connus de nos jours et marqués pour la plupart sur la carte du général Khatof, sont chez les Ingouches, Tancienne muraille de Vapila^ sur l'Assaï ou Ghalgir, au-dessous du sanctuaire den Ingouches. — Chez les Osses on en compte quatre, qui sont plutôt des portes de défilé que des murailles. Le principal est celui de Darial^ sur le Térek. I.e second est plus à l'ouest dans la vallée latérale des Tagaouri, parallèle i celle de Khévi, et arrosée par le Kisil-don qui se jette à gauche dans le Térek. La troisième muraille e<(t chez les Sakhas, sur le Fiag ou Pog, autre affluent
de gauche du Térek. On en a retrouvé les traces entre Latehe et Khilag
Les Géorgiens, enfin, en construisirent une quatrième chez les Vttlaghin, dont TArridon, qui a sa source entre le Kadélaet le Khokhi, arrose la vallée... Dans le milieu du V' siècle ap. J. C, Vakktang, après avqir soumis les Osses, construisit à Cauara une bonne muraille qui mit fin à leurs incursions. Se- Ion Vakhoucht, elle est au-dessous du Zramaga inférieur. « Là est une porte en roches cimentées, avec un grand ceintre par-dessus la rivière, et les rois, ajoute-t-il, l'ont construite pour que les Osses ne pussent venir par là sans leur permission. Cette vallée est très forte et inaccessible. Zramaga est une
grande et forte citadelle construite, dit-on, pour la reine Tamar. » c Aa
delà des Osses les passages du pied de l'Elbrous étaient fermés par d'autres murailles et remparts, dont l'un appartient à la vallée des Troglodytes, aujour-
ressant de réunir ces traits épars. Tacite dit que les corps des GermaiDS de distinction étaient brûlés avec des bois odorants et que leurs cendres étaient recouvertes d'une colline de terre. — La mort dans les coml^ats était honorée par les Goths ainsi que par la plupart des autres peuples; si le défunt avait été un hardi navigateur, son corps était déposé sur un vaisseau auquel on mettait le feu, et tout disparaissait dans les eaux '. La chronique de *
d'hui vallée de Kislavodtk ou des eaux acidulées, l'autre était sur la Kouma. Enfin le dernier tronçon, à l'instar de celui de Derbend, fermait le défilé maritime de Gagra que j'ai décrit plus haut. La muraille de Kélassour défendait seulement la république grecque de Dioscourius contre les montagnards du Caucase. »
Voyage autour du Caueau. Du Bois, tom. V. pag. 445. — Crimée : Céte de rOuest. • La terrasse étroite du Kasiile que j'ai mentionnée plus haut était donc le seul passage un peu commode que la côte pût offrir. Fidèle à leur système» les plus anciennes populations de la Tauride y avaient établi Tune de leurs fortifications, que la tradition tartare a baptisée du nom de /)émtr- Kapou (porte de fer). Trois murailles en formaient l'enceinte ; les deux plus courtes avaient de SOO à S50 pas de développement, s'appuyaient par un cété sur les flancs à pic du Kastèle, et descendant dans une disposition parallèle, venaient aboutir aux deux extrémitéiT de la troisième muraille qui bordait l'escarpement irrégulier de la terrasse sur une longueur de 5 à 600 pas. » — • Les murs sont composés de gros blocs de granit, entassés les uns sur les autres, sans ciment quelquefois ; il ne diffèrent en rien de celui que j'ai décrit à l'ouest du Tchatyrdagh. L'intérieur qui n'est qu'une bande étroite, renfermait quelques grossiers édifices ; j'ai cru même avoir reconnu à l'angle sud-est, les restes d'une tour grossière. Tout témoigne ici de l'enfance de l'art, et rappelle les constructions cyclopéennes de la Grèce, ou les camps gaulois de la France et de rBelvétie; j'attribue en Crimée ces ébauches de
constructions aux Taures Les Taures, à mon avis, sont aussi les auteurs
d'une seconde forteresse beaucoup plus considérable que la première et qui embrassait une partie de la sommité de la montagne. Une muraille construite sans ciment, s'étend du nord au sud, d'un précipice à l'autre et renferme des traces nombreuses d'habitations mêlées de fragments de vases en terre cuite, de différentes espèces. »
' Keferstein, KeU. AU. s. 806.
kifi MONUMENTS DB L*ANTIQII|TK.
Pierre Durbarg de Tordre TeatOQÎque aoas a cooserré des détails curieai sur les cérémoDies funèbres des anciens Prussiens. < Lorsqu'un homme, et surtout un noble, venait à mourir, on le plaçait sur un siège au milieu de sa famille et de ses amis qui lui disaient: Halélé, n'avais tu pas une maison commode, une belle femme, pourquoi es* tu mort? N'avais-tu pas de beaux troupeaux, des chevaux légers à la course, de bons chiens de quête? Qui t'a chassé du monde, Halélé? On étalait les richesses en lui répétant les mêmes questions, et comme il ne répondait point, ceux qui étaient présents, le chargeaient de leurs derniers adieux pour leurs amis et leurs parents décédés '. On fai-
* Dans la province de Gourda (au sud de la Ningrélte, côte orientale de la mer Noire), Du Boit de Montpéreux a vu la cérémonie suivante qui se passait en i888. « En passant près d'une chaumière, je fus témoin des cris et de la douleur que témoi^ent cet peuples pour leurs morts. Les parents et les amis ne quittent pas le corps jusqu'à ses funérailles, et ne cessent de pousser de lugubres complaintes. — Ne t'ai-je pas aimé, lui dit l'un ? Ahi ! — N'avais-tu pas une bonne maison, lui dit l'autre? Ahi ! — Quand est-ce que le boire et le manger t'ont manqué ? Ahi ! — Tes Koupchines ne sont-elles pas remplies? Ahi ! — N'avais-tu pas un bel habit ? Ahi ! — Comme tu étais bon ! Ahi ! — Comme tu étais beau! Ahi ! — Comme tu étais habile! — Et tout ce monde i chaque phrase fait un chorus de plaintes et de désolation, à l'entendre d'une demi-lieue. » « Ce désespoir est coupé de moments de repos ; chacun cause alors tranquillement, pour recommencer l'instant d'après avec plus de fureur son rôle de désolé. Le noir et la barbe qu'on laisse croître sont les signes du deuil cbes les hommes. » — Près de Gori, en Géorgie, on voit un cimetière recouvert de fragments de cruches et de vases à boire provenant des repas funéraires célébrés sur la tombe des moils. Voyage autour du Coucaut Tom. Ill, pag. 117 et 191.
• Ghes les Osses (peuplade au nord du Caucase) lors des funérailles, les parents et les voisins du défunt se réunissent dans la maison de deuil, qui présente le même tableau de lamentation et de cris qu'en Géorgie. Les hom* mes se frappent avec un fouet le dos et la nuque ; les femmes se déchirent le visage et la gorge; la veuve s'arrache les cheveux; elle cherche même à
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sait ao défont des présents funéraires; pour les hommes, c'était une épée qui devait les défendre contre leurs en-* nemis; pour les femmes, une aiguille et du fil dont elles devaient se servir pour raccommoder leurs vêtements dans ce long voyage. Les pauvres étaient enterrés, les nobles consumés sur un bûcher. Les parents accompagnaient le convoi à cheval, Tépée à la main, jetant des cris pour écarter les esprits malfaisants. Arrivés au lieu de la cérémonie, le cortège faisait trois fois le tour du bûcher, en répétant les mots : Halélé, pourquoi as-tu quitté la vie? On brûlait avec le mort des meubles, des chevaux, des chiens, des faucons, tout ce qui avait servi à ses besoins
16 bleflier avec une arme tranchante, ou avec une pierre aiguë, comme le faisaient les anciens Scythes elles riverains du Bosphore, qui déposaient ces pierres ensanglantées dans le tombeau.
• Après trois jours de pleurs, on enterre le mort, enveloppé d'un feutre, dans une fosse assez profonde. — Un an après, les parents donnent un grand festin en Fbonneur du défunt. Tous les habitants des villages voisins, et mémo ceux de la vallée entière, viennent y prendre part. Pour augmenter la solennité de la fête, on établit des courses de chevaux. Le vainqueur reçoit un présent consistant en bœufs. — Dans plusieurs parties de TOsseth, cha* qne famille à son lieu de sépulture séparé, c'est un vaste bAtiment carré avec une entrée très étroite. Deux hommes y traînent après eux sur des planches, le corps du défunt; quand il est consumé, on mêle ses os avec ceux du reste de la famille. LesDougors suivent, au contraire, Tusage des Géorgiens et des autres Caucasiens. Ils parent le mort de ses plus beaux habits et l'enterrent dans des fosses murées, peu profondes, ils recouvrent la tombe avec des pierres plates, et l'on y plante des arbres; du cété delà tête, on érige, pour les personnes de distinction, des pierres carrées de la hauteur d'un homme, taillées irrégulièrement. Reineggs assure que dans les anciens tombeaux des Osses, on trouve souvent des monnaies cufiques, sassanides et géorgiennes. — Mourir frappé par la foudre est, comme chei les Lithuaniens, quelqna chose de saint. On enterre le défunt à la place où il a été frappé ; on y tue vn bouc noir, dont la peau est empaillée et suspendue A une perche sur le tombeau du nouveau saint, que l'on croit appelé par Elle, le grand saint et patron des Osses. • (Koyege autour du Coucou, Tom. IV, pag. 450.)
00 à ses plaisirs sur la terre ; quelquefois même, des femmes, des esclaves, attachés au défuut, étaient précipités dans les flammes. Des panégyristes, nommés TaUssons ou Ligmtons, faisaient l'éloge du mort, qu'ils croyaient voir dans les nuages, monté sur un cheval blanc, revêtu d'armes brillantes, tenant trois étoiles dans la main droite, un faucon dans la main gauche, et s'avançant vers un autre monde, dans tout l'éclat de la puissance et de la gloire ' . >
Les tnmuli de cette période, avons-nous dit, ne se distinguent guère par leur construction de ceux de la période précédente, bien qu'ils présentent en général des dimensions moins considérables; cependant au point peu avancé où en sont les recherches, quelques faits se présentent comme des irrégularités accidentelles qui doivent pourtant avoir leur raison d'être. Ainsi, entre Weimar et Domburg, près de Ramsledi, était un tumulus de 35 pieds d'élévation. Au centre, le tombeau principal, formé de grandes plaques et recouvert de 4 dalles, contenait deux squelettes, l'un d'homme, l'autre de femme, de chaque côté se trouvait une petite cellule, et tout auprès, le squelette d'no petit enfant reposait dans une caisse ou cercueil en pierre. Un peu plus loin, un squelette également protégé par des pierres, était entouré de vases, de dents d'animaux, de couteaux en fer et d'autres objets. D'autres tombes consis taient en simples rangées de pierre ; quelques-unes, audessus du tombeau principal, conservaient encore quelques restes de cercueils en bois sous de petites voûtes de pierres sans mortier *. On a trouvé, dans ces divers tooi-
' Nichaud, tom. 111, pag. 64i. Pièces justificatives. • Kefertt. Keit, AU, s. 48.
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beaux, des cornes, des vases, des anoeau, des grains de colliers en verre et en crislal, nne bagne, des boucles d'o* reilles enrichies de carnioles, des agrafes de bronze et d'argent, et quelques instruments en fer *. — Un autre tumnlus, près de Wemburg, entre Ravis et Pôssueck, re couvrait plusieurs cercueils en pierre, 30 squelettes, des armes, une urne de verre et des objets en fer". — Vers Mûcheln, non loin de Merseburg, les urnes des tumuli étaient accompagnées d'ornements divers et d'éperons en fer».
Dans VAncienne Marche^ on trouve des petites collines, pareilles à un segment de sphère, dont la base est souvent entourée de blocs informes, pris en partie dans le sol. A Tintérieur, les urnes cinéraires sont déposées en grand nombre dans la terre ou le sable, quelques-unes ont pour couvercle un plateau en argile, et plusieurs contiennent avec les cendres, des jouets d*enfants. des couteaux en fer, des grains de colliers en verre, des fibules, des épingles, des anneaux et des chaînes en cuivre ou en fer. Les ornements sont variés et différents parfois d'une colline à une autre colline ^.
Au nord de TAIIemagne, les tombeaux de l'âge qui nous occupe sont des espèces de cimetières, dans lesquels on retrouve, non des squelettes, mais des urnes cinéraires déposées en grand nombre dans le sol. Ces places (Tûmes
' Keferiteiii. Kelt. AU.^ s. 47.
• Keferetein, Kelt. AU., s. il.
' Bohême, Matbias Kalina, s. 101-108; i7l-t7i, autres tumuli.
* Ainsi le Wolfêberg près de Briei, quelques collines dans le voisinage de GiiutftUL, une près de Lôknt, une près de Bitu. — iVetie Miith.^ von Halle, Band U, 111 und IV Heft, s. 544-584.
&26 MONIJMRNTS DK L*ANTIQUIT&.
proviennent essentiellement des Wendes ou Slaves qui arrivèrent an III^' siècle sur les bords de l'Oder, et s'étendirent jusqu'à l'Elbe, et au delà de Luneburg, à la fin du V^ siècle. Ils pratiquèrent leur culte dans ces contrées jusqu'au IX*', et môme en quelques lieux, jusqu'au XII® siècle de notre ère '. — Les parties sablonneuses de l'aocienne Marche possèdent beaucoup de ces places d'urnes, entr'autres sur les hauteurs du Feldmark, sur le WindmûMei^ bery et sut* le Sandberg. Les urnes reposent dans le sable à une profondeur d'environ 2 pieds; quelquefois une pierre plate, leur sert de couvercle, souvent elles sont si nombreuses qu'elles se touchent toutes. Leur contenu est à peu près le même que celui des tombeaux de l'âge précédent*. — A Womg^ près de Bergen, dans le Hanovre', ces urnes, avaient été déposées sur un pavé à peu de profondeur dans le sol, et au-dessus de chacune d'elles, était un bloc de granit en guise de pierre sépulcrale. — Dans le district de Potsdam, on a découvert près de Gnewikow, six urnes d'argile disposées en cercle, à une égale distance les unes des autres, sous la surface du sol. Au centre se
* Ils s'établirent aussi sur les bords de la Saale, et en Franeonie jusqu'à Bamberg, Wûriburg et Fielda. Quelques colonies slaves allèrent jusqu'en Hollande dans la contrée d'Utrecbt, et en Angleterre dans le comté de Wittshire. — Keferst. Kelt, AU. s. S60. L'an 1006, Ludwig^ Script, rerum Bambeiv, pag. 1116, dit que l'Evèché de Bamberg était en grande partie habité par des Slaves.
* Ainsi le Zoaskenberg près Briez, le Windmijhlenberg près Ehtinet Is Windmûhlenberg près GuiufM^ le Windmiihlenberg près ZethUÊgm, le Sandberg près Kahntedtf le Sandberg près Lôhne. — Places identiques pfés de Luchow et de Wustrow dans le Hanovre.
> A deux milles de Salsweden. --Voir lea détails sur ces différentes places dans les Neue MUth,, von Halle, Band II, III und iV Heft, s. Mi-684. Mémoire du prof. Daniel.
A6B DU FKR. 4i7
irooTait qd beau ?ase en bronze dont l'anse est adaptée, de chaque côté du col| à un anneau qui surmonte une tête ailée. Un umbo, des épées reployées, des fers de lance, des ciseaux à ressort et des éperons, tous en fer, occupaient l'espace compris entre le vase de bronze et les urnes d'argile.
En général, ces sépultures sont un simple dépôt dans le sol avec des dispositions diverses, mais au nord de la PamérelUe elles reproduisent un genre de construction propre à plusieurs tumuli, dont elle ne différent que par Tabsence des collines artificielles. A un mille et demi au sud-ouest du point où la presqu'île d'Héla s'unit à la terre ferme, s'élève, dans une grande plaine, une hauteur naturelle, choisie anciennement pour lieu de sépulture. Les tombeaux qui y ont été déposés offrent la construction suivante : A une profondeur de 3 ou 4 pieds gisent des dalles brutes placées horizontalement qui servent de base à d'autres dalles posées de champ, de manière à former des caisses cubiques, recouvertes d'une ou plusieurs pierres plates. Une grosse pierre repose sur le couvercle. Quelques-unes de ces caisses ne contiennent qu'une urne, d'autres n'en renferment pas moins de 10. La forme et la grandeur de urnes varient, l'une portait les traits d'une figure humaine, dont les oreilles étaient représentées par celles du vase ', deux autres avaient aussi de petites anses en forme d'oreilles, percées chacune de deux trous où passaient des anneaux en bronze ornés de perles d'ambre
■ J'en ai vu de pareilles dans la collection de la Soc. d'hist. et d*ant à Munich. — Voir aussi Dos ITèn. Mtueum, von Ledebur, Taf. Il, n^ 1, 1410, I, 1411. — Un vase, n* 1, 1659, est curieux en ce que l'anse du vase forme le nez de la fif ure.
&28 MONUMEfCTS DE l'aNTIQLITÉ.
et de ?erre. Dans les urnes, ou i côté, ou a recueilli d*autres anoeaui pareillement ornés de perles, une bague, une fibule à ressort en bronze et quelques fragments d'anneaui en fer. — Sur une autre colline de la même contrée, dans le domaine de Klein starzin, près de Radiscbau, d*ao* très tombeaux ne différaient des précédents que par la forme de la cellule, qui, au lieu d'être carrée, était circulaire et construite de pierres informes à la place de dalles. — A Touest de Danzig, on a trouvé, sur les hauteurs de Hagelsberg, plusieurs urnes, Tune avec des monnaies cafiqnes et un vase dont le couvercle était surmonté de la figure d'une femme éplorée (en bronze). — Enfin, au sud de Danzig, près deGischkau, les urnes d'un tombeau en pierre, contenant des cendres, un anneau, des perles d'ambre, de verre bleu, et trois deniers en argent de Domitien et d'Adrien '.
Ces places d'urnes existent dans plusieurs lieux du Hanovre, entr'autres près de Lunebourg. Elles sont nombreuses dans les duchés de Mecklenbourg *, dans la Po* méranie et la Pomérellie. Plus rares en Thuringe que sar la rive droite de la Saale, on les retrouve dans les enviroDS de Magdebourg, dans le Brandenbourg, et sur les bords de VOder % surtout au sud du district de Frankfart. Dans les environs de Breslau ^ on a recueilli plusieurs milliers de
* i\eue MUth, vod Halle, VllI Band, II* Heft., 1848, s. i-tO.
* Surtout près de Preseck, Kotheadorf, Marnitz, Gheine, Camirs, Pritxio, etc. On y trouve beaucoup d'objets en fer. — Jahrbureh von Schwerin, VIll, 58- 75. 77.
' A l'est de rOder les urnes de pierre sont souvent sous la terre lans collines.
* Près d*Oels et Trebnitz est Mauel^ où Hermann recueillit en 1711 plosde 10,000 urnes. Le district de Reichenbach, sud de Breslau, est riche en uraei.
AGE DO ren. 4i9
€68 arnes. Les places d'arnes sont aussi fort répandoes dans la Lu&ace^ dans le royaume de Saxe S dans la Bohême * et dans la Moravie '. — Les noms des collines et des ?illages auprès desquels on les retrouve sont fréquemment d'origine slave, l'absence de ce genre de cimetières dans les contrées qui ne furent pas occupées par les Wendes ne laisse d'ailleurs pas de doute sur la population à laquelle on doit attribuer ce mode de sépulture.
Malgré le grand nombre de ces places, on doit cependant reconnaître que pendant que les Wendes déposaient leurs urnes cinéraires sous la surface du sol, les Germains continuèrent, en plus d'un lieu, à élever les tumuli selon leur ancien usage. On peut s'en convaincre par la présence, dans quelques-unes de ces collines, de vases * ou d'autres objets enlevés à des temples chrétiens, et déposés dans les tombeaux païens comme des dépouilles qui témoignaient des hauts faits du défunt. Ainsi s'explique la rencontre assez fréquente d'objets d'un art étranger.
Une dernière classe de tombeaux rentre dans les cime-
I Les places d'urnes sont très répandues presque dans tous les lieux anciens de la Lusace, dans les cercles de Uûssen, de Leipsick, surtout dans le voisinage du fleuve, en partie dans les vallées, en partie sur les hauteurs voisines. A côté des antiquités d'origine barbare il n'est pas rare d'y retrouver des antiquités d'origine romaines.
* Près de Prague, vers Nettowits, grande place d'urnes avec beaucoup d'ob^ jets. Ces places plus ou moins grandes sont extrêmement nombreuses dans toute la Bohême.
> Keferéteiu. Keli. AU. 3, 74, 77, 78, 81, 85, 98, 108, 111, 114, 119. 1J4
^ Ainsi trois vases en bronie, un en forme de griffon et deux en forme de lion, conservés dans la collection de Berlin sous les n^ II, i860, 11, 2986. — L'Age auquel ces objets sont déposés dans les tombeaux est le même que celui des places d'urnes
tières proprement dits, dont l'usage se répandît avec le cbristianisme. — Les tombeaux, déposés dans le sol par alignemeols plus 01» moins réguliers, sont généralement construits avec des pierres brutes, entre lesquelles le mort est étendu sur le dos. Les armes et les ornements sont encore ceux qu'on retrouve dans les tumuli et les places d'urnes, mais parfois d'un art un peu plus développé *. Il est difficile de les attribuer avec certitude à l'époque chrétienne, à moins qu'ils ne renferment des monnaies qui indiquent leur date, ou des symboles de la foi nouvelle. Dés qu'ils sont éloignés des lieux d'habitation ils remontent toujours à une certaine antiquité, vu que l'usage d'inhumer autour des temples suivit de prés l'introduction du christianisme dans ces pays. — On a découvert de tels cimetières dans les environs de Meiningen * et A'Erfurt. Ces derniers contenaient quelques vases, des colliers en chaînes d'argent ou en perles d'ambre et de verre, des anneaux, des ornements de bronze ou d'argent, et beaucoup de couteaux en fer'. — Plusieurs cimetières ont été fouillés dans le duché de Saxe-Weimar; on y a trouvé des vases d'argile, des anneaux de bronze et de fer, des bagues en or, des
* Lt squelette déposé en terre, sans colline, n'est cependant pas toiqoart de répoque qui nous occupe, comme on peut s'en convaincre par ceux de Pierra-Portay prés Lausanne, de Verschies et deCharpifny, de Hallstadtprés Salsbourg, d'autres en Angleterre et en Allemagne, mais on manque encore de recherches suffisantes pour déterminer ces exeeptions.
* Prés de HUdlmrghauun^ squelettes en terre libre d'hommes et d'eafanu chaque mort avait un couteau en fer auprès de lui, très petit pour les enfants. Quelques erftnes étaient entourés d'un fin fil d'argent. On y a trouvé des perles de verre noir et deux petites figures de femme, d'argile Manche Irèe fine. Wagener flg. S99-609.
* Keferstein. pag. 4i.
AGB DU PEU. 431
boucles d'oreilles eDricbies de carnioles, des colliers d'ambre, des fibules ornées d'émaux, des perles de verre en mosaïque, des armes en fer, comme pointes de traits, couteaux, poignards, épée à deux tranchants, des dents de chevaux et des os d'oiseaux. Au-dessus des tombes étaient quelquefois des pierres disposées en cercle;, mais le plus souvent aucune marque à la surface du sol n'indiquait leur existence '. On a aussi observé des tombeaux pareils dans la Thuringe^ et sur les côtes du Meklembourg *.
Formes.
Si l'on jette un coup d'œil d'ensemble sur les objets découverts dans les divers genres de tombeaux que nous venons de mentionner, il est facile de saisir de nombreux traits de distinction avec la période précédente. — Les bracelets, beaucoup moins nombreux, ne présentent plus le même genre de gravure. Les colliers, au lieu d'être formés d'un cercle de métal, se composent de grains d'ambre, de verre et d'une pâte argileuse. L'ambre provenait des bords de la Baltique. Il est diflBcile d'indiquer la provenance des autres perles, de formes et de couleurs variées. On en trouve des sphériques, des cylindriques, des elliptiques; elles sont unies on à parties saillantes, transpa rentes ou opaques, émaillées ou a mosaïque, ornées de disques ou de lignes ondulées. Ces grains de collier, avec lear diversité, se retrouvent partout en Europe à l'Age
• Objets pareils près île Cille, fX de PodeIwiU. Keferst. 48.
• Keferst. 63.
> Keferst. 98.
^3*2 MOMMENTS DE L'aNTIQUITÉ.
qai nous occupe, et ce qui n'est pas moins surprenant, c*est que quelques-uns paraissent déjà à'côté des momies égyptiennes, avec tous les caractères propres à ceui du Nord'. Cette analogie de formes et de teintes, à des époques et dans des contrées si distantes les unes des autres, doit faire remonter l'invention de cet art à une haute antiquité, cependant il ne se répand qu*a$sez tard en Europe«.sans qu'on puisse dire de quelle partie de l'Asie il a été importé *. — Plusieurs fibules reproduisent les formes anciennes, mais on ne trouve plus ces broches à grandes spirales qui ne servaient pas moins d'armure que d'ornements; quelques-unes sont munies d'une plaque en ter allongée ou triangulaire ' que nous ne tarderons pas à retrouver sur les agrafes; d'autres, en bronze doré, sont ornées de ciselures profondes^ qui remplacent la légère gravure de Tâge précédent. Les boucles munies d'an ardillon commencent à paraître ^. Les armes ne présentent pas un changement moins sensible. L'ancienne épée, avec sa petite poignée et le tranchant ondulé de sa lame, est remplacée par une épée plus longue, avec poignée en os ou en bois; le pommeau et l'a croisière en fer sont encore rares *, la lame droite, large et à deux tranchants
< Entr'autres les perles à côtes comme celles de Bel- Air.
* Si c'était par les Phéniciens, comment arriverait-il qu'il ne fût pas plot ancien dans le Nord? Je n*ai pas non plus dMndices qui me permettent d'en attribuer l'extension aux Phocéens ou aux Massaliotes. Des perles pamlletfe trouvent en Crimée. Seraient-elles introduites par les dernières landes invasions d'orient à occident ?
> De Ledebur, flg. II, 1S88.
« De Ledehwr, fig. Il, 532,11, 5i7. Waf^ener, flg. 67, 68 ; d'Angerbuff N. E. de la Prusse.
> Wagener, fig. 994.
• Nfue Mitth. von Halle, 11. Band, I> Heft. Taf. I, fig. U.
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parallèles, se termine brusquement en pointe peu acérée, La facilité avec laquelle on les a reployées pour les déposer dans les urnes permet de douter de leur qualité. Quant aux sabres recourbés qu'on ?oit entre les mains des Germains sur la colonne Trajane, on ne peut dire s'ils sont une invention de l'artiste, ou si leur absence totale dans les collections de l'Allemagne provient d'un manque de fouilles suffisantes. — Le fer de lance, en se rapprochant davantage de l'ancienne forme, reçoit parfois des dimensions plus' considérables. — La hache en fer prend dans quelques cas assez rares la forme du celt^. — Le bouclier n'est plus entièrement en métal ; garni de fer sur les bords, il est revêtu au centre d'un umbo circulaire dont la partie proéminente est demi-sphérique ou terminée par une pointe assez pareille au col allongé d'un vase. — Au lieu de l'ancien couteau légèrement arqué, la lame affecte la forme la plus usitée de nos jours. — Les faucilles sont plus grandes et moins larges que celles de bronze V — Les ciseaux ne diffèrent des précédents que par le métal. — Des éperons, propres an nord de l'Allemagne, consistent en un petit arc de cercle, fixé à la chaussure par des clous, et muni d'une forte^ pointe conique '.
Les vases et les urnes en argile occupent une grande place dans les antiquités de cet âge, et reproduisent la plupart des formes que nous avons décrites précédemment. Le moyen le plus sûr pour apprécier l'âge auquel ils appartiennent, est de tenir compte des objets qui les accom-
* Colloetion du pasteur Augustin, à Halberstadt.
* Planebe du pasteur Augustin, XV» 8.
' Jahreêbericht von Schwerin, tom. VI, Taf. I, s. 148.
■ÉM . n DOCUM. XXT. tS
434 MONCMEffVBl DR l'aMTIQUITB.
pagMDt; La plnparl sont: braw^ jumâlres ee ïmk>; lea uns sont d'QDeatffte grossière, mêlée de petites' pîerrea silkceases; d'autres; é'tiDe pâle très fine; ootcoD^nréle briltaDtdtv Ternis. Lear ofneoieDtlSi dont les va&es<sonl nsh vèlQS) oonsisteol toujours en poînttllafes et en lîgMS«gnir Tées, droites, parallèles^ lH*i8ées ou ondulées avec plus on noiffs de boDÉeur. Ub petit nombre d'unaea reproduîseM les traits de ftgvres^ humâmes^ eti de quadrupèdes- informes S* il n'ésl pas moins rare de retrouver des lettres^ qni^ d« reste; n^ofittent ancuv sens *. Soiifent on a cherehédes distinotSons de peuples daoDS fa diversité des formes et des omementSi mais œs essais restent inCrmtoeui vis^ànfis de découvertes qui présentent toutes les variétés réonies en un même lieu \ Les vases en bronae et en: verrer aoal le plus souvent l0 produit d'un art étranger; — On a re»* trouvé quelquefois dans: des tumvii des Uons et dm grif^ fons en bronze: avec une< ouverture sur la. tèle ou sur le dos destinée à introduire te liquide qui se répandait ensuite par l9 gueule de ranima) ; l'extrémiflé de la qaeM est ordinairement rannenéë entre tes deux oireiltee de^ma^ nière à former um anse. Ces vases curieux ont souffeaèélé envisagés comme appartenant à randen culte ^; um eiah
' Von Udebur, Tàb. il, flg. I, iift09-14il. - Wa8eii6r,%. 6Mi«0. •^ VômLedêtluri TalK V. flf. I, 7S$4 — Otuiêeke Altarth, voa. Krrmi Halle, lUnd U, Htft^VI, Tah.U Sg, i> S.
* Neue Milth. von Halle, Band H, Heft 1, 108-128.
* Deutêche AlUrtk. vob Rnise, Band I, Heft. IV, TM>. r. II. — GnmêUtgt der b(mUehen Alterthums Kunde^ von Woul. Taf. II. — Wagener Ikui. Alt flg. 688-980, trouvés dans la terre en Bohème, flg. 1056 trouvé près de Scberbits, entre Halle et Leipsick, avec pTosieurs urnes'd'&rgtle'y flg. f OBIMlMT'et fig. 1849, en bronze, trouvés dans un tombeaii' près de XameAvVaiw pareils en Danemark, Norwége. SiSborg".
meâ phis attentif n'd pas tardiâ à faire voir q\f\\^ ëtaietit ettpployéd dans les lemptes cbrélî^ns, d*oii les pâîeAs do nord les Mi enlevés plus d'une fois et déposés dans leurs tombeaux cooiine troj^ées. L'inventaire des ornements et objets divers d'un temple clirétieft du moyen ûge parte de rases nommés manilia, c destinés à répandre feati sur les mains des prêtres et dont la forme est eelle de lions» de griffons, de dragons, d'oiseaux, et d'autres a^ni^ maus'. » Ces vases se reirouveni avec les plats évasés ornés de sujets chrétiens et d'insci^iptions mystérieuses qu'on voit encore sur les fonds baptismaux de qfuelqnes égtfses. Ils ont été répandus sur toute l'Europe, dé ïa Sicile à l'Islande, du X^ au XVP sièete. Les inscriiptious se réduisent i( un petit nombre de légendes dont l'origiûe est orientale. En rapprochant les variétés, H est facile de se convaincre de l'ignorance de l'ouvrier, qtri imita^it les ca^ ractéres sans en comprendre la signification *. Ce fait nous montre que ce n'est pas chez les païens de l'Europe qu'il faut chercher la forme primitive de ces vases curieux» appropriés plus tard au culte chrétien. Sî les inscriptions nous conduisent à ce résultat, on reconnaîtra afussi que la représentation du lion et du griffon ne peut être origioa<M rsment propre à' l'Europe ; d'un autre côté, le travail de ees pièces ne répond en rien à l'art miétallurgiq^e de Yifè
* UrstUtt res Germ. pag. 568. « Urœi arn^entei diversarum formarum quos manilia vocant, eo quod ex eis aqua sacerdotum manibus funderetur, babentes formam leonum, dragonum, aWum et griphorum, vel aliorum aninuUium quoramcunque. » Uraticius extrait ce passage d'un inventaire du moyea &ge inséré dans le Conradi Chronicon,
* n faut en excepter l'inscription du plat de Bex que j,*ai procuré au Musée de Lausanne, et qui est en ancien allemand.
qui nous occupe. — Ici encore, déterminer le point de départ n'est pas chose facile. Une indication moins incertaine que celle dont je vais parler aurait fait faire un pas à la question. Un marchand d'antiquités me montrait dans sa collection à Moscou deux lions et deux plats pareils à ceux que je viens de décrire ; il prétendait que ces pièces venaient des Indes, où l'on s'en sert, disait-il, à un usage religeux. Sans nier la possibilité de cette provenance, on ne doit cependant pas accorder trop de confiance aux assertions d'une personne intéressée.
On trouve aussi en Allemagne quelques figurines en bronze dans lesquelles on voit la représentation d'anciens dieux germains. Le cabinet d'antiquités de Sondershausen conserve l'image un peu mutilée du dieu Pûstrich *, remarquable par son embonpoint. — Une représentation du soleil, découverte en 1745, dans la Poméranîe, consiste en une plaque de bronze, haute de 3 pieds 7 pouces, sur laquelle le buste et la tête rayonnante du dieu ressortent par le bosselage '. César dit que le culte du soleil était généralement adopté par les Germains et qu'il avait été apporté d'Asie. — Au musée de Slrélitz sont plusieurs figures informes et grotesques, dans lesquelles on a cru reconnaître les principaux dieux des Slaves et des Germains ', mais la critique a jeté en doute l'authenticité de la plupart de ces pièces qui paraissent être l'œuvre d'an faussaire du siècle passé. — D'autres statuettes, prises
* Wagener. fig. 1138.
* De Ledebur, n» II, 1921; id. Wagener, pag. 615.
» Wagener, Découverte de Rhet%a{Meck. Strel.)fif. 1016-85. RoDcowa(diit. Kdnigsb.) flg. 108S-9.
qoelqaefois pour d'anciens dieux, sont généralement d'un âge postérieur au paganisme V
Sur les côtes méridionales de la Baltique, on a retrouvé quelquefois au milieu de monnaies cufiques, des colliers de fils d'argent tressés avec art, dont nous aurons à constater l'origine étrangère à propos des nombreuses découvertes de ce genre en Suède. Plusieurs objets d'art romain ont aussi été transportés dans Ces contrées *, ainsi que les monnaies en or des rois mérovingiens '. L'or, abondant dans la période précédente, accompagne rarement les antiquités de cette époque, tandis que Targent, à peu près inconnu précédemment, commence à se répandre; mais l'incrustation de l'argent sur le fer n'a encore paru qu'une fois sur une broche d'Haguenau, dans le Hecklemburg *,
Le contenu des tumuli et des places d'urnes ne présente pas de différences assez prononcées pour distinguer les produits d'art des familles slaves et germaines qui occupaient le nord de la Germanie, mais quant aux idées religieuses la fusion fut plus lente à s'opérer, ainsi que nous le voyons par les divers modes de sépulture usités à la même époque.
Danemark, Suède et Norwége.
Les monuments des trois royaumes du Nord, malgré quelques traits de distinction, doivent être rapproché les
* Grund%uge der bohm. Alt. voa Woul II, fig. 1, 5, 7, 8. -- Hafidbuch von RIemm, Taf. XIX, XX, XXI. — Von Ledebur, Taf. VI.
* Jahreêber. von Sehwerin VIII, a. 45.
* Communication du D' Liach.
* Jahreêber, von Sehwerin. VIII, s. 43. L'argent est déposé sur le fer sous la forme de flAes perles.
438 MONUMENTS D« l'aNTIQUITÉ.
uns .d68 autres. Dans les ftges précédente, le Danemark et le midi de la Suède dous ont déjà offert en rioba cbaiip d'iobsarvations, et oeli i une époque oh la Norwéc® était eocare ûifaaUtée et où (a Suéde iMyenne ne oomptait qu'<MB petit nombre d'établiaeements. Durant la période aetoeile, Ge$ dernières contrées reçoivent une population qiû .a laissé de inombrenses traces de son existence et joua m rdie important dans le Nord,
Ooaod 09 cherche à ee faire une idée exacte des «odes de sépulture meités anoieanemeoit on se trouve souvent entouré de renseigoeneiM^ divers et parfois même coiitra* dktoîres, ce qui provient presque toujours de recherches încomplètes. en sorte que chacun pose comme une réc^e générale des ohaervations partielles. L'erreur, la plupart du temps, provient de l'es^agération du vrai. — Go tenant compte de ces éléments opposés» il en résuite qoe les tombêauiE du Danemark, dans lesquels on retrouve le fer. présentent dans plusieurs cas Tusage de Tostion. L'urne cinéraire est protégée par une caisse en pierre carrée ou oblongue, ainsi que les otijets qui suivaient le défunt dans la tombe; des pierres étaient amoncelées par'-dessus et recouvertes d*une couche de terre *. — Cependant à l'époque qui nous occupe» l'usage le plus générât chez les Danois fut rinhumation dans des tumuli plus ou moins élevés. Ils avaient l'habitude d'ensevetir le défunt avec son cheval. On retrouve ordinairement, & côté des deux squelettes, une épée en fer, un éperon, un étrier et un mors; quelquefois, la bride est ornée de plaques d'argent; au lieu d'un seul étrier on en trouve deux, et la hache d'arme remplace l'é-
* Communication de M. Sorterup.
MM Df) FOI. ((39
p6e *. — fims le nord de V Amérique, l'usage d'^oserelir les guerriers avec leurs chevaux existe -eueore de >no8 joors. iUq TOjBagrar anglaîs * raconte 1 oe^et ^q 'il a 'tu rMdre tes denrivs deveirB au cherflMieQX d'une tribu. Le oDrpsdUigaerrier était ptaieé sur ara dieval de bataille; tandis qu^uubamne natenaitœlui^i parla bride, d'aatnia jetaient de la terre alentour.... Peu à peu, la terre s'élève, recouvre le cheval, puis le guerrier... Ces travaw ae poursuivent ainsi, et nne hauteur considërafble domine aujourd'hui cette contrée.
Le midi ée la Suède a beaucoup de points de rapports aTec le 'Danemark. L'imbumatton y a été observée plus fréguemmedt que Tustlon \ — Bans la Suède mojeone et dans ta Norwége, les tumuli ant4les caractères communs qui les distinguent de ceux dont nous venons ée parler. Généralement moins grands que ceux du Danemark, ils sont souvent ^LOtourés il leur base >de blocs disposés en carr4 âu triangle ou en forme de vaisseau. D'autres, sous «es airrangements de blocs à Textérieur, recouvrent souvenlt des pi£rf es amoncelées autour d'une caissetenpieire ou eu bois, daos laquelle repose J'urae «inéraire avec des armes ^en fer, des Rbules et des grains de colliers émaillés ou à mosaïque. Ici, TusUon est générale et confirme l'observation de Saorro âturlossea qui écrivait, il y a eoviroD € fiiècles, que t^usage du bûcher avait duré moins longtempsen Danemark qu'en Suède et en "Norwége. VI§lande, qui ttii peuplée par desNorwégiens dans le IX^siècle, conserve des collines peu
« Jktnmm. Vêneit^ von Worta», t. 79-<a4.
• m, Gallin.
* Communication de M. le prof. Niltson.
hkO MONUMENTS DB l'aNTIQUITA.
élevées» entourées comme les précédentes de blocs pareillement disposés ^
Les tombeaux de.cet âge sont répandus en grand nombre dans les pays du Nord*. Les terres étant généralement peu cultivées» le sol a conservé l'aspect qu'il présentait il y a mille ou deux mille ans. L'aridité d'un rocher et les su-
* Ddnem. Von-, s. n-90.
* On peut rattacher à cet Jige par la construction, les tumuli suivants, sitnés près d'HéUnendorft au nord-est du lac Sévang, entre la mer Noire et la mer Caspienne. « Sur un vaste espace de terrain, au sud-est du village actuel» on ne voit qu'enfoncements, que débris de murailles de terre glaise et de catUouz. — A Touest de ces ruines se trouve une vingtaine ou une trentaine de collines tumulaires très intéressantes. Les colons les ont fouillées pour la plupart, pour en tirer des matériaux de construction. Voici à peu près leur forme intérieure. Sous une couche de terre épaisse de quelques pieds (S ou 8), oo parvient à un amas de cailloux formé en calotte; ceux-ci enlevés, on trouve uue voAte faite avec des poutres de genévrier, et par-dessous une seconde voûte en pierres plates de 6 à 8 pieds de longueur, provenant des carrières des environs. Le caveau s'étend dessous* On y trouve des vases d'one poterie noire inconnue, qui paraissait avoir contenu les cendres et les osiements brûlés qui sont épars autour des vases brisés ; car avec le temps les voûtes se sont écroulées, et l'on ne trouve plus rien d'entier. Ces collines ont de 80 à 40 pieds de diamètre et jusqu'à 10 pieds de hauteur au-dessus du sol : quelques-unes renferment deux caveaux. On a trouvé dans un de ces tombeaux une espèce de perle en cuivre. Ils appartiennent à une très ancienne population, à des temps antérieurs au christianisme. • Voyage auUmr du Caucase, par Du Bois de Montpéreux, tom. IV, pag. itS.
« Au sortir de Vladikavkai (immédiatement au nord de l'Osseth) commence cette foule de tumulus qui couvrent les plaines au nord du Caucase; aucan n'était couronné de statues en pierre ou baba : ce genre de monument ne commence qu'au nord de Stauropdl. »
Sur la rive gauche de la grande Psikouchat « grands amas de tumalus pressés les uns contre les autres. Trois tombeaux Tcherkesses récents, oraés
d'un turban en bois étaient mêlés à ces tumulus plus loin, jusqu'à la
petite Psikoucha, nous rencontrâmes d'anciens tombeaux tatares ou mogols, eoiutruiU en pierre, avec de petits dûmes comme dans les pays transcaaea- *iens. > Id, pag. 464.
A6R DU PBR. iAl
perstitioDS do peuple ont puissamment contribué à la conser?ation de ces monuments, groupés par centaines sur les tles et les presqu'îles, et parfois aussi dans l'intérieur des terres, au milieu des pâturages. En face de tant de richesses, l'antiquaire s'est davantage attaché à décrire l'intérieur des collines qu'à en rechercher la construction intérieure.
Le plan de ce court, qui est indiqué par l'auteur à pag. 418 , n'a pas été ponntuiTi au delà du point où nous nous arrêtons ici, du moins, dans les manuscrits que nous avons eu sous les yeux. {Noie de Féditeur.)