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peroDS d'abord de ces sarcophages de forme à peu près cubique, apparteoantà Tépoque du bronze, etdootje n'ai pu jusqu'à présent constater nettement Texistence dans la Suisse occidentale que dans la vallée du Rhône et sur les rives du Léman.
M. l'ingénieur de Torrenté , en dirigeant des travaux dans l'intérieur de la ville de Sion, découvrit, il y a quelques années, à 12 pieds de profondeur, des tombes en dalles brutes, longues d'environ 3 pieds et recouvertes desalluvions de la Sionne, au-dessus desquelles sont de fort anciennes constructions. Ces tombes contenaient des ossements et quelques objets en bronze qui n'ont pas été conservés.
En 1835, une découverte du même genre, mais beaucoup plus considérable, eut lieu à Verchiez, entre Aigle et Ollon, sur un plateau qu'on défrichait pour y* introduire la vigne. Situé à quelques centaines de pieds au-dessus de la vallée du Rhône, ce plateau, incliné vers le midi, part d'une paroi de rochers qui s'élève au nord. Dans les travaux de défrichement, on mit à découvert, sous 1 à 3 pieds de terre ou de débris de roches, plusieurs centaines de tombes, construites en dalles brutes et mesurant en moyenne, à l'intérieur, 3 pieds de longueur sur 2 de largeur et 2 de profondeur. Une dalle occupait parfois le fond de la tombe qui contenait toujours des ossements humains paraissant entassés et au-dessus desquels reposait le crâne plus ou moins conservé. Entre les tombes, on trouvait fréquemment, à des profondeurs diverses, mais à quelques pieds sous la surface du sol, des charbons de biois, des pierres calcinées et de la terre brûlée , sans aucune trace de métal, d'ossements ou de poterie. Quelques ob-
jets provenant Ae ces sarcopliages ont été déposés au Masée de Lausanne par H. Victor Deladœy : ce sont des bracelets en bronze dont l'un , formé d'un fil d'une ligne d'épaisseur» donnait plusieurs fois le tour de ravant-bras, une grande épingle à cheveux, surmontée d'une tête ptarte découpée en quatre disques te long de la tige , et entre autres un brassard consistant en une feuille de cuivre élastique repioyée en arc de cercle, à la manière des jambières antiques, et recouverte de fines gravures ^ — Des brassards parfaitement identiques ont été découverts en 1836, à peu de distance de Vercbiez, datis la localité appelée Derrière la Rêche, au midi d'OUon, avec deux cdU ou hachettes et une large lame de poignard en bronze. Je n'ai pu savoir si les tombeaux de Derrière la Roche présentaient les mêmes dimensions que les précédents ; mais il est permit de le supposer, vu la proximité de ces localités et la parfaite analogie des brassards, les seuls de ce genre que je connaisse*
Quelques tombes pareilles à celles de Vercbiez ont en-core été découvertes à diverses reprises sur le signât de Chardonne, près de Vevey, avec plusieurs objets en bronze, tels que faucilles, eells, couteaux et pointes de lance. Il est à regretter que plusieurs de ces pièces aient été dé^ truites, mais d'autres ont été retirées du creuset par les soins de M. Doret, de Vevey, et sont conservées au Musée de. Lausanne.
Dans les âges postérieurs à celui dont nous nous oocu^ pons, nous n'avons jamais retrouvé en Suisse cette atti-
' Voir ma description des Bracelets et Agrafes antiques du canton de Vaud, pi. 1. M&lheilimgen der OHiiq. in Zurich lî' Sand.
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Iode reployée des corps. En général, elle est un des traits earaciéristîqaes des plus anciennes sépaltares, non-senle-* ment en Eorope, maïs dans beaucoup d'autres régions. Dans quelques contrées de TOccident et plus particulièrement de TAmérique , ce mode d'inhumation a cependant été conservé plus tard que chez nous, et même quelques populations sauvages ont gardé jusqu'à nos jours l'usage de reployer les corps de leurs morts en ramenant les genoux vers le menton» avant de les déposer dans le sein de la terre,. Cette attitude ne doit du reste pas être confondue avec la position assise. Pour s'en convaincre, il suffit d'examiner les momies du Pérou qui ont été maintenues dans cette positon au moyen de fortes ligatures, ce qui n'est assurément pas la simple attitude du repos.
Avant de poursuivre l'énumération des découvertes du second âge, il ne sera peut-être pas superflu de justifier l'importance, au point de vue religieux, de la diversité des modes de sépulture à leur origine, en recherchant quelle peut avoir été la signification de cette attitude repliée des corps, attitude essentiellement propre aux plus anciennes sépultures du nord de l'Europe.
Dans nos précédents articles, nous avons déjà fait mention des contrées nombreuses où se retrouve le même usage, et il n*est pas sans intérêt de pouvoir en constater la reproduction sous les ruines même de Babylone. M. Thomas, architecte, profitant du moment où les eaux de l'Euphrate étaient descendues au-dessous de leur niveau ordinaire, a fouillé, en i85l , des massifs adhérents aux sobstractions des ruines du palais de Nabuchonodosor et y a rencontré des sarcophages en terre cuite, d'une exécution grossière, hauts de 50 centimètres, larges de 40 et
longs de 36 seulement. Le corps placé dans ces espèces d'ornes devait être replié sor lui-même, les genoux touchant au menton , les bras croisés entre la poitrine et les cuisses, formant une sorte de paquet K Cette attitude m'avait déjà frappé plusieurs fois, lorsque je vis à Berlin, en 1844, chez M. le D^^ Tschudi, de Claris, les momies ou corps desséchés qu'il venait de rapporter du Pérou, et dont l'état de conservation permettait d'apprécier toutes les variétés du même mode. Les jambes étaient régulîè* rement repliées sur le corps de manière à ramener les genoux contre la poitrine, et les bras étaient croisés sur la ceinture ou sur les jambes, à moins que les mains n'eussent été flxées entre les genoux et le menton. La momie d'un perroquet, provenant des mêmes tombeaux, avait les pattes sur le thorax et la tête inclinée vers l'aile gauche, en sorte qu'elle reproduisait la position du petit oiseau dans la coquille. Dès lors, je m'assurai que l'attitude des corps humains n'était autre que celle du petit enfant dans le sein de sa mère.
SI Ton rapproche de cette donnée l'opinion d'après laquelle la terre était envisagée comme la mère universelle du genre humain', on comprendra que cette position donnée au corps du défunt, au moment où il va rentrer dans le sein de la mère universelle, exprime l'idée, non-seulement de la foi à la vie à venir, mais à une naissance nouvelle, en d'autres termes, à la résurrection des corps '. Il
* Revue de$ Deux-Mondes^ 15 octobre 1854.
* Cécrops ordonne de déposer les morts dans le sein de la mère universelle. Cic. De Leffib,. II. 25.
' M. Jacob Grimm a déjà mentionné mon opinion dans la 2* édition de sa Deutsche Mythologie, p. 1220. Anno 1844.
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doit y avoir en effet dans cette attitude autre chose que l'idée d'une vie à venir, car celle-ci, loin d*étre inhérente à un mode spécial de sépulture, était propre à des nations dont les usages étaient très divers, ainsi, aux Egyptiens qui embaumaient les corps sans les replier, aux Romains qui déposaient Turne cinéraire sous la surface du sol, aux Celtes ou h d'autres peuples qui recouvraient de tumuli les cendres ou le corps du défunt. En replaçant le corps de l'homme dans le sein de la terre d'où il était sorti, avec l'attitude de Tenfant avant sa naissance, c'était assurément avec la pensée qu'il naîtrait un jour de nouveau.
On demandera peut-être si cette foi à la résurrection n'est pas essentiellement propre au christianisme, et si ce n'est pas méconnaître les idées religieuses de l'antiquité que de supposer chez les païens la connaissance de ce dogme. Sans entrer dans la discussion des passages de l'Ancien Testament où il est mentionné d'une manière plus ou moins directe, il suffira de rappeler que l'existence de la secte des Saducéens témoigne que la généralité des Juifs croyaient, antérieurement au christianisme, à la résurrection des corps. Mais ce n'était pas chez les Juifs seulement que ce dogme était admis. Tertullien nous apprend que les sectateurs de Mithra croyaient à la résurrections et il me paraît difficile de ne voir là qu'un emprunt récent fait au christianisme.
Dans l'ensemble des monuments funéraires, ceux qui sont empreints du sentiment religieux le plus profond appartiennent en général à la plus haute antiquité. Les monuments du culte de cette époque occupent une place
* De prcueriptione heretie. c. iO.
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beaucoup plus grande que toutes les autres constructions du même âge et tômoigoeut de l'intensité des préoccupations religieuses de ces anciens peuples. L'attitude repliée est dans tous les cas Tun des modes qui remonte aux temps les plus reculés , et il est vraisemblable que lorsqu'on connaîtra plus complètement les antiques sépuitu res de l'Asie, on pourra suivre pour ainsi dire pas à pas les voies parcourues par les premières migrations, à partir de Babylone et d'autres points. Plusieurs tronçons de ces voies me permettent déjà de retracer quelques-unes de ces directions, pour lesquelles il importe toutefois de tenir compte des divers caractères propres aux monuments les plus anciens. Si ce mode de sépulture, exprimant la foi à la résurrection, est Tun des caractères des tombeaux do premier âge S il ne faut pas se dissimuler que l'antiquité païenne eut de bonne heure ses Saducéens qui inhumé^ rentsans doute les corps sans les replier. Mais, d'autre part, le premier mode, loin de disparaître complètement, se poursuit même jusqu'à nos jours.
L'attitude repliée des corps, qui se retrouve sous les ruines de Babylone, est surtout propre aux plus anciens tombeaux de l'Europe, mais elle apparaît encore dans l'âge du bronze, en Thuringe et sur les rives du Rhône, et il n'est point impossible que ce mode n'ait été usité beaucoup plus tard en Occident*. Diodore de Sicile rap
* On pourrait objecter que l'anatomie était trop étrangère à ces peuples pour permettre oe genre de connaissances, mais il sufQra de rappeler l'antique usage des sacrifices et de l'inspection des entrailles de la TÎctime.
* M. l'abbé Cochet a eu l'obligeance de me communiquer les noms de plusieurs localités de la France où l'on a retrouvé des tombes d'âges diters, dans lesquelles les corps n'avaient pas été étendus, mais, en général, on af-
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porte qae les Troglodytes, peuples pasteurs de rEthiopie» passaient la tâte de leurs morts entre les jambes et les liaient dans cette posture avec des branches flexibles*. Dans quelques Etats du nord de l'Amérique ', plus au sud, dans le Pérou et chez les Patagoos, plusieurs tombeaux du même genre remontent à des époques diverses. Les Guanches des iles Canaries replient pareillement leurs morts. Chez certains Indiens» les mares donnent à l'homme, dans le sépulcre» Tattitude qu'il avait dans le sein ma temel et épanchent leur lait sur la tombe '. Cet usage des mères, qui assimile l'homme après sa mort à un petit enfant qu'elles nourrissent de leur lait, s'est conservé, sauf Tatlitude, jusqu'à ce siècle, dans une vallée des alpes du canton de Vaud ^. Enfin, il est encore des HoltentQts qui donnent à leurs morts la même position repliée, comme symbole d'une nouvelle naissance avec la foi à la résur* rection *.
Il n'est pas sans intérêt de retrouver en Afrique la reproduction de cette attitude et de la foi dont elle est l'ex* pression ; car il faut reconnaître que dans beaucoup de cas, les idées qui se rattachaient primitivement aux divers modes de sépulture se sont altérées peu à peu et ont plus ou moins disparu. Un fait, dépouillé de sa signification,
firme «fve les norU étaient assis, ce qui coostituerail un autre genre de sépulture ; toutefois il se pourrait que dans quelques cas l'observation n'ait pas été suffisante. — Hérodote L. IV. c. 190 rapporte cependant que d'entre les Lybiens nomades, les Nasamons enterrent leurs morts assis. « Lib. IV. c. 8. Edition de Lyon, 1SS9.
* SmiUuonian ContribuUam to kncwlodge^ patsim.
* De Chateaubriand, Génie duehriitianisme, L. IV, c. 4.
* Aux Ormonts, communication de M. le pasteur Terrisse. ■ Communication de M. Fréd. de Kougemont.
peut se traDsmeUre longtemps encore par Tusage, maïs il finit généralement par tomber en désuétude, aussi ?ieût-il un moment où la diversité des modes funéraires perd de son importance. Tout en reconnaissant cette loi naturelle» on ne saurait nier d'autre part la haute antiquité à laquelle remontent un certain nombre d'idées on d'usages qui se sont conservés jusqu'à nos jours.
Après avoir décrit le premier genre d'inhumation usité dans l'Helvétie occidentale, pendant l'âge du bronze, il reste à indiquer les découvertes du second genre de sépulture, propre à la même période, et qui ne diffère do précédent que par la longueur des tombes, qui a permis d'étendre le corps du défunt, en le couchant sur le dos. Ces tombes, généralement construites en dalles brutes, sont à quelques pieds sous la surface du sol et ne peuvent être distinguées de sépultures moins anciennes que par les objets d'industrie qu'elles renferment.
On a retrouvé des tombes de ce genre dans quelques parties du Valais, avec divers ornements en bronze, mais le point de la vallée du Rhôrre sur lequel on en a observé le plus grand nombre est le mont de Charpigny, attenant à celui de Saint-Triphon, avec lequel il forme un îlot aa milieu de la vallée, à droite de la route, en allant d'Aigle à Bex. En 1837, M. le pasteur Buttin fit défricher le versant méridional de ce mont et découvrit de nombreuses tombes, construites en dalles brutes, dans lesquelles les squelettes étendus étaient couchés sur le dos, les bras le long des côtés. D'autres squelettes occupaient aussi des fissures du rocher dont les parois formaient les côtés de la tombe. D'entre les objets recueillis, étaient une trentaine de bracelets de formes diverses. L'un consistait en
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une tige de bronze de 4 lignes de largeur qui donnait 10 fois le tour de Tavant-bras. D'autres, formés de petits fils, qui ont exigé la connaissance de la tréfilerie, donnaient seulement 5 tours en spirale. Plusieurs, ovales et entr'ou- ?erts, avaient été coulés. Sur d'autres étaient de fines gra* vures reproduisant des lignes droites ou brisées. Deux bracelets en argent, du poids de demi-livre, provenant de la môme découverte, méritent une mention particulière. De forme elliptique et entr'ouverts, leur plus grand diamètre ne mesure que 2 pouces, pris dans le vide, et leurs extrémités élargies représentent des tètes de serpent. Ce qui rend ces bracelets remarquables, c'est surtout leur matière, car on retrouve bien plus fréquemment dans l'âge du bronze des ornements en or qu'en argent ; aussi affirme-t-on souvent que, dans les pays de l'Occident, la connaissance de Targent n'a pas précédé celle du fer. La rareté d'objets de ce métal avec les instruments tranchants en bronze a naturellement conduit à formuler ce jugement par trop absolu ; mais il est facile d'expliquer pourquoi, daoscesâges reculés, l'argent est en effet beaucoupplus rare que l'or. La différence dans l'emploi de ces métaux doit provenir de l'imperfection de l'art métallurgique à cette époque reculée, et avoir sa cause dans le plus ou moins de difficultés de l'exploitation du minerai. Dès une très haute antiquité, on a découvert l'or natif en assez grande abondance ; son éclat devait attirer l'attention de l'observateur, et il suffisait du lavage et d'une simple fusion pour le mettre en œuvre. Quant à l'argent, on le trouve beaucoup plus rarement à l'état natif. Le plus souvent, son minerai sans éclat est allié au plomb, et, pour réduire celui-ci à l'état de litbarge, il faut l'emploi de procédés difiGiciles par
h6k iMTIQUlTés
lesquels Tiadastrie ne débute pas. Il est donc nature) que la connaissance de œs procédés n*att pas précédé celte de l'exploitation du fer, mais rien ne s'oppose à ce que l'argent natif ait été travaillé en même temps que l'or, seule* ment, étant beaucoup plus rare à cet état de pureté, Vargent a dû être employé moins fréquemment que l'or pour ces antiques ornements \ — Dans les tombeaux de Charpigny, des anneaux entr'ouTerts, de 45 à 55 lignes dé diamètre reposaient, dit-on. sur tes cr&nes, mais il penrent avoir été de simples colliers. Il faut encore mentiGoner ub peigne en bronze, de grandes épingles à cheveux, des tubes de cuivre, pareils à ceux d'un chalumeau, trois celts, une lame de poignard, des fragments de poterie grossière et un grand nombre de lamelles de bronze, de formes diverses, qui ont dû servir d'ornements» maïs dont l'usage est difficile à déterminer.
Des tombes du même genre, renfermant des objets pareils, mais moins nombreux, ont été découvertes dane la vallée du Rhône : à Saini^Triphon, sur plusieurs points près de Bex, avec un poignard, des celts, des épingles et des bracelets ; près d'Aigle, au Plan^d'Esserl, sur la route d'Aigle aux Ormonts, aux Afforêts et en Pré-Baccon, enfie, à la George, au-dessus de Roches.
La tranchée du chemin de fer, sous Latksanne, a mis au jour, en 1854, un squelette, cùntbé en terre libre, à 5
* Ces bracelets, ainsi que divers autres objets de Charpigny, font partie de ma collection. — II est à remarquer que Tor se retrouve A>rt rarement eo Suisse avec les antiquitéa de l'àf e du bronte , tafidis quil teit parUoulMffr* ment abondant à la même époque , entre autres en Irlande, en Danemarck et dans le midi de la Suède. L'analyse chimique des ornements en or des pays Scandinaves, a constaté que ce métal provenait des mines de rOoral.
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pied&de profondeur, qui portait des bracelets et une bagQ6 €Q broDze. Plus anciennement , on découvrit, dans une tombe de Saint-Sulpice, une pointe de lance en bronze, ^t, dans des tombes en dalles brntes, snr le Crêt-de-Boiron, près de Morges, de fort beaux bracelets ornés de disques et de fines stries. Un poignard en bronze a été re^ trouvé avec un squelette humain près de Buchillon, et des tombes, sur le territoire A'Allaman, renfermaient des celts, des faucilles et des pointes de lance. En Maurmont, rière Pizy, près d'Aubonne, des tombes contenaient des objets pareils. Des squelettes, découverts à Trey, près Payerne , portaient encore des bracelets et un collier en bronze. Enfin, auprès d'un squelette déposé en terre libre, à S pieds de profondeur, à la Longeraye, près de Paiezieux, se trouvaient de grandes épingles et divers instruments en bronze, du poids d'environ trois livres, qui ont ^té vendus au fondeur.
On verra tout à l'heure que des objets du même genre ont été découverts en bien d'autres points, mais sans qu'il soit possible de constater si leur dépôt dans le sol se rattachait à quelque sépulture.
On retrouve de temps à autre , en dehors des lieux d'inhumation, des objets de l'âge du bronze qui ont été «iDGieDQement déposés au pied de quelque bloc, ou perdus sur le sol, de nmnière à être recouverts d'alluvions ou de terre végétale. Les instruments placés sous les blocs peuvent avoir eu une destination religieuse pour autant que ceux-ci étaient consacrés comme autels, mais la détermination n'est pas toujours facile, et Ton comprend qu'à une époque où les habitations étaient mal fermées, on cachait souvent sous une pierre ou vers un arbre,
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les objets qu'on ne voulait pas confier à la foi publique ' » Cependant la plupart des dépôts suivants paraissent plutôt se rattacher à quelque usage religieux.
M. Taylor-Gaudin , en faisant sauter un bloc erratique dans sa campagne de Charpigny, près d'Aigle, a découvert dessous onze celts, trois grands anneaux et une pointe de lance en bronze, qui étaient disposés en cercle'.
Le musée de Genève conserve trois celts et un couteau en bronze, trouvés au pied de la Pierre à Niton, qui forme un îlot dans le Léman, tout auprès de Genève'.
Derrière le signal de Bougy, on a détruit, près du village de Pizy, dans un lieu appelé Maurmont, un bloc erratique qui recouvrait des celts, des couteaux , des faucilles et de nombreux instruments en bronze du poids total d'environ deux quintaux, et qui ont tous disparu. Il est difficile de dire si ces objets provenaient d'un simple enfouissement ou A^ex-voto réunis sous un autel.
Près de Juriens, en enlevant une pierre brute , de forme cylindrique, on trouva dans une terre légère deux celts et divers objets qui n'ont pas été conservés.
Sous un men-hir, près de La-Mothes , M. Masset a recueilli deux celts en bronze.
< Cet usage a été fort général. Dans les pays Scandinaves, on retrouve fréquemment des enfouissements de monnaies et de métaux précieux faits par les hardis aventuriers du Nord , qui , de retour dans leur patrie, cachaient leurs trésors dans le sol et retournaient à de nouvelles expéditions dont ils ne revenaient pas toujours, en sorte qu'une partie de ces dépOta, perdus pour les leurs, se découvrent fortuitement de nos jours.
* Cette disposition en cercle a été observée plus d'une fois dans divers pays. Les objets découverts à Charpigny sont conservés dans le cabinet d'antiquités de Bel-Air.
" DescriptUm de quelques monuments celtiques, Blavignac , pag. SI.
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Un men-hir de Vauraux, dans le canton de Neachfltel» recouvrait aussi plusieurs instruments qui ont disparu ^
Enfin, sur le versant sud-ouest du Bûtienberg, près de Bienne, dans une localité qu'un manuscrit de Tan 1225 nomme Locttô Dei, on a trouvé, sous un grand bloc erratique, un vase, les fragments d'une idole ou statuette et trois faucilles en bronze, dont deux sont conservées dans le musée de Berne'.
Si une partie de ces instruments servait , comme il est vraisemblable , aux cérémonies du culte, quelques-uns, malgré leur métal , peuvent être postérieurs à l'Age du bronze, le prêtre étant le dernier à changer la matière consacrée ; c'est ainsi que dans plusieurs contrées, il conserva longtemps encore après l'introduction du fer, la hache et le couteau en silex. Cette stabilité de certains usages religieux explique comment des instruments tranchants en bronze étaient réunis avec de la poterie romaine dans le domaine de la Gantenaz, au-dessus de Lutry '.
Quant aux objets suivants, trouvés en terre libre, ils doivent être classés dans la seconde période à laquelle ils appartiennent, non-seulement par leur matière, mais surtout par leur genre de travail. Il suffira d'en donner la liste ainsi que celle des localités où on les a découverts.
Géronde, près de Sierre, en Valais, épée avec une poignée en bronze ^.
' Note manuscrite de M. Du Bois de Montpéreux.
* Der Kanton Bem^ Alb. Jahn, p. 92.
' Les détails de cette découverte seront mentionnés plus tard.
* Plusieurs objets, tels que poignards, celts, anneaux, etc., trouvés dans le Valais, sont entre les mains de diverses personnes qui ignorent le plus souvent les lieux de leur découverte.
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E^Lez, prés des bains de Lavey, grand annean orné de gravures (conservé dans le musée de Laasanne).
Bex, quatre eelts, une faocille, deox bracelets, one épingle et un collier (conservés dans le cabinet d'antiquités de Bel-Air). Grande épingle d'un beau travail (conservée par M. Shartnan).
Bévieux, salines de Bex, petit anneau et pommeau pour garniture de hampe (musée de Genève).
SLTHphôn, lame de poignard (cabinet de Bel- Air). Celt (Wblioth. d'Yverdon).
Yvùrnet celt (musée de Lausanne).
Villeneuve, au Pissot, à 40 ou 50 pieds au-dessus de là plaine, celt (musée de Lausanne).
Vemy, bracelet en bronze dont les extrémités sont croisées, trouvé à 8 pieds de profondeur, dans le lit delà Yeveyse, en reconstruisant le pont (cabinet de Bel-Air).
Entre Hauteville, sur Vevey, et St. Légier, celt (musée de Lausanne).
Palézieux, fragments d^épée en bronze (musée d'Avenches).
Bionnens , canton de Fribourg , celt (cabinet de Bel- Air).
Chalet à Gobel, sur la route de Moudon à Lausanne, celt (cabinet de Bel-Air).
Rovéréaz, sur Lausanne, celt trouvé dans le Ht d'un ruisseau (conservé par M. Chaudet, arpenteur).
Lutry, épingle à cheveux (musée de Lausanne).
Echallens, celt avec douille (cabinet de Bel-Air)«
Au-dessns de Rolle, entre les Granges de Mont et la Gingine, celt trouvé dans un bois, en déracinant un arbre (cabinet de Bel-Air).