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Après cette indication rapide des antiquités de l'Egypte, passons sur le sol de l'ancienne Grèce, patrie des arts les plus avancés.
Les constructions les plus anciennes de la Grèce, et qui remontent au"temps des Pélasges, sont des murs sans mortier formés de pierres colossales et brutes, dont la superposition laisse des interstices qui ont été garnis avec soin de petites pierres. Parfois ces blocs immenses forment des polygones irréguliers sans interstice, comme on en voit à Coritithe et dans Tile d'Eubée. Plus tard vinrent les assises régulières, et les parements en pierre de taille.
Chez les Grecs les maisons des riches étaient partagées en deui appartements, celui des hommes et celui des femmes, qui occupaient la partie la plus reculée de la maison.
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OÙ, d*après les mœurs grecques, elles restaient sédentai res, occupées avec les esclaves des travaux domestiques. Il parait que les maisons grecques n'avaient qu'un seul étage. Le toit était une plate-forme entourée de balustrades, où les jours étaient pris plutôt que sur les côtés du bâtiment.
Les temples étaient fort nombreux, dans les villes et dans les campagnes. Ils avaient ordinairement la forme d'un carré long; quelquefois une cour entourée d'un portique ou d'une colonnade le précédait. Un portique entourait aussi l'édifice. C'est là que le peuple s'assemblait, les prêtres seuls ayant le droit d'entrer dans le temple où était la statue du dieu, œuvre des meilleurs artistes. L'autel dédié à la divinité était placé devant elle. Des peintures recouvraient les murs intérieurs et représentaient le mythe du dieu. Aux deux extrémités extérieures du temple s'élevait, au-dessus de l'entablement des colonnes, un fronton en triangle obtus, orné de statues ou de bas-reliefs. Des règles précises fixaient la proportion des dimensions. Plusieurs de ces monuments présentent les plus beaux modèles de l'architecture antique. D'après les divers ordres employés, ils sont empreints d'une beauté mâle et sévère, ou bien pleins d'élégance et de magnificence.
Ce n*était pas dans les temples seulement qu'on élevait des autels. D'abord de bois, on les fit ensuite de pierre et quelquefois en métal. En général un goût remarquable a présidé à leur exécution : carrés, ronds ou triangulaires, ils étaient couverts d'inscriptions et de divers ornements allégoriques.
Les Grecs, à qui Ton doit l'invention du drame, construisirent aussi les premiers théâtres, qui, très modestes
dans les premiers temps, devinreot bientôt des édifices remarquables par leur grandeur et leur magnificence. La forme était celle d'un demi-cercle fermé par un bâtiment transversal. Là était la scène proprement dite. L'orchestre était placé entr'elle et les gradins, qui s'élevaient l'un derrière l'autre en demi-cercles concentriques. Deux entrées latérales conduisaient à Torchestre où aboutissaient les escaliers des gradins. Chaque étage de ces gradins avait aussi quelquefois des entrées particulières. Les sièges étaient assignés d'après des règles particulières, et selon les classes diverses des citoyens. Comme les théâtres n'étaient pas couverts, on étendait au-dessus une grande toile teinte de couleur pourpre, et quelquefois très ornée, fixée d'un côté aux murs, et de l'autre à des mâts placés dans l'orchestre. Le goût des anciens pour le théâtre les engagea à ne rien négliger pour le perfectionnement de ces constructions.
Les sépultures dans les temps les plus anciens de la Grèce consistaient en tumuli ou collines de terre élevées sur la tombe du défunt. Du temps de la guerre de Troie ce genre de monuments était encore en usage, ainsi que nous l'apprend Homère. Plus tard, le mort fut brûlé, ses cendres placées dans une urne déposée en terre ; au-dessus on élevait une colonne brisée ou une simple pierre de la forme d'un autel isolé, sur laquelle on gravait une inscription à la mémoire du défunt. Le luxe se mêla aussi à ces commémorations, et il reste encore des monuments funéraires où l'architecture et la sculpture ont déployé de grandes perfections.
Le style grec eut aussi plusieurs époques. La première époque a quelque chose de raide et de dur comme chez
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tous les peuples qui débutent dans rimitation de la nature. Les têtes de ce premier style sont remarquables par la ligne inclinée, sans bosse ni enfoncement, qui forme à la fois le front et le nez. Les yeux presque de face sur les figures de profil, sont grands et enfoncés; la bouche formée par des lèvres saillantes et relevées ; le menton droit et pointu ; les cheveux volumineux et tressés, mais sans que rien fasse discerner une tête d'homme d'une tête de femme. Lignes droites, raideur et maigreur caractérisent ces premiers essais, ainsi qu'exagération sans grâce, ni beauté ; mais cette sorte de véhémence prépara aussi les progrés de l'art vers le sublime.
Le second style se distingue par une parfaite correction dans le dessin et de plus justes proportions dans les parlies. L'expression est plus modérée. Les contours remplacent les lignes droites. Phidias, Miron et Polyclète opérèrent cette réforme toutefois sans proscrire toute raideur, tout angle saillant dans les contours, le sublime se montrait sur les figures, mais avec une certaine rudesse, dénuée de ces contours moelleux et coulants, de cette grâce qui caractérise les ouvrages du troisième style dont Lysippe et Praûcitèle furent les créateurs, et qui se distingue par l'abandon de tous les traits anguleux. Enfin l'esprit d'imitation marqua la décadence de l'art. A force de rondeur, de mollesse, on détruisit la noblesse et la dignité de l'expression.
Outre les dieiuo et les héros, les Grecs figurèrent aussi des hommes. Ce que nous avons dit de leur style s'applique aux bas-reliefs qui ornaient les autels, la base des statues et surtout les tombeaux.
C'est dans les salles sépulcrales de la Grande Grèce,
en Italie, qu'on trouve surtout ces nombreux vases peints dont l'étude constitue à elle seule, toute une science. Leurs formes dérivent, en général, de celle de Tœuf ou d'une cloche renversée ; il en est qui présentent la figure d'une corne, d'autres, les patères, celle d'un disque élevé sur un pied élégant. Ils sont de grandeur très variées, hauts d'un pouce, à 4 et 5 pieds. En général, les formes sont belles et gracieuses, le col évasé, lorsqu'il n'est pas à col de cygne, et les anses ajoutées avec beaucoup de goût. Ce qui fait surtout le prix de ces vases, ce sont les figures qui les recouvrent. Sur les uns, dont le fond est jaune ou rouge, les figures sont tracées en noir, comme une espèce de silhouette. Ils sont en général du premier style, et leurs sujets appartiennent aux plus anciennes traditions mythologiques. Les vêtements, les harnais des chevaux et les roues des chars sont retouchés de blanc. On couvrait ensuite le vase de la même couleur noire en épargnant seulement la place et la forme des figures. Plus tard, les figures ressortent en jaune sur un fond noir. Le pied porte des ornements en labyrinthe, en méandres, en palmettes ; une couronne orne le col, ou bien une tête de femme sortant d'une fleur. Ces peintures appartiennent aussi à divers âges, mais la plupart se distinguent davantage par la hardiesse de leur contour que par leur fini. La terre absorbant très vite les couleurs elles ne pouvaient être exécutées qu'avec la plus grande célérité. Des inscriptions ajoutent au prix de ces vases, le plus souvent elles indiquent le nom des personnages.
Ces vases, outre leur destination pour la vie privée et le culte servaient aussi d'ornements ou étaient délivrés comme prix dans les jeux publics. Aussi des collections
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importantes de ce genre d'antiquités existent-elles dans les principales villes de l'Europe '. D'entre celles que j'ai visitées, les plus remarquables se trouvent à Munich, à Berlin, et dans le cabinet particulier du roi de Danemark.
Les Grecs portèrent la peinture au plus haut degré de perfection. Leurs premiers essais furent très postérieurs à ceux des Egyptiens. Ils ne datent pas même de l'époque du siège de Troie. Ils cultivèrent toujours la sculpture de préférence. On indique cependant de grands tableaux, tels que la bataille des Magnésiens en Lydie, comme peinte environ sept siècles avant Jésus-Christ. La Grèce eut depuis de nombreux peintres qui traitèrent tous les genres : architecture , paysage, histoire , fleurs , fruits , portraits , allégorie , burlesque , caricature. Il paraît aussi que Parrhasius peignit la miniature. Les Grecs employèrent la peinture à décorer les temples et les habitations. Souvent ils ajoutaient le nom, à la figure des personnages représentés. Ils se distinguaient surtout par la correction du dessin, le sentiment, l'expression, la pose des figures et l'idéal dont ils les animaient. L'histoire nous donne du reste une opinion plus avantageuse de la peinture grecque que les travaux qui nous en sont parvenus.
Les Grecs excellèrent dans l'art de la mosaïqtie. Ils surent ménager les nuances avec tant d'habileté, et donner aux figures une si grande harmonie dans ces com-
* On tire ces vases en grand nombre de l'ancienne grande Grèce, de NoUtt de Capoue, Naples, Pcutum, et aussi de la Sicile. Cependant ils se retrouvent aassi à Athène9, Mégare, Milo, en Aulide, en Tauridt^ k Corfou et aux tles de la Grèce.
positions, qu'elles ressemblaieDt , pour peu qu'on s'en éloignât, à de véritables peintures. La mosaïque servit à orner les pavés, les murs et les plafonds des édifices publics et privés. En général, ils employaient les marbres de préférence à toute autre matière.