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(le montagnes qui la traversent. Deux branches détachées du grand pluteau de rArménie, rAnti-Taurus des anciens, au midi; et le Paryadres, connu aujourd'hui sous le nom de Tsheldir ou Keidir, se réunissent près de Césarée, au mont Arg<^, maintenant Argisdagh.
Le centre de TAsie Mineure est un immense plateau soutenu par les montagnes dont nous venons de parler.
Les rivières de TAsie Mineure ont plus de célébrité que d'importance. Les plus considérables se jettent dans la mer Noire. Parmi celles-ci nous citerons ie Halys» que les Turcs appellent aujourd'hui Rizil-Ermak, la rivière rouge, Tlris, YtshU- Ermak, et le Sangarius, le Sakaria. Les fleuves qui se jettent dans TArchipel sont le Caicus, THermus, le Caystrus et le Méandre; ils arrosent des vallées d'une beauté et d'une fertilité admirables; ceux qui ont leur embouchure sur la côte méridionale ont des cours de fort peu d'étendue; tels sont l'Eurymédon, le Calyacadnus, le Cydnus, le Sarus et le Pigrame.
L'histoire politique de l'Asie Mineure occupe une place considérable dans celle du monde. Hérodote nous apprend que, de son temps, cette péninsule était occupée par trente nations diiïércntes dont la pn'^sence simultanée attestait les nombreuses révolutions qu'elle avait éprouvc^es. Elle renfermait un grand nombi*e de contrées dont la plupart formaient des royaumes séparés. Au nord, c'était la Bithynie, la Paphiagonie et le Pont; à Foucst, la Mysie et la Lydie; au sud, la Carie, la Lycie , la Pamphylie, la Cilicie; au centre, la Phrygie, TËolide, Tlonie, la Pisidie, la Lycaonic et la Galatie; enfin, à Test, la Cappadoce et la petite Arménie. « Le sort de cette terre, dit M. I^*on de Laborde, fut d*étre toujours une teri*e d'invasion et de passage, où les intérêts se rencontraient pour se débattre, grand pont jeté de l'Asie à l'Europe pour donner entrée aux religions de l'Orient, à ses mystères, à ses invasions, immense hôtellerie où passèrent tant de peuplés voyageurs, où nul n'établit sa demeure. Associée aux premiers élans de la civilisation grecque, cette contrée fut aussi le théâtre d'un événement fécond en résultats poétiques et intellectuels, la guerre de Troie. Bientôt, c'est l'histoire entière qui traversa cette belle contrée; après Cyrus, qui mit fin au règne de Crésus, c'est Xercès avec son million d'hommes et sa défaite honteuse, Xénophon avec ses dix mille et sa retraite célèbre; c'est Alexandre, honorant Achille sur son tombeau, couronnant Homère dans les plaines de Troie, mais allant bientôt expirer sur le théâtre de sa gloire; c'est enfin Mithridate, le dernier grand roi de l'Asie. » Ces quelques mots suffiront pour rendre compte de l'impossibilité où nous nous trouvons de faire, sans sortir de notre cadre, l'histoire d'un pays ainsi subdivisé en un si gi*and nombre de royaumes ayant chacun leur histoire particulière, et se trouvant aussi intimement liée à celle de la Grèce et de Rome. Nous sommes donc forcé d'y renoncer, nous i*éservant, à l'occasion des villes ou des monuments, de rappeler les faits qui s'y rattacheront ou qui pourront les expliquer.
L'Asie Mineure fait aujourd'hui partie de la Turquie d'Asie; elle est divisée en six eyalets ou pachaliks, ceux d'Anadoli, d'Adame, deCaramanie, de Maracii,
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lie Siva et de Trébizonde. Ces divers pachaliks portent le nom de leur capitale, à Texreption de FAnadoli, dont la capitale est Kouta'ieh, et la Cai*anianie, dont la principale ville est Konieh , Fantique Icanium. Parmi les îles qui dépendent de FAsie Mineure, les plus importantes sont celles de Chypi*e, de Rhodes, de Scio et de Lesbos.
Quoique FAsie Mineure ait été de bonne heure le siège d'une haute civilisation et qu'elle offre de nombreuses traces de son ancienne prospérité, elle était cependant restée peu étudiée jusqu'à nos jours. Grûce à deux voyageurs français, aussi savants qu'infatigables, M. Léon de Laborde et, surtout, M. Charles Texier, aucun pays, aussitôt que leurs publications seront terminées, ne sera autant et aussi bien connu sous le rapport pittoresque, géographique et archéologique.
On conçoit que dans une contrée où tant de peuples différents ont passé successivement, il a dû rester des traces de tous les arts; aussi y trouverons-nous Fhypogée à côté du temple, l'écriture cunéiforme en regard de l'inscription grecque ou latine, la muraille cyclopéenne auprès de l'appareil romain , l'église chrétienne non loin de la mosquée musulmane.
L'une des plus belles ruines que nous présente l'Asie Mineure est celle du temple de Tchavdère ou Aizani, que Ion croit avoir été consacré à Jupiter Panhellénien. Ce temple (planche 52) s'élevait au milieu de la ville aujourd'hui disparue, sur une petite éminence, au nord, et sur la rive droite du Rhyndacus; entièrement construit en marbre blanc, il était octastyle, amphyprostile et périptère, c'est-à-dire que ses deux façades présentaient chacune huit colonnes , supportant un fronton, et qu'une colonnade régnait tout autour de la cella. Il reste encore, à l'un des côtés, douze . colonnes entières et quatre tronquées avec quelques restes du mur de la cella. L^. façade était diptère (à deux rangs de colonnes); cinq des colonnes du premier rang et deux du second sont encore en place. Ces colonnes, d'ordre ionique, ont près de dix mètres de hauteur et sont d'un seul bloc. Si l'emploi de cet ordre indique une époque moins reculée que celle où le dorique seul était en usage , on y trouve aussi Fon des plus purs monuments de celle où l'ionique allait bientôt céder la place à Fomementation plus riche du corinthien.
Le temple d'Apollon Didymeus, Fun des plus magnifiques et des plus célèbres de FAsie Mineure, s'élevait à environ quatre kilomètres de Milet. Ce temple était décastyle, diptère et hypètre. De ses nombreuses colonnes, il n'en reste plus que trois entières, surmontées d'une simple architrave, mais entourées d'une foule de débris. Ces colonnes ioniques, d'un seul morceau de marbre, sont si hautes et si nobles, qu'il est impossible peut-être de concevoir des ruines d'une beauté plus parfaite, d'une majesté plus imposante. Il était un autre temple, plus fameux eucont que celui d'Apollon Didyme, et que les anciens avaient rangé parmi les mer^eiUes