NUBIE
A Kalabcheli, est uu grand temple, qui, coostruit sous Auguste, Calignla et Trajan, n'a jamais été terminé, et plus tard a servi d'église aux chrétiens. Ce monument est précédé de pylônes et de terrasses qui s'étendaient jusqu'aux bords du Nil. Les pylônes ne sont point parallèles à la façade de l'édifice, sans doute parce que, pour leur construction, on s'est réglé sur la direction du cours du fleuve. La façade du pronaos est soutenue par quatre colonnes d'une gninde élégance; malheureusement les chapiteaux sont entièrement mutilés. L'ensemble du temple était compris dans une vaste enceinte, que l'on peut encore reconnaître dans presque toute son étendue, et qui va s'éievant en amphithéâtre à partir de la rive du Nil. Le sol de la Nubie présente encore un bien plus grand nombre d'édifices sacrés, mais je me contenterai d'en signaler encore quelques-uns d'une importance secondaire, tels que celui de Lefah, dont l'architecture massive dénote une haute antiquité, celui de Resseh, petit monument isolé sur la rive gauche du Nil, et de la plus grande simplicité, ne présentant à la façade qu'une porte sans piliers ni colonnes; celui de Maharaga, annoncé par six colonnes dont les chapiteaux sont dénués de tout ornement , celui de Semneh dans le Ouadi el Hadjar, les trois temples de Ouadi-Ualfa, dans l'un desquels M. Champollion retrouve des colonnes qu'il regarde comme le type du dorique grec; enfin les sept temples que M. Caiiliaud a reconnus au pied du mont Barkal, près du village de Méravé, qu'on a cru longtemps avoir remplacé Méroë, l'antique capitale de l'Ethiopie. M. Caiiliaud pense que ces ruines sont celles de Napata, qui pendant plusieurs siècles fut, après Méroë, la principale ville de la contrée, et qui fut détruite par Pétronius, général romain. On y remarque surtout un grand temple très-dégradé, qui , par son étendue, le grand nombre de colonnes, de sphinx, d'autels en granit couverts des plus l)elles sculptures, doit être mis au rang des plus beaux monuments de la Nubie. Le petit temple ou typhonium placé à la moitié de la montagne, est encore un des plus beaux restes subsistant dans ces ruines, que H. Waddington, qui les a visitées le premier, croit être plus anciennes que celles de l'Egypte.
Nous chercherions vainement en Nubie, quelque édifice important élevé par les mahométans, mais ou y trouve très-fréquemment de ces espèces d'oratoires qu'on appelle santons, bâtis sur les tombeaux d'un de leurs saints. Tel est celui que l'on voit près d'Essaboua , et que représente notre vignette.
Sur toute l'étendue du territoire de la Nubie, on rencontre d'innombrables pyramides ; mais aucune d'elles ne peut entrer en comparaison avec les grandes pyramides de l'Egypte. Lorsqu'en 4820, M. Caiiliaud, à la suite de l'expédition d'Ismail- Pacha, pénétra dans le Chendy, il découvrit, dans un lieu nommé Assour, des ruines immenses que l'on ne doute guère aujourd'hui être réellement les restes de Méroë,
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CONSTRUCTIONS CIVILES. 55
Taulique métropole des Éthiopiens, si longtemps cherchée par les voyageui^s et les géographes; il n'y compta pas moins de quatre-vingts pyramides; au mont'Barkal, dans les ruines de Napata, il en reconnut dix-sept, divisées en deux groupes; ces pyramides, aussi bien que celles d'Assoûr, sont précédées chacune d'une espèce de petit temple. Les pyramides defNouri, misérable village de la rive gauche du Nil, sont plus élancées que celles de TÉgypte. EuGn, dans file de Kourgos, M. Rùppell en a reconnu trois groupes, dont le principal se compose de vingt et une pyramides.
CONSTRUCTIONS CIVILES
Dans les ruines de Méroë et de Napata, on trouve nécessairement les restes de plusieurs palais antiques, mais aucun n'est conservé de manière à ce qu'il soit possible d'en relever le plan avec certitude.
A Ser-ak-cheb, nous trouvons les restes d'un grand édiGce à plein cintre qui parait avoir été un palais de construction romaine. M. Gau remarque qu'en Nubie, non plus qu'en Egypte , il n'a trouvé aucune trace de ces grottes dans lesquelles , suivant la tradition, vivaient les habitants de ce pays.
Les Nubiens de nos|jours habitent souvent des cabanes faites de nattes de paille, et construites de telle sorte qu'elles peuvent être transportées d'une rive à l'autre, lorsque les habitants redoutent l'approche des peuplades errantes du désert. Les maisons fixes sont ordinairement faites avec le limon que le Nil dépose sur ses bords. et couvertes de branches de palmiers. Leur élévation permet à peine de se tenii* debout dans Tintérieur.
Les habitations des grands seigneurs ne sont guère plus splendides. On peut en juger par la vue que nous donnons de la résidence du kachef de Derry, capitale de la province.
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La Barbarie est cette vaste contrée qui borde presque toute retendue des côtes mëridionales de la Méditerranée, et que limitent l'ÉgypIe ^ à Test , le Sahara au sud , et Tocéan Atlantique à Fouest. Sa longueur de Testa Touest est de neuf cents lieues, et sa plus grande largeur ^ du nord au sud de deux cents La Barbarie est I divisée en quatre grands États : 4® le royaume de Tripoli, qui se compose du Tripoli proprement dit, du Barca, du Fezzan et de TOasis de Ghadames ; 2^ le royaume de Tunis ; S"" la régence d'Alger, aujoard'hui à la France, dans laquelle se trouvent les provinces d'Al-