II
ger, de Coostantine, d'Oran et de Tittery; k* enfin, Tempire de Maroc, qui se partage en cinq provinces, celles de Fez, de Maroc, de Sous, de Draha et de Tafilet. La Barbarie fait partie de la contrée d'Afrique désignée par les géographes musulmans sous le nom de Aràh-el-Maghreb (contrée du couchant), et elle est appelée par eux Tell, ou les hautes terres. Les régences de Tripoli et de Tunis occupent VAfrigyah des Arabes; celle d'Alger remplit le Maghreb-Aousath (couchant moyen), et Tempire de Maroc répond au Maghreh-Aqssay (couchant éloigné).
La Barbarie est traversée par la chaîne de FAtlas, dont les sommets majestueux, couronnés d'une neige éternelle, s'élèvent à plus de treize mille pieds au-dessus du niveau de la mer, et que l'imagination des anciens avait transformé en un géant soutenant le monde sur ses épaules. L'Atlas n'est point un groupe de montagnes isolées sans ramifications; c'est, au contraire, tout un système de hauteurs qui s'étend depuis la Méditerranée jusqu'à l'Océan, et qui détache complètement cette partie septentrionale de l'Afrique du reste du continent.
Cette chaîne est assez froide bien que voisine du tropique, et chacun de ses versants, donne naissance à un grand nombre de rivières, de torrents qui s'écoulent, ceux du versant septentrional dans l'océan Atlantique ou dans la Méditerranée, et ceux du versant méridional dans les sables de Sahara. Les naturels donnent à la chaîne générale de l'Atlas le nom de Daran, et ne connaissent pas celui d'Atlas, qui cependant a prévalu dans les géographies. On distingue en outre le grand et le petit Atlas. Le grand Atlas est la ligne formée par les cimes les plus hautes, depuis le cap Noun , sur l'océan Atlantique, jusqu'au golfe de Cabès, sur la Méditerranée vers la petite Syrte. Le petit Atlas commence au cap Spartel, sur Tocéan Atlantique près le détroit de Gibraltar, et finit au golfe de Sidra, ou de la grande Syrte dans l'État de Tripoli.
Quant aux cours d'eau, ils sont peu nombreux, et de peu d'importance dans les États barbaresques. Dans la régence de Tri|>oli , nous ne trouvons que des torrents bien souvent à sec. Le fleuve Bagradas des anciens, aujourd'hui la rivière Méjerdah, arrose une partie du territoire tunisien. L'Algérie est sillonnée par une foule de rivières ou de torrents, sans eau pour la plupart pendant une grande partie de Tannée. Les principaux de ces cours d'eau sont : le Schélif, VOued-el-Kerma, la CMffa, VOued-Bouffarieh, VOued-Jer, VHamise, VOued-el-Kebir ou Oued Rummel, le Rio Salado, VHabrah, VOued-Zamman, la Summan, VOued-Zefrag, VOued-Baujifnah , le Maffragg, la Seybouse, VAgebly, Visser, VArrach, \eMazafranei la Tafna. Dans le Maroc nous trouvons la Mulva, le Lucos, le Sebou, le Bu-Bugreb, VOum-er'Begh, le Tensift et le Sous.
On trouve dans les États barbaresques six variétés de l'espèce humaine, qui diffèrent les unes des autres par les caractères physiques et les mœurs. Les Mores et les Berbères tirent leur origine du mélange de tribus nombreuses de Phéniciens, d'Arméniens, de Géiules, de Perses, de Mèdes et de Libyens; les Arabes sont venus de l'Egypte après la conquête de ce pays par les califes. Les nègres sont des esclaves auxquels on a donné la liberté et qui se sont établis dans la contrée. Les juifs sont