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PONT D'ALCANTARA, A CONSTAXTINK
Algérie.)
CONSTRUCTIONS CIVILES. 65
exemple. Un autre presque entiérerneni détruit se recouuatt encore à Carthage. Les théâtres sont moins nombreux dans les régences barbaresques; on en voit cependant un qui conserve une partie de ses gradins à Guelma, locab'té voisine de la Seybouse, et qui a remplacé Tantique Calama.
Le pont d'Alcantara, à Constantine, est remarquable par sa hauteur et la hardiesse de sa construction. Je pense qu'il est, en partie, de construction romaine (voyez la planchf).
Le pont sur TAratch a été cité par plusieurs écrivains comme un monument
antique. Cette erreur est diflicile à concevoir, quand on voit dans Thistoirci
qu en 4541 Charles-Quint fut obligé, pour sauver les restes de son armée, d'éta-*
blir sur la rivière, grossie par les pluies, un pont volant, composé des débris de sa
flotte naufragée. D'ailleurs, sur le pont même on lit une inscription arabe, qui nous
apprend qu'il a été bùti en MAd de l'hégyre (1736 de Jésus-Christ), par le pacha
Ibrahim-ben-Ramhadan. Aun kilomètre de Bône, dans les ruines d'Hippone, l'antique
Hipp(hRegia, illustrée par le séjour des rois numides et par l'épiscopat de saint
Augustin, on voit le long de la Seybouse, sur une étendue de près de trois cents
mètres, des restes d'anciens quais; ils sont à mille mètres de l'embouchure actuelle
de cette rivière, et marquent la place du port romain. C'est là que, l'an de Rome 707,
^tait stationnée la flotte avec laquelle P. Sitius, lieutenant de César, détruisit celle
àe Scipion fugitif.
* Il est à remarquer que dans presque toute l'étendue de Tunis, l'eau des fontaines e&t chaude et saumâtre, mais il y a aussi quelques sources d'une eau pure et excellente. Telle est celle qui existe au Zawan, à douze lieues de Carthage, et sur laquelle s^élève le bel édifice antique ou Nymphée^ dont nous donnons le dessin. (Voyez '<s planche.) La forme du monument est celle d'un fer à cheval, dont la profon-» «i«ur égale la largeur, c'est-à-dire trente-neuf mètres trente centimètres. Au fond se trouve une cellule qui a six mètres de long sur cinq de large, et huit de hauteur jusqu'à la voûte. Tout le reste est découvert. Une galerie voûtée, de ^■oq mètres de large, régnait autrefois tout autour; vingt-six colonnes de quatre '■^tres soixante-six centimètres de hauteur en soutenaient le toit. Ces colonnes ^it été enlevées, mais les pilastres correspondants, attachés au mur, en dé* terminent la hauteur. Dans l'espace qui sépare les pilastres, se voient des niches ^^ probablement étaient placées des statues de nymphes ou de naïades. Les murs ^^ cet édifice ont un mètre d'épaisseur et paraissent avoir été garantis de l'hu- ^•^■clité par un autre mur extérieur qui ne s'élève qu'au niveau du sol. Deux I^^t*'rons qui regardent le nord conduisent aux deux extrémités de la galerie coo- ^*^*^e. Le bassin dont la forme est celle d'un 8, et qui a neuf mètres cinquante-cinq ^^titimètresdelong, sur trois mètres vingt centimètres de large, se trouve placé ^^^Crelcs deux escaliers. Ce bassin sert encore aujourd'hui de réservoir aux eaux ^^^e les habitants vont puiser au moyeu de marches pratiquées dans l'enceinte même ^ta bassin.
Les eaux du Zawan étaient amenées à Carthage par un magnifique aqueduc parfois
à triple étage. Le plus beau reste» qui se voit à deux lieues de Tunis, a plus de vingttrois mètres de hauteur.
A Hippone, les eaux étaient apportées par un aqueduc qui le cédait peu à celui-ci en hauteur; à Tentrée de la ville, son élévation n'était pas moindre de vingt mètres. Il amenait les eaux du pied du mont Edough, et on peut encore en compter toutes les piles. Les ruines d'un bel aqueduc romain existent aussi aux environs de Constantine.
En suivant la route d'Alger à Qoubah, on trouve au pied des collines le joli café du Hammahy que les Eui'opéens connaissent sous le nom de café Platane,
Ce café se trouve bûti sur le trajet d'un aqueduc romain qui descendait des collines de Mustapha et allait aboutir à une espèce de château d'eau, dont on a trouvé les restes, il y a quelque temps, en faisant des travaux de nivellement. On y a reconnu quelques substructions, un bassin ovale pavé en mosaïque et coupé en deux parties par un petit mur de refend, enfin quelques poteries et une médaille du Bas-Empire.
Si, franchissant les siècles, nous arrivons aux temps de la domination musulmane, nous trouverons aussi de beaux aqueducs appartenant , au moins en grande partie, à cette période : tel est celui de l'Aga, près d'Alger (voyez la planche)^ et celui de Medeah, si remarquable par sa disposition en zig-zag, dont nous retrouverons un exemple à Elvas, en Portugal. Après ces grands aqueducs, nous ne ferons que mentionner ceux de Tunis et de Maroc, qui sont d'une bien moindre importance.
Au milieu des ruines de Carthage est un vaste bassin, d'une grande profondeur, qui communiquait autrefois avec la mer par un canal dont il existe encore quelques débris. Ce bassin parait avoir été le port intérieur de Carthage. On voit aussi quelques piles de la digue construite, dit-on, par ordre de Scipion pour bloquer le poil.
En se dirigeant le long du rivage, on trouve des égouts, qui ont été peu eodommagés par le temps, puis des citernes qui sont d'une conservation «'tonnante. Quelques-unes servent encore aujourd'hui aux habitants de Tunis. Ces citernes publiques offrent le coup d'œil le plus imposant. C'est une suite de voûtes prenant naissance les unes dans les autres, et bordées dans toute leur longueur par un corridor.
Du reste, aucun de ces monuments ne peut être reporté au delà de l'époque romaine. On sait qu'après avoir complètement détruit la ville de Didon et d'Anuibal, les Romains la relevèrent et en hrent le chef-lieu de l'une de leurs provinces d'Afrique. C'est sous leur domination que furent construits tous les édifices dont nous voyons aujourd'hui les restes aux lieux où fut Carthage, définitivement détruite par les Sarrazins à l'époque de la conquête.
A la même période appartiennent aussi les citernes que nous retrouvons à Arzew, à Scherchell , à Constantine, aussi bien qu'à Hippone. La citerne d'Hippone est le monument le plus important qui nous soit resté de cette dernière ville. C'est uo bâtiment carré de vingt-neuf mètres sur vingt-sept, dont la régularité est interrompue par un petit nombre de saillants et de rentrants faiblement accusés. Outre
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les eaux pluviales, il recevait probablement une portion de celles fournies par Faqueduc. Un étroit corridor règne au premier étage, parcourt Tédifice dans le sens de sa longueur, et, se teiminant par un escalier qui descend au fond des réservoirs, divise le bâtiment en deux parties égales. De ces deux sections, celle qui regarde la baie est subdivisée à son tour par un autre passage, qui commence par la plus petite des neuf ouvertures cintrées qui se trouvent de ce côté. I^ division en étages n'existe réellement que pour les deux corridors; car les citernes ont toutes la hauteur du monument. Une des moitiés longitudinales de cette construction est partagée en compartiments par sept murs de refend, dont les matériaux ont une adhérence et une solidité bien extraordinaires, puisque la partie inférieure des murailles étant détruite, le haut continue de subsister quoiqu'il ait à supporter le poids des voûtes et des terrasses. La seconde moitié, qui n'est pas subdivisée, a été envahie par des figuiers, des oliviers, et des buissons de jujubiers, qui forment un fourré très-épais. De ce côté, la terrasse est presque entièrement écroulée, tandis que de l'autre, elle est assez bien conservée, malgré la multitude de plantes qui y croissent avec une vigueur peu commune. Autour de ce bâtiment principal sont quelques petites citernes qui étaient en communication avec lui par des conduits encore apparents. La construction de ces citernes est en blocage, avec des rangs de briques, et des chaînes de pierre de taille aux angles.
Sous un climat aussi brûlant que celui de l'Afrique, on conçoit combien doit être précieuse la plus petite source, et avec quel soin on doit s'etforcer de réunir et conserver ses eaux bienfaisantes. Aussi chez les modernes, comme chez les anciens, sont-elles l'objet d'une attention toute spéciale, et au nombre des bonnes œuvres qui peuvent ouvrir les portes du paradis de Mahomet, les musulmans placent au premier rang le legs de sommes destinées à la fondation ou à l'entretien de fontaines et d'abreuvoirs.
Plusieurs de ces monuments sont d'une grande élégance; il me suflira de citer les fontaines du marché de Bab-azoun et de la Casbah , à Alger, celle de Birkadem, et l'abreuvoir de Mustapha-pacha , aux environs de la même ville, ainsi que celle qui se voit dans la cour d'une mosquée à Oran.
Parmi les palais que nous présentent les régences baibaresques, le premier rang appartient à celui de fempereur de Maroc:. C'est un immense édifice d'environ quinze cents mètres de large sur six cents de haut, subdivisé en plusieurs pavillons sé|)arés par de vastes cours et de grands jardins. Nous verrons plus tard que la plupait des habitations des princes de ces contrées sont des forteresses, et comme telles, elles trouveront place parmi les constructions militaires.
Les habitations particulières sont presque toutes conçues sur le même plan Elles sont carrées, massives, sans fenêtres sur la rue, et ne diffèrent entre elles que par la richesse des matériaux. Après la porte, qui souvent est d'une grande élégance, on trouve une cour carrée entourée d'une galerie à deux étages, supportée par des colonnes ou des piliers. Le rez-de-chaussée est occupé par les esclaves; au premier Hage sont les chambres du maitre et des femmes. C'est habituellement sous les
portiques de la cour que le maître de maison reçoit les visiteurs qui s«>nt rarement admis dans Tappartement intérieur» et seulement après en avoir fait retirer les femmes. Les murs sont souvent construits de terre grasse mêlée de sable, battue et pilée entre deux planches pour la rendre compacte. Les bois de construction sont petits, los toits en terrasse sont couverts d'une lourde couche de plâtre et de terre, le tout enduit de chaux une fois tous les ans.
CONSTRUCTIONS MILITAIRES
Sur celte terre, témoin de leurs plus brillants exploits, les Romains ne pouvaient manquer d'élever des trophées à leur gloire; aussi y trouvons-nous plusieui*s arcs de triomphe dont le plus beau est celui de Tripoli : il est construit en marbre et a quatre faces, comme Tare de Janus, à Rome, ou celui de TÉtoile, à Paris. Chaque face est ornée de deux pilastres corinthiens et de trophées d'armes. Sur les tympans des arcades sont des chars de triomphe ou des victoires, et sur la frise on lit une inscription qui nous apprend que ce monument fut dédié à Harc Aurèle Antonin.
Dans l'Algérie, à peu de distance de Constantine, s'élève l'arc de Djimilah. Cet arc, bien plus simple que celui de Tripoli (voyez la planche)^ ne se distingue ni par l'élégance de ses proportions, ni par la richesse des sculptures qui le décorent. C'est un produit abâtardi de l'art romain, comme la plupart des autres monuments que l'on trouve en Afrique. Si nous en avons donné le dessin, c'est surtout parce qu'il doit être transporté en France , où il est destiné à devenir l'un des trophées de sa conquête. Mous trouvons aussi des arcs de triomphe à Constantine, à Ammounah et à Sbeitlah, l'antique Suffetula, diins la régence de Tunis. Dans cette dernière localité il en existe deux dédiés l'un à César Auguste, l'autre à Constance et à Maximien. Tous deux sont d'ordre corinthien.
Un trophée d'un genre bien ditférent, mais qui peint bien les mœurs des peuples qui l'ont élevé, existe à Jerbeh ou Gerba, île située au sud de la régence de Tunis. Le Burj-er-Roos , ou tour des crânes (voyez la vignette)^ rappelle un des plus sanglants épisodes de Thistoire d'Espagne.
En 1561, Philippe II, à l'instigation de La Valette, grand maitœ de Malte, avait armé une flotte considérable pour reprendre sur les Turcs la ville de Tripoli. Cette flotte s'arrêta à l'Ile de Jerbeh pour attendre du renfort. Les troupes espagnoles, attaquées par les Arabes, les repoussèrent et s'emparèrent de la ville qu'elles mirent à feu et à sang; mais surpris dans l'ivresse de la victoire par Yokdah, le chef de File, qui avait rallié les siens, les Espagnols furent massacrés jusqu'au dernier, au même instant où leur flotte tombait presque entière au pouvoir des Ottomans. Cette expédition coûta vingt-cinq mille hommes à l'Espagne, et des têtes des victimes, on éleva le Burj-er-Roos sur le lieu même où les chrétiens avaient débarqué.
Ainsi que je l'ai dit, les habitations des souverains des États barbaresques étaient
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