‹ Monuments de tous les peuples: décrits et dessinés d'après les documents les plus modernesChapitre 15 sur 75 · LA CASBAH · texte numérisé non relu

LA CASBAH

{Algérie.)

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CONSTRUCTIONS MILITAIRES. 09

pi'esque toujours eo même temps des forleresses^. Telle était la Casbah, résidence de Hussein-dey, à Tépoque de la conquête. La casbah commande la ville, comme en Europe, au moyen âge, dominait le château du seigneur. Sa longue muraille, percée de meurtrières, semble un aqueduc antique sur la cime d'une montagne. Nous donnons une vue de la principale cour (voyez la planche); le pavillon qui s'élève à gauche a acquis une terrible célébrité; c'est là qu'eut lieu la fameuse scène du coup de chasse-mouche qui décida du destin de tout un peuple.

Un autre fort d'Alger est fameux par le rôle important qu'il joua à l'époque de la conquête; c'est celui de l'Empereur, commencé par Charles-Quint et terminé par Uassan-pacha. Les Algériens le firent sauter ent 1850; il a été restauré par les Français qui lui ont conservé sa forme primitive, celle d'un carré un peu allongé du nord au sud; le donjon seul n'existe plus. Le fort de l'Empereur est construit en briques, liées par d'assez mauvais mortier.

La citadelle de TIcmcen , le fameux Méchouar, commandé par un des plus fidèles alliés de la France, Mustafa-ben-Ismaël (voyez la planche)^ tint eu ('M:hec pendant cinq ans le pouvofr naissant d'Abd-el-Kader, et ce ne fut qu'en 1856 que celui-ci se retira à l'approche du maréchal Clausel.

La citadelle ou casbah de Tunis, bâtie dans la partie supérieure de la ville, est on ouvrage des Espagnols, maîtres du pays sous Charles-Quint. Ce château, qui commande la ville entière, pourrait, s'il en était besoin, la tenir dans le devoir. C'est de la même époque que datent deux châteaux d'une force considérable, qui défendent la Goulette , port de Tunis.

Dans la même régence on trouve encore une très-belle citadelle à Kairwan ou Quairouân.

Tanger a été fortifiée (voyez to/>/ancAe) par les anciens ciilifes et les Portugais, et ces vieilles constructions ont le caractère le plus original; la couleur même en est admirable.

Tétuau est de même fortifié à l'antique par une enceinte de murailles à créneaux, flanquées de tours carrées de cinq mètres d'épaisseur, sans fossés. La ville est dominée et défendue au nord-ouest par une casbah ou citadelle, qui porte onze pièces de canons, et qui serait susceptible d'une assez longue résistance, si elle ne se trouvait dominée elle-même par les hauteurs voisines. Le port est formé par l'embouchure de la rivière Martil, et il est situé à deux lieues au-dessous de la ville dont il est séparé par une langue stérile et sablonneuse. L'entrée du fleuve est défendue par une énorme tour carrée, qui porte une batterie à son sommet et qui offre cela de singulier qu'elle n'a pas de porte, et qu'on y entre comme au couvent du mont Sinal en se faisant hisser par une corde jusqu'à l'une des fenêtres.

Nous trouvons en Barbarie beaucoup d'anciennes enceintes romaines. l..es plus remarquables sont celles de Bougie, d'Hippone, de Toukrah, de Raestonium, et de Sbeitlah.

Il ne me reste plus à parler que d'une construction très-importante, le port et le môle d'Alger (voyez la planche). Le premier travail fait par les Algériens à leur

BAUBARIii:.

port rerooDte à la fin du quinzième siècle. On éleva alors une tour de vigie et de défense sur un gros Ilot à Touest , dont cette construction occupait la majeure partie. Cette précaution ne fut pas d'une bien grande utilité; car en 1510 le comte de Navarre débarqua sur ce point, démolit la tour et bâtit de ses débris le célèbre Penon qui devait pendant vingt ans maintenir ces pirates dans une dure et humiliante sujétion. La présence d'une garnison espagnole, à portée de mousquet de leurs murailles, enlevait aux Algériens Tusage du port et les obligea à chercher un refuge pour leurs bâtiments sur la plage de Bab-el-Oued, vers Tembouchure du petit ruisseau qui a donné son nom à tout un côté de la ville. Du reste, ce résultat dont les Espagnols se montrèrent aloi*s fort glorieux ne devint ^uère fatal qu'aux pauvres esclaves chrétiens à qui fut dévolue la rude tâche de hâler à terre les navires des pirates. Le phare actuel est établi sur la base de la forteresse du comte de Navarre, la partie supérieure ayant seule été démolie. Le pacha Kheir-ed-Din ou Ghérédin Barberousse, étant parvenu à s'emparer du Penon, employa pendant deux ans plusieurs milliers de chrétiens à construire des débris de la forteresse espagnole et des matériaux amenés des ruines de Rusgunia, colonie romaine dont on voit encore les restes auprès du cap Matifoux, le môle que nous voyons aujourd'hui. Kheir-ed-Din compléta son œuvre en faisant élever, vers 1532, un parapet sur la jetée, afin que même dans les gros temps la circulation ne fût pas interrompue.

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F Mexique, en espagnol Mexico ou Méjico, est une vaste région de rAmérique du Mord, qui formait jadis la vice-royauté de la Nouvelle- Espagne. Cctie contrcHî est bornée à Test par le golfe ou la mer du même nom, dans lequel s'avance, à sa partie méridionale, la presqu'île de Yucatan, resserrée entre les deux grandes baies de Campèche et de Honduras; au sud, par Tex-confédération de Guatemala et par ^ Tocéan Pacifique; à Touest, par le même océan , dans lequel les caps Corrîentes et Mendocin forment les principales saillies, et par le golfe de Californie; enfin, au nord.

par des terriloii*e8 presque entièrement incultes des États-Unis, et par son ancienne province, aujourd'hui indépendante, le Texas, qui le sépare de la Louisiane.

L'intérieur du pays est un immense plateau de deux mille à deux mille huit cents mètres d'élévation au-dessus du niveau de la mer, dans sa partie méridionale, où il forme le couronnement de la grande chaîne de la Gordillière du Mexique, laquelle s'unissant h la Gordillière des Andes au sud, se rattache au nord aux montagnes Rocheuses, et sert ainsi de lien entre les deu\ grands systèmes qui vont aboutir aux extrémités des deux Amériques.

Le Popocalepellj ou Moni de la Puebla, haut de cinq mille cinq cent quarante^ deux mètres, et Vlztaciehuall qui tous deux dominent la magnifique vallée de Tenochtitlan ou de Mexico, le CitlatepetI, ou pic d*Orizaba, de cinq mille quatre cent trente-quatre mètres , le Colima et le Xorullo doivent être cités comme les volcans et les sommités les plus remarquables du Mexique, qui renferme aussi beaucoup de lacs, parmi lesquels ceux de Timpanogos, de Tequajfo et de Chapala se distinguent par leur étendue.

Les contrées les plus peuplées du Mexique n'offi^ent pas de grands fleuves navigables, ce qu'elles doivent à leur position très-élevée; on peut dire même qu'elles souflrent de la disette d'eau dans les parties centrales du plateau sur lequel elles sont situées. I^es autres parties sont arrosées par plusieurs grands fleuves qui sont: i* le Mississipiy le Rio Sabine, le Rio de lo$ Brasos de />tos, le Colorado de Texas, le Rio del NorU, le Tigre, le Santander, le Tampico, ou Panuca, le Guazacoalco, le Tabasco, le Sumasinta , et le BcUizè qui se jettent dans le golfe du Mexique; 2* le O)lombia, le Sacramenio, le San Felipe, le Colorado de Occidenle, le Rio de l'Ascension, le Hiaqui, le Rio del Fuerte, le Cinaloa, le Culiacan, le Rio Grande, le ZaccUula, le Tlascala et le Rio Verde, et le Chimalapa, qui se jettent dans le grand Océan et dans le golfe de Californie; 5* Enfin le Rio Salado et le San Buenaveniura , qui paraissent aboutir au grand lac salé de Tequayo, et le Guanabal qui se rend au lac de Parras, dans le désert de Mapimi.

Les mines d'or et d'argent de ce pays sont renommées dans tout l'univers; celles d'argent surtout, au nombre de plus de mille, sont inépuisables et d'une richesse que celles du Pérou peuvent seules surpasser. I^s principales sont aujourd'hui celles de Temescallepek , QUorce, Zacalecas et Guanaxato.

De nombreuses vicissitudes paraissent av(Nr déjà frappé le Mexique bien antérieurement à l'arrivée des Europé<ms. Selon M. de Ilumboldt, avant le vu* siècle, plusieurs nations, les Olomiles, les Olmèques, les Cuillalèques, les ZacaUques, et les Tarasques avaient paru dans ces régions. Du vir au xu* siècle plusieurs autres nations inondèrent successivement le Mexique; l^s ToUèques, les Chickimèques, les Nahuatlaques, les Acolhues, les Tlascallèques et les Aztèques formaient un seul groupe uni par l'analogie des langues et des mœurs, à peu près comme les Allemands, les Norvégiens et les Danois qui se confondent tous dans une seule race, celle des peuples germaniques. Ce fut en H90 que les Aztèques, l'une des sept tribus des Anahuallacs (peuple riverain), aiTivèrent dans la région équinoxiale de

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