SYRIE
vatiou. Les chambres sont basses, les plafonds élégamment décoi'és d'arabesques, les fenêtres larges, ornées de vitraux peints. Tous les toits sont en terrasse et entourés d'un mur à hauteur d'appui, qui forme la séparation des maisons contiguês. C'est là que les liabilanti» jouissent de la fraîcheur du soir, et que, pendant les chaleurs de Tété, ils étendent des matelas où ils passent la nuit, sans tente ni couverture d'aucune espèce.
I.<es maisons d'Antioche se distinguent de celles des autres villes de la Syrie par leur peu d'élévation et par leurs toits en pente couverts de tuiles minces; ces maisons n'ont qu'un étage «^t sont construites de matériaux légers, précautions que nécessitent les tremblements de terre qui, si souvent, ont dévasté cette malheureuse ville. Celui de 568 seul coûta la vie à plus de soixante mille personnes. Aujourd'hui Antioche contient au plus six mille Ames.
IjCS khans, qui servent en même temps de demeure et de magasins aux marchands en gi'os, se trouvent dans toutes les villes de Syrie. Il en est un à Damas qui les surpasse tous; son entrée donne dans un des bazars voisins de la grande mosquée. Uu superbe portique , terminé (mi ogive et décoré d'une grande quantité de sculptures, conduit à une spacieuse cour carrée, entourée d'un portique, au-dessus duquel règne une galerie couverte, dont la partie extérieure est distribuée en bureaux; le tout est surmonté de dômes élevés. \a\ construction est en pierres noires et blanches, réunion qui forme un des principaux traits de Farchitecture sarrasine, dont cet édifice offre un admirable exemple. Il y a aussi de fort beaux khans à Alep et dans quelques autres villes; mais ceux que Ion rencontre sur les routes ne sont, quelquefois, qu'une natte étendue par terre, avec une autre au-dessus, soutenue par des perches.
En Syrie, comme dans tout l'Orient, chaque genre de marchandise a ses bazars particuliei'S, édifices souvent aussi élégants que vastes et bien disposés; ceux de Damas passent pour les plus beaux de la contrite.
I>»s cafés d'une ville (fOrient étant les lieux de réunion habituelle de ses habitants, figurent généralement parmi les édifices les plus remarquables. A Damas, ils sont nombreux et élégants; la plupart sont des espèces de kiosques, situés dans la position la plus riante et la plus pittoresque, construits en bois peint de diverses couleurs, et ouverts de tous les côtés.
Il est encore d'autres lieux de réunion pour les Syriens; ce sont les hamrnân ou bains, dont les salles sont éclairées par de petits vitraux peints; elles sont pavées de marbres à compartiments de diverses couleurs, travaillés avec beaucoup d'art. I^s murailles sont revêtues égjilement de mosaïques de marbre ou d'élégantes scMilptures.
CONSTRIXTIONS MILITAIRES.
On reconnaît une grande partie de l'enceinte antique de Séleucie, flanquée de tours rondes, la plupart en ruine.
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CONSTRUCTIONS MILrrAIRES. il
C'est peul-étre à une époque encore plus reculée qu'on doit attribuer les murailles encore debout, qui attestent Tancienne grandeur de Membig, Tantique Hiéropolis, ville célèbre par le culte d'Âstarté. I^s murs d'Ântioche (planche 66 bis) existent encore, quoique dans un gi*and état de délabrement, et indiquent clairement les anciennes limites de la ville. Ils forment à peu près un rectangle, et Tespace qu'ils renferment peut avoir de trois à quatre milles de tour. Ces murs ont environ sept mètres de haut, et sont flanqués, de distance eu distance, de tours carrées La partie qui s'étend à l'ouest est la plus remarquable et remonte évidemment à la première construction par Séleucus ; elle est formée de pierres de taille «bien polies, avec de belles tours régulièrement espacées; on y monte par des escaliers en pierre, et on peut encore faire le tour de la ville sur leur sommet qui n'est point crénelé.
Les murs d'Alep sont en pierres de taille; ils ont près de dix mètres de haut et environ sept mètres d'épaisseur; ils ne portent nulle part de marques d'une haute antiquité, et, d'après le style antique de leur architecture, on les croit de construction sarrasine; ces murailles sont accompagnées de fossés larges et profonds. Près de l'extrémité nord-est de la ville, est situé le château (El kalaat) sur une montagne assez élevée; il est entouré d'un fossé large et profond, d'un demi-mille de circonférence et d'une muraille flanquée de tours.
Damas est beaucoup moins bien défendue; une partie seulement est fermée par un mur de peu d'élévation et qui parait ("tre de construction récente, quoiqu'en différents endroits il ait été évidemment bâti avec les matériaux et sur les fondations d'un plus ancien. A peu près au centn; de la ville, est un enclos de construction semblable, et défendu, de distance en distance, par des tours; il sert de citadelle, et est la résidence habituelle du gouverneur de Damas.
En dehors de l'enceinte de Boszra, au sud, est un beau et grand chAteau d'origine sarrasine, entouié d'un fossé profond ; les murs en sont très-épais, et danà l'intérieur sont des'voûtes obscures, des passages souterrains, etc. Burckhardt dit que c'est certainement le château le mieux bâti de toute la Syrie.
La Syrie présente encore plusieurs châteaux datant de l'époque des croisades; tel est celui bâti par saint Louis h Tsaida ou Sidon, tel est encore le château si pittoresque qui se voit sur le sommet d'un rocher près de Batroun (voyez la lettre).
Des arcs de triomphe se trouvent dans presque toutes les ruines des villes de la Syrie. A Djerash on en voit un à trois arcades, décoré de quatre colonnes, dont les bases singulières sont ornées de feuilles d'acanthe. A Boszra est une porte triomphale presque intacte, composée également d'une grande arche entre deux plus petites. Entre ces arches sont des pilastres corinthiens, avec des piédestaux en saillie pour des statues.
U existe aussi un arc de triomphe à Palmyre, et un autre à Laodicée; celui-ci fut probablement érigé en l'honneur de Septime Sévère, qui était originaire de Syrie. Comme il est entouré d'autres bâtiments, il est difficile d'en embrasser les détails, mais il parait assez bien conservé. Chaque face offre une belle arche avec des colonnes et des pilastres d'ordre corinthien, surmontée d'un fronton et d'une frise ornée
SYKIE.
de trophées militaires. J ai cru devoir, en teriiiinuiil, placer ici la description d'un monument qui, par sa destination an moins, peut (^tre rapproché des moDoments triomphaux ; je veux parler des sculptures qui se voient à huit kilomètres delà mer, près de Beyrouth, Tantique Berythe. Sur une montagne, on voit sculptée une figure colossale avec un cartouche hyéroglyphique dans lequel M. Champollîou a cra lire le nom de Hhamsî's II, ou Sésostris. I^ montagne sur laquelle on le voit a, dans sa partie inférieure, du côté où passait la route romaine, des inscriptions grecques et latines dans un tel état de mutilation, qu'il est impossible de les restituer. L'airitre partie de la montagne conserve encore de grands travaux et des représentations colossales au nombre de neuf, sculptées en relief sur ses roi^liers. La plus grande de ces figures, qui est aussi la mieux conser>ée, est placc^e sous une arcade et porte le costume royal des Perses. Ce monarque babylonien est, sans doute, Nabuchodonosor II, celui dont les conquêtes se sont étendues jusque dans cette conli*ée. Une circonstance particulière nous montre l'importance que l'on attachait à ces images, et le soin que l'on prenait de leur conservation. On voit encore les traces de volets de bois que l'on fermait sur le bas-relief pour le garantir, non pas des outrages des hommes, car qui eût osé l'insnlter? mais de l'intempérie des saisons.
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i rjj.E contrée pourra jamais éveiller de plus palpitants souvenirs que celle où prit naissance cette religion qui réforma les mœurs et la morale de Funivers, qui, dans sa pureté, et telle que l'ont enseignée son divin auteur par la parole, e( ses apôtres dans TÉvangile, est si bien faite pour répandre le bonheur universel, améliorer la condition des hommes et perfee- ^tionner la nature humaine? Quelle terre plus digne de nos pieux respects que celle qui fut témoin de toutes ces merveilles dont les i^écits ont dès noti-e plus tendre jeunesse fait battre notre cœur, et porlé notre âme à la
reconnaissance, à la prière, que celle enfin qui, plus tard, destinée à régénérer deux fois le monde, fut le théâtre de ces guerres pieuses, première source de la renaissance en Europed'une civilisation si longtemps enfouie dans les ténèbres de la barbarie?
La terre sainte a reçu aux diverses époques les noms de terre de Chauaan» de terre d'Israël, terre du Seigneur, terre promise, terre de Judée, ou Palestine. On a assigné diverses limites à la terre sainte. Selon Talliance faite avec Abraham» la donation de la terre promise comprenait originairement tout le pays sitaé depuis le fleuve de V Egypte jusqu'au grand fleuve de VEuphrate. Ses limites précises, tdies que Dieu les traça à Moise, sont indiquées dans la Genèse (XV. 18.) avec toute Fexactitude d^un témoin oculaire. Toutefois les Israélites no furent pas immédiatement mis en possession de cette contrée. \a\ promesse du Seigneur ne se réalisa entièrement que sous le règne de Salomon.
Lorsque les Israélites se furent rendus maîtres du pays de Chanaan , Josué les divisa en douze parts que les tribus tirèrent au sort.
La seconde division remarquable de la terre sainte est celle qui fut faite par Salomon. Ce monarque partagea le gouvernement qu'il avait reçu de David, son père, en douze provinces ou districts, placées chacune sous un gouverneur particulier. Ses États étaient bornés, à l'orient, |par rEuphrate, à l'occident, du coté de la Méditerranée, par le pays desPhilislins, et aumidi,parrÉgypte. H avait conséquemment pour tributaires, les royaumes de Syrie, de Damas, de Moab et d'Ammon, et paratt avoir ainsi possédé tout le pays que Dieu avait promis à Abraham de donner à sa postérité. Cet état de splendeur ne dura pas longtemps ; après la mort de Salomon, dix tribus se révoitèi'ent contre son fils Roboam, et formèrent, sous Jéroboam, un État séparé appelé royaume d'Israël, Les deux tribus de Benjamin et de Jnda, restées fidèles à Roboam, formèrent le royaume de Juda. Jérusaleni fut la capitale de celui-ci. Cette division , après avoir duré deux cent «inqiiante quatre ans, cessa à la conquête du royaume d'Israël par Salmanazar, roi crAssyrie.
Sous les Romains, la Palestine était une dépendance du gouvernement de Syrie, et fut divisée en trois provinces, sous les noms de première, deuxième et troisième Palestine.
Dans les divisions modernes de cette partie de l'empire ottoman, la Palestine ne forme, ainsi que je l'ai dit, qu'un seul État avec la Syrie, mais, pour les chrétiens, la contrée qu'on appelle proprement la terre sainte est celle bornée au sud et à l'est par l'Arabie, à Touest par la mer Méditerranée, et au nord par la Syrie.
Qu'il nous soit permis de rappeler ici , en peu de mots, les principaux faits de l'histoire de Jérusalem, car à cette histoire se rattachent tous ceux de ces faits qui ne sont pas communs à la Palestine et à la Syrie.
Quelques auteurs ont supposé que Jérusalem était Salem où régnait Melchisedech, mais cette opinion ne porte que sur de légères conjectures. Le plus ancien nom sous lequel elle nous soit connue, est celui de Jebus ou Jebusi que nous trouvons quelle portait lorsque son roi fut pris et tué k la célèbre bataille de Gabaon. Elle fut comprise dans le partage de la tribu de Benjamin, mais grâce à la force de sa position ,
INTKODUCTION. 15
et à leur propre valeur, les Jébuséens en couservèreut la possession jusqu'au règne de David. Jusqu'alors peu considérable, elle prit de Fimportance en devenant capitale, et surtout par la construction du temple. Manassès, les Machabëes et Agrippa en agrandirent le circuit, mais il ne pai*ait pas qu'elle ait jamais eu plus de six kilomètres de circonfëi*ence. Cent vingt ans après Salomon, le temple fut dépouillé dans la guerre de Joas contre llazaël, roi de Syrie. Deux cents ans après, Nechar, roi d'Egypte, à son retour d'une expédition en Asie, prit Jérusalem et lui imposa un tribut. Quatre années étaient à peine écoulées, quand Nabucliodonosor, roi deBabylone, prit la ville, et, à son tour, la rendit tributaire; elle chercha, au bout de trois ans, à secouer le joug, mais, après une longue lutte, Nabuchodonosor s'en empara de nouveau, en enleva tous les trésors, qu'il emporta a Babylone, où il emmena captif le roi Joachim, après avoir établi à sa place son oncle Sédécias. Celuici avait régné onze ans , lorsqu'il viola le serment de fidélité qu'il avait fuit à Nabuchodonosor, qui , ayant pris la ville pour la quatrième fois, en rasa les murs, mit le feu au temple, aux palais et aux maisons, et emmena captifs à Babylone tous ceux qui avaient échappé au fil de Tépée. Jérusalem resta ensevelie sous ses ruines depuis l'époque de la captivité (466 ans avant J. C.) jusqu'en 556, première année du règne deCyrus à Babylone. Non-seulement, ce prince permit à tous ceux des juifs qui le voulurent, de retourner dans leur pays, mais encore il leur rendit les vases sacrés et s'engagea à pourvoir aux frais de reconstruction du temple. Alexandre fut sur le point de détruire de nouveau Jérusalem , pour avoir prêté secours aux Tyrièns, mais il pardonna. Après sa mort , Jérusalem passa sous la domination des rois d'Egypte. L'an 320 avant J. C, Ptolémée, fils de Lagus, prit Jérusalem. Antiochus le Grand reprit la Judée et la Célésyrie ; Séleucus, son fils, envoya Héliodore pour enlever les trésors du temple; on sait quel fut le châtiment de cet envoyé, moins coupable que son mattre. Antiochus Epiphanes, à son tour, pilla le temple et la ville, et tua quatrevingt mille habitants. Apollonius, son lieutenant, en fît autant deux ans après; il ne conserva qu'une petite partie de la ville, près du temple, qu'il entoura de murailles, et où il bâtit une citadelle pour y loger une forte garnison. Après trois années. Judas Machabée délivra Jérusalem. Plus lard, cette ville vitsesmurailles rasées par Pompée; César permit de les relever. Après la mort d'Hérode, la Judée devint province romaine. L'an 70 de J. C, Jérusalem fut prise par Titus, et ainsi finit la puissance juive. Plus tard, à la suite d'une révolte, Adrien fit passer la charrue sur le sol du temple de Salomon, et un temple à Vénus fut élevé sur le Calvaire. Tout changea de nouveau 80OS Constantin, puis encore sous Julien l'Apostat qui, pour faire mentir les prédictions, s'etforva, maisen vain , de relever le temple. En 613, Chosroës II , roi de Perse, prit Jérusalem et passa quatre-vingt dix mille hommes au fil de l'épée ; en 624 elle fut reprise par Héraclius. En 637, la seizième année de Thégv're, Jérusalem fut prise par Omar, et passa aux mains de Mahomet. Les rigueurs que les musulmans exercèrent contre les malheureux chrétiens donnèrent naissance aux croisades. La première croisade eut pour chef Godefroy de Bouillon , qui prit Jérusalem en 1099 ; nommé roi de sa conquête, il régna un an et mourut de la peste; Baudoin, son frère, lui succéda.
En 1147, secoude croisade pour venir au secours des rois de Jérusalem; elle fut entreprise par Conrad II, empeixjur d'Allemagne , et Louis VII , roi de France ; elle eut peu de résultats. En 1187, Saladin ayant chassé Guy de Lusignan, neuvième roi, une nouvelle croisade fut décidée, en 1 189, par Frédéric I", empereur d'Allemagne, Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion ; lés chrétiens furent forcés de faire la paix avec Saladin. Les quatrièmeet cin(|uième croisades furent sans effet. La sixième fut entreprise par Frédéric II, en 12:21 ; «»nrin, la septième, la plus malheureuse de toutes, par saint Louis, en 1248. Depuis lors, Jérusalem, la ville sainte des juifs et des chrétiens , est restt^e au ()Ouvoir des musulmans.
On ne peut décrire les monuments religieux de la Palestine, saus rapi>eler, au moins rapidement , le plus célèbre monument du monde, dont, malheureusement, il ne reste plus aujourd'hui la moindre trace. Ce fut cent cinquante-six ans api-ès la prise deTroye, que Salomon forma le projet de bâtir son temple, qui fut achevé en Tan du monde 3000. Il eut recours, |>our IVxécution de son dessein, au roi de Tyr, son ami , qui lui envoya Iliram, que, par estime, il ap()elait son père, et qui excellait en tous les arts. Hiram se montra digne de ce choix, et ce l'ut lui qui éleva le temple dont la Bible et les historiens nous ont transmis de si ponipeiis<'s descriptions.
Le temple de Salomon est maintenant remplacé p;ir la fameuse mosquée d'Omar {planche 61), ainsi appelée parce qu'elle fut commenc<'»e en 057 par le célèbi*e kalife de ce nom, bien qu'achevée par ses succ<*sseurs. Elle forme un octogone- i^égnlier , surmonté d'une grande cou|K)le, que termine un croissant doré. Elle est bâtie sur une plate-forme élevée où l'on monte par un escaliei- large et facile com[>osé de six marches. On y entre par quatre portes répondant aux quatre points cardinaux. Trois de ces portes ont chacune un porche en bois d'un travail gracieux et léger. Celle du nord est seule orné(» d'un beau porti(|ue, supporté par huit colonnes en marbre d'ordix» corinthien. Le bas des murs est extérieurement revêtu de marbre bleu et blanc, mais l'intérieur du parvis est entièiement pavé en marbre blanc. La partie supérieure des murs et la frise sont recouvertes de petits carreaux en émail de plusieurs couleurs, mais où néanmoins le bleu domine. Ces carreaux, entremêlés d'arabesques et de versets du Koran, forment une mosaïque aussi étrange que gracieuse. On ne |>eut pénétrer dans Tintérieur de cette mosquée; les musulmans sont plus rigoureux pour celle-ci que pour toute autre, parce que, suivant une tradition, tout ce qu'un chrétien demanderait dans son enceinte lui serait accordé. La mosquée d'Omar offre dans son ensemble un beau spécimen de l'architecture orientale, toujours plus élégante que grandiose. Ce temple, le plus sacré de l'islamisme après celui de la Mecque, porte le nom de El Sakhrat , la cachée (sous entendu /a pierre), parce qu'on y conserve une pierre brute, soigneusement
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MOMllENTS RELIGIFAIX. il
rarliôe aux regards des infidèles, et à laquelle se rattachent plusieurs traditions.
l-a mosquée de FJ-Aksa sVIève immédiatement derrière le Sakrat et touche au mur méridional du parvis; elle est bien moins remarquable par son architecture. Cest un édifice rectangulaire, précédé d'un portique, el surmonté d'une coupole sphérique, couverte d'arabesques peints et dorés On dit que cetU*. mosquée est d'une haute antiquité, et comme elle occupe une partie de l'emplacement du temple de Salomon, on peut supposer que quelques-uns des matériaux du chef-d'œuvre d'IIiramont été employés à sa construction. >'ous reviendn ns plus tard aux mosquées de la Palestine. Je n'ai décrit ici El-Sakrat et EI-Alksa qu'à cause du lieu qu'elles occupent. Je dois parler auparavant des monuments religieux que le paganisme a laissés sur le sol de la terre sainte; car si nous ne voyons plus de vestiges du temple de Vénus au Calvaire, que fit détruire sainte Hélène, nous trouvons des restes de temples en maint endroit de la Palestine.
Sur la hauteur où se trouvent les iiiines de l'antique Samarie, on voit une centaine de colonnes, disposées sans ordre, mais toutes debout et sans chapiteaux; on ne peut douter qu'elles n'aient appartenu à des temples.
C'est à Ascalon, ville qui a joué un si grand rôle dans l'histoire des croisades, que se trouve le plus beau temple de la Palestine. Ce vaste sanctuaire, consacré à Vénus, conserve encore quarante magnifi(|ties colonnes de granit rose.
En décrivant les monuments chrétiens auxquels se rattachent pour nous tant de souvenirs, je suivrai de préférence Tordre des faits qu'ils rappellent, quoiqu'il ne soit pas toujours entièrement d'accord avec l'ordre chronologique de leur construction.
Au village ruiné de Saphoury, dont le nom et la situation indiquent suflisamment le site de Saphura, l'ancienne Zippor, on voit les restes d'une église offrant encore quelques traces d'une grande magnilicence; cette église s'élevait sur l'emplacement de la demeure de sainte Anne et de saint Joachim, de la maison où naquit la mère du Sauveur.
A Nazareth, dans le couvent des missionnaires de terre sainte, est une église qui a remplacé la maison de Joseph et Marie, transportée miraculeusement par les anges à Lorette. On la nomme l'église de l'Annonciation, en mémoire de l'incarnation de Notre-Seigneur. Elle ne se recommande guère que par les souvenirs; les proportions en sont irrégulières, et elle est ornée avec plus de faste que de goût. Derrière le maître autel est un escalier par lequel on descend dans une crypte, où deux colonnes de granit indiquent la place qu'occupaient Gabriel et Marie, au moment de la miraculeuse annonciation.
A peu de distance du couvent, une petite chapelle a remplacé l'atelier de saint Joseph.
Le monastère de Bethléem, élevé sur le lieu de la naissance même du Christ, renferme plusieurs chapelles qui toutes rappellent des souvenirs de l'histoire du Sauveur. Sous une chapelle dédiée à sainte Catherine, s'étendent plusieurs cryptes auxquelles on descend par un escalier. Au bas de cet escalier est un petit caveau
creusé dans le roc, une colonne, placée au milieu, en soutient la voûte; c*est là que se trouve le mausolée des innocents massacrés par Hérode. Un passage étroit et obscur conduit ù la chapelle souterraine de la nativité, qui n'est autre que Tétable creusée dans le roc où Jésus-Christ reçut la vie, et qu'on a agrandie en la convertissant en chapelle. Non loin de la, dans d'autres cryptes, sont les tombes de saint Jérôme et de saint Eiisèbe, son compagnon. Revenant à la lumière, on va visiter la grande église construite par sainte Hélène, appelée Sancla-Maria de Bethléem. Ce beau monument, un des premiers sanctuaires élevés par le christianisme, est une vaste basilique (planche 62), partagée en cinq nefs par quatre rangées de belles colonnes de marbre cannelées et d'ordre corinthien; elle a été enrichie des dons de toutes les nations chrétiennes.
C'est non loin de Bethléem , en descendant dans la plaine, qu'une grotte, changée en chapelle, indique le lieu où la Vierge se reposa lors de la fuite en Egypte.
En revenant à Jérusalem, nous trouverons une autre grotte non moins respectable, c'est celle de Gethsemani, au fond de la vallée de Josaphat. Dans cette caverne, au pied du mont des Olives, le Sauveur se relirait quelquefois pour échapper ù la persécution de ses ennemis ou à l'importunité de ses disciples; il était là encore ce jour où, dans Vagonie de son âme, tombant à genoux et suant comme des gouttes de sang, il fut fortifié par un ange. (Saint Luc, XXII, 43, 44)
La grotte de Gethsemani et le rocher qui la couvre sont entourés maintenant des murs d'une petite chapelle.
Sur le mont des Olives était une église aussi ancienne que celle de Bethléem, et construite également par la mère de Constantin, sur le lieu où Jésus-Christ foula pour la dernière fois la terre; elle couvre un rocher où se trouve imprimée la forme d'un pied ou d'une sandale dont la pointe est tournée vers le nord. On dît que c'est l'empreinte du pied de Notre-Seigneur, lorsqu'il monta au ciel. L'église de l'Ascension, après avoir été convertie en niosqu<'*e, est aujourd'hui en ruine. Non loin de la porte de Sion est une mosquée d'assez misérable apparence, qui couvre, dit-on, le tombeau de David. Une partie de cette mosquée était autrefois l'église du Cénacle, bâtie sur le lieu même où Jésus-Christ institua TEucharistie.
J'ai hâte d'arriver au monument le plus i^acré du monde, à celui dont le nom seul fait battre le cœur de tout chrétien. On a déjà nommé le Saint-Sépulcre, qui, au dire de sainte Cyrille, portait encore au quatrième siècle le nom de /umfrvffw^ témoignage, comme le prophète l'avait prédit. Ce monument, que l'impératrice Hélène fit construire sur remplacement du supplice et du tombeau du Christ, fut dévoré par un incendie, le 12 mai 1808, mais les flammes ont épargné le tombeau de Jésus-Christ et le couvent catliolique qui est auprès, ainsi que les chapelles des huit nations ou branches du christianisme. Ce temple a été rebâti immédiatement et achevé en septembre 4810, aux frais des moines grecs, soupçonnés d'avoir été les auteurs de ce désastre. Le mont Calvaire est aujourd'hui au centime de la ville, et c'est sur son sommet, au lieu où Adrien avait consacré un temple à Vénus, que la mère de Constantin érigea son église.
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I7ITËRIEUR DU SAINT SÉPULCIIE
( Paittitine. )
PI. I.XUI bit.
MONUMENTS UELIGIEIIX. 10
I^ façade du Saiiit-Sépiilcre {planche 63) n'offre rien de bien remarquable. I/)rsqu'on est entré dans le vestibule, on voit à gauche un enfonremcut où les Turcs ont établi leur divan; ils sont aujourd'hui les gardiens du Saint-Sépulcre, qu'eux seuls ont le droit de fermer ou d'ouvrir; mais ils en ont le plus grand soin, et conservent le tombeau que se disputeraient les diverses communions. Une petite dalle de marbre poli, entourée d'une grille et enchâssée dans le pavé du vestibule, couvre, dit-on, la pierre de l'onction, sur laquelle le corps de Jésus-Christ fut lavé, oint et embaumé avant d'être mis dans le tombeau {saint Jean, XIX, 39). Au bout de ce vestibule on se trouve sous la large coupole de l'église {planche 63 bis). Le centre de cette coupole, que les traditions locales donnent pour le centre de la terre, est occupé par un petit monument carré long, orné de quelques pilastres, d'une coniiche et d'une coupole de marbre, le tout de mauvais goût et d'un dessin tourmenté et bizarre. Il a été reconstruit, en t817, par un archilecle européen. Il couvre l'emplacement du sépulcre de Ji'sus-Christ. On y monte par quelques marches, et on trouve une petite chapelle où Ton voit un bloc de marbre poli, qui marque la place où se tenait l'ange qui annonça aux saintes femmes la résurrection du Christ (saint Mathieu^ XXYIII, 6). De là, par une por^e basse et étroite, fermée pair un rideau, on entre dans le sanctuaire ou chambre sépulcrale; un autel y est élevé sur le sépulcre neuf, où , selon la tradition , le corps de Notre-Seigneur fut déposé par Nicodème (saint Jean, XIX, 39, 42); un grand nombre de lampes d'or et d'argent, présents des princes chrétiens, brûlent continuellement au-dessus. Les murs intérieurs sont revêtus de marbre grisîitre, et la voûte est entièrement noircie par la fumée des lampes. L'espace devant l'autel est si étroit, qn^iSne peut contenir que trois ou quatre personnes à la fois. En rentrant dans l'église, entre les piliers qui soutiennent la grande coupole, on trouve des chapelles vastes et profondes qui sont affectées chacune à un des mystères de la passion du Christ. La partie de rédiSce qui n'est pas sous la coupole est exclusivement r<*servée aux Grecs schismatiques. Une séparation en bois peint et couverte de tableaux de style grec, sépare cette nef de l'autre. Un escalier, taillé dans le roc, conduit de là au sommet du Calvaire. Ce sommet, qui a été aplani, présente une plate-forme d'environ douze mètres carrés, et n'est éloigné du Saint-Sépulcre que d'environ trente-cinq mètres. Sur cette plate-forme s'élèvent deux chapelles séparées par une arcade. Dans celle du fond, une mosaïque indique l'endroit où Jésus fut attaché à la croix; dans Tautre est une table en marbre perci'e à jour, de manière à laisser voir, sans qu'on puisse toutefois y toucher, les trous où furent dressées les trois croix, ainsi que la fentedu rocherproduiteparle tremblement do terre au moment où le Sauveur expira (saint Mathieu, XXVII, 51). 1^ Calvaire, le tombeau et plusieurs autres sites du drame de la Rédemption, se trouvent ainsi accumulés sous le toit d'un seul édifice d'une médiocre étendue; cela semble peu conforme au récit des évangiles, et l'on est loin de s'attendre à trouver le tombeau de Joseph d'Arimathie, taillé dans le roc, hors des murs de Sion, à cinquante pas du Calvaire, lieu des exécutions renfermé dans l'enceinte des murailles modernes; mais les traditions sont telles, et elles ont prévalu.
Citons encore quelques églises bien moins importantes, mais que cependant nous ne devons pas passer sous silence. D'abord se pi^ésente celle construite par sainte Hélène à Samarie, sur le lieu même où saint Jean-Baptiste fut décapité; cette vaste basilique byzantine, quoique aujourd'hui en très-mauvais état, et transformée en mosquée, est encore du plus grand intérêt pour la piété du chrétien, comme pour les investigations de Tantiquaire.
Une autre église, bien proportionnée, ornée de belles colonnes et surmontée d'une coupole, est située à environ une heure de marche de Jérusalem, dans la contrée appelée autrefois le Désert; elle marque le lieu où naquit le Précui^seur.
A Loudh, autrefois Lydda, ville qui n'est plus aujourd'hui qu'un monceau de ruines, on remarque celles d'une église bâtie ou plutôt réparée par Richard Cœur de Lion, en l'honneur de saint Georges, patron de l'Angleterre, dont cette ville fut la patrie.
Enfin, M. Léon de la Borde, en donnant les dessins de l'église deTil>érias, nous a fourni un curieux exemple du style ogival le plus sévère. C'est une simple salle à voûte ogivale, éclairée par d'étroites fenêtres de même forme, et présentant au fond une grande niche qui contient l'autel.
Les couvents sont nombreux en terre sainte. Nous avons déjà eu occasion d en citer plusieurs; je ne ferai plus qu'indiquer celui de Hamla, lancienne Arimathie, fondé par Philippe le Lion, duc de Bourgogne, et celui du mont Carmel et de Saint-Saba.
A peu de distance de Rama, s'élève une haute tour appelée la tour des quarante martyrs, parce qu'elle fais;iil jadis partie d'une église dédiée a quarante justes qui, inébranlables dans leur foi, furent mis à mort à Sebaste, en Arménie. Cette église fut plus tard convertie en mosquée par Saflr ed-Din, sultan d'Egypte; aujourd'hui ce u'est plus qu'une belle ruine.
J'ai promis de revenir aux mosquées de la Palestine; pour remplir ma promesse, j'en mentionnerai quelques-unes avant de passer à la description des monuments funéraires.
A El-khalil, l'ancienne llébron, cette ville qui, pendant quelques années, fut la capitale du royaume de David, et qui (igure parmi les plus anciennes du monde, est une magnifique église bûtie par l'impératrice Hélène, sur remplacement désigné par la tradition comme celui du tombeau dWbraham. Elle a été changée en une mosquée, décorée avec le plus grand luxe, et où l'on conserve» les prétendus mausolées du patriarche et de sa famille, recouverts en élolfes de soie verte richement brodées en or.
Parmi les mosquées modernes, lapins belle estcelle d'Acre, bâtie par Djezzar- Pacha, qui l'enrichit de colonnes antiques de marbre empruntées à toutes les villes voisines; elle est carrée et surmontée d'une belle coupole. Un minaret léger et d'une hauteur considérable, qui s'élève à coté, contraste d'une manière heureuse avec les noii*s cyprès qui l'environnent. La cour intérieure est entièrement pavée en marbre blanc.
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MONUMENT FUNÉHAIUES. 21
A Test de Jérusalem, entre la ville et le mont des Olives, s'ouvre une étroite valh'e que semble avoir creusé le torrent de Cédron, lorsqu'il est grossi par les pluies d'hiver; cette vallée est celle de Josaphat, appelée aussi quelquefois Tophet ou vallée du sang. Une tradition, fondée sur un passage de la prophétie de Joël, veut que ce soit dans cette vallée qu'aura lieu le jugement dernier. « Que les peuples se réveillent, a dit Joël, qu'ils montent dans la vallée de Josaphat, j'y serai assis pour juger tous les peuples qui y viendront de toutes pans. » L'aspect de cette vallée célèbre est bien conforme, sauf par la grandeur, à la destination qu'on lui assigne; c'est un vaste cimetirre. Dominé de toutes parts par des monuments funèbres, encaissé à son extrémité méridionale par le rocher de Siloë, tout percé de grottes sépulcrales, il offre à nos regards un sol couvert de tombes de tous les temps, de tous les âges, de tous les cultes. Les tombes les plus modernes, celles des juifs de nos jours, sont d'une extrême simplicité; elles sont dépoui*vues de tout ornement, et ne consistent qu'en une simple dalle de pierre, dont le plus ou moins de largeur indique le rang du défunt. Les inscriptions sont en hébreu, et ne fool que rappeler le nom et l'âge de la personne, et la date de sa mort. Dans cette même vallé'e, trois sépulcres antiques contrastent par leur grandeur avec la simplicité des tombes modernes. Ce sont ceux d'Absalon, de Josaphat et de Zacharie, qu'on désigne collectivement sous le nom de tombeaux des patriarches. Celui d'Absalon (planche 04) est le plus remarquable; il est détaché du roc dans lequel il fut taillé; sa base est carrée et ornée à chaque face de quatre pilastres ioniques, surmontés d'une frise avec des métopes et des trigliphes. Au-dessus de cette base, s'élève un ouvrage carré en maçonnerie de même dimension; le tout surmonté d^une partie circulaire, supportant une espèce de cône. La hauteur totale de ce monument est de six à sept mètres.
Immédiatement derrière ce mausolée, dans l'une des faces déchirées du rocher, est l'architrave d'une porte qui ouvre sur une chambre funèbre. C'est, dit-on, le sépulcre de Josaphat qui donna son nom à la vallée.
Enfin, un peu au sud du tombeau d'Absalon, est celui de Zacharie, fils deBarrachie. Comme le premier, il a sa base quadrangulaire séparée du rocher dans lequel elle a été taillée; il est également orné de pilastres d'ordre ionique; mais au lieu de métopes et de triglyphes, il est entouré d'une lourde architrave qui fait saillie, et au-dessous de laquelle est une pyramide en maçonnerie.
Tout près de là, dans le liane de la montagne, est une excavation qui renferme trois chambres, dont l'entiée est supportée par des colonnes d'ordre dorique peu élevées. Ce caveau n'est pas de niveau avec les autres monuments dont je viens de parler; de sorte que, pour y entrer, il faut gravir le rocher. On l'appelle la grotte de Saint Jean, et on prétend que c'est là que cet apôtre se retira durant la semaine
de la passion de Notre-Seigneur , décidé à ne prendre aucune nourriture jusqu'à ce qu'il eût appris sa résurrection. Le fait peut élre vrai; mais ce qui nous paraît certain, c est que cette excavation fut aussi une sépulture. Il est bien difficile de fixer l'époque de la construction de ces monuments, où l'on trouve un si singulier mélange d'architecture grecque et hébraïque; il ne nous semble cependant pas possible de leur accorder la haute antiquité que la tradition leur assigne.
Dans le jardin de Gelhsemani, au-dessus de la vallée de Josaphat, est un joli petit édifice composite d'un style plus pur, et qu'on désigne à la pieuse crédulité des fidèles comme celui de la Vierge; sa construction est attribuée à sainte Hélène.
Un peu au-dessus de la naissance de la vallée du Cédron, au nord de Jérusalem, et à environ cinq cents pas de la porte de Damas, on trouve d'anciennes excavations , dont l'étroite ouverture est à demi fermée par la terre et les pierres éboulées. On ne peut y pénétrer qu'en rampant et avec des torches. Ce sont les sépulcres des rois. La frise magnifiquement sculptée (voy. la lettre), et du plus beau travail grec, régnant sur le rocher extérieur, assigne à cette décoration du monument l'époque la plus florissante des arts dans la Grèce. On pénètre d'abord dans un vestibule de quatre mètres environ, en carré, sur deux de hauteur. De ce vestibule partent des corridors qui conduisent à cinq ou six chambres funèbres, dans les mui's et le pavé desquelles on a pratiqué des niches de dimension et de forme diverses pour y placer des morts. Chacune de ces chambres paraît avoir été fermée de portes massives en pierre et à panneaux, admirablement taillées et polies.
Un peu au nord des tombeaux des rois, sont d'autres excavations du même genre, mais bien inférieures sous le rapport de l'architecture; on les désigne sous le nom aussi hypoîhétique de tombeaux des juges.
De magnifiques tombeaux creusés dans le roc se voient dans la petite ville de Safed; les Turcs les désignent sous le nom de tnaison de Jacob, Ils oni beaucoup souffert du terrible tremblement de terre de 1837. Ceux du même genre qui se voient à Saide, l'ancienne Sidon, sont appelés tombeaux des anciens rois de Syrie.
A Nablous, la Sichem de l'ancien Testament, on montre les prétendus tombeaux du patriarche Joseph, du grand prêtre Éléazar et de Josué; sur la route de Jérusalem à Bethléem, près du couvent de 3Iar-Elias, c'est celui de Kachel, femme de Jacob, et mère de Joseph et de Benjamin; à Modin, c'est celui des Machabées; enfin dans ce pays sacré, il n'est pas une pierre à laquelle ne se rattache un grand nom, un grand souvenir. La tradition est fausse peut-être, mais mieux vaut encore l'admettre à tort que renoncer au bonheur d'y croire.
CONSTRUCTIONS CIVILES
Il y a peu de restes de théâtres en Palestine pour marquer le passage des Romains; on en reconnaît cependant quelques-uns à Bisan, misérable village, la ville de Beihsan de la Bible, la ScythopoUs des Grecs et des Romains.
PISCLNE DE SILOÉ (Pilntine. )
PI. Lxr.
CONSTRUCTIONS MILITAIRES. 25
Ces derniers ont laissé plusieurs aqueducs, dont les plus remarquables se voient à Césarée.
C'est dans la vallée de Siloé, au pied du mont des Offenses et de la colline de Sion, que se trouve un de ces monuments si peu nombreux, qu'on peut avec quelque certitude faire remonter jusqu'au règne de Salomon. La piscine de Siloé (planche6o) est double; c'est-à-dire, qu'elle a deux bassins à des élévations différentes. Le réservoir supérieur, appelé la piscine du roi, servait probablement à arroser les jardins royaux; le réservoir inférieur parait au contraire avoir été destiné à Tusage des habitants. C'est probablement le même que VEn-Rogel, ou la fontaine des Foulonniers, et comme il n'y a dans le voisinage aucune autre fontaine ou cours d'eau, il est à présumer que c'est là que Salomon fut sacré par Sadoc le grand prêtre, et Nathan le prophète. C'est aussi en ce lieu que Jésus-Christ guérit l'aveugle de naissance (saint Jean, IX, 7); une chapelle qui a disparu rappelait autrefois ce miracle.
Dans l'intérieur même de Jérusalem, près de la mosquœ dite Haram-Shereef, est un réservoir profond que les mahométans appellent l'étang du palais, Birhet-cl-Serai; c'est la piscine de Bethesda (voyez la vigneUe, page 24), le plus ancien monument de Jérusalem; c'est là que les agneaux étaient purifiés avant d'être offerts en sacrifice dans le temple; c'est là que Jésus dit au paralytique : Prenez votre lit et marchez.
Un autre ancien réservoir, voisin de la citadelle de Jérusalem , est désigné sous le nom de bain de Bethsabée; il est en effet peu éloigné du site où l'ou croit qu'était la maison dUrie. Quelques voyageurs croient cependant voir le bain de Bethsabée dans une autre piscine située au pied du mont Sion.
Non loin des ruines de l'ancienne Tyr sont des réservoii's que les anciens voyageurs appellent les étangs de Salomon , mais qui ne sont connus dans le pays que sous le nom de Ras-el-Ayn, tête de l'eau. Us consistent en trois bassins construits en maçonnerie grossière, mais revêtus intérieurement d'une couche de ciment très-dur.
Le plus grand bassin, éloigné de la mer d'environ cinq cents mètres, est de forme octogone et a quarante-quatre mètres de diamètre. Ces réservoirs étaient remplis par une source tellement abondante qu'aujourd'hui encore elle suffit pour faire tourner plusieurs moulins. Un aqueduc, que l'on peut suivre encore dans toute son étendue, conduisait les eaux à Tyr. Comme un ouvrage de cette importance dénote un état de haute prospérité, on est autorisé à penser, d'après ce que l'on sait de l'histoire de Tyr, qu'il fut construit à une époque très-reculée, mais cependant moins éloignée que celle que lui assigne la tradition.
Je ne parle pas des constructions modernes; elles n'offrent rien de remarquable, et d'ailleurs on peut leur appliquer tout ce que j'ai dit de celles de la Syrie.
CONSTRUCTIONS MILITAIRES
Jémsalem est encore plus défendue par sa position naturelle que par les travaux humains; elle est cependant entourée d'une muraille crénelée et flanquée de tours
carrées (voyez le frontispice). Parmi les poiies, les plus remarquables sont celles de Bethléem, domim^e par deux tours à créneaux et i\ machecoulis, et celle de Damas, charmant monument de style araire, avec sa porte ogivale, ses deux tours et ses créneaux en forme de turbans.
I^ citadelle, située au sud de la porte de Bethléem, se compose de plusieurs tours liées entre elles par des courtines, qui forment une double ou triple enceinte, de manière que les ouvrages intérieurs commandent entièrement ceux qui sonl|dus avancés. Quelques vieux canons, montés sur de mauvais affûts, en garnissent les murailles. Cette citadelle est bâtie sur les ruines de la tour Psephima, de Tancienne Jénisalem. On l'appelle indilféreniment le château de David et la tour des Pisans; ce dernier nom lui vient de ce qu'elle fut construite par les guerriers de Pisc, au temps où les chrétiens étaient maîtres de Jérusalem.
1^ ville deTabarieh, Tantique Tiberias, est entourée de toutes parts d'une muraille, haute de sept mètres, flanquée de vingt tours rondes et garnie de meurtrières. Ces murailles, malgré leur épaisseur et la solidité de leur construction, ont beaucoup souffert du tremblement de terre qui, en t857, renvei-sa la plupart des maisons de la ville et réduisit la citadelle à un monceau de ruines.
Kaïsarieh (Césarée de Palestine) fondée par Hérode le Grand en Thonneur d'Auguste, et devenue eu quelques années une des plus belles et des plus magnifiques villes de Torient , n'a plus maintenant un seul habitant; mais la conservation de ses remparts et de son port excitent encore Fétonnement.
Il en est de même d'Ascalon , qui après avoir eu tant d'importance à Tépoque des croisades, est aujourd'hui entièr(»nient déserte, mais a constMvé ses remparts et ses portes.
Les murailles d'Acre, construites parle fameux Djezzar-Pacha, sont célèbres par la résistance qu'elles opposèient aux armes de Bonaparte, et depuis à celles des Anglais.
Les murailles modernes de Jéricho ont sept mètres de hauteur sur environ six d'épaisseur; mais elles ne sont formées que d'<'pines sèches; elles ne doivent guère être plus solides cpie celh*s qui tomlx'reut au son des trompettes de Josué.
miuoBUQYi^Dm.
N désigiK» par k» nom d'Arabie une vaste presqu'île, qui a pour limites, au nord, la Palestine et la Syrie, et la Turquie asiatique jusqu'à TEuphrate; à Test, le golfe Persique, le détroit d'Ormus et Focéan Indien ; au midi, ce même océan , le golfe d'Aden et le détroit de Bab-el-Mandeb; enfin, à louest, le golfe Arabique ou mer Bouge, le golfe et l'isthme de Soueys.
Les anciens géographes la divisent en trois parties : V TArabie heureuse (l'Hadramant, le Hyemea, et une partie de THedjaz d'aujourd'hui); 2* l'Arabie déserte (tout le
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