CIRQUES, THÉÂTRES, AMPHITHÉÂTRES
iroapes ambulantes qiiî jouaient dans tous les locaux qu'elles trouvaient vacants, et qn^elles disposaient à la hâte pour les besoins du moment. Le succès qu'obtinrent ces premiers essais encouragea les comédiens, et quelques salles commencèrent à s'élever; mais ce ne fut qu'au milieu du dix-huitième siècle, qu'on vit paraître de vmtables théâtres construits à demeure, et en matériaux plus solides que le bois.
Delà différence qui existait entre les usages des anciens et ceux des modernes, devait naître la différence de la disposition de leurs théâtres. Du moment que les représentations théâtrales ne furent plus offertes gratis au peuple entier, les salles purent être plus petites, destinées qu'elles étaient à ne contenir qu'un bien moindre nombre de spectateurs. Du moment aussi que les places furent payées, la ri(*hesse et le pouvoir réclamèrent une distinction; ils voulurent avoir, au théâtre tomme ail« leurs, leurs privilèges, et ne pas être confondus avec la foule. On créa des loges, et dans ces loges, comme dans les gradins antiques, la summa cavea, que, par dérision sans doute, les modernes ont appelée le paradis, fut réservée au peuple, tandis que Taristocratie eut son podium, sous le nom de premières loges et de balcon. De la divei*8ité des genres naquit aussi, pour les grandes villes, le besoin d'avoir un théâtre consacré à chacun d'eux. Cette multiplicité des théâtres permit d'en diminuer encore les dimensions, et les vastes salles, bien petites encore en comparaison des théâtres antiques, ne furent plus que des exceptions. L'intérieur des théâtres fut en général très-riche, très-orné, mais aussi presque toujours d'un style entièi*ement à caprice, et construit en bois. Peut-être ne peut-on citer qu'une seule exception , le théâtre de Bologne, ouvrage d'Antonio Galli Bibiena, qui offre cinq rangs de log<'s construits en pierre, et qui fut terminé en \ 705. Cet essai ne fut pas encourageant et n'eut pas d'imitateurs; la salle de Bologneest peu sonore, et sa construction s'oppose à ces perfectionnements que nécessite chaque jour le développement des représentations scéniques.
Les grandes salles de l'Italie sont encore les plus belles du monde; aucune ne peut être comparée à celles de Turin , de Milan , de Gènes, et surtout ;i l'admirable théâtre Saint-Charles de Naples. (Voyez la ligncUe: On peut ajouter à ceux-ci la Pergola de Florence,, la Feuice de Venise, et le joli théâtre récemment construit à Civita- Vecchia. En France, on peut citer les grantls théâtres de Bordeaux, de Lyon, de Marseille; à Paris, le Théâtre-Français, l'Odéon et la salle Venladour. L'Angleterre n'offre, en ce genre, aucun monument qui mérite d'être signalé. La Prusse vante avec raison la belle salle de Berlin, exécuti'e par M. Schinckel, et celle d'Aix-la- Chapelle; la Bavière, le grand théâtre de Munich. La Belgique eniin, possède plusieurs beaux théâtres, à Bruxelles, à Anvers, à Liège, mais aucun ne peut être comparé à celui deGand, un des plus vastes et des plus élégants de l'Europe.
Nous arrivons enfin à la troisième classe des monuments auxquels est consacré ce chapitre. L'amphithéâtre destiné aux combats de gladiateurs et de bétes féroces, est, ainsi que je l'ai dit , une invention romaine. Comme l'indique son nom, «c^^irf«- Tff, il se compose de la réunion de deux théâtres placés en face l'un de l'autre, et dont les deux orchestres réunis formaient l'arène. Nous n'avons pas de données prédses sur les premiers amphithéâtres qui furent construits 'à Rome; il parait qu'ils y
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fuient établis loPvsqiU! les théâtres et les cirques ne suHirent plus aux plaisirs du |K?uple, quoique déjà ceux-ci eussent été ensanglantais par plus d'un combat. Rome dut :i Statilius Taurus le premier amphitlu'âtre construit en pierre, dont les débris ont formé la petite éminence occupée aujourd'hui par la place de Moute-Citorio. Plus tard, Vespasien éleva ce prodigieux Coliséo, le plus gigantesque de tous les travaux exécutés par les Romains, ce Colisée où pouvaient tenir à Taise quatre-vingtsept mille spectateurs. Outre les ruines si imposantes du Colisée, Tltalic nous offre les amphilliéiHres vastes et bien cons<'rvés de Pouz/,ol, de Pompéi, de Ca|K)ue, de San Germano et surtout celui de Vérone. (Voyez le frontispice, 2^ plan.) Des restes moins importants existent à Cimiés près ^ice, à Spello, à Minturne, à Albano, à Cumes, à Aoste, à Fiesole, etc.
En Sicile, on voit famphithéatro de Syracuse; en Sardaigne, ceux de Cagliari et de Nora ; en Dalmatie, celui de Pola, un des plus grands et des plus intacts de l'antiquité; en GrtHre, les ampliitliéî\tn»s romains de Philippes et d'Olympie; en France, ceux d'Arles et de Nîmes, qui peuvent rivaliser même avec celui de Vespasien, ceux de Fréjus, de Bordeaux, de Saintes, de Gran, de Chonevières, etc. Ce dernier (voyez le frontiscipe, 1"' plan) est remarquable par une disposition sans exemple. [>(?pendant d'une ville peu importante (Aguis Segeste) et ne devant recevoir qu'an j)etit nombre de spectateurs, il n'avait de gradins que d'un seul côté, et le reste de la circonférence de Tarène était simplement tracé par une muraille à hauteur d'appui. Des restes (raMî|)liithéàtn» existent aussi à Trêves, en Allemagne.
En Espagne, on en tron\e un magnitique à Ilalica (voyez la planche) et quelques ruines à Tolède et à Tarragnne. Enfin, il en existe aussi à Ijsbonne et à Braga en Portugal.
Quelqn(>s beaux anip1iitlié;itres ont été érigés dans les temps modernes; le plus magnifique de tous est ceini qui a ét<'» éle\é à Milan, dans le Forum, sous la domination française.
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li,
icrN palais de rantiqiiilê grecque irest parvenu jusqu'à
nous; h peine en reconnait-on quelques vestiges au milieu
des ruines de Mycènes ou de Tyrinllie. Nous sommes plus
Romains ; si nous ne possédons intact
au moins en trouvons-nous plusieurs
de leurs ruines, peuvent nous faire
nt au temps de leur magnificence.
Z^' I.e premier rang parmi ces monuments appartient de
M: droit au palais des Césars, à Rome. Ses ruines immenses
"T^a lSiJ^~^i couvrent encore le Palatin, qu'elles couronnent principa-
r :^..,i;bi— îT""! lement du côté de la vallée Murcie (voyez \e frontispice).
-^\ Auguste, né sur le Palatin, y eut une habitation, qui,
~^ incendiée par accident, fut reconstruite, mais toujours avec
lî riT^»r^ fl B^' simplicité. Ce palais, qui occupait le centre de la colline, du
vil x»l LJ^y côté qui fait face à TA ventin, fui considérablement augmenté
*^J~ "iz^m heureux à l'égard des Roi
PTirl I *'* ^^, , aucun de leurs palais, au
1 1 ' I " ' ' I qui, par l'importance de
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par Tibère, qui l'étendit jusqu'à rcxtrémité du plateau vers le Vélabre. Caligula y
ajouta encore, et fit construire une façade sur le Forum. Le Palatin ne snflBsant pas à Néron pour agrandir encore son palais, il prit tout l'espace qui se trouvait entre ce mont et TEsquilin, et Tacite nous apprend qu'il recula les limites de sa demeure jusqu'au delà de remplacement de Sainte-Marie-Hajeure. Cette prodigieuse étendne renfermait de vastes jardins, des étangs, des bains et un grand nombre d'édifices, de sorte que le palais ressemblait plutôt à une ville qu'à la demeure d'un seul. Cette immense agglomération d'édifices ayant été brûlée dans le grand incendie de Rome, en Tan 64, Néron répara le palais d'Auguste, et le reconstruisit avec tant de magnificence, qu'il fut appelé la Maison d'or, domus aurea. Les travaux n'étaient point terminés à la mort de cet empereur; Othon assigna une somme très-considérable pour les achever, mais la brièveté de son règne arrêta l'exécution de ses projets, et il parait que la partie du palais située sur l'Esquilin resta toujours imparfaite.
Le palais des Césars subit divers changements sous Vespasien et Titus; il eut beaucoup à souffrir du sac de Rome par les Vandales et par Totila. Cependant il avait toujours été restauré, et Ton sait par les écrivains contemporains que dans le septième siècle l'empereur Heraclins y demeura et que même dans le sitvie suivant il existait encore en grande partie. A présent ce n'est plus qu'une superbe ruine, qui se marie admirablement aux chênes verts, aux lauriers, aux cyprès des jardins Farnèse.
Les empereurs ont semé des résidences plus ou moins splendides partout où ils ont porté leur puissance et leurs armes. C'est ainsi qu'on regarde comme ayant fait partie d'un palais d'Auguste, le pins considérable des édifices antiques de Tarragone. I^es restes de ce monument, connu du vulgaire sous le nom de Tour de PilaU, ont près de quatre cents mètres de longueur, mais il est aisé de juger qu'ils en avaient près de sept cents. La construction est assez grossière; une des façades occupait toute la longueur du cirque, de manière qu'à Tarragone, comme à Rome, l'empereur pouvait assister aux jeux sans sortir de son palais.
Lorsque Oioclétien, après avoir abdiqué l'empire, se retira à Spalatro, en Dalroatie, il y éleva un immense palais, dont les murailles enferment encore aujourd'hui la ville presque entière. Ce palais, où l'on trouve encore quelques réminiscences de bon goût, peut être regardé comme le dernier éclair que jetait Fart expirant dans l'Europe occidentale.
A Trêves, les ruines du palais de Constantin, dans lesquelles on remarque des formes hardies et colossales, décèlent moins la décadence que celles d'un autre palais du même prince existant aujourd'hui à Arles. La paiiie la plus considérable de celui-ci est une portion de salle, voûtée à plein cintre et à lunettes, formant voûte d'arête. Les voûtes et les murs sont bâtis grossièrement en pierres et en briques. De loin en loin on aperçoit dans les murailles de grands tuyaux de poterie qui descendent perpendiculairement et dont il est assez difficile de deviner la destination. De grandes baies percées dans les murs conduisaient aux pièces voisines. Une de ces salles, qui est ronde et en saillie sur le RbAne, s'appelle la Tour de
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