PALAIS, MAISONS
la TnmiUe (de trullus, rond), et a donné son nom à tout Tédifice. 11 reste en quelques endroits des portions de corniche, seuls vestiges de la décoration primitive.
Si , quittant les temps antiques, nous arrivons aux premiers siècles du moyen âge, les plus anciens restes de palais que nous puissions reconnaitre, après ceux de Tbéodoric, à Terracine, sont une tour qui fit partie de Thabitation de Childebert, à Issy, près Paris, et les ruines du palais de Charlcmagne, à Nieder-Ingelheim, dans la Hesse rhénane. Ce dernier palais, brûlé pendant la guerre de Frédéric le Victorieux contre Févéque Adolphe de Nassau, était en pierres de taille, et orné, dit-on, de cent colonnes de marbre et de granit.
Dans la province de Hanau, la petite ville de Gelnliausen est remarquable par le voisinage des restes du magnifique palais bâti par Tempereur Frédéric Barberousse. Cette résidence était située sur une île de la Kinsig, au centre de Tancienne Allemagne. L'ensemble de ces imposantes ruines (voyez la planche) porte Tempreinte de la puissance et du génie de ce grand monarque. Les habitants de Gelnhausen célèbrent encore la messe dans la chapelle impériale.
Dans des temps moins i*eculés, nous voyons s'élever sur le sol de Tantique Germanie une foule de châteaux et de palais qu'il n entre point dans notre plan de décrire ni même d'énumérer; nous ne pouvons cependant nous dispenser de dire quelques mots des plus remarquables.
En Autriche, nous trouvons le palais impérial de Vienne, édifice immense, d'une construction irrégulière, mais ofTrant néanmoins des parties remarquables par leur magnificence et par la beauté de leur architectui*e; le palais de Scliœnbrûnn, bâti par Marie-Théi^se, en 1744, sur les plans de l'architecte italien Pacassi et dont Taapect est des plus imposants; enfin l'admirable château moderne d'EisensUett , appartenant au prince d'Esterhazy.
En Prusse, le palais de Berlin n*est qu'un grand bâtiment; celui de Potsdam n'est guère plus magnifique; Satis Souci et Mon Bijou ne sont que des pavillons de plaisance.
La Bavière est plus riche; le palais de Munich est un des plus vastes de TEurope, mais son architecture est iri^égulière. Non loin de la capitale s'élève Nymphenbourg, magnifique château royal, bâti sur le plan de celui de Versailles. Mentionnons encore le château de Wurzbourg, un des plus beaux de l'Allemagne, celui de Rastadt dans le duché de Bade, et enfin celui d'Heidelberg, la plus pittoresque ruine de toute la contrée.
La Belgique et la Hollande ne nous offrent aucun palais bien remarquable; deux seulement méritent de nous arrêter un instant; ce sont celui du roi de Hollande à Amsterdam , autrefois hôtel de ville, et surtout l'ancien palais des évéques souverains de Liège, aujourd'hui converti en palais de justice. La cour, entourée d'un |>ortique souti*nu par de gros balustres bizarrement sculptés, est d'un asp^nrt aussi sévère que singulier.
En Angleterre, depuis l'incendie de White-Uall, en 46M, les rois ont fixé leur
résidence an imlais Saint James, pitoyable assemblage, sans plan et sans forme, de constructions de toutes sortes. Aujourdliui, toutefois, il est presque abandonné pour rhôtel Buckingham, dit le Queens Palace, édifice en briques el de |>eu d'apparence, donnant sur le |>arc Saint-James.
Le palais de White-Hall fut élevé par le fameux architecte Inigo Jones, par les ordres de Charles I", et c était par Tune des fenêtres de ce palais qu'en 1649 l'infortuné monarque devait sortir pour monter à l'échafaud. Ce palais, malheureusement détruit en grande partie, rappelait les plus beaux palais italiens, et peut être regardé comme un des meilleurs ouvrages de son auteur.
On est loin de pouvoir donner les mêmes éloges au pavillon de Brigliton. bûti par George IV. Chef d'œuvre de mauvais goût, ce n'est qu'un groupe bizarre et incohérent de dômes, de minarets, de lanternes et de coupoles, praissiuit le rêve d'une imagination en délire.
En Espagne se présentent de magnifiques palais modernes, et surtout d'admirables restes de ceux qui furent élevés par les Mores. La description de lAlliambni et du Général! fe de Grenade trouvera sa place dans le chapitre consacré aux demeures fortifiées, mais nous devons parler ici de deux palais mores moins importants, il est vrai, mais se recommandant par une richesse d'ornementation presque égale.
Le palais de la Galiana, cette beauté célèbre que la légende nous présente comme ayant été aimée de Charlemagne, est une admirable ruine, le plus bel ornement des jardins du roi à Tolède; il doit dater de la première époque de l'art moresque.
Dans la même ville est une salle qui fit partie d'un autre palais construit vers l'an 800, par le More Ambroz, gouverneur de Tolède pour le roi de Cordoue Al-Hacen. Ambroz, en faisant massacrer dans cette salle quatre cents des principaux habitants de la ville, a donné une triste célébrité à cet édifice, qu'on nomme aujourd'hui Taller del Moro, l'Atelier du IMore.
Parmi les palais modernes de l'Espagne, il n'en est point dont le nom soit plus fameux que celui de l'Escurial. On n'ignore pas que c'est pour accomplir un vœu fait à la bataille de Saint-Quentin , que Philippe 11 , moins brave que superstitieux, jeta, les fondations de ce monastère magnifique qui devait être en même temps une des principales habitations des rois d'Espagne. L'Escurial, commencé par Juan Bautista, terminé par Herrero, est assurément , comme le dit Théophile Gautier, le plus grand tas de granit qui existe sur la terre après les pyramides d'Épypte; il ajoute avec raison que cet édifice, malgré sa célébrité, est le plus ennuyeux et le plus maussade monument que puissent rêver pour la mortilication de leurs semblables un moine morose et un tyran soupçonneux. C'est dans un caveau, appelé le Panthéon, que sont déposés les restes des rois d'Espagne.
Outre l'Escurial, les rois d'Esi)agne |>ossèdent plusieurs autres résidences, le palais de Saint-Ildephonse, bûti par Philippe V, et celui d'Aranjuez, situés comme l'Escurial dans la Nouvelle- Castille, la Casa del Campo, la tlorida, Moncloa, Zarzuela et el Pardo, dans les environs imm^Vliats de Madrid, et enfin dans la ville mémo