PALAIS, MAISONS
le nouveau palais du roi, qui est peut-être la plus belle résidence royale de TEurope, et celui de Buen Reiiro, qui, ayant beaucoup souffert de la guerre de Tindépendance, est encore remarquable pair la beauté de ses jardins.
Si des habitations royales je passe à celles des particuliers, j'en trouve deux surtout bien dignes de notre attention. Cliefs-d'œuvre du seizième siècle, les palais du comte de Monterey, à Salamanqiie, et des ducs de Tlnfantado, à Guadalajara, sont surtout remarquables par la prodigieuse richesse d'ornementation des étages sopérieors.
En Portugal, nous ne trouvons aucun édiGce de cette classe méritant une description ; nous devons cependant citer, pour mémoire, le palais royal d'Ajuda, à Lisbonne, et ceux de Hafra et de Queluz, aux environs de la capitale.
Les rois de France possèdent une foule d'habitations magnifiques, telles que les Toileries, chef-d'œuvre de Philibert de Lorme; Fontainebleau, vaste et imposant assemblage de bâtiments élevés depuis le treizième siècle jusqu'au seizième; Ncuilly, Saint-Cioud, Amboise, Ck)mpiègne, etc. Plusieurs autres demeures royales ont été déloamées de leur destination primitive; ce sont : Chambord, admirable édifice, construit par François P', et sorti depuis plus de cinquante ans du domaine de la couronne (voyez la planche); Saint-Germain, devenu prison militaire; le Louvre et Versailles, ces magnifiques palais aujourd'hui convertis en musées.
Mentionnons encore le palais du Luxembourg, construit par Jacques de Brosse pour Marie de Médicis, et occupa'; par la chambre des pairs, et le Palais-Royal, dont une grande partie est devenue propriété particulière.
Nous chercherions en vain, dans les villes de France, ces splendides demeures privées» que nous allons rencontrer en si grand nombre en Italie; mais nous y trouverions une foule de châteaux superbes, répandus dans toutes ses provinces. Les plus remarquables, sous le rapport de l'architecture, sont ceux d'Écouen, d'Azay le- Rideau, de Saint Fargeau , d'Ancy-le-Franc, de Blois, de Chenonceaux, etc., presque tous appartenant au seizième siècle.
Vingt pages ne sufiiraient pas pour nommer seulement les admirables palais que nous offre l'Italie; je dois donc me bornera signaler les plus remarquables, et je commencerai par ceux des souverains, qui cependant ne sont pas en générai aussi dignes de l'attention de l'artiste que ceux des particuliers.
Le Vatican, à Rome, n'est qu'une immense agglomération de palais, sans liaison comme sans caractère; mais l'intérieur renferme des loges, des salles, des galeries décorées de tous les chefs-d'œuvre de la sculpture antique, et de la peinture moderne. Dans notre dessin de Saint-Pierre de Rome, on aperçoit le Vatican audessus de la colonnade du Bernin.
Le palais du Quirinal ou de Monte Cavallo, que le ppe occupe pendant Tété, n'a rien de remarquable.
Le grand-duc de Toscane habite le palais Pitti, immense édifice en l>ossage, plus im|)osant par sa masse, qu'agréable par son aspect.
I^e l'oi de Naples est le mieux partagé de tous les princes d'Italie. Outre son vaste
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palais de Naples, il |>ossède les délicieuses villas dePorlici , de la FavorUa,de Capo di Monte, et surtout le palais de Caserte, cette admirable conception de Vanvitelli, qui, entièrement accomplie, eût réalisé le plus beau palais du monde.
Je ne dirai rien des |)alais du roi de Sardaigne; son palais de Gènes est éclipsé par tous ceux qui IVntourent.
Le palais ducal de Venise (voyez la planche)^ ancienne résidence des d(^es, est d'un bien autre intérêt. On ignore la date précise de sa fondation. En 809, sous le doge Angelo Participazio, un palais avait été élevé à Venise, et il est probable que c'est sur son emplacement que fui kUi le palais actuel , création bizarre, capricieuse, pleine de contrastes. La partie principale de ce grand édiCce, qui s'élève d'un côté sur le quai, et de Tautre sur la piazzetla, frappe de surprise et d'admiration par la singularité, la hardiesse ei la magnificence de son architecture; son portique, soutenu par des colonnes et appelé le Broglio , était autrefois la promenade privilégiée de la noblesse. A l'intérieur, les parties les plus intéressantes de ce palais sont les trop célèbres cachots, les puits, pozzi, au-dessous des eaux du canal; les plombs, piombi, sous les toits brùlauls; Tescalier des Géants, sur le palier duquel fut décapité Tinfortuné Mariuo Faliero, et la grande salle où son portrait est remplacé par un voile funèbre.
Je ne ferai que nommor ici rapidement les principaux palais particuliers que l'on admire dans les villes d'Italie. A Venise nous trouvons les palais Foscari, Grimani, Manfrin, elc ; à Gènes, la ville des palais, ceux des Baibi, des Briguole, des Pallavicini, des Spinola, des Adorno, des Doria , des Cambiaso, des N^roni, des Serra, des Durazzo, et le palais ducal, occupé par l'administration de la police. A Vérone, on cite les palais MafTei et Pompei, ouvrages de San Micheli; à Mantoue, le palais du T, construit par Jules Romain; à Florence, les palais Borghèse, Strozzi, Riecardi, Giuori, etc.; à Naples, le palais Gravina; à Rome, enfin le palais Medici, aujourd liui académie de France, celui de Latran qui vient d'être converti en musée, la Farnesina, célèbre [)ar les fresques de Raphaël, le palais Farnèse que décora le pinceau des Carrache, les palais Doria, de Venise, Giraud, Pandolfini, Braschi, Madama , Torlonia, Massimi, Mattei, tous dignes d'être étudiés, et recommandables par les noms de leurs auteurs, les Raphaël, les Peruzzi, les Fontana, les San Gallo, etc.
Hors des villes, les villas les plus célèbres sont celles de Caprarola, entre Rome et Florence, chef-d\cuvre de Vignole ; près Rome, les villas Panfili et Borghèse; à Frascati, la villa Aldobrandini et la villa d'Esté; près Florence, celles de la Petraja, de Castello, de Doccia; près Lucques, la villa de Collodi, appartenant à la famille Garzoni, et si remarquable par ses jeux hydrauliques; sur le lac de Cùnie la villa Sommariva et la Pliniana; enfin, sur le lac Majeur, les fies Borromées, et surtout l'Isola-Bella, avec ses terrasses, ses jardins suspendus et ses grottes de mosaïque. (Voyez la vignette,)
Il ne me reste, plus pour achever celte longue liste de palais, qu'à dire quelques mots de ceux du nord de l'Europe. 1^ plus intéressant par son style bizarre et par
MAISON DU nOULANGER A POMP^M
PALAIS, MAISONS. ni
les souvenirs qui s'y rattachent est sans contredit le Kremlin de Moscou. (Voyez la planche.) Cette antique demeure des czars» restaurée depuis Tincendie de 1812, avec ses monastères, ses églises, ses innombrables coupoles dorées ou peintes de couleurs éclatantes, avec toutes ces constructions différentes de style et d'époque, offre le mélange le plus singulier des architectures asiatique et européenue.
A Saint-Pétersbourg, nous trouvons le palais de TErroilage, bàli par Catherine II; enfin, dans les autres parties de Tempire, les palais impériaux deTver, de Petrowski et de Peterhoff.
Le palais du roi de Suède est placé sur une hauteur qui domine la ville entière de ^ockholm. L'ensemble et les détails ont de la noblesse. Cet édifice a été construit sur les dessins du comte Nicodème Tessin, qui avait fait une étude approfondie de Part, et dont le goût s'était formé en Italie.
Avant de quitter les édifices destinés à la demeure des hommes, je voudrais pouvoir décrire les différentes formes que, suivant les divers climats, affectent les maisons des particuliers; mais cet examen m'en! rainerait hors des bornes dans lesquelles je dois me renfermer. Je ne puis cependant résister an désir de faire connaître rapidement les habitations des anciens romains, telles qtie nous les avons retrouvées à Pompéi. Je choisirai pour type la maison de Pansa , une des plus belles et des plus complètes. Cette maison, dont nous donnons le plan (voyez la lettre) j occupe un espace rectangulaire, complètement isolé entre quatre rues. Au centre est l'habitation du maître, et autour se trouvent des boutiques qui en étaient indépendantes et dounées à loyer.
Dans notre plan, les numéros i, 2 et 3 sont des boutiques où Ton a trouvé les couleurs nécessaires à la peinture murale. De 4 à 14, sont autant de boutiques, parmi lesquelles le numéro 5 avait un arrière-magasin, 20, et le numéro 6 seul communiquait avec l'intérieur. Les numéros 15 à i9 formaient la boutique d'un boulanger. Le numéro i5 était la salle où se vendait le pain ; le numéro 16 était le pislrinum, le pétrin (voyez la planché)^ où se trouvaient encore plusieurs moulins à bras, en pierre, l'entrée du four, 18, et d'un bûcher, 17. Les numéros 21 et 51 semblent avoir formé des appartements à part, n'ayant aucune communication avec l'intérieur, et qui sans doute étaient loués h quelques familles.
Au numéro 22 est l'entrée principale de la maison, que suit un vestibule, 23, et Vatrium ou cavœdium, petite cour rectangulaire entourée de portiques. Au centre de l'atrium est Vimpluvium, 30, bassin destiné à recevoir les eaux pluviales qui allaient ensuite se rendre dans une citerne. En avant un petit piédestal, 31, dut porter une statue. Autour de la cour sont plusieurs chambres, 26 à 29, qui n'étaient éclairées que par la porte, et étaient destinées aux esclaves. Vient ensuite le tablinum, 32, qui sépare l'atrium des appartements intérieurs; en été il servait de salle à manger. C'était lu que Ton conservait les images des ancêtres. A gauche était la bibliothèque, 33, à droite une chambre à coucher, 39, et un passage, fauces, 36, permettant d'arriver aux appartements intimes sans traverser le tablinum. En avant de celui-ci, étaient les alœ, 34, 35, galerie avec des sièges, où le patron donnait
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audience aux clients. Kntrons maintenant dans la |>artie privée : d'abord se présente une cour avec un péristyle soutenu par des colonnes; au centre est un bassin, 37, aux côtés sont deux petites citernes, 38. Dans beaucoup de maisons, l'entre-colonnement du péristyle était rempli par un petit mur à bauteur d*appui, appelé /rfuietun, sur lequel on posait des vases de fleurs. Aux numéros 42 et 44 étaient des chambres à coucher dont une avait une sorte d'antichambre, 45. Au fond de la cour est la principale pièce, 40, qui répond à notre salon, et qui en même temps servait parfois de salie à mau[;er, iriclinium, A gauche est la cuisine, 49, avec une petite cour, 48, ayant une sortie sur la rue. A droite est le Laraire, 44, où Ton conservait les images des dieux Pénates. Un corridor, fauces, 46, conduisait au jardin A, wt lequel donnait un petit cabinet, 47, où le maître pouvait se retirer pour jouir de h fraîcheur et de la vue des fleurs qui garnissaient ses parterres. Enfin, dans taule la largeur de la maison régnait une large portique, 52, sous lequel on trouvait uabri contre le soleil et la pluie. Telles étaient les maisons romaines dont la disposition était presque invariablement la même, et qui ne différaient entre elles que par rétendue et la magnificence. Plusieurs de leurs pailies ont été empruntées par les maisons italiennes modernes, notamment Valrium, devenu le cortUe. Rarement les maisons antiques avaient un étage au-dessus du rez-de-chaussée; on en a cependant trouvé quelques exemples.
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PALAIS DE Jl STICE, PRISONS, BOURSES.