‹ Monuments de tous les peuples: décrits et dessinés d'après les documents les plus modernesChapitre 46 sur 75 · HOTELS DE VILLE, BEFFROIS · texte numérisé non relu

HOTELS DE VILLE, BEFFROIS

d'or, mais aujourd'hui il est simplement doré, comme il est facile de s eu couvaiiicre |>ar la simple inspection des lames, qui sont eu fonte, couvertes d'une couche d'or fort mince et fort terue.

En Angleterre, aucun hôtel de ville n'est véritablement remarquable. Celui de Londres, appelé Ihe Guild Hall, fut fondé en i4H; l'incendie de 1666 l'eudom* magea considérablement, mais l'édifice fut promptemeut réparé eu consenant son caractère ogival.

Eo Italie, la plupart des hôtels de ville, ou plutôt, comme on les appelle généralement, la plu|)art des palazzi delpubblico, ont changé de destination par l'abolition des gouvernemeuts qui les avaient fait élever; mais ils sont restés aussi intéressants par les souvenirs qu'ils rappellent, qu'imposants par leur architecture.

D'abord se présente le Capitole de Rome, résidence de l'unique magistrat qui représente le sénat romain. Bien différent de l'ancien, le Capitole moderne, au lieu de présenter une majesté imposante, n'olfre plus que des objets d'art qui le rendent un des ornements de la Rome de nos jours. On doit son embellissement à Paul 111, qui, en 4540, le Gt décorer par Michel-Ange. Le grand artiste y érigea les deux édifices latéraux et uniformes qui contiennent les musées de tableaux et d'antiques, el renouvela la façade du palais sénatorial; Boniface IX, vers l'année 4390, avait fondé ce dernier palais sur les restes du Tabularium. La tour ou beffroi qui le surmonte contient une cloche dont le son indique aux Romains Theure de VAve Maria, sur laquelle se règlent les 24 heures de la journée et donne le signal de toutes les cérémonies publiques, fêtes, promenades, exécutions, etc.

Les palais publics de la Toscane ont bien mieux conservé leur caractère d'austérité républicaine. Nous placerons au premier rang le palazzo dei Priori, ou palazzo Veechio de Florence, dont nous donnons le dessin en tétc de ce chapitre. Ce palais, qui aujourd'hui renferme les ministères, après avoir été témoin de tous les actes de la puissance de la république et des Médicis, fut construit en iâ08, sur les dessins d^Amolfo di Lapo; il a subi à plusieurs époques divers agrandissements sous la direction de Hichelozzo Michelozzi, Giorgio Vasari, Bernardo Fallani, Giuseppe del Rosso, etc. La façade principale est ornée de deux colosses de marbre, placés devant la porte d'entrée; le groupe d'Hercule tuant Cacus est dû au ciseau de Baccio Bandinelli; le David est le premier ouvrage de Michel-Auge. Derrière ces colosses sont deux ternes, par Bandinelli et son élève Vincenzo dei Rossi. A l'extrémité des degrés, sur un piédestal, est un lion, emblème de la ville de Florence, sculpté par Donatello. Au-dessous des créneaux qui couronnent l'édifice sont peintes à fresque les divei*ses armoiries des villes de la république; enfin, le monument est surmonté du beffroi, tour carrée que termine un campanile plus large que le corps même de la tour; le tout est élevé de quatre-vingt-quinze mètres. Les parties les plus remarquables de l'intérieur du palais sont la cour, entourée de portiques décorés de'délicienses arabesques et d'une cliarmante fontaine, et la salle du conseil, restaurée, agrandie et ornée par Vasari.

Le palazzo del pubblico de Sienne s'élève au rcmtre d'une singulière place, en Il 2.3

forme de coquille; par son aspect, il offre beaucoup d*anaiogie avec le palazzo Vecchio de Florence. Il est construit en pierres jusqu*au premier étage, et au-dessus eu briques, et il est couronné de créneaux. Il fut élevé au commencement du quatorzième siècle par les deux frères Angelo et Agostino. La tour qui le surmonte et qu'on appelle la Mangia, est de même forme que celle de Florence» mais bien plus élancée; sa hauteur est de quatre-vingt-dix mètres; à son sommet est une cloche, soutenue à découvert par une armature de fer. L'intérieur du palais est du plus haut intérêt pour Tartiste; les fresques dont le décorèrent Buigherini, Beccafumi Sano di Pietro, etc., présentent les plus précieux éléments de l'histoire des premiers temps de Técole de Sienne.

Nous retrouvons le même aspect, bien que sur une plus petite échelle, dans le palazzo Pretorio^ et celui dei Priori de Volterre, et le palazzo dd pubblico de San-Geminiano, autre petite ville de la Toscane.

Quelquefois, ainsi que je Taî dit, les beffrois étaient indépendants des hôtels de ville, soit qu'ils fussent isolés comme ceux de Gand, d'Amiens, de Béthune, etc., soit qu'ils fussent placés sur un édifice d'un autre genre, bien qu^également affecté à une destination publique. C'est à celte dernière catégorie qu'appartient le beffroi de Bruges (voyez h planche), qui domine le bâtiment des halles. Cette magnifique tour, reconstruite au quinzième siècle, était surmontée d'une flèche qui malheureusement a été détruite par la foudre en il Ai ; elle conserve cependant encore une hauteur totale de cent sept mètres quarante-huit centimètres.

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