BOURSES
merveilleux maniimeuts, non-seulement de la France, mais encore de rEuro|)e entière. Cet édifice fut élevé en 1499, par Louis XII, à Texception de la grande salle des procureurs qui avait été constniite six ans plus tôt pour servir de lieu de réunion aux marchands. Ce palais occupera les trois côtés d'une cour, fermée par une grille. La partie que reproduit notre dessin (voyez la planche) est la seule ancienne; on termine en ce moment FédiGce dans le même style et sur le même plan.
Je mentionnerai encore le palais de justice de Padoue, construit de li7â à 1306, el remarquable surtout par sa grande salle de cent mètres de long sur trente-trois de large et autant de hauteur.
Des plais de justice aux prisons, la transition est d'autant plus naturelle que cbei les anciens, aussi bien que chez les modernes, ces deux édifices étaient souvent réunis, ainsi que nous venons de le voir à la basilique de Pompéi.
Rome renferme une prison aussi intéressante pour l'historien que pour l'antiquaire. Au pied du Capitole, non loin de l'arc de Septinie-Sévère, et sous la petite église de Saint-Joseph, sont les prisons Mamertine et Tullienne. La première fut ooDstitiite par des architectes étrusques, sous Ancus Martius, quatrième roi de Rome; sa voûte est bâtie en encorbellement, comme toutes celles de ces temps reculés. Sous la prison Mameiiine se trouve un autre cachot, construit par Servius Tullius, sixième roi de Rome. C'était dans la prison Tullienne qu'étaient exécutés les criminels. L'histoire nous apprend les noms de plusieurs personnages célèbres qui y reçurent la mort. Jugurtha y mourut de faim; Catilina, Lentulus, Cetbegus, Statilius Gabinius et Caeparius, ses complices, y périrent par ordre de Cicéron; Tibère y fit tuer Séja^; et Simon, fils de Joras, chef des Juifs, y fut mis à mort par Titus. Enfin, on prétend que sous Néron, saint Pierre y fut enfermé pendant neuf mois, et on montre la colonne à laquelle il fut attaché et la source qu'il fit Jaillir pour baptiser ses gardiens.
Les prisons modernes ne sont en général que des constructions sans intérêt sous le point de vue qui nous occupe; cependant nous avons cru faire plaisir à nos lecteurs en leur mettant sous les yeux une vue des prisons de l'inquisition à Cordoue, établies daus l'ancien alcazar des rois mores, et aussi pittoresques par leur aspect, qu'imposantes par les terribles souvenirs qui s'y rattachent.
g 5. — BOURSES.
II ne me reste plus, pour terminer ce chapitre, qu'à dire quelques mots de ces lieux consacrés dans les grandes villes commerçantes à la réunion des négociants et au trafic des effets publics. •
La bourse de Paris (voyez la vigneUe, page 180) est un vaste édifice imité du grec, mais dénué de tout caractère propre; il n'en est pas moins imposant par sa masse, et grandiose d'ensemble, et on ne peut refuser un juste tribut d'éloges à son architecte, M. Brongniart. Cette bourse a été ouverte en 1826.
Celle d'Anvers est d'une structure singulière; elle se compose d'une cour rectangulaire, entourée d'un portique, formé par des arcs en fer, reposant sur quatre rangées de colonnes en pierre bleue. Au-dessus sont les salles occupées par le tribunal et la chambre de commerce. Ce bâtiment fut construit en 153i, sur le modèle de la bourse d'Amsterdam qui a été détruite récemment.
La bourse de Londres, qui a remplacé celle qui fut incendiée en 1666, fut construite immédiatement après cette terrible catastrophe. La façade présente un superbe portique, soutenu par huit colonnes corinthiennes, avec un fronton d'une \\e\\e proportion. A l'intérieur cm trouve, comme à Anvers, une large cour entourée de portiques.
On cite encore parmi les beaux monuments de l'Angleterre les bourses de Manchester et de Liverpool.
I^ bourse de Saint-Pétersbourg (voyez la planche)^ siluée sur le bord de la Neva, est un bel édifice, élevé sur les plans d'un architecte françtûs, M. Tomon ; elle ne fut ouverte qu'en 1816, mais elle était terminée depuis 1811.
La bourse ou Lonja de Valence, en Espagne, est un monument du temps de Ferdinand le Catholique, construit dans le style moresque. L'intérieur contient une grande salle de quarante mètres de long et vingt-sept mètres de large, partagée en trois nefs par des colonnes supportant des voûtes à nervures de la plus grande élégance.
I^ bourse de Barcelone est un beau monument de style moderne, construit sous le règne de Charles III, par l'architecte Juan Solers.
Enfin, bien plus riche encore que celle de Valence est la bourse de Palma, dans l'ile de Mayorque (voyez la lettre). Ce monument, dont la construction remonte an quatorzième siècle, époque où l'Ile de Mayorque était déjà rentrée depuis cent ans au moins sous la domination chrétienne, n'offre que peu de réminiscences de l'art moresque, et à part ses créneaux qui sont arabes, il offre un des modèles les plus purs du style ogival appliqué à l'architecture civile. Sa disposition intérieure est remarquable par un de ces tours de force qui sont une des prédilections de l'art au moyen âge; elle consiste en une salle unique d'une immense étendue, dont la vonte surbaissée est supportée par six colonnes seulement.