‹ Monuments de tous les peuples: décrits et dessinés d'après les documents les plus modernesChapitre 49 sur 75 · PONTS, PHARES · texte numérisé non relu

PONTS, PHARES

J^ 1. — AQl EDICS, CONSERVES.

A>s les divers pays que nous avons déjà pari^counis, nous avons eu souvent occasion de l'lisignaler des aqueducs antiques ou nioderp,jnes; l'Europe nous en présente un plus jfiand nombre encore, surtout de construction romaine.

Nous ne connaissons en Grèce qu*un seul jqueduc paraissant être d'origine grecque; c est celui qui se voit dans Tile de Lesbos, à près de huit kilomètres de Mytilène. Cet aqueduc est construit en marbre gris; il a seize mètres dVIévation, quoique le premier de ses trois étages soit presque enterré dans le sol. Le dernier étage est construit en briques.

\H^ FAÎROPE.

Les Romains avaient sillonné d^aqueducs tous les pays soumis à leur domination. Lltalie, ne possédant pour ainsi dire que des torrents, tantôt à sec« tantôt prêts à déborder, mais presque toujours bourbeux, avait plus qu^aucun autre pays besoin de ces utiles constructions qui devaient lui amener des eaux saines et abondantes, si indispensables sons son ciel ardent; aussi dut-elle être la première à en être dotée. Pline mettait les aqueducs de Rome au nombre des merveilles de Tanivers; on en comptait neuf, et trois d*entre eux suffisent encore aujourd'hui pour alimenter ses fontaines, les plus belles peut-éti*e et les plus nombreuses qu'une seule ville ait jamais possédées.

Les Romains ont su imprimer à ces constructions un caractère grandiose et monumental. Ce n'est pas toutefois dans leur patrie que nous trouverons oe q«>n ce genre ils ont produit de plus digne de leur puissance et de leur grandbar. La Finance possède un aqueduc auquel aucun de ceux d'Italie ne peut être comparé* Le pont du Gard (voyez le frontispice)^ qui franchit la profonde vallée du Gardon, est certainement un des plus ôtonnanls travaux qu'ail conçus le génie humain. 11 a trois étages; sa longueur au sommet est de deux cent soixante-huit mètres, sa hauteur totale de soixante mètres soixante-cinq centimètres. Il est bâti en pierre de taille du plus grand appareil, et sa conservation est complète. Millin attribue la construction du pont du Gard à Agrippa, mais nous serions plus dis|>osé à adopter Topinion de Mézeray qui pense qu'il fut élevé par Adrien, qui séjourna quelque temps dans la Narbonnaise et y bâtit plusieurs édifices magnifiques.

Dans le département de la Moselle, au petit village de Jouy, sont encore dix-sept arches, hautes de vingt -deux à vingt-trois mètres, ayant fait partie d'un aqueduc qui travei-sait la Moselle.

L'aqueduc de Coulâmes (Manche) a conservé sa construction primitive, à l'exception de onze arches qui, réparées au moyen âge, ont pris la forme ogivale. 11 avait un seul rang d'arches, mais six cent vingt-deux mètres de longueur; on pense qu'il ne date que du troisième sièc le.

Des restes d'aqueducs existent encore soit à Lyon même, soit aux environs, ainsi qu'à Fréjus, a Antibes, à Arles, à Saintes, à Vienne, à Orange, à Saint-Reroy, à Aix et dans mainte autre localité de la France.

En Espagne, les aquçducs romains de Ségovie et de Séville peuvent presque rivaliser de magnificence et de grandeur avec le pont du Gai'd.

L'aqueduc de Ségovie (voyez la planche) a été construit sous Trajan. Ses deux rangs d'arcades s'élèvent à une hauteur de trente-cinq mètres ; sa solidité, qui a bravé les injures de seize siècles, parait incompréhensible quand on regarde la simplicité de sa constiiiction. Il n'est composé que de pierres carrées de médiocre grosseur, assemblées sans ciment ; celles du haut seulement sont liées par des barres de fer. Les arches sont au nombre de cent cinquante-neuf; malheureusement on ne peut d'aucun point en embrasser l'ensemble, et notre planche n'a pu en reproduire qu'une partie.

L'aqueduc de Séville, dit lo» Banm de Carmona, a été construit par les Ro-

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