‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 2)Chapitre 11 sur 106 · RÉPONSE DE M. DENON · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE M. DENON

Je viens de recevoir votre lettre du 24 janvier; je vous réitère mes exeuses au sujet de votre portrait

“une

et de l'estampe de votre De

. Je me reproche bien sincèrement le cha jinsi

vin que cela vous a causé

qu'à votre sensible famille. J'étais bien loin de pense lorsque je fis ces dessins, qu'ils feraient autant de

bruit, Je ne voulais que me retracer les moments que j'avais passés à Ferney, et rendre pour moi seul la scène au naturel, et telle que j'en avais joui : j'occupais même une place dans le groupe qui compose le

tableau du déjeuner ; mais, dès qu'il fut question de graver ce morceau, je me hâtai bien vite d’en exclure

mon personnage. Soit par modestie, soit par amour-propre, je me trouvai ridicule en figurant auprès de vous, et ne voulus point jouer le nain où l'on montrait le géant. Je ne réfléchis pas, dans le moment, que tout ce qui tient à vous doit avoir de la célébrité; et je laissai graver sans réflexion ce que j'avais dessiné sans conséquence. Au reste, la plus grande partie de ceux qui se sont procuré cette estampe n'y ont vu que la représentation d'une scène de votre intérieur qui leur a paru intéressante. Je ne

connais point les ouvrage

de M. Hubert : je n'ai done voulu imiter personne. Je ne sais quel acharnement on met à vous effrayer sur cette production : si vous la connaissiez, vous verriez que votre figure n'a que l'expression simple que donne une discussion vive et familière. C'est m'afliger réellement que de vous faire croire que j'aie pu penser à vous ridiculiser; c'est dénaturer dans votre esprit tous

les sentiments que je vous ai voués, et dégrader mon caractère. Eh! monsieur, pourquoi voir toujours

des ennemis? les triomphes ne servent-ils qu'à multiplier les craintes? qu'est-ce done que la gloire si la ;

terreur habite toujours avec elle

Quant aux complaisantes observations de votre habile artiste rorhain, quoiqu'elles ne m'aient ni édifié ni convaincu, je veux lui montrer que je ne suis pas moins complaisant que lui; car je tiens si peu à ce que vous appelez mes talents, que je conviendrai de tout ce que vous voudrez qu'il contredise, et serai même plus que lui de l'avis qu'il faut que je retourne dessiner votre tête d'après nature, C

st un

conseil que je me laisserai toujours donner bien volontiers, par le plaisir qu'il en résulterait pour moi de vous revoir et de travailler plus efficacement à vous convaincre de l'attachement et de la vénération

avec laquelle je serai toute ma vie,

Mon respectable Camarade,

Votre très-humble et très-obéissant

serviteur

DENON

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