‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 2)Chapitre 15 sur 106 · D'UN ÉCRIT · texte numérisé non relu

D'UN ÉCRIT

l'on avait fait trente siècles auparavant. Cette couverte métallique était employée par cet artiste pour conserver les bas-reliefs en terre qui, par ce moyen, sont devenus plus impéris-

sables que les bas-reliefs du plus beau marbre.

Cette découverte resta dans cette famille pendant plus d'un siècle, après lequel elle passa une manufacture de poterie, à Faenza, au temps de Raphaël, qui fit exécuter, d'après ses dessins et ceux de Jules Romain , un service pour Charles-Quint, C'est de cette manufacture et du nom de la ville que le nom de faïence fut donné à toutes les terres vernissées qui sen répan-

dirent dans tout le reste l'Europe. À ces dessins en camaieu on ajouta quelques teintes

couleur de chair; et bientôt l'émail, qui est arrivé depuis à une si haute perfection qu'il est

devenu lémule fortuné de la miniature en détrempe, en transmettra les délicatesses à la postérité par sa nature impérissable.

Cette admirable invention sortit d'Italie, et passa en Allemagne : par sa nature, elle appartes. En France, Bernard de Palissy imita,

nait à cette nation si soigneuse dans ses productic

inventa et perfectionna la faïence dtalies et la superbe manufacture de Limoges fit, en émail perfectionné, tout ce qui avait été fait en faïence en Italie

Les Petitot. sous le règne de Louis XIV, nous conservèrent les portraits de tous les per-

sonnages illustres de ce beau siècle. On aurait cru que cet art était arrivé à sa perfection, si,

de nos jours, Augustin ne nous avait montré des productions plus miraculeuses encore.

On trouve dans l'industrie sauvage des points intéressants; et dans leurs ouvrages du

sont des enfants

jour, un exemple, un apercu de la naissance des arts chez les hommes. (

de la nature, qui, chaque jour, en recommencent l'histoire. À peine ont-ils produit les choses

de première nécessité, que l'orgucil ou la interie y ajoute le luxe de la pompe et de l'a

éments d'une bro-

grément. A leurs étoffes, qui ne sont pas encore tssues, ils joignent les ag

umais y méler le mau-

derie par l'application des plantes dont ils impriment les formes, sans ] vais goût qui tient à la corruption du luxe. Leurs corbeilles sont dans de jolies formes, et sont des merveilles d'invention dans les nœuds et les tissus. Leurs chapeaux sont formés de et ils remplacent lesmétaux par leur art de nouer

plumesles plus harmonieusement nuances,

ermement attaché. Leur vaisselle a la pompe de

par des cordes tout ce qui a besoin d'étre Î

ile par l'emploi de la nacre; et leurs calebasses, qui sont leur verroterie, sont ornées de

l'oj

gravures en forme arabesque , dont l'orfévre du meilleur gout se ferait un mérite. J'ai cru que

cette branche d'industrie tenait de trop près aux arts pour ne pas l'ajouter à son histoir

L'architecture, la partie de l'art la plus importante en ce qu'elle tient aux premières né-

icil des hommes y à ajouté toute la pompe du superflu, est bien sûre-

cessités, et que l'or

ment la source où l'on pourrait puiser les documents les plus positifs sur la marche de

l'esprit humain et les développements de son industrie, Ses principes sont appuyés sur des raisonnements que le besoin a dictés, et ses résultats sur des vérités mathématiques. Ce département des arts, si étendu qu'à lui seul il en ferait l'histoire, demanderait aussi, à lui seul, non-seulement l'étude de la vie entière, mais encore les voyages de toute une autre

vie pour en suivre et vérifier les observations, Le projet en avait été conçu par un homme in-

struit, que l'esprit libéral et l'amour des arts avaient fait renoncer à des places de finance

DE M. DENON 21 lucratives et au séjour d'une patrie qu'il aimait; mais malheureusement cette entreprise généreuse fut commencée trop tard par M. Dagineourt, qui avait pris son courage pour des forces, et qui, cherchant dans l'obscurité des temps, crut pouvoir se faciliter l'exécution de ses grands projets en se fixant à Rome, comme le lieu qui pouvait lui fournir le plus de do-

cuments. Il fouilla les catacombes, les bibliothèques, consulta tous les monuments qu'elles

possèdent, échappés à la dispersion des princes grecs et latins à Constantinople. Mais il crut

pouvoir suppléer par un système à la marche de l'architecture, créa une architecture gothique pour remplir une lacune, au lieu d'aller chercher dans l'Orient et en Afrique l'influence

du goûts arrasin mêlé à la dégradation du style romain dénaturé dans le mélange des religions

grecques et romaines. [l aurait pu voir que les basiliques du quatrième siècle sont les moyennes proportionne les entre Les temples et les églises; que les troubles qui suivirent arrétèrent la pratique des beaux-arts, appaux rirent les ressources consacrées aux édifices du culte; que les belles formes se chargèrent d'ornements pauvres et d'un mauvais travail; que l'architecture

languit par sa pauvreté, et ne participa d'aucun genre jusqu'au moment où l'architecture

sarrasine, au IX" siècle, vint méler ses formes élégantes et sveltes à la lourdeur et à la dégre

dation de celles des Grecs et des Romains. Mais il fallait, pour prouver cela avec évidence,

voyager dans le Nord et dans l'Asie, pour s'assurer que les Barbares, qui avaient fondu sur

l'Europe, n'avaient aucune architecture; que les Lombards et autres, qui s'étaient le plus tôt formés au goût des vaincus, avaient pris leur magnificence avet leur littérature et leur religion (1)...

1) Ji n'est pas à croire que cet écrit se terminât ici; mais c'est tout ce que nous En AVONs trouvé

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